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LISEZ NOTRE RECIT DE VOYAGE A ISTANBUL: 2003 [CEMBERLITAS HAMMAM]
> ALLER / VENIR
Avec son nouveau terminal ultramoderne, Istanbul a plongé dans le 3e millénaire. l’Aéroport est relié aux principales villes d’Europe et d’Asie, notamment les républiques turcophones de l’ex.URSS. Le bus de la Havas assure un service régulier et très pratique entre l'aéroport et Taksim meydani. Les taxis ont une sale réputation, justifiée par le manque de communicabilité.
On peut arriver à Istanbul par bateau et profiter du  très beau panorama, ou par train, en venant d’Europe ou de Syrie (ligne avec Damas via Alep). Les nostalgiques de l'Orient Express n'ont pas intérêt à être pressés.
Pour circuler en ville, les transports en commun sont, en revanche, très pratiques. Beaucoup de lignes de bus desservies par plusieurs compagnies. Les bus de l'état vendent leurs tickets dans des kiosques, les privés à bord. Il y a aussi les dolmus, des taxis collectifs dans des van jaunes suivant un itinéraire pré-établi. Ces solutions sont plus faciles qu'il n'y paraisse au départ et les gens sont généralement très serviables pour donner un renseignement ou aider un étranger perdu dans la ville. Reste enfin le nouveau réseau de metro. 3 lignes modernes, mais sans correspondances et peu de sites touristiques desservis.
> DORMIR
Les hôtels d’Istanbul se partagent entre deux zones : le centre historique de Sultanahmet, et le quartier européen de Beyoglu, autour de la place Taksim. 
TAKSIM / HARBIYÉ / BEYOGLU
Le quartier de Taksim regorge d’hôtels en tous genres et pour toutes les bourses. De 2 à 5 étoiles, ils offriront un hébergement correct  mais sans caractère particulier. La place Taksim est dominée par la très laide façade du Marmara, qui est assez confortable et central. Dans le même genre en moins grand, citons aussi le Divan Oteli. Le Taksim Plaza, confortable et récent est aussi une très bonne alternative. Plus chic, le Hyatt Regency, le Hilton, un peu moins bien placé, vers Harbiyé, et le très tape à l'oeil Ceylan Intercontinental.
L’adresse la plus intéressante du coin est sans aucun doute le Bentley Hotel. Un espace élégant et minimaliste construit par les milanais Piero Lissoni et Nicoletta Canesi, il offre un ambiance assez feutrée pour 200 USD et plus.
Le centenaire Pera Pallas est un hôtel légendaire dominant la Corne d'Or. Architecture fin de siècle, décoration Art Nouveau et mobilier oriental, Agatha Chrisite y a écrit Meurtre dans l'Orient Express et la liste des célébrités qui y ont séjourné est affichée partout. Vue époustouflante, mais très (très, croyez nous) bruyant. Au point de regreter de ce choix! Autre ombre au tableau: une bonne partie des chambres sont récentes et ne profitent aucunenement des lustres de l'endroit. Ce sont les anciennes chambres de bonne! Donc, bien choisir avant de payer!
Le Grand Hotel de Londres (Buyuk Londra Oteli) est une autre institution centenaire avec meubles patinés, lustres en cristal et plein d’anciens souvenirs. Un certain laisser aller aussi, mais l’adresse ne manque pas de charme. Des scènes particulièrement torrides du superbe film Gegen die Wand de Fatih Akin ont été filmées dans une de ses chambres.
SULTANAHMET
Le quartier de Sultanahmet ne jouit pas de l’animation nocturne de Beyoglu (c’est même franchement mortel), mais c’est là que se concentrent les adresses les plus charmantes de la ville. L’Hôtel Ararat (Torun Sokak No:3,  tel: +90(212) 516 04 11 / +90(212) 458 20 31, fax:+90-212-518 52 41) est une ancienne demeure décorée par un artiste grec, Nikos Papadakis. Ce dernier a aussi signé l’Empress Zoe (Tel: 90 (212) 518 25 04 - 518 43 60, fax: 90 (212) 518 56 99), un endroit très typique doté d’un ancien hammam. L’Hotel Merit Antique est un établissement centenaire entièrement rénové et géré par une chaîne. Le grand luxe, sans le charme des deux précédentes maisons.
Autre adresse de charme près de Hagia Sophia, le Yesil Ev (la maison verte), une ancienne demeure ottomane  restaurée avec raffinement. 18 chambres seulement, dont une possède un bain turc!
A deux pas de Hajia Sofia, le Four Seasons est une ancienne prison ottomane qui a été transformée en palace par cette chaîne internationale réputée pour son raffinement. Le lieu est une merveille de l’architecture et de l’art de vivre. Ceux qui n’ont pas les moyens d’un sultan pour y séjourner pourront toujours y siroter un verre dans la magnifique cour centrale, véritable havre de paix...
AILLEURS
Il y a des hôtels tellement exceptionnels qu’ils peuvent être en soi un but de voyage. Sumahan – on the water en est un. Une distillerie de Raki construite en 1875 sur la rive asiatique du Bosphore - cadre idyllique et grandiose dominé par le pont suspendu - a été transformée en havre de paix et de raffinement. 20 chambres (à partir de 200 USD) seulement pour partager ce paradis relié à la rive européenne et au centre ville par une vedette privée. Rien que pour s’étaler sur une des chaises longues au bord de l’eau et regarder le paysage…
Ajia est une demeure ottomane du XIXe siècle miraculeusement posée sur le Bosphore. La déco intérieure est contemporaine, sobre, élégante et glamour, dans des tonalités claires et reposantes. Des oeuvres d'art parsemées un peu partout et un excellent restaurant contribuent au raffinement de l'endroit. A partir de 295 USD. Compter 15 / 30 min. pour rejoindre le centre ville.
Citons enfin des hôtels de luxe dotés d’excellentes prestations, mais un peu plus éloignés  du centre: le Conrad, le nouveau et très opulent Ritz Carlton doté d’un spa au dernier étage, l’immense Swissotel The Bosphorus qui domine le palais de Dolmabahce et le Ciragan Kempinski. Ce dernier est un ancien palais impérial bâti sur les bords du Bosphore, incendié il y a près d’un siècle et reconstruit en hôtel de luxe. Il faut toutefois savoir que le bâtiment palatial ne sert que de salons et de casino, et que les chambres se trouvent dans un immeuble moderne totalement insignifiant.
> MANGER
La gastronomie turque s’est étendue, avec l’Empire Ottoman, sur toute la Méditerranée Orientale. Pourtant, Istanbul n’a plus la réputation culinaire de Beyrouth ou Alep. Encore faut-il savoir ou aller. La ville est envahie par des restaurants à touristes qui servent à peu près la même nourriture presque standardisée. Haci Baba, sur Istiklal cad ressort un peu du lot. Faudrait-il se frayer dans des quartiers populaires et non touristiques. Des établissements modestes mais propres servent à déjeuner des repas pantagruéliques pour des sommes modiques. L’accueil y est toujours amical. Grands choix de ragoûts d’aubergines (imam bayendi), de cornes grecques, et de gratins de pâtes au poulet. 
Une des meilleures adresses de la ville est en plein bazar egyptien: c'est Pandeli (tel: 5273909, dejeuner) fondée en 1901 par des grecs stambouliotes, cet établissement familial sert, dans un décor bleu turquoise, un éventail de la gastronomie ottomane. Autre adresse coup de cœur, Sjezed, un restaurant russe près de Galatasaray Lisesi, sert un excellent canard arrosé d’une vodka maison.
Situé dans une structure industrielle ottomane de la fin du XIXe siècle, le Kordon Restaurant est une des plus belles adresses pour déguster – dans une salle monumentale ou en terrasse, au bord de l’eau – d’excellents poissons. Attenant à l’hôtel Sumahan, sur la rive asiatique, vedette privée à la demande.
> BOIRE / DANSER
Beaucoup de cafés, un peu partout, pour faire une pause thé ou café. Eviter de demander un whisky en face d’une mosquée. Plus glamour, le cour ottomane du Four Seasons Hotel, en fin d'après midi. 
Les nuits d’Istanbul sont, avec celles du Caire et de Beyrouth, les plus chaudes de la Méditerranée Orientale. En 5 ans, les bords du Bosphore sont devenus la Mecque du clubbing. Les nouveaux endroits ouvrent tout le temps, il faut donc suivre le bouche à oreille de la jeunesse branchée locale. Citons, parmi les endroits, citons: le Babylon (plus postmoderne que feu son homonyme beyrouthin), le Switch (assez grand club) et le Soho, lounge bar. Tous trois dans le quartier européen de Beyoglu.
Le quartier d’Ortakoy, au pied du pont suspendu grouille de bars jeunes assez sympathiques.
Dans la section plein-air, citons deux bars restaurants situés sur des terrasses d’immeubles, avec des vues à couper le souffle: Le 5 Kat et le New Pera, qui sont devenus des incontournables des people locaux
> ECOUTER / VOIR
Istanbul jouit d'une vie culturelle assez riche. Nomreux spectacles au Centre Culturel Ataturk (place Taksim) dont les festivals de Théàtre et de Musique au début de l'été. Attention au cinéma, les films sont généralement doublés en turc!
> LIRE
GUIDES
l'encyclopédique et excellent Guide Bleu Istanbul a disparu au profit du nouveau Guide Bleu Turquie (dernière édition 1997). En revanche, on a toujours le choix entre les très beaux guides Voir et Gallimard. Lonely Planet édite également un guide d'Istanbul. 
Le magazine Time Out Istanbul et sa version électronique www.timeout.com/travel/istanbul pour les bonnes adresses et les évènements en cours.
Nous adorons le petit livre gris Istanbul Guide de l'architecture, Christa Beck et Christine Forsting, 1997, Ellipsis/Konemann. Citons aussi l'excellent Irresististanbul, Edward Peacok, Wallpaper, mars 2001.
A ne pas manquer: Les Vertiges d'Istanbul, Antoine Colombin, Grands Reportages, 253, fevrier 2003. Vous avez dit non traditionnelet branché? lisez ce dossier!
ISTAMBUL OTTOMANE & TURQUE
Istambul 1914-1923, dans l'oeil du cyclone où la chute des empires ottoman, russe et austro-hongrois, Autrement-Mémoires n. 4, S.Yerasimos, met en scène la fin d'une époque. Pour les fastes de l'empire ottoman: Les Trésors de Topkapi, exp. Versailles, Musée National du Chateau, 1999, cat ed. RMN.
BYZANCE
Constantinople 1054-1261, Autrement-Mémoires, n40. Pour l'art, consulter le très accessible l'Art Byzantin, J. Durand, ed.Terrail ou l'introuvable Byzance, André Grabar, 1963, Albin Michel. 
RECITS
Constantinople fin de siècle: devant Stamboul, Pierre Loti, éd. Complexe, 1991.
Istanbul, Daniel Rondeau, Nil ed. 2002. 
Istanbul  (formerly know as Constantinople): documentation de la Archnet Digital Library. Le site d'Istanbul Museum, Imperial Mint, unprojet intéressant. Glass Steel and Stone, un sujet sur les aqueducs, Aya Sofia, la Mosquée Bleue et la gare de Sirkeci. Great Buildings: Hajia Sofia, et la mosquée de suleymaniye
Le site d'Istanbul Kultur ve sanat vakfi (version anglaise disponible) offre les programmes des festivals Film, Tyatro, Muzik et de la Biennale d'Art Contemporain d'Istanbul.
Istanbul Museum of Modern Art, site internet high tech.
Bordée par le Bosphore, la Corne d'Or et la Mer de Marmara, capitale de trois empires avant d'être reléguée par la république d'Atatürk, Istanbul n'est pas une ville comme les autres. Sa profusion de monuments témoins d'une histoire millénaire attire des hordes de touristes venus du monde entier. Ce n'est pas une raison pour bouder cette ville qu'il faut découvrir ou plutôt redécouvrir.
- taksim meydani -
C'est dans ce quartier moderne que beaucoup de visiteurs prennent leur premier contact avec la ville. Non qu'il soit spécialement intéressant, mais plutôt parce qu'il abrite une multitude d'hôtels de toutes catégories. Taksim Meydani, de forme allongée autour d'un jardin est aussi très bien desservie par les transports en commun. C'est la que se trouve le terminal du bus de la havas, assurant la liaison avec l'aéroport. A l'est de la place, non loin du Marmara, vous apercevrez une horrible bâtisse des années 60. Il s'agit du Centre Culturel Atatürk qui reçoit nombreux spectacles et manifestations. On notera, entre autres, les festivals Tyatro et Muzzik qui attirent vers mai-juin des troupes de renommée mondiale. Au nord de taksim, Cumhuriyet cad. se prolonge avec ses boutiques et compagnies aériennes vers le quartier de Harbiyé et son Musée Militaire

- istiklal cad. -
A l'ouest de Taksim Meydani, se présentent les "Champs Elysées" Istanbul cette longue artère récement rendue aux piétons est un des lieux de promenade les plus animés. On y trouve boutiques et restaurants, mais aussi nombre de témoignages du passé glorieux de la ville. C'est dans le quartier que se trouvent les anciennes représentations des grandes puissances européennes auprès de l'Empire Ottoman, excepté celle de l'Allemagne, située sur la rue descendant de Taksim vers Dolmabahce, et dont la façade témoigne à elle seule de l'importance des relations entre les deux pays. Vous pourrez admirer les palais de Venise, de Grande Bretagne, et de France, à ne pas confondre avec le consulat du même pays situé sur Istiklal cad. aux abords de Taksim, et qui abrite également le Centre Culturel. Istiklal cad. traverse Galatasaray Meydani, au nom du célèbre lycée dont vous apercevrez les grilles... et de la non moins célèbre équipe de football dont les bannières rouge et jaune flottent sur les façades! La promenade sur Istiklal cad., fort agréable, peut être effectuée à bord d'un moyen de locomotion des plus pittoresque: Un tramway, sans doute plus vieux que la république turque parcours cette artère dans toute sa longueur, sur une voie unique. L'unique véhicule est conduit par un préposé en uniforme non moins antédiluvien. Le tramway relie donc Taksim à Tünel meydani, qui, comme son nom l'indique, est la station de l'unique ligne de métro de la ville. En fait un funiculaire souterrain reliant cette partie haute au pont de Karakoy qui traverse la Corne d'Or. L'autre alternative serait de se balader à travers les ruelles escarpées et les escaliers abrupts que les enfants du quartier se sont appropriés depuis longtemps, l'occasion de découvrir, ça et la, des maisons peintes aux couleurs criardes, quelques vieilles églises et mosquées, ou d'arpenter la Tour de Galata.

- tour de galata -
Cet édifice cylindrique dominant le paysage urbain, du Bosphore à la corne d'or, a été bâti au VIe siècle, détruite en 1261 pour être reconstruite par les Génois au XIVe siècle. La visite de la tour de Galata est indispensable. Non pas pour y admirer la décoration intérieure (les deux étages supérieurs sont occupés par un restaurant-night club-attrappe-nigaud-à-touristes dont l'aménagement est d'un gout fort douteux!). Une fois là haut, oubliez donc vos états d'âme et allez sur la terrasse qui contourne le bâtiment. C'est le meilleur point de vue qui soit, permettant de découvrir la métropole stambouliote avec un angle de 360 degrés et d'appréhender les différents sites de la ville.

- la corne d'or -
Le nom est très évocateur. Le passé de ce plan d'eau s'enfonçant entre la mer de Marmara et le Bosphore est des plus glorieux. Peut être qu'on s'attend à trop, mais quand on la découvre, la corne d'or à quelque chose de décevant. Elle a été récemment réaménagée et enjolivée par la municipalité à force de jets d'eau et d'espaces verts. Efforts louables, mais qui contribuent à effacer la mémoire d'un lieu, dans sa grandeur mais aussi sa désuétude. Comme souvent à Istanbul, on sent qu'on en fait trop pour faire joli pour les touristes. La corne d'or reste quand même un lieu important au cœur Istanbul Traverser le pont de Karakoy, reliant Galata à Eminonü, est un must, surtout quand il est envahi par les pêcheurs à la ligne! La place animée de Eminonü meydani est le point de départ pour arpenter la rive sud. En se baladant à pied, en direction de Yeni cami, on débouche sur le Bazar Egyptien. Il est également possible de circuler dans cette partie de la ville à bord d'un tramway (aussi moderne que celui cité plus haut est antédiluvien) desservant les principaux centres d'intérêts.

- topkapi sarayi -
Tout d'abord ne pas confondre avec le quartier portant le même nom (terminus de nombreuses lignes de bus) qui se trouve à l'autre bout de la ville. Le Palais de Topkapi occupe une extrémité de la ville aussi appelée Pointe du Sérail, ce qui lui confère d'ailleurs un magnifique panorama. Topkapi est constitué d'un ensemble de pavillons abritant salles d'audiences, apartementents privés et communs, dispersés dans des jardins. Cette structure, fort différente du palais français ou italien s'apparente à celle des résidence impérale mogholes en Inde (cf. Delhi et Agra).Que l'on se le dise: pour visiter ce lieu célébrissime il faudra s'armer de patience pour affronter les hordes de touristes qui ne désemplissent pas, ce qui peut être particulièrement pénible pour admirer les objets exposés dans les salles successives, en particulier celles du Khazneh (trésor) qui sont particulièrement prisées. Les moments les plus agréables de la visite sont sans aucun doute la découverte de pavillons ou de jardins ça et la en travers des allées principales. Ceux qui veulent visiter le harem devront s'inscrire pour une visite guidée au moins une demi-heure en avance. Que ne faut-il pas pour retrouver les fantasmes de l'Orient! 

- les musées archéologiques -
Dans l'enceinte même de Topkapi, mais avec moins de visiteurs, ce qui est déjà une raison pour s'y précipiter. Le Musée de l'Orient Ancien (fermé pour travaux lors de ma visite) et le Musée des Antiquités s'articulent autour d'un jardin verdoyant dans lequel un agréable café tient ses tables entre les restes de marbres antiques. Idéal pour méditer sur la grandeur des vestiges du passé... Le Musée des Antiquités abrite des oeuvres Gréco romaines provenant de l'Asie mineure et de l'ensemble du contour du bassin méditerranéen (en particulier les pays ayant connu une domination ottomane !) les objets les plus importants proviennent de Saida, au sud liban. Il s'agit d'une superbe collection de sarcophages provenant de la nécropole royale de Sidon et transférés à Istanbul par les autorités ottomanes à la fin du XIXe siècle. Se succèdent: le sarcophage de Tabnit, d'inspiration egyptienne, le sarcophage Lycien couvert de scènes de chasse, le sarcophage des pleureuses, conçu comme un temple ionique. Mais le clou de la visite reste le sarcophage d'Alexandre ainsi nommé non pas parce qu'il aurait appartenu à l'empereur, mais pour les scènes de bataille dans lesquelles qui figurent sur ses parois. Par la vivacité du rendu et par l'excellent état de conservation, cet objet est considéré par de nombreux spécialistes comme étant un des plus grands chefs d’œuvres de la statuaire de l'antiquité classique.

- sainte sophie -
Au dessus du complexe de Topkapi saray s'étale le cœur historique de la cité ou sont regroupés quelques-uns uns de ses vestiges les plus marquants. Gloire de l'empire byzantin (et du monde chrétien), transformée en mosquée à l'arrivée des turcs avant d'être laïcisée par Atatürk, Hagia Sofia est sans doute le monument le plus fameux de la ville. Entourée de ses quatre minarets, la façade extérieure peut décevoir. Les lourds appareillages de pierre rouge et les contreforts massifs qui soutiennent le dôme donnent en effet à Aya Sofia un aspect trapu assez peu élégant. Cette  lourdeur de la façade a été imposée par les évènements, puisque la coupole s'écroula en 559. Une fois passés l'exo narthex et le narthex, décorés de belles mosaïques, la nef centrale, coiffée de la grande coupole, donne une impression de légèreté inouïe. Le dégagement d'espace est saisissant et justifie amplement la réputation du lieu et sa qualité impériale et divine. On y ressent une grandeur unique qui fait de Sainte Sophie un lieu d'exception. Ne pas oublier de monter aux tribunes, pour les magnifiques mosaïques, les colonnes, et la vue, depuis les galeries, sur la nef centrale.

- yerebatan saray -
Le "palais englouti" (sic). La visite de cette ancienne citerne byzantine est une des expériences architecturales les plus étonnantes d'Istanbul. A une centaine de mètres de Hajia Sofia, on descend dans les entrailles de la ville! Le lieu mérite bien son surnom de palais englouti: des immenses galeries immergées, soutenues par une forêt de gigantesques colonnes. Il y en a 368, il ne faut pas rater celles qui sont ornées de sculptures représentant des yeux et des têtes de Méduse! L'eau qui dégouline en permanence de partout accentue l'aspect surréaliste des lieux. Malheureusement, les autorités ont cru bien faire en installant des éclairages colorés type disco d'un goût moins que douteux.

Retour sur Hajia Sofia et la vaste esplanade menant à la Mosquée Bleue, sur laquelle sont alignés, tels des trophées, la colonne de Constantin, la colonne Serpentine, l'obélisque de Théodose et la fontaine de Guillaume II. Dans une ruelle du quartier, une ancienne prison a été transformée en palace, le Four Seasons Hotel.

- sultan ahmed (la mosquée bleue) -
C'est en entrant dans ce vaste édifice à coupoles entouré de minarets qu'on comprend la signification de son surnom. La salle, avec ses quatre immenses colonnes, est entièrement tapissée de céramiques d'Iznik donnant cette merveilleuse couleur bleue. Cette mosquée est visitée par un très grand nombre de touristes qui ont la grande joie de ne pas avoir à se déchausser: On fournit à l'entrée des especes de sacs destinés à envelopper les pieds chaussés, de manière à ne pas souiller l'intérieur. On rend les sacs à la sortie. Non loin de là, se trouvent les Haseki Hürrek Hammami, bains que Soliman le Magnifique fit construire à son épouse Roxelane. On peut visiter ce chef d'oeuvre de Sinan qui a toutefois changé de fonction, puisqu'il a été transformé en magasin de tapis!

- le musée des arts turcs et islamiques -
Face à la Mosquée Bleue, ce musée très bien aménagé est peu fréquenté par les touristes. Il renferme des collections fort intéressantes,  dont de magnifiques tapis. Des panneaux illustrés présentent des associations avec des tableaux de la Renaissance (Holbein, Lotto, Memling) dans lesquels figurent des  tapis à motifs similaires. La visite du musée peut être interrompue par une pause dans l'agréable café aménagé dans le jardin, avec une vue sur l'esplanade et la Mosquée Bleue.

 Au-delà de cette dernière, dans des dédales de ruelles, se trouvent deux mosquées mal connues mais qui méritent amplement la visite: Sokollu Mehmetpaça Camii, oeuvre de Sinan, le célèbre architecte de Soliman le Magnifique, est fort originale. Installée sur un terrain en pente, on y accède par une sorte d'escalier tunnel débouchant dans la cour que se sont appropriés les enfants du coin. Kuçuck Aya Sofia est une ancienne église byzantine, Saints Serge et Bacchus. Son plan rappelle celui de Sainte Sophie, en plus petit, mais son état d'abandon et sa proximité avec une ligne de chemin de fer désaffectée en donnent un pathos assez particulier, d'autant plus que les murs commencent à se fissurer assez sérieusement. l'imam de la mosquée est un homme fort affable et cultivé (du moins celui qui m'a reçu) qui se fait une joie de faire une visite guidée aux visiteurs intéressés.

- kumkapi le quartier arménien - 
Un peu plus à l'ouest, sur les bords de la mer de Marmara, se trouve l'ancien quartier arménien de Kumkapi, devenu très touristique avec beaucoup de restaurants de poissons. Les maisons en bois forment un tissu urbain typique. Sur la Sarapnel Sok se trouvent la prélature arménienne, avec l'église de la Vierge Marie et l'école. La communauté arménienne d'Istanbul existe toujours contre toute attente, même si elle se fait bien discrète. L'assassinat en 2007 du journaliste Hrant Dink, un figure importante de cette communauté et une personnalité connue pour son ouverture a quelque peu semé le trouble, d'autant plus que les responsables de la sécurité d'Istanbul ont été critiqué (sans doute à juste titre) pour leur laxisme face aux menaces qui pesaient sur lui. Pour revenir à l’église de la Vierge, son aménagement est assez curieux. il s'agit de trois batiments à nefs perpendiculaires à la rue. Ça ne ressemble pas du tout à l'architecture arménienne classique. L’aile principale, surmontée d’un clocher est bien entretenue. Sur la droite (vers la mer) la troisième nef est calcinée et offre un intérieur assez apocalyptique. De nombreuses maisons du quartier arménien ont été incendiées lors du génocide. Il en reste plusieurs dans cet état, près d'un siècle plus tard.
- autour du grand bazar - 
En remontant vers le centre, on se retrouve au coeur de l'Istanbul ottomane. De vastes espaces verts encadrent l'Université, que l'on remarque de loin avec sa Tour de Beyazit, qui, du haut de ses 50 mètres, surplombe cette partie de la ville. Moins grandiose mais non moins intéressant, l'Observatoire construit dans les années 30, un bel exemple du mouvement moderne. A l'extérieur du campus, se dresse l'imposante Beyazit Camii, la plus ancienne des mosquées impériales, sur le square du même nom. Le quartier est très animé et les touristes y viennent pour découvrir le Grand Bazar. Impressionnant par sa taille,  il a été reconstruit suite à un incendie, perdant le folklore et la vetusté propres aux  grands marchés d'orient. Le coté bric à brac plein de couleurs et d'odeurs, qu'on peut trouver à Alep ou au Caire a disparu au profit d'une distribition propre et organisée type galerie marchande.
Au Shahaflar Çarsisi, marché aux livres (entrée en face de la mosquée de Beyazit) on trouve toutes sortes d'imprimés, des cartes anciennes et une ambiance beaucoup plus intéressante. Pas mal de cafés dans le coin pour siroter un thé en feuilletant une acquisition.

- la mosquée de suleymaniye -
Plus qu'une mosquée, une ville dans la ville. Ce complexe, conçu par Sinan, regroupe, dans des jardins qui entourent la salle de prière , un ensemble de structures sociales (hôpital, réfectoire), des madrassa (écoles coraniques) dont les cellules sont organisées autour d'un cour centrale. Dans l'enceinte de Suleymaniye se trouvent également des türbe (tombes) de Soliman et de Roxelana, sa première épouse.
La Mosquée de Suleymaniye est construite sur une colline. Elle est reconnaissable de loin avec sa coupole flanquée de minarets. L'espace intérieur de la salle de prière, est, comme à Sainte Sophie et dans les mosquées qui s'en inspirent, très dégagé. Toujours du même Sinan, la moins grandiose mais intéressante Sehzade Camii voisine, dont la cour est une plate forme aménagée sur un terrain en pente.

- mihrimah camii - 
Il faut s'éloigner du centre de la ville et s'aventurer dans des quartier moins accueillants pour découvrir un autre chef d'oeuvre de Sinan. la Mihrimah Camii, à Edirnekapi est perchée au dessus d'une gare routière. L'intérieur est saisissant, la hauteur des murs étant presque le double par rapport à leur largeur. L'espace est innondé d’une lumière céleste.

- saint sauveur in chora -
A 200m de là, à travers de petites ruelles bordées d'anciennes maisons (quelques cafés sympathiques), se trouve Kahriye Camii, l'ancienne église byzantine Saint Sauveur in Chora. Malgré son éloignement du centre, elle figure sur le programme des tours opérateurs. Le bain de foule est donc au programme. Il faut quand même y aller, c'est un des meilleurs examples d'art byzantin avec un ensemble très riche et très bien conservé de mosaiques et de fresques sur fond d'or. Pas de risque, en revanche, de rencontrer grand monde au Palais de Constantin (Tekfur Sarayi), que  longent les ramparts de la ville. Cette ruine imposante est un des rares exemples d'architecture séculaire de l'époque byzantine.

- sur les bords du bosphore : l’art moderne -
L’image la plus remarquable d’Istanbul reste les silhouettes de ses mosquées dont les minarets ponctuent le paysage et qui s’étalent langoureusement sur ses collines. Un paysage inoubliable à découvrir depuis les bords de l’eau, vers la Corne d’Or ou les quais du Bosphore. En partant du pont de Karaköy vers Tophane, la promenade est l’occasion de visiter l’Istanbul Museum of Modern Art, une des meilleures institutions de la région pour la création artistique de notre temps. Installé dans des anciens entrepôts sur les docks, Istanbul Modern présente à un public de plus en plus nombreux des collections permanentes d’art moderne et contemporain qui ont avant tout le mérite de replacer la Turquie dans l’histoire de l’art après la chute de l’empire Ottoman. Le musée est également doté d’une programmation des plus intéressantes en matière d’expositions temporaires avec la présence des plus grosses pointures internationales. La création d’Istanbul Modern et ses activités ne font que confirmer la vitalité de la scène artistique et intellectuelle dans cette ancienne capitale impériale qui est autre chose qu’une ville-musée pleine de beaux vestiges, tendance déjà amorcée avec la biennale d’art contemporain et les festivals de musique et de théâtre dont la réputation n’est plus à faire, et récompensée avec l’obtention du prix Nobel de littérature 2006 par Orhan Pamuk.

- la rive asiatique - 
Moins importante que la partie européenne d'Istanbul. On peut la joindre par le pont suspendu, mais tout l'intérêt de la promenade est justement la traversée du Bosphore en bateau. Au départ d'Eminönü, tous types d'embarcations, du vieux rafiot surpeuplé au ferry plus confortable permettent d'atteindre Üsküdar à tout moment de la journée et à des prix modiques. Au coucher du soleil, la lumière y est splendide. En chemin on peut remarquer l’îlot sur lequel est plantée la tour de Léandre et qui a été utilisée comme base de sous-marins nucléaires dans the World is not Enough, le dernier James Bond!

A Üskudar, on peut visiter quelques mosquées bien charmantes comme Semsi Pasa Camii, au bord du Bosphore, ou Çincili Camii, mais l'attraction la plus spectaculaire du coin est l'immense cimetière de Karaca Ahmet. Véritable ville des morts s'étalant à perte de vue sur les hauteurs de la ville, ce serait le plus grand cimetière de l’Orient. Très belle vue sur le Bosphore et la partie Européenne.
- sur les bords du bosphore (suite) : souvenir d'antan -
De part et d'autre de ce cours d'eau, de nombreux palais et de belles maisons sont à découvrir. La noblesse et la bourgeoisie stanbouliotes ont, depuis plus d'un siècle, installé des résidences plus ou moins somptueuses. Coté asiatique, le Beylerbeyi Saray à la décoration fastueuse, plus petit et moins visité que le célèbre Dolmabahçe, immense Versailles ottoman est incontournable et la visite est des plus pénibles. Le palais construit sur l'eau est précédé d'une mosquée, puis d'une succession de jardins. On peut visiter avec ou sans le harem, mais dans les deux cas, la visite guidée est obligatoire. A moins de se passionner pour le mobilier fin de siècle, les lustres ou les complots de sérail, c'est d'un ennui mortel. Des grilles ouvrent sur le Bosphore, toujours gardées par un militaire en costume d'apparat. Histoire de se souvenir que c'est dans ces murs qu'Atatürk a fini ses jours. Au-delà de Dolmabahçe, un autre palais, Çiragan, a été transformé en hôtel après avoir été rénové. N'espérez pas loger dans ces somptueux appartements, les chambres se trouvent dans un bâtiment moderne. Un peu plus loin, au niveau du 1er pont qui enjambe le Bosphore, on arrive au faubourg d'Ortaköy. Elégante mosquée inspirée par le Second Empire (français), une des dernières de l'Empire (ottoman). Le quartier est très agréable pour son ambiance jeune, ses boutiques design et ses cafés sur la place face à l'eau. Beaucoup d'animation en soirée, entre autres due à la proximité de l'université. Les amateurs d'architecture viendront en pélerinage, pour voir la villa que Bruno Taut se fit construire sur les hauteurs. Nichée entre les arbres, elle rappelle, par sa forme conique et son intégration au paysage, ses utopiques Architectures Alpines.

Au-delà du pont qui marque les limites de la ville, on traverse plusieurs banlieues bourgeoises bordées de jardins et de ports de plaisance, jusqu'au Château de Rumeli Hisari. Cette impressionnante forteresse n'intéressera pas que les amateurs d'architecture militaire. L'ascension de ses tours permet de découvrir un sublime panorama sur le Bosphore avec le deuxième pont. Belle manière de clôturer la découverte d'une ville aussi grouillante que dans un endroit aussi désert!

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