| > ALLER / VENIR |
| La National Gallery of Art est
située sur le National Mall entre la 3e et la 7e avenue,
à Constitution Avenue, NW. Elle est accessible en métro
par les stations Smithsonian (lignes bleue et orange, sortie Mall),
Archives (lignes jaune et vert, sortie Penn. Ave at 7th str) et
Judiciary Square (ligne rouge, sortie 4th str). |
| Le
musée est ouvert tous les jours sauf le 01’01 et le 25’12, de
10h00 à 17h00 (11h00-18h00 le dimanche). L’entrée est
libre. |
> MANGER
|
Le musée est doté d’une
cafeteria, qui, comme c’est souvent pour les cafétéria de
musées, n’a pas un charme débordant.
|
| > LIRE |
| L’excellent
site Internet du musée www.nga.gov permet
d’accéder à l’intégralité de la collection,
en cherchant par artistes ou en suivant des suggestions de tours
thématiques. Présentation classique (pas d’animations et
de fioritures abracadabrantes), information très scientifique,
les œuvres importantes sont reproduites avec des détails. On
aime et on leur dit bravo. |
| La
librairie du musée permet d’acquérir des livres d’art et
spécialement des catalogues d’expositions de la NGA
(généralement en anglais) dont la qualité n’est
plus à démontrer. |
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Un musée, deux
immeubles.
Le West Building, bâtiment principal, tout en longueur, avec ses
colonnes ioniques et ses frontons du pur style néoclassique,
à l’image de toute l’architecture officielle de la capitale. Le
second immeuble a été ajouté en 1978 sur un
terrain en triangle sur l’axe de la Pennsylvania avenue. Ça
tombe bien, l’architecte chargé du projet, les triangles il
connaît ! I.M. Pei s’est toujours arrangé pour construire
des immeubles triangulaires de plan (extension du Deutsches
Historisches Museum, Berlin), d’élévation (Pyramide du
Louvre, Paris) ou de plan et d’élévation à la fois
(Bank of China, Hong Kong). L’East Wing, qui se veut moderne par
rapport au classicisme ambiant - mais ne fait que paraphraser platement
les volumes de Louis Kahn, est consacrée à l’art
d’après 1900. L’espace intérieur est organisé
autour d’un vaste atrium lumineux dans lequel sont
inévitablement suspendus des mobiles d’Alexander Calder. Pour le
reste, l’endroit agréable enjolivé de plantes conserve la
banalité des monuments peiesques - on aurait pu être dans
un aéroport ou dans le hall d’un tribunal.
La
visite de la West Wing est une expérience plus exaltante.
L’architecture y est encore plus ennuyeuse que celle de Pei, mais elle
semble avoir été traitée de la sorte pour faire
ressortir la magie des peintures exposées dans les
différentes salles. On est ici aux antipodes des musées
de Frank Gehry (Guggenheim, Bilbao) et de Daniel Libeskind
(Musée Juif, Berlin) où l’intérêt majeur de
la visite réside dans l’architecture spectaculaire de
l’établissement, la qualité et l’intérêt des
pièces exposées étant laissé à
l’avenant.
Il
y a beaucoup de « National Gallery » dans le monde.
National Gallery tout court à Londres, National Gallery of
Scotland à Edimbourg, National Gallery of Ireland à
Dublin, National Gallery of Australia à Canberra, National
Gallery of Canada à Ottawa, National Gallery of Art à
Washington. La banalité du nom – il n’y a qu’un seul Louvre
(non! il n'y AVAIT qu'un seul Louvre, jusqu'à ce qu'Abou
Dhabi...), un
seul Metropolitan Museum of Art – qui s’ajoute à celle de
l’architecture ne doit pas être un frein à la perspective
d’une visite enivrante, bien au contraire. Le visiteur pourra
apprécier des chefs d’œuvres d’exception réalisés
par les plus grands maîtres de l’art occidental, de la
renaissance à nos jours. Voici notre sélection, cinq
coups de cœur :
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Giovanni Bellini (1426-1516) et Titien
(1490-1576), Le festin
des dieux (détail),
1514-1529, huile sur toile, 170 x 188
cm,
National Gallery of Art, Washington, Widener Collection
1942.9.1.
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Giovanni
Bellini, Le festin des dieux,
1514
Dans ce vaste tableau, dieux, nymphes et satyres se
livrent en pleine nature à une joyeuse beuverie. Les cours de la
renaissance italienne étaient friandes de ces sujets
érotico mythologiques, bien plus excitants que les «
Conversations sacrées entre la Vierge et des Saints ».
Tandis que les personnages debout au second plan ne semblent là
que pour porter des récipients de vin, ceux qui sont assis en
demi cercle ont l’air de bien s’amuser. Le monsieur en vert a la main
baladeuse posée sur la cuisse de sa jolie et imperturbable
voisine, la dame à sa gauche aide à boire son compagnon
lui offrant sa généreuse poitrine, tandis qu’à
l’extrême droite, un jeune homme semble chercher ses clés
(ou son portable ?) dans les jupons de la créature assoupie dont
la poitrine s’est miraculeusement dénudée. Le paysage –
alignement d’arbres – a été complété par
Titien – montagnes plus tourmentées - après la mort de
Bellini en 1516.
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Leonardo da Vinci (1452-1519), Ginevra
de' Benci (détail), v. 1474/1478,
huile sur panneau, 42.7 x 37 cm, National Gallery of Art, Washington,
Ailsa Mellon Bruce Fund
1967.6.1.a
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Leonard
de Vinci, Portrait de
Ginevra de Benci, 1474-6
La seule peinture de Leonard conservée hors d’Europe, et non des
moindres. Dans cette oeuvre de jeunesse, la figure ne correspond pas
encore au modèle « Joconde » (Saint Jean Baptiste,
Vierge et Sainte Anne…). La jeune femme est belle, impassible, devant
un paysage italien. Tel la couronne d’épines du Christ, un arbre
sombre et méchant encadre sa délicate chevelure blonde.
L’arbre est un genévrier et la jeune femme se prénomme
Ginvera. Dernière chose, le format carré de la peinture
n’est pas une fantaisie de Leonard mais un accident de l’histoire. Le
panneau de bois, qui comportait les mains du modèle, a du
être coupé…
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Johannes Vermeer (1632-1675), Fille au
chapeau rouge (détail), v.
1665/1666, huile sur panneau, 23.2 x 18.1 cm
National Gallery of Art, Washington, Andrew W. Mellon Collection
1937.1.53
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Johannes
Vermeer, Jeune fille au chapeau rouge,
1665-6
C’est la couverture du catalogue de l’expo Vermeer (La Haye /
Washington, 1996) aux éditions Flammarion. Qu’elle ressemble
à la Jeune fille à la perle (La Haye, Mauritshuis) dont
on a fait un livre puis un film. Un film mièvre et gnangnan que
seule la sensualité de Scarlett Johansson sauve du
désastre. Le tableau de Washington est moins
célèbre. Tant mieux, comme ça quand on regarde
cette touche brillante, ces lèvres humides et ces yeux
pétillants, on croit qu’on est le (la) seul(e) spectateur,
destinataire du chef d’oeuvre. Ah, les éditions Flammarion
auraient pu faire comme tout le monde et mettre la Jeune fille à
la perle sur la couverture…
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Bartolomé Esteban Murillo
(1617-1682),
Deux femmes à la fenêtre (détail), v.
1655/1660, huile sur toile, 125.1 x 104.5 cm, National Gallery of Art,
Washington
Widener Collection
1942.9.46
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Bartolomé
Esteban Murillo, Deux
femmes
à la fenêtre, v. 1655
La jeune fille regarde et sourie au spectateur, qui dans l’histoire
doit être le voisin d’en face puisque le tableau est une
fenêtre. Derrière, la dame (sa mère ? une servante
?) se voile le visage en signe de pudeur, un geste condamnant
implicitement ce jeu de séduction peu conforme à la
morale de la très catholique Espagne. Vers 1800, le grand Goya
recomposera la scène avec quatre personnages et un balcon au
lieu de la fenêtre (Les majas au balcon, New York, Metropolitan
Museum). Le dispositif sera repris par Manet (Le Balcon, 1868, Paris,
Musée d’Orsay) avant d’être piraté par Magritte
(Perspective: le balcon de Manet, 1950, Museum Voor Schone Kunsten,
Gand) qui remplacera les figures par des cercueils.
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Edouard Manet (1832-1883), Le chemin de
fer (détail), 1873
huile sur toile, 93.3 x 111.5 cm, National Gallery of Art, Washington,
Gift of Horace Havemeyer in memory of his mother, Louisine W. Havemeyer
1956.10.1
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Edouard
Manet, Le chemin
de fer, Gare Saint-Lazare, 1872-73
A lire un titre pareil, on imaginerait des, trains, des rails, etc.
genre les gares peintes par Claude Monet. Pourtant, on ne voit que deux
figures en plan rapproché: Une jeune femme assise sur un
très étroit
parapet et une petite fille agrippée à une grille. Seule
la fumée,
derrière, laisse deviner le rapport avec le titre. Seule la
petite
fille qui nous tourne le dos, voit, et nous empêche de voir, le
spectacle annoncé (chemin de fer) comme lorsqu’on est mal assis
au
théâtre. On voit aussi une nature morte incongrue et un
petit chien qui
dort, et on s’amuse a constater que les deux personnages sont en bleu
(foncé / clair), que l’une est couverte l’autre
décolletée, que l’une a
les cheveux lâchés (mais couverts d’un chapeau), l’autre
les a tirés.
Et que tout ça n’a aucun sens. Comme toujours chez Manet. Et si
vous
n’avez rien compris, allez à Munich voir son Déjeuner
à l’atelier.
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Texte : Gregory Buchakjian. Images
: National Gallery of Art, Washington.
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| 1995, 2006-2008, Baron & Baron.
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