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>> LE NORD DU VIETNAM SUR BARON & BARON : HANOI CITY GUIDE ET CARNET DE VOYAGE
> ALLER / VENIR
Le meilleur moyen de transport pour arriver et partir de Sapa et le train de nuit. Départ de Hanoi (attention, pas le même accès à la gare que pour les autres trains) à 21h, arrivée à Lào Cai à 7h du matin le lendemain. De Lào Cai, compter une heure de route pour rejoindre Sapa. Les trains de nuit possèdent différentes classes. La classe supérieure est dotée de couchettes (4 par compartiment) décentes et confortables. Pour un voyage en plus haut de gamme, les clients de l’hôtel Victoria peuvent profiter (moyennant un onéreux supplément) de son wagon privé.
Des agences de voyages de Hanoi proposent des voyages organisés par la route. Nous ne recommandons pas cette formule car elle est très fatigante et faire perdre deux journées, une pour l’aller, l’autre le retour (11h de trajet a/s).
Au départ de Sapa, on peut prendre une moto taxi ou une voiture pour faire des excursions. Les amateurs de trek profiteront des magnifiques marches en montagne.
> DORMIR
Il y a tellement d’hôtels et autres guesthouses à Sapa qu’on a du mal à trouver des immeubles qui n’en soient pas. Récemment ouverts, dans leur immense majorité, suite au boom touristique, ils offrent souvent un confort sommaire et un charme difficile à trouver.
L’adresse chic du coin est le Victoria Sapa Hotel. Construit au sommet d’une colline dominant la ville, c’est un très beau complexe construit dans l’esprit hôtel de montagne – usage abondant de bois dans l’architecture, cheminée, etc. – et bénéficiant de toutes les prestations d’un hôtel de luxe : chambres très confortables, piscine chauffée, massage, etc. C’est de loin l’endroit le plus agréable pour qui peut payer 150 USD et plus la nuitée. Personnel attentif et très pro, on ne regrette que l’absence d’un vrai spa.
Le Mini-hôtel Baguette et Chocolat gère quatre chambres au dessus du restaurant école du même nom appartenant à une association humanitaire. Clair, lumineux et propre, ambiance sympa. Voir aussi l’hôtel Le Gecko, tenu par un français.
> MANGER
Baguette et chocolat (voir dormir) est notre adresse préférée pour petit déjeuner et déjeuner. Viennoiseries tout droit sorties du four, œufs brouillé, jus de fruit frais, etc. on commence la journée avec le meilleur, autour de la cheminée. A midi, il y a un éventail de plats vietnamiens et occidentaux, super bien présentés, et d’excellente qualité. Les aubergines cuisinées au miel avec coriandre et piments rouges sont un délice inégalé. Les clients bénéficient d’un accès gratuit et illimité à internet.
Il faut savoir que Sapa dîne et se couche tôt. Vers 21h, il n’y a plus personne dans les restaurants et les cafés. On peut essayer la Petite Bouffe, les restaurant de l’hôtel Gecko, très correct mais un peu cher, ou carrément se taper le Victoria.
> ACHETER
Vous allez revenir de Sapa chargés d’objets étranges achetés auprès des gens des ethnies de la région. Pas besoin de les chercher, ils sont partout : Au marché de Sapa, sur les escaliers de la grande place, sur la rue près de l’église et dans les villages alentours. Comme dans tous ces genres d’endroits, la meilleure qualité côtoie le pire. Sachez que les hmongs sont des marchands coriaces et que le marchandage est particulièrement âpre avec eux. La boutique de l’hôtel Victoria propose un excellent choix d’objets artisanaux de la région. Les prix sont plus élevés qu’en ville, la qualité aussi.
Le train s’est arrêté. Dans un état de demi éveil, je descends de voiture. Nous venons d’arriver à Lào Cai, bourgade dont l’intérêt est de constituer un lieu de passage vers Sapa. J’apprendrais plus tard, en consultant une carte, que nous sommes pratiquement à la frontière chinoise. Jamais de ma vie je n’ai été aussi proche de ce mythique empire. Un minibus, avec accompagnateur et chauffeur, m’attend pour moi tout seul, comme un pacha. La route commence à grimper sur le flanc des montagnes encore bercées par les brumes matinales. Les paysages se meuvent et se dessinent au fil des lacets.

Lao Cai, la gare, une heure avant  le départ du train de nuit pour  Hanoi
Sapa est une station de montagne, à 1650 m d’altitude. Un endroit de plus en plus fréquenté à voir le nombre d’établissements fraîchement ouverts à l’intention des touristes : hôtels, restaurants fast food, boutiques de souvenirs, internet cafés, etc. Malgré ce coté tapageur, l’endroit reste assez charmant. On ne se lasse pas de se promener autour de la place du marché et de l’église, et d’assister au ballet multicolore des habitants de la région. Sapa se trouve au cœur d’un creuset riche en minorités ethniques : Hmong, Dzao, etc.

Sapa, jeune fille dzao
Les membres de ces minorités, surtout les femmes, sont facilement reconnaissables à leurs costumes, parures, coiffures et autres accessoires. Si ces derniers ne manquent pas de profiter de la manne touristique pour vendre leur artisanat, leur présence et leurs costumes ne relèvent pas du folklore pour épater les occidentaux (même si l’effet est réussi). Regardez ces magnifiques jeunes adolescentes de l’ethnie des dzao rouges. En milieu d’après midi, elles vous proposent de la bimbeloterie. En fin d’après midi, elles sont toujours là mais elles ont rangé leur marchandise. Elles sont en groupe de trois ou quatre et reçoivent la visite de jeunes garçons de leurs ages. On se regarde, on se tourne autour, on entame la conversation. Et en début de soirée, on s’en va à moto. Ces jeunes filles et jeunes gens jouent des rituels de séduction ancrés dans leur culture.

Sapa, le lac, vu depuis l'hôtel Victoria
Les bords du lac de Sapa sont plus calmes. Certes, on y croise des couples d’amoureux… Mais on y assiste parfois à d’étranges manèges. Voici un jeune couple assez bourgeois qui arrive avec un sac en plastique pour jeter quelque chose dans le l’eau. Ce quelque chose, ce sont des cendres. Des cendres de billets de banque… Des billets de 100 USD… En longeant les bords du lac, on voit partout, flotter des restes de billets de 100 USD et 50.000 D… Gaspillage ? Non. Ce sont des faux billets produits uniquement à cette intention et que l’on peut acheter le plus légalement du monde dans les marchés. Les 1ers et 15 lunaires, les vietnamiens, minoritaires ou non, vénèrent leurs ancêtres. Ils enterraient autrefois les morts avec leurs effets personnels, mais ces derniers étaient aussitôt dérobés par les pillards. Pour remplacer cet ancien usage, ils brûlent désormais à l’intention de leurs défunts des (faux) billets de banque afin que ces derniers aient les moyens de s’offrir des voyages.

Si on peut aussi visiter le jardin botanique, dans les hauteurs de la ville, et contempler les quelques maisons qui gardent le souvenir de l’époque coloniale, l’objectif principal du voyage ici est de faire des randonnées en montagne. Le Fan Si Pan, sommet le plus élevé du pays (3140 m) est accessible à partir d’ici. Si certains proposent la promenade en un jour, il est plus raisonnable de la faire en trois ou quatre jours, avec un guide et un ou deux sherpas. C’est une très belle expérience, sauf qu’à l’arrivée au sommet, on à la plaisir de découvrir… des détritus laissés là par ceux qui sont passés avant. Vive le civisme…


Des randonnées plus accessibles sont aussi au programme. Ma première journée a été consacrée à la région de Ta Van et Lào Cai (à ne pas confondre avec la ville où se trouve la gare). Une belle promenade de 16 km dans la montagne, à travers des villages Hmnong et Dzao enserrés au creux des vallées taillées et dessinées par des rizières. Les montagnes ont des formes sinueuses, comme dans les peintures de paysage chinoises. Elles apparaissent et disparaissent dans la brume. En fait, quand on essaye de dessiner quelque chose, c'est très troublant, car des qu'on lève la tête pour le revoir, ça a disparu. On comprend toute cette sensation de paysage flottant volatile qui domine l'art asiatique.
 

Le second trek que était très différent. D'abord parce que j'étais seul (la veille j'avais pris comme guide Lin, un habitant du coin rencontré en route) et que le temps était plein soleil. Mais surtout parce que les paysages étaient bcp plus escarpées. Les chemins sont des escaliers tailles sur des kilomètres dans la montagne, un peu a la façon des routes construites par les incas dans la cordillère des andes. Des artères abruptes parcourues par des hommes portant des fardeaux sur leur dos. Arrivé à la rivière (il y a un barrage), il fallait aller sur la droite pour poursuivre le chemin et remonter vers la route principale. Et bien j’ai pris à gauche et je me suis retrouve sur un sentier longeant une rivière avec chutes d'eau et piscines d'eau douce. Les seules rencontres étaient des villageois du coin qui vont chercher du bois dans les forets. Un vrai paradis. Comme il n'y avait personne, je me suis offert un bain et une séance de bronzage... Ensuite, trois enfants dzao sont venus et se sont lavés les pieds dans la rivière… C’était une des plus belles images du voyage avant de remonter tous ces escaliers escarpés, de marcher jusqu’à Sapa et, le soir venu, prendre le train de nuit pour Hanoi.
Gregory Buchakjian (texte, photos, dessins)
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