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La Madrassa Sultan Hassan se trouve au pied de la citadelle. Ouvert tous les jours de 8h à 17h.

 

Le Caire, la citadelle, un balcon sur la ville. Les embouteillages, les immeubles, les antennes paraboliques et les minarets des mosquées. Au premier plan de ce panorama urbain se placent deux constructions religieuses presque similaires et symétriques construites l’une en face de l’autre. Une paire de mosquées qui se distingue de leurs consoeurs par la hauteur assez vertigineuse de leurs murs. Il s’agit de la mosquée et madrasa du Sultan Hassan (à gauche) et de la mosquée Rifai. Les deux établissements ont leurs façades et entrées sur une ruelle en pente. Malgré la similitude de leurs allures, les deux mosquées ne sont pas contemporaines. La mosquée Rifai est un pastiche relativement récent (début XXe siècle) de la madrasa du Sultan Hassan qui, elle, remonte au XIVe siècle. Chef d’œuvre de l’architecture mamelouke, c’est, avec la mosquée Ibn Tulun, un des plus remarquables édifices du Caire.
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1. Le Caire, mosquée et madrasa Sultan Hassan, la cour
L’entrée, une porte.
La rue est étroite. En fait pas si étroite que ça. Cette sensation de boyau est insufflée par la hauteur des façades. Un peu comme à New York. La porte d’entrée de la madrasa joue sur la hauteur. Une immense arche ornée d’un décor de muqarnas – alvéoles. A l’intérieur, un vestibule, dont les proportions vont dans le sens de la hauteur. Le lecteur peut se demander pourquoi ce goût de la hauteur – que l’on retrouve déjà dans une autre madrassa fatimide, celle de Qalaoun, étonne tant: Car il est étranger – en tout cas exceptionnel – dans l’architecture islamique qui privilégie habituellement une horizontalité sur laquelle viennent s’hérisser des minarets. La verticalité dans l’architecture médiévale est plus l’apanage de l’occident et de ses cathédrales gothiques. Gothique qui est arrivé jusqu’au Caire par l’importation de motifs – portes, fenêtres provenant de la cathédrale croisée d’Acre - que l’on retrouve sur les façades de la madrasa de Qalaoun et de la célèbre mosquée Al Azhar.
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2. Le Caire, mosquée et madrasa Sultan Hassan, la cour
Du vestibule d’entrée, un passage sombre et tortueux attend le visiteur. Pas de ligne droite. Alors qu’on a l’habitude, une fois entré, d’embrasser tout l’espace d’un coup d’œil, ici, on passe par des chicanes, des perspectives coupées, comme s’il y avait volonté de séparer l’intérieur de la mosquée de la rue. Mais aussi de faire traverser les ténèbres avant d’atteindre la lumière. Au bout de quelques encablures, le passage débouche sur la cour.
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3. Le Caire, mosquée et madrasa Sultan Hassan, la cour
C’est une cour de plan carré avec, au centre, la fontaine aux ablutions couverte d’une construction à coupole de plan octogonal. Chaque façade est dotée d’un iwan, grande niche ou porte aveugle couronnée d’une arche, qui prolonge la cour d’un espace ombragé. La cour à iwan est un parti provenant de l’orient islamique. On le retrouve dans la Madrasa abbaside de Bagdad, la grande mosquée d’Ispahan et au Taj Mahal à Agra. Ce procédé remplace ici celui qu’on a l’habitude de voir au Proche Orient et en Afrique du Nord, la cour entourée de galeries à portiques, comme les mosquées d’Ibn Tulun au Caire ainsi qu’à Damas et Kairouan. Très curieusement, la cour carrée se prolongeant par quatre extensions que sont les iwans prend une forme de croix grecque.
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4. Le Caire, mosquée et madrasa Sultan Hassan, la cour
Comme à l’extérieur, la cour est marquée par un sentiment de verticalité. Tout semble s’envoler vers le ciel, très vite, comme pour dire que la mosquée est l’antichambre du paradis. L’iwan Est, plus vaste que les autres, précède la salle de prière dont il est un prolongement extérieur. Toujours cette ambiguïté entre le dedans et le dehors. Toujours ce goût des formes géométriques – le carré, le cercle et l’octogone, qui représentent successivement la terre, le ciel et le passage de l’un à l’autre. Toujours la simplicité ornementale avec un bandeau épigraphique en caractères coufiques longeant le mur. Toujours l’ombre et la lumière, lumière du soleil ou lumière des nombreuses lampes qui pendent à des chaînes qui ressemblent à une pluie minérale. Toujours la spiritualité, le silence, le respect, le recueillement.
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5. Le Caire, mosquée et madrasa Sultan Hassan, la cour
Et la mosquée Rifai, dans tout ça? Et bien, la mosquée Rifai est moins intéressante que sa prestigieuse voisine. Ses visiteurs sont attirés par autre chose que la grandeur de son architecture: Ses locataires. La mosquée Rifai abrite des tombes de souverains déchus, dont le Roi Farouk et le Shah d’Iran, qui du piteusement finir ses jours en Egypte après avoir été balayé par Khomeiny et sa révolution. Nous avons vu un jour un iranien nostalgique des Pahlavi en train de prier face à la tombe de l’ex. monarque. Il avait actionné un caméscope sur trépied pour immortaliser sa visite…
photos: Gregory Buchakjian (1,4,4), Sary Tadros (2,3)
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