| > ALLER / VENIR |
| Avec son nouveau terminal
ultramoderne,
Istanbul a plongé dans le 3e millénaire.
l’Aéroport
est relié aux principales villes d’Europe et d’Asie, notamment
les républiques turcophones de l’ex.URSS. Le bus de la Havas
assure un service régulier et très pratique entre
l'aéroport
et Taksim meydani. Les taxis ont une sale réputation,
justifiée
par le manque de communicabilité. |
| On peut arriver à Istanbul par
bateau
et profiter du très beau panorama, ou par train, en venant
d’Europe ou de Syrie (ligne avec Damas via Alep). Les nostalgiques de
l'Orient Express n'ont pas intérêt à être
pressés. |
| Pour circuler en ville, les transports
en
commun sont, en revanche, très pratiques. Beaucoup de lignes
de bus desservies par plusieurs compagnies. Les bus de l'état
vendent leurs tickets dans des kiosques, les privés à
bord. Il y a aussi les dolmus, des taxis collectifs dans des
van
jaunes suivant un itinéraire pré-établi. Ces
solutions
sont plus faciles qu'il n'y paraisse au départ et les gens sont
généralement très serviables pour donner un
renseignement
ou aider un étranger perdu dans la ville. Reste enfin le nouveau
réseau de metro. 3 lignes modernes, mais sans correspondances et
peu de sites touristiques desservis. |
| > DORMIR |
| Les hôtels d’Istanbul se
partagent
entre deux zones : le centre historique de Sultanahmet, et le quartier
européen de Beyoglu, autour de la place Taksim. |
TAKSIM
/ HARBIYÉ / BEYOGLU
|
| Le quartier de Taksim regorge
d’hôtels
en tous genres et pour toutes les bourses. De 2 à 5
étoiles,
ils offriront un hébergement correct mais sans
caractère
particulier. La place Taksim est dominée par la très
laide
façade du Marmara,
qui
est assez confortable et central. Dans le même genre en moins
grand,
citons aussi le Divan
Oteli. Le Taksim Plaza, confortable et récent est
aussi
une très bonne alternative. Plus chic, le Hyatt Regency,
le Hilton, un peu moins bien placé, vers
Harbiyé, et le très tape à l'oeil Ceylan Intercontinental. |
| L’adresse
la plus intéressante du coin est sans aucun doute le Bentley Hotel. Un espace
élégant et minimaliste construit par les milanais Piero
Lissoni et Nicoletta Canesi, il offre un ambiance assez feutrée
pour 200 USD et plus. |
| Le centenaire Pera Pallas est un
hôtel
légendaire dominant la Corne d'Or. Architecture fin de
siècle,
décoration Art Nouveau et mobilier oriental, Agatha Chrisite y
a écrit Meurtre dans l'Orient Express et la liste des
célébrités qui y ont séjourné est
affichée partout. Vue époustouflante, mais très
(très, croyez nous) bruyant. Au point de regreter de ce choix!
Autre ombre au tableau: une bonne partie des chambres sont
récentes et ne profitent aucunenement des lustres de l'endroit.
Ce sont les anciennes chambres de bonne! Donc, bien choisir avant de
payer! |
Le Grand Hotel de
Londres (Buyuk Londra Oteli) est une autre institution
centenaire avec meubles patinés, lustres en cristal et plein
d’anciens souvenirs. Un certain laisser aller aussi, mais l’adresse ne
manque pas de charme. Des scènes particulièrement
torrides du superbe film Gegen die Wand de Fatih Akin ont
été filmées dans une de ses chambres.
|
| SULTANAHMET |
| Le quartier de Sultanahmet ne jouit
pas
de l’animation nocturne de Beyoglu (c’est même franchement
mortel),
mais c’est là que se concentrent les adresses les plus
charmantes
de la ville. L’Hôtel
Ararat (Torun Sokak No:3, tel: +90(212) 516 04 11 /
+90(212)
458 20 31, fax:+90-212-518 52 41) est une ancienne demeure
décorée
par un artiste grec, Nikos Papadakis. Ce dernier a aussi signé
l’Empress Zoe
(Tel:
90 (212) 518 25 04 - 518 43 60, fax: 90 (212) 518 56 99), un endroit
très typique doté d’un ancien hammam. L’Hotel Merit
Antique est un établissement centenaire
entièrement rénové et géré par une
chaîne. Le grand luxe, sans le charme des deux
précédentes maisons. |
| Autre adresse de charme près de
Hagia
Sophia, le Yesil
Ev
(la maison verte), une ancienne demeure ottomane restaurée
avec raffinement. 18 chambres seulement, dont une possède un
bain turc! |
| A deux pas de Hajia Sofia, le Four Seasons est une
ancienne prison ottomane qui a été transformée en
palace
par cette chaîne internationale réputée pour son
raffinement. Le lieu est une merveille de l’architecture et de l’art de
vivre. Ceux qui n’ont pas les moyens d’un sultan pour y
séjourner pourront
toujours y siroter un verre dans la magnifique cour centrale,
véritable havre de paix... |
| AILLEURS |
| Il
y a des hôtels tellement exceptionnels qu’ils peuvent être
en soi un but de voyage. Sumahan
– on the water en est un. Une distillerie de Raki construite
en 1875 sur la rive asiatique du Bosphore - cadre idyllique et
grandiose dominé par le pont suspendu - a été
transformée en havre de paix et de raffinement. 20 chambres
(à partir de 200 USD) seulement pour partager ce paradis
relié à la rive européenne et au centre ville par
une vedette privée. Rien que pour s’étaler sur une des
chaises longues au bord de l’eau et regarder le paysage… |
Ajia est une demeure ottomane du
XIXe siècle miraculeusement posée sur le Bosphore. La
déco intérieure est contemporaine, sobre,
élégante et glamour, dans des tonalités claires et
reposantes. Des oeuvres d'art parsemées un peu partout et un
excellent restaurant contribuent au raffinement de l'endroit. A partir
de 295 USD. Compter 15 / 30 min. pour rejoindre le centre ville.
|
| Citons enfin des hôtels de luxe
dotés
d’excellentes prestations, mais un peu plus
éloignés
du centre: le Conrad,
le nouveau et très opulent Ritz
Carlton
doté d’un spa au dernier étage, l’immense Swissotel
The Bosphorus qui domine le palais de Dolmabahce et le Ciragan Kempinski.
Ce dernier est un ancien palais impérial bâti sur les
bords du Bosphore,
incendié il y a près d’un siècle et reconstruit en
hôtel
de luxe. Il faut toutefois savoir que le bâtiment palatial ne
sert
que de salons et de casino, et que les chambres se trouvent dans un
immeuble
moderne totalement insignifiant. |
| > MANGER |
| La gastronomie turque s’est
étendue,
avec l’Empire Ottoman, sur toute la Méditerranée
Orientale.
Pourtant, Istanbul n’a plus la réputation culinaire de Beyrouth
ou Alep. Encore faut-il savoir ou aller. La ville est envahie par des
restaurants à touristes qui servent à peu près la
même nourriture presque standardisée. Haci
Baba, sur Istiklal cad ressort un peu du lot. Faudrait-il se frayer
dans des quartiers populaires et non touristiques. Des
établissements modestes mais propres servent à
déjeuner des repas pantagruéliques pour des sommes
modiques. L’accueil y est toujours amical. Grands choix de
ragoûts d’aubergines (imam bayendi), de cornes grecques, et de
gratins de pâtes au poulet. |
| Une des meilleures adresses de la
ville
est en plein bazar egyptien: c'est Pandeli (tel: 5273909,
dejeuner)
fondée en 1901 par des grecs stambouliotes, cet
établissement
familial sert, dans un décor bleu turquoise, un éventail
de la gastronomie ottomane. Autre adresse coup de cœur, Sjezed,
un restaurant russe près de Galatasaray Lisesi, sert un
excellent
canard arrosé d’une vodka maison. |
| Situé
dans une structure industrielle ottomane de la fin du XIXe
siècle, le Kordon Restaurant est une des
plus belles adresses pour déguster – dans une salle monumentale
ou en terrasse, au bord de l’eau – d’excellents poissons. Attenant
à l’hôtel Sumahan, sur la rive asiatique, vedette
privée à la demande. |
| > BOIRE / DANSER |
| Beaucoup de cafés, un peu
partout,
pour faire une pause thé ou café. Eviter de demander un
whisky en face d’une mosquée. Plus glamour, le cour ottomane du Four
Seasons Hotel, en fin d'après midi. |
| Les nuits d’Istanbul sont, avec celles
du
Caire et de Beyrouth, les plus chaudes de la Méditerranée
Orientale. En 5 ans, les bords du Bosphore sont devenus la Mecque du
clubbing. Les nouveaux endroits ouvrent tout le temps, il faut donc
suivre
le bouche à oreille de la jeunesse branchée locale.
Citons,
parmi les endroits, citons: le Babylon (plus postmoderne
que feu son homonyme beyrouthin), le Switch (assez grand club)
et
le Soho, lounge bar. Tous trois dans le quartier
européen
de Beyoglu. |
| Le quartier d’Ortakoy, au pied du pont
suspendu
grouille de bars jeunes assez sympathiques. |
| Dans la section plein-air, citons deux
bars
restaurants situés sur des terrasses d’immeubles, avec des vues
à couper le souffle: Le 5 Kat et le New
Pera, qui sont devenus des incontournables des people locaux |
| > ECOUTER / VOIR |
| Istanbul jouit d'une vie culturelle
assez
riche. Nomreux spectacles au Centre Culturel Ataturk (place Taksim)
dont les festivals de Théàtre et de Musique au
début
de l'été. Attention au cinéma, les films sont
généralement
doublés en turc! |
| > LIRE |
GUIDES
l'encyclopédique et excellent Guide Bleu Istanbul
a disparu au profit du nouveau Guide Bleu Turquie
(dernière édition 1997). En revanche, on a toujours le
choix entre les très beaux guides Voir et Gallimard.
Lonely Planet édite également un guide
d'Istanbul. |
Le
magazine Time Out
Istanbul et sa version électronique www.timeout.com/travel/istanbul
pour les bonnes
adresses et les évènements en cours.
|
| Nous adorons le petit livre gris Istanbul
Guide de l'architecture, Christa Beck et Christine Forsting, 1997,
Ellipsis/Konemann. Citons aussi l'excellent Irresististanbul,
Edward Peacok, Wallpaper, mars 2001. |
| A ne pas manquer: Les Vertiges
d'Istanbul,
Antoine Colombin, Grands Reportages, 253, fevrier
2003. Vous avez dit non traditionnelet branché? lisez ce dossier! |
ISTAMBUL OTTOMANE & TURQUE
Istambul 1914-1923, dans l'oeil du cyclone où la
chute des empires ottoman, russe et austro-hongrois,
Autrement-Mémoires n. 4, S.Yerasimos, met en scène la fin
d'une
époque. Pour les fastes de l'empire ottoman: Les
Trésors de Topkapi, exp. Versailles, Musée National
du Chateau, 1999, cat ed. RMN. |
BYZANCE
Constantinople 1054-1261, Autrement-Mémoires,
n40. Pour l'art, consulter le très accessible l'Art Byzantin,
J. Durand, ed.Terrail ou l'introuvable Byzance, André
Grabar, 1963, Albin Michel. |
RECITS
Constantinople fin de siècle: devant
Stamboul, Pierre Loti, éd. Complexe, 1991. |
| Istanbul, Daniel Rondeau, Nil
ed.
2002. |
| Istanbul (formerly know as Constantinople):
documentation de la Archnet
Digital Library. Le site d'Istanbul Museum,
Imperial Mint, unprojet intéressant. Glass
Steel and Stone, un sujet sur les aqueducs, Aya Sofia, la
Mosquée Bleue et la gare de Sirkeci. Great Buildings: Hajia Sofia, et la mosquée de suleymaniye |
| Le site d'Istanbul Kultur ve sanat
vakfi (version anglaise disponible) offre les programmes des
festivals Film, Tyatro, Muzik et de la Biennale d'Art
Contemporain d'Istanbul. |
Istanbul
Museum of Modern Art,
site internet high tech.
|
|
|
|
Bordée par le Bosphore, la Corne d'Or et la Mer de
Marmara, capitale de trois empires avant d'être
reléguée par la république d'Atatürk,
Istanbul n'est pas une ville comme les autres. Sa profusion de
monuments témoins d'une histoire millénaire attire des
hordes de touristes venus du monde entier. Ce n'est pas une raison pour
bouder cette ville qu'il faut découvrir ou plutôt
redécouvrir.
- taksim meydani -
C'est
dans ce quartier moderne que beaucoup de visiteurs prennent leur
premier contact avec la ville. Non qu'il soit spécialement
intéressant, mais plutôt parce qu'il abrite une multitude
d'hôtels
de toutes catégories. Taksim Meydani, de
forme allongée autour d'un jardin est aussi très bien
desservie
par les transports en commun. C'est la que se trouve le terminal du bus
de la havas, assurant la liaison avec l'aéroport. A l'est de la
place, non loin du Marmara, vous apercevrez une horrible bâtisse
des années 60. Il s'agit du Centre Culturel Atatürk
qui reçoit nombreux spectacles et manifestations. On notera,
entre autres, les festivals Tyatro et Muzzik qui
attirent vers mai-juin des troupes de renommée mondiale. Au nord
de taksim, Cumhuriyet cad. se prolonge avec ses boutiques et
compagnies aériennes vers le quartier de Harbiyé
et son Musée Militaire.
- istiklal cad. -
A
l'ouest de Taksim Meydani, se présentent les "Champs
Elysées" Istanbul cette longue artère récement
rendue aux piétons est un des lieux de promenade les plus
animés. On y trouve boutiques et restaurants, mais aussi nombre
de témoignages du passé glorieux de la ville. C'est dans
le quartier que se trouvent les anciennes représentations des
grandes puissances européennes auprès de l'Empire
Ottoman, excepté celle de l'Allemagne, située sur la rue
descendant de Taksim vers Dolmabahce, et dont la façade
témoigne à elle seule de l'importance des relations entre
les deux pays. Vous pourrez admirer les palais de Venise, de Grande
Bretagne, et de France, à ne pas confondre avec le consulat du
même pays situé sur Istiklal cad. aux abords de Taksim, et
qui abrite également le Centre Culturel. Istiklal cad. traverse Galatasaray
Meydani, au nom du célèbre lycée
dont vous apercevrez les grilles... et de la non moins
célèbre équipe de football dont les
bannières rouge et jaune flottent sur les façades! La
promenade sur Istiklal cad., fort agréable, peut être
effectuée à bord d'un moyen de locomotion des plus
pittoresque: Un tramway, sans doute plus vieux que la république
turque parcours cette artère dans toute sa longueur, sur une
voie unique. L'unique véhicule est conduit par un
préposé en uniforme non moins antédiluvien. Le
tramway relie donc Taksim à Tünel meydani, qui,
comme son nom l'indique, est la station de l'unique ligne de
métro de la ville. En fait un funiculaire souterrain reliant
cette partie haute au pont de Karakoy qui traverse la Corne
d'Or. L'autre alternative serait de se balader à travers les
ruelles escarpées et les escaliers abrupts que les enfants du
quartier se sont appropriés depuis longtemps, l'occasion de
découvrir, ça et la, des maisons peintes aux couleurs
criardes, quelques vieilles églises et mosquées, ou
d'arpenter la Tour de Galata.
- tour de galata -
Cet
édifice cylindrique dominant le paysage urbain, du Bosphore
à la corne d'or, a été bâti au VIe
siècle, détruite en 1261 pour être reconstruite par
les Génois au XIVe siècle. La visite de la tour de Galata
est indispensable. Non pas pour y admirer la décoration
intérieure (les deux étages supérieurs sont
occupés par un restaurant-night
club-attrappe-nigaud-à-touristes dont l'aménagement est
d'un gout fort douteux!). Une fois là haut, oubliez donc vos
états d'âme et allez sur la terrasse qui contourne le
bâtiment. C'est le meilleur point de vue qui soit, permettant de
découvrir la métropole stambouliote avec un angle de 360
degrés et d'appréhender les différents sites de la
ville.
- la corne d'or -
Le
nom est très évocateur. Le passé de ce plan d'eau
s'enfonçant entre la mer de Marmara et le Bosphore est des plus
glorieux. Peut être qu'on s'attend à trop, mais quand on
la découvre, la corne d'or à quelque chose de
décevant. Elle a été récemment
réaménagée et enjolivée par la
municipalité à force de jets d'eau et d'espaces verts.
Efforts louables, mais qui contribuent à effacer la
mémoire d'un lieu, dans sa grandeur mais aussi sa
désuétude. Comme souvent à Istanbul, on sent qu'on
en fait trop pour faire joli pour les touristes. La corne d'or reste
quand même un lieu important au cœur Istanbul Traverser le pont
de Karakoy, reliant Galata à Eminonü, est un must, surtout
quand il est envahi par les pêcheurs à la ligne! La place
animée de Eminonü meydani est le point de
départ pour arpenter la rive sud. En se baladant à pied,
en direction de Yeni cami, on débouche sur le Bazar
Egyptien. Il est également possible de circuler dans
cette partie de la ville à bord d'un tramway (aussi moderne que
celui cité plus haut est antédiluvien) desservant les
principaux
centres d'intérêts.
- topkapi sarayi -
Tout
d'abord ne pas confondre avec le quartier portant le même nom
(terminus de nombreuses lignes de bus) qui se trouve à l'autre
bout de la ville. Le Palais de Topkapi occupe une
extrémité de la ville aussi appelée Pointe du
Sérail, ce qui lui confère d'ailleurs un magnifique
panorama. Topkapi est constitué d'un ensemble de pavillons
abritant salles d'audiences, apartementents privés et communs,
dispersés dans des jardins. Cette structure, fort
différente du palais français ou italien s'apparente
à celle des résidence impérale mogholes en Inde
(cf. Delhi et Agra).Que l'on se le dise: pour visiter ce lieu
célébrissime il faudra s'armer de patience pour affronter
les hordes de touristes qui ne désemplissent pas, ce qui peut
être particulièrement pénible pour admirer les
objets exposés dans les salles successives, en particulier
celles du Khazneh (trésor) qui sont
particulièrement prisées. Les moments les plus
agréables de la visite sont sans aucun doute la
découverte de pavillons ou de
jardins ça et la en travers des allées principales. Ceux
qui
veulent visiter le harem devront s'inscrire pour
une visite guidée au moins une demi-heure en avance. Que ne
faut-il
pas pour retrouver les fantasmes de l'Orient!
- les musées archéologiques -
Dans
l'enceinte même de Topkapi, mais avec moins de visiteurs, ce qui
est déjà une raison pour s'y précipiter. Le Musée
de l'Orient Ancien (fermé pour travaux lors de ma visite) et
le Musée des Antiquités s'articulent autour d'un
jardin verdoyant dans lequel un agréable café tient ses
tables entre les restes de marbres antiques. Idéal pour
méditer sur la grandeur des vestiges du passé... Le
Musée des Antiquités abrite des oeuvres Gréco
romaines provenant de l'Asie mineure et de l'ensemble du contour du
bassin méditerranéen (en particulier les pays ayant connu
une domination ottomane !) les objets les plus importants proviennent
de Saida, au sud liban. Il s'agit d'une superbe collection de
sarcophages
provenant de la nécropole royale de Sidon et
transférés à Istanbul par les autorités
ottomanes à la fin du XIXe siècle. Se succèdent:
le sarcophage de Tabnit, d'inspiration egyptienne, le
sarcophage Lycien couvert de scènes de chasse, le
sarcophage des pleureuses, conçu comme un temple ionique. Mais
le clou de la visite reste le sarcophage d'Alexandre ainsi
nommé non pas parce qu'il aurait appartenu à l'empereur,
mais pour les scènes de bataille dans lesquelles qui figurent
sur ses parois. Par la vivacité du rendu et par l'excellent
état de conservation, cet objet est
considéré par de nombreux spécialistes comme
étant
un des plus grands chefs d’œuvres de la statuaire de l'antiquité
classique.
|
-
sainte sophie -
Au
dessus du complexe de Topkapi saray s'étale le cœur historique
de la cité ou sont regroupés quelques-uns uns de ses
vestiges les plus marquants. Gloire de l'empire byzantin (et du monde
chrétien), transformée en mosquée à
l'arrivée des turcs avant d'être laïcisée par
Atatürk, Hagia Sofia est sans doute le monument le plus
fameux de la ville. Entourée de ses quatre minarets, la
façade extérieure peut décevoir. Les lourds
appareillages de pierre rouge et les contreforts massifs qui
soutiennent le dôme donnent en effet à Aya Sofia un aspect
trapu assez peu élégant. Cette lourdeur de la
façade a été imposée par les
évènements, puisque la coupole s'écroula en 559.
Une fois passés l'exo narthex et le narthex,
décorés de belles mosaïques, la nef centrale,
coiffée de la grande coupole, donne une impression de
légèreté inouïe. Le dégagement
d'espace est saisissant et justifie amplement la réputation du
lieu et sa qualité impériale et divine. On y ressent une
grandeur unique qui fait de Sainte Sophie un lieu d'exception. Ne pas
oublier de monter aux tribunes, pour les magnifiques mosaïques,
les colonnes, et la vue, depuis les galeries, sur la nef centrale.
- yerebatan saray -
Le
"palais englouti" (sic). La visite de cette ancienne citerne byzantine
est une des expériences architecturales les plus
étonnantes d'Istanbul. A une centaine de mètres de Hajia
Sofia, on descend dans les entrailles de la ville! Le lieu
mérite bien son surnom de palais englouti: des immenses galeries
immergées, soutenues par une forêt de gigantesques
colonnes. Il y en a 368, il ne faut pas rater celles qui sont
ornées de sculptures représentant des
yeux et des têtes de Méduse! L'eau qui dégouline en
permanence de partout accentue l'aspect surréaliste des lieux.
Malheureusement,
les autorités ont cru bien faire en installant des
éclairages
colorés type disco d'un goût moins que douteux.
Retour sur Hajia Sofia et la vaste esplanade menant à
la Mosquée Bleue, sur laquelle sont alignés, tels des
trophées, la colonne de Constantin, la colonne
Serpentine, l'obélisque de Théodose et la
fontaine de Guillaume II. Dans une ruelle du quartier, une
ancienne prison a été transformée en palace, le
Four Seasons Hotel.
- sultan ahmed (la mosquée bleue) -
C'est
en entrant dans ce vaste édifice à coupoles
entouré de minarets qu'on comprend la signification de son
surnom. La salle, avec ses quatre immenses colonnes, est
entièrement tapissée de céramiques d'Iznik
donnant cette merveilleuse couleur bleue. Cette mosquée est
visitée par un très grand nombre de touristes qui ont la
grande joie de ne pas avoir à se déchausser: On fournit
à l'entrée des especes de sacs destinés à
envelopper les pieds chaussés, de manière à ne pas
souiller l'intérieur. On rend les sacs à la sortie. Non
loin de là, se trouvent les Haseki Hürrek Hammami,
bains que Soliman le Magnifique fit construire à son
épouse Roxelane. On peut visiter ce chef d'oeuvre de Sinan
qui a toutefois changé de fonction, puisqu'il a
été transformé en magasin de tapis!
- le musée des arts turcs et islamiques -
Face
à la Mosquée Bleue, ce musée très bien
aménagé est peu fréquenté par les
touristes. Il renferme des collections fort intéressantes,
dont de magnifiques tapis. Des panneaux illustrés
présentent des associations avec des tableaux de la Renaissance
(Holbein, Lotto, Memling) dans lesquels figurent des tapis
à motifs similaires. La visite du musée peut être
interrompue par une pause dans l'agréable café
aménagé dans le jardin, avec une vue sur l'esplanade et
la Mosquée Bleue.
Au-delà de cette dernière, dans des
dédales de ruelles, se trouvent deux mosquées mal connues
mais qui méritent amplement la visite: Sokollu
Mehmetpaça Camii, oeuvre
de Sinan, le célèbre architecte
de Soliman le Magnifique, est fort originale.
Installée sur un terrain en pente, on y accède par une
sorte d'escalier tunnel débouchant dans la cour que se sont
appropriés
les enfants du coin. Kuçuck Aya Sofia est une ancienne
église byzantine, Saints Serge et Bacchus.
Son plan rappelle celui de Sainte Sophie, en plus petit, mais son
état d'abandon et sa proximité avec une ligne de chemin
de fer désaffectée en donnent un pathos assez
particulier, d'autant plus que les murs commencent à se fissurer
assez sérieusement. l'imam de la mosquée est un homme
fort affable et cultivé (du moins celui qui m'a reçu) qui
se fait une joie de faire une visite guidée aux visiteurs
intéressés.
|
-
kumkapi le quartier arménien -
Un
peu plus à l'ouest, sur les bords de la mer de Marmara, se
trouve l'ancien quartier arménien de Kumkapi, devenu très
touristique avec beaucoup de restaurants de poissons. Les maisons en
bois forment un tissu urbain typique. Sur la Sarapnel Sok se
trouvent la prélature arménienne, avec
l'église de la Vierge Marie et l'école. La
communauté arménienne d'Istanbul existe toujours contre
toute attente, même si elle se
fait bien discrète. L'assassinat en 2007 du journaliste Hrant
Dink, un figure importante de cette communauté et une
personnalité connue pour son ouverture a quelque peu semé
le trouble, d'autant plus que les responsables de la
sécurité d'Istanbul ont été critiqué
(sans doute à juste titre) pour leur laxisme face aux menaces
qui pesaient sur lui. Pour revenir à l’église de la
Vierge, son aménagement est assez
curieux.
il s'agit de trois batiments à nefs perpendiculaires à la
rue. Ça ne ressemble pas du tout à l'architecture
arménienne classique. L’aile principale, surmontée d’un
clocher est
bien entretenue. Sur la droite (vers la mer) la troisième nef
est
calcinée et
offre un intérieur assez apocalyptique. De nombreuses maisons du
quartier arménien ont été incendiées lors
du
génocide. Il en reste plusieurs dans cet état,
près d'un
siècle plus tard.
- autour du grand bazar -
En
remontant vers le centre, on se retrouve au coeur de l'Istanbul
ottomane. De vastes espaces verts encadrent l'Université,
que l'on remarque de loin avec sa Tour de Beyazit, qui, du haut
de ses 50 mètres, surplombe cette partie de la ville. Moins
grandiose mais non moins intéressant, l'Observatoire
construit dans les années 30, un bel exemple du mouvement
moderne. A l'extérieur du campus, se dresse l'imposante Beyazit
Camii, la plus ancienne des mosquées impériales, sur
le square du même nom. Le quartier est très animé
et les touristes y viennent pour découvrir le Grand Bazar.
Impressionnant par sa taille, il a été reconstruit
suite à un incendie, perdant le folklore et la vetusté
propres aux grands marchés d'orient. Le coté bric
à brac plein de couleurs et d'odeurs, qu'on peut trouver
à Alep ou au Caire a disparu au profit d'une distribition propre
et organisée type galerie marchande.
Au
Shahaflar Çarsisi, marché aux
livres (entrée en face de la mosquée de Beyazit) on
trouve toutes sortes d'imprimés, des cartes anciennes et une
ambiance beaucoup plus intéressante. Pas mal de cafés
dans le coin pour siroter un thé en feuilletant une acquisition.
- la mosquée de suleymaniye -
Plus
qu'une mosquée, une ville dans la ville. Ce complexe,
conçu par Sinan, regroupe, dans des jardins qui
entourent la salle de prière , un ensemble de structures
sociales (hôpital, réfectoire), des madrassa
(écoles coraniques) dont les cellules sont organisées
autour d'un cour centrale. Dans l'enceinte de Suleymaniye se trouvent
également des türbe (tombes) de Soliman et de Roxelana, sa
première épouse.
La
Mosquée de Suleymaniye est construite sur une colline. Elle est
reconnaissable de loin avec sa coupole flanquée de minarets.
L'espace intérieur de la salle de prière, est, comme
à Sainte Sophie et dans les mosquées qui s'en inspirent,
très dégagé. Toujours du même Sinan, la
moins grandiose mais intéressante Sehzade Camii voisine,
dont la cour est une plate forme aménagée sur un terrain
en pente.
- mihrimah camii -
Il
faut s'éloigner du centre de la ville et s'aventurer dans des
quartier moins accueillants pour découvrir un autre chef
d'oeuvre de Sinan. la Mihrimah Camii, à Edirnekapi
est perchée au dessus d'une gare routière.
L'intérieur est saisissant, la hauteur des murs étant
presque le double par rapport à leur largeur. L'espace est
innondé d’une lumière céleste.
- saint
sauveur in chora -
A
200m de là, à travers de petites ruelles bordées
d'anciennes maisons (quelques cafés sympathiques), se trouve Kahriye
Camii, l'ancienne église byzantine Saint Sauveur in Chora.
Malgré son éloignement du centre, elle figure sur le
programme des tours opérateurs. Le bain de foule est donc au
programme. Il faut
quand même y aller, c'est un des meilleurs examples d'art
byzantin avec
un ensemble très riche et très bien conservé de
mosaiques
et de fresques sur fond d'or. Pas de risque, en revanche, de rencontrer
grand monde au Palais de Constantin (Tekfur Sarayi),
que longent les ramparts de la ville. Cette ruine imposante est
un des rares exemples d'architecture séculaire de
l'époque byzantine.
- sur les bords du bosphore : l’art moderne -
L’image la plus remarquable d’Istanbul reste les silhouettes de ses
mosquées dont les minarets ponctuent le paysage et qui
s’étalent langoureusement sur ses collines. Un paysage
inoubliable à découvrir depuis les bords de l’eau, vers
la Corne d’Or ou les quais du Bosphore. En partant du pont de
Karaköy vers Tophane, la promenade est l’occasion de visiter l’Istanbul Museum of Modern Art, une
des meilleures institutions de la région pour la création
artistique de notre temps. Installé dans des anciens
entrepôts sur les docks, Istanbul Modern présente à
un public de plus en plus nombreux des collections permanentes d’art
moderne et contemporain qui ont avant tout le mérite de replacer
la Turquie dans l’histoire de l’art après la chute de l’empire
Ottoman. Le musée est également doté d’une
programmation des plus intéressantes en matière
d’expositions temporaires avec la présence des plus grosses
pointures internationales. La création d’Istanbul Modern et ses
activités ne font que confirmer la vitalité de la
scène artistique et intellectuelle dans cette ancienne capitale
impériale qui est autre chose qu’une ville-musée pleine
de beaux vestiges, tendance déjà amorcée avec la
biennale d’art contemporain et les festivals de musique et de
théâtre dont la réputation n’est plus à
faire, et récompensée avec l’obtention du prix Nobel de
littérature 2006 par Orhan Pamuk.
- la rive asiatique -
Moins
importante que la partie européenne d'Istanbul. On
peut la joindre par le pont suspendu, mais tout l'intérêt
de
la promenade est justement la traversée du Bosphore en bateau.
Au
départ d'Eminönü, tous types d'embarcations, du
vieux rafiot surpeuplé au ferry plus confortable permettent
d'atteindre Üsküdar à tout moment de la
journée et à des prix modiques. Au coucher du soleil, la
lumière y est splendide. En chemin on peut remarquer
l’îlot sur lequel est plantée la tour de Léandre
et qui a été utilisée comme base de sous-marins
nucléaires dans the World is not Enough, le dernier
James Bond!
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| A Üskudar, on peut visiter quelques mosquées
bien charmantes comme Semsi Pasa Camii, au bord du Bosphore, ou
Çincili Camii, mais l'attraction la
plus spectaculaire du coin est l'immense cimetière de Karaca
Ahmet. Véritable ville des morts s'étalant à
perte de vue sur les hauteurs de la ville, ce serait le plus grand
cimetière de l’Orient. Très belle vue sur le Bosphore et
la partie Européenne. |
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sur les bords du bosphore (suite) : souvenir d'antan -
De
part et d'autre de ce cours d'eau, de nombreux palais et de belles
maisons sont à découvrir. La noblesse et la bourgeoisie
stanbouliotes ont, depuis plus d'un siècle, installé des
résidences plus ou moins somptueuses. Coté asiatique, le Beylerbeyi
Saray à la décoration fastueuse, plus petit et moins
visité que le célèbre Dolmabahçe,
immense Versailles ottoman
est incontournable et la visite est des plus pénibles. Le palais
construit sur l'eau est précédé d'une
mosquée, puis d'une succession de jardins. On peut visiter avec
ou sans le harem, mais dans les deux cas, la visite guidée est
obligatoire. A moins de se passionner pour le mobilier fin de
siècle, les lustres ou les complots de sérail, c'est d'un
ennui mortel. Des grilles ouvrent sur le Bosphore, toujours
gardées par un militaire en costume d'apparat. Histoire de se
souvenir que c'est dans ces murs qu'Atatürk a fini ses
jours. Au-delà
de Dolmabahçe, un autre palais, Çiragan, a
été transformé en hôtel après avoir
été rénové. N'espérez pas loger dans
ces somptueux appartements, les chambres se trouvent dans un
bâtiment moderne. Un peu plus loin, au niveau du 1er pont qui
enjambe le Bosphore, on arrive au faubourg d'Ortaköy.
Elégante mosquée inspirée par le Second Empire
(français), une des dernières de l'Empire (ottoman). Le
quartier est très agréable pour son ambiance jeune, ses
boutiques design et ses cafés sur la place face à l'eau.
Beaucoup d'animation en soirée, entre autres due à la
proximité de l'université. Les amateurs d'architecture
viendront en pélerinage, pour voir la villa que Bruno Taut
se fit construire sur les hauteurs. Nichée
entre les arbres, elle rappelle, par sa forme conique et son
intégration au paysage, ses utopiques Architectures Alpines.
Au-delà du pont qui marque les limites de la ville,
on
traverse plusieurs banlieues bourgeoises bordées de jardins et
de
ports de plaisance, jusqu'au Château de Rumeli Hisari.
Cette
impressionnante forteresse n'intéressera pas que les amateurs
d'architecture
militaire. L'ascension de ses tours permet de découvrir un
sublime
panorama sur le Bosphore avec le deuxième pont. Belle
manière
de clôturer la découverte d'une ville aussi grouillante
que
dans un endroit aussi désert!
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