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> LA FAUNE
Le Venezuela est un véritable zoo à ciel ouvert. Nous avons vu pêle-mêle:
Des bêtes à plumes: ibis rouges (pour ceux qui douteraient de leur existence, ils sont vraiment écarlates), rapaces divers (faucons, aigles, milans), hérons, spatules roses avec leurs becs en forme de... spatules, flamants roses, colibris et pélicans... Plus de 360 espèces rien que dans la réserve des Llanos.
Des bêtes à poil: l’étrange capybara (gros rongeur de 50 kilos qui a constitué, à nos dépens l’un de nos dîners), le fourmilier (1 queue en panache, une démarche de canard et un museau allongé), des loutres joueuses, des renards. Sans oublier les dauphins roses d’eau douce.
Au chapitre “angoisses”: crocodiles, caïmans et surtout anacondas (pour ceux qui auraient manqué le film du même nom où Jennifer Lopez se promène en décolleté plongeant dans la forêt amazonienne, il s’agit d’un reptile qui entoure ses proies, les étouffe en leur brisant les os pour finalement les avaler entièrement). On a pêché des piranhas (jolis poissons rouges argentés à la dentition effilée) en les appâtant avec du poulet et nous les avons dégustés le soir même. C’est délicieux, mais il faut éviter de les regarder dans les yeux.
Angoisses mineures: cafards, araignées, moustiques et sauterelles géantes(cousines de la langoustine).
Fin du catalogue: les poissons de l’Archipel de Los Roques... Tout cela n’aurait pas été possible sans les superbes jumelles qui ont été offertes à Philippe. Merci les amis!
> LES GENS
Trois semaines ne nous ont pas permis de mener une etude sociologique de fond sur la population, mais on vous livre tout de même nos impressions.
Grands consommateurs de bière et de rhum surtout sur la plage le week-end, ils sont fanatiques du “beisbol” à la télé et ils aiment faire la fête.
Les Venezueliennes: Au royaume des Miss (de nombreuses Venezueliennes ont été Miss Monde ou Miss Univers), l’apparence est reine. Les coiffeurs et les salons de beauté pullulent dans tout le pays, même dans les coins les plus reculés. Pour la petite histoire, une ancienne Miss Monde est devenue maire d’un quartier huppé de Caracas. Peu importe leur taille et leur âge, les venezueliennes adoptent toutes le même uniforme : pantalon serré, décolleté plongeant sur ventre souvent découvert et talons hauts. A la plage, l’uniforme conseillé est le string. En tout cas, elles n’ont pas de complexes et revendiquent pleinement leur féminité. Plus sérieusement, on a le sentiment dêtre dans les Caraibes et pas en Amérique Latine. Les Venezueliens revendiquent peu leur identité religieuse ou africaine.
Nous avons remarqué une forte communauté libanaise qui règne en maître sur l’industrie du chawarma et des falafels.
4 personnalités nous ont marqués. D’abord, el présidente Hugo Chavez. Nous sommes tombés sur le discours télévisé que fait Hugo Chavez chaque semaine pendant 4 H environ. Toutes les chaînes nationales diffusent la même leçon de démocratie. Acteur-né, Hugo Chavez essaie de s’expliquer sur le récent achat d’un nouveau jet présidentiel. Pour répondre à ses détracteurs, il a suivi le conseil de son entourage: (dixit) “Monsieur le Président, dites à ceux qui vous reprochent cet achat qu’ils n’ont qu’à voyager une fois avec vous dans votre avion actuel. Ils comprendront très vite qu’un nouvel appareil s’imposait. ”Ensuite, Chavez explique longuement ses derniers voyages qu’il commente debout face à un planisphère et armé d’une réglette. “Je suis allé en Arabie Saoudite, dont la capitale est, vous le savez bien, Ryad, et il y a X millions d’habitants en Arabie Saoudite... Blablabla”. Bref, espérons que ce showman saura redresser le pays en crise depuis de nombreuses années malgré ses énormes revenus pétroliers.
Bolivar, El Libertador; Peu connu en France où il ne dispose que d’une station de métro dans le 19eme arrondissement, il a été l’instigateur de l’indépendance du Nord de l’Amérique du Sud. Bref, un grand homme. Aujourd’hui, il est partout; Le Venezuela est la république bolivarienne du Venezuela, la monnaie locale est le Bolivar, pas un pueblo sans sa place Bolivar orné d’une statue de l’idole, de pied, en buste, à cheval et parfois avec son chien. Au Ministère des Affaires Etrangères, nous avons visité une expo retraçant ses nombreux voyages. Bolivar à Paris, son amitié avec Napoléon, son influence sur la mode à Paris et sur les arts, et oui, et oui.
Ramon, le propriétaire du domaine des Llanos dans lequel nous avons passé quelques jours. Le premier contact a été inoubliable. Ramon, clone du sergent Garcia, nous a largement entretenus de ses supposés faits d’armes : anacondas tués à coups de couteaux, crocodiles dépecés pour le dîner. Il entrecoupait chaque intervention d’une bonne rasade de “Chemineaud”. Vous ne le savez pas, mais un Français a fait fortune au Venezuela en commercialisant du cognac mélangé à du caramel. Les jours suivants, Ramon nous a impressionnés avec ses captures d’anacondas et de caïmans (relâchés par la suite, bien-sûr).
Super Pollo
Sympathique emblème d'un boucher ambulant, le poulet-superman nous a accompagnés lors de nos balades dans Merida.
> MANGER
Preuve de leur attachement aux USA, les Venezueliens ont à leur disposition des Mc Do, Burger King et autres Wendy’s. Des petits commercants ont saisi le filon et proposent à leur tour des “hamburguesas” et des “perritos calientes” (petits chiens chauds). 
La cuisine populaire est savoureuse et abordable (2€ dans un comedor). Ils grignotent en permanence et la spécialité nationale, l’arepa (petit pain au maïs) fourrée d’oeufs de caille, de fromage ou de jambon vient combler leurs petits creux. A signaler, les fruits: ananas, mangue, papaye, goyave et pastèques sont gorgés de soleil et constituent souvent notre repas.
Le boeuf grillé accompagné de “cambur” (bananes plantain), d’une “ensalada” (cole slaw) ou de “yuca” (manioc) n’est pas fou. Quoique le Ministre de l’Agriculture vient d’interdire les importations de viandes en provenance d’Europe. Au rayon exotique, on peut aussi se régaler de requin et de cabri.
Les boissons: deux bières se disputent le marché national à renfort de pub: pin-up en string pour la “regional” et bimbo en bikini pour la “Polar” dont l’emblème est l’ours polaire. La cible a le mérite d’être claire. Mention spéciale pour le coco frio, noix de coco fraîche qu’on trouve à tous les coins de rue pour 2F50 et dont on boit le lait au moyen d’une paille.
A Mérida, nous avons visité le glacier le plus récompensé de la planète. Sa boutique est dans le Guiness Book car il propose des centaines de parfums dont certains saugrenus : jambon-fromage, ail, lard, poulet, spaghetti bolognaise. Nous nous sommes contentés de roses, chocolat aux marshmallows (affreux) et petit-beurre (miam).
> ECOUTER / VOIR
LA MUSIQUE
A bas la flûte de pan et les mélodies andines, ici c'est le paradis de Ricky Martin, Cristina Aguilera et Jennifer Lopez. Quelques surprises: Eros Ramazzoti en espagnol, Manu Chao à longueur de journée et Tarkan en turc. Nous avons rencontré un vrai fan de la Mano Negra qui nous a demande de lui traduire quelques-unes de leurs chansons, a chaque phrase, il criait des "génial, superbe, comme c'est beau, c'est grand..." De quoi réjouir Pascal Sevran. Bus, taxis, restos, la musique est omniprésente avec un avantage certain pour les slows latinos et les chanteuses pulpeuses.
par Aline Betschart et Philippe Acar

CARACAS
A première vue, la ville n'est pas si désagréable que cela, surtout quand on est accueillis royalement par Ségolène et Philippe. Pourtant, elle détient le record de la plus grande zone de favelas d'Amérique Latine et 80 % de ses habitants vivent dans des bidonvilles. Le contraste est criant entre les traders en costumes du centre-ville et les habitants des Barrios qui passent des heures dans les transports pour se rendre sur leur lieu de travail.

Le centre historique est réduit: une place... Bolivar, une belle cathédrale et les bâtiments officiels de style colonial avec leurs terrasses ordonnées autour de patios.

Un peu à l'extérieur de la ville, nous avons fait une bonne balade dans la Sierra de Avila au milieu des oiseaux multicolores. Au Sud, le village de El Hatillo, très couru le week-end, nous a semble vide et artificiel.

MERIDA
Capitale des Andes vénézuéliennes et paradis du routard à cause de ses nombreuses posada (pensions) et restos pas chers. Un repas complet à 15 FF à la Luncheria Joseph!

Dans le centre-ville se dresse le téléphérique le plus haut d'Amérique Latine. Nous l'avons pris jusqu'a la dernière station, à 4800m d'altitude. Paysages superbes, la végétation était encore dense (nous avons aimé les arbres aux feuilles argentées en forme de trèfles). De là, une journée de marche vers Los Nevados avec passage d'un pic a 4500m. Nos pieds ont souffert!
Le petit village (10 maisons tout au plus) avec son école d'une classe, sa mairie, et son incontournable place Bolivar. On a dormi dans un genre de chalet a la Heidi. 

On a aussi passé une journée à Jaji, ville coloniale fantôme pas très animée. A Mérida, nous avons découvert un resto étonnant: "el museo". Son patron collectionne des meubles anciens, de vieux gramophones et des emballages du début du siècle. Son resto est une véritable brocante.

LOS LLANOS 
Les grandes plaines du Sud du Venezuela sont peu peuplées mais abritent une faune luxuriante (cf. paragraphe faune). Nous avons passé trois nuits dans le "campamento" de Ramon et nous avons dormi dans un hamac. La position idéale: en biais, et attention à la descente le matin au reveil! Pour bercer nos nuits, une vingtaine de caïmans placidement installés dans un étang a 50m du dortoir.

Première rencontre avec des routards fascinés par l'Amérique Latine: un couple americano-australien qui passe 8 mois sur le continent.

CORO
La seule ville restée entièrement coloniale dans son architecture: vieilles demeures tournées vers des patios, vieilles maisons colorées, fenêtres en fer forge comme a Séville. Coro est la porte d'entrée de la péninsule Paraguana, seul désert du pays. Nous y avons passé une journée en compagnie de deux syndicalistes américains.

Le plus frappant: les salines. Au départ, le paysage est idyllique; étangs colorés de rose par le plancton, cristaux de sel sur la rive et flamants roses. De plus près, une centaine d'hommes s'affaire. Ils cassent les plaques de sel et les extraient pour les transporter ensuite en brouette jusqu'au camion, malgré la chaleur. Aucun n'est occupé de protection particulière, réflexion d'un des syndicalistes américains: "ces hommes auraient besoin d'un bon syndicat". Sur la bande de terre qui lie la péninsule au reste du pays, le sable s'est accumulé et forme des dunes sahariennes.

Pour nous rendre de Coro à Choroni, nous avons effectue un voyage de rêve. Le premier bus, après une pause dîner à deux heures du matin, nous a déposés à quatre heures à la gare de Maracay ou nous avons attendu presque trois heures. Les terminaux de bus en pleine nuit sont loin d'être des endroits accueillants. Le ballet incessant des bus aux moteurs tournant à plein régime, même à l'arrêt et les gaz des pots d'échappement ne sont pas des berceuses. Impossible de fermer l’œil.

CHORONI
Choroni, petit port de pêche, est situé entre le parc Henry Pittier et la Mer des Caraïbes. L'endroit ressemble de façon frappante à certains coins de la Martinique à cause de ses plages superbes. Les posadas sont toutes aussi jolies les unes que les autres et nous avons bien profité de cette pause. Notre grand regret, ne pas avoir pu visiter la plantation de cacao toute proche. Impossible de s'y rendre autrement qu'en bateau et les pêcheurs affichent des prix prohibitifs pour les touristes (300 F l'aller-retour pour une demi-heure alors qu'ici l'essence coûte 60 centimes le litre) Nous avons tenté de négocier, mais en vain. Un des mauvais côtés du Venezuela: faire payer les touristes toujours plus cher.
LOS ROQUES
Archipel de rêve constitué d'îlots peu peuplés. Des rubans de sable, perles immaculées dans un écrin turquoooooiiiiise, ourlent chacune des îles. Le paradis secret du jet-setter de Caracas. Pour le touriste, ici tout est simple. Une fois installé dans une posada, on s'occupe de vous: petit déjeuner copieux, transport en bateau vers l'île de son choix avec panoplie du petit baigneur (glacière, chaise pliante et parasol). On revient vous chercher en fin d'après-midi pour le dîner. Ensuite, dodo à 21 heures. Pour l'anecdote, sur Gran Roque, l'île principale, il n'y a pas de véhicule à moteur. Seuls les éboueurs et les distributeurs d'eau potable disposent d'un camion.

Voila, c'était notre halte luxe pour clôturer comme il se doit notre voyage au Venezuela.

Prochaine étape le Guatemala
 

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