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ALLER / VENIR |
| Kairouan
est à 150 km de Tunis (3h en autocar, en peu moins en voiture),
et à 70 km de Sousse et de El Jem (1h de route). |
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DORMIR |
| LaKasbah
est sans doute le meilleur hotel de Kairouan. Installé, comme
son nom l’indique, dans la Kasba, il offre un décor fastueux et
des aménagements modernes. |
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MANGER |
| On
trouve dans la médina de petites gargotes qui servent, presque dans
la rue, des plats simples et typiques. Nous avons déjeuné
au restaurant de la Jeunesse (av. Belhaouane, tel: 07.226107) qui
pourra satisfaire tous ceux qui ne sont pas trop exigeants, pour un prix
modique. |
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BOIRE / DANSER |
| Pas
mal de cafés-terrasses entre la Place El Bejaoui et la municipalité,
au SE de la médina. Mais notre adresse préférée
est plus discrète, dans le même bâtiment que le Bir
Barouta. On grimpe au 1er étage: le bir se trouve, à droite,
le café sur la gauche. Des salles exiguës et décrépies
ou l’on s’assied sur des coussins à même le sol. Le personnel
est aussi vétuste que le décor, la chicha explosive et le
thé indispensable. La meilleure place est au bout de la salle de
droite, dans la fenêtre. On entend alors les sons et musiques de
la rue se mélanger avec les rumeurs du café et on peut observer,
sans être vu, la chorégraphie urbaine des passants. |
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LIRE |
| Capitales
oubliées Kairouan, Sapho, S. Santelli, P. Vallet, ed. Demi-Cercle
1995, avec de très belles photos. Kairouan la Grande Mosquée,
Neji Djelloul, ed. Contrastes 2000, un petit bijou. The Art and Architecture
of Islam, Richard Ettinghausen et Oleg Grabar, Pelican History of Art,
un grand classique pour comprendre l'art islamique. |
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Kairouan la dévote, Anne-Marie Cattelain-le Du, Grands Reportages, n.268, mai 2004, dans le dossier "Tunisie Authentique". |
| Kairouan:
choix d'articles sur le site d'Archnet. |
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| "un concentré
des Mille et une nuits avec quatre vingt dix neuf pour cent de réalité"
Paul Klee,
Journal, ed. Grasset. | |
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Kairouan est une
ville arabe comme on en rêve. Malgré l’afflux de visiteurs,
elle a su garder son cachet, son histoire, et ses monuments exceptionnels.
Kairouan est LA ville LA plus arabe de Tunisie. Fondée par Oqba
ben Nafi, elle fût le point de départ pour la conquête
musulmane du Maghreb. Capitale et ville sainte sous la dynastie des Aghlabides
elle est dotée d’installations urbaines très importantes,
comme les bassins à ciel ouvert destinés à alimenter
la ville en eau. On commence souvent la visite de Kairouan souvent par
l’observation de deux de ces Bassins Aghlabides depuis la
terrasse de l’office du tourisme (qui délivre les billets pour l’ensemble
des monuments de la ville). |
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- la Grande mosquée
de Kairouan -
Pour certains, elle
justifie à elle seule le voyage en Tunisie. La grande mosquée
de Kairouan est un maillon clé dans l’histoire de l’architecture,
au même titre que celles de Damas, Cordoue et Isphahan. Construite
à partir de 688 à la limite Nord de la Médina, c’est
le premier grand lieu de prière musulman en Occident. Son plan de
base dérive de celui de la mosquée des Omeyyades de Damas
(cf. notre page sur cette ville). Entourée de remparts, ouverte
sur une vaste cour à portiques de laquelle on accède à
la salle de prière. Comme à Damas, on retrouve des chapiteaux
de remploi d’origines romaines et byzantines. Contrairement à Damas,
la salle de prière n’est plus une basilique à trois nefs,
mais une salle hypostyle à 17 nefs (dont une centrale, plus large
et plus haute) orientées vers le mur de la qibla (et la Mecque).
La mosquée de Kairouan paraît, à première vue,
un ensemble régulier et cohérent. On peut même y compter
365 colonnes, autant que de jours dans l’année. Les amateurs d’analogies
apprécieront: Au Mexique, la Grande Pyramide d’El Tajin compte 365
niches, et celle de Chichen Itza, El Castillo, 365 marches! Autre curieuse
coïncidence, le minaret, légèrement pyramidal, à
3 étages (mais sa source à plus de chance de venir du Proche–Orient).
Revenons à ces colonnes. Elles sont toutes différentes. Leur
rythme est irrégulier et, qui plus est, le plan de la mosquée
en apparence rectangulaire, est un quadrilatère qui n’a aucun angle
droit et pas deux cotés parallèles! Dans son apparente simplicité
et sobriété ‘romane’, cette mosquée est l’essence
même de la complexité et de la multiplicité. Une manière
de représenter le monde? Peut être. Il suffit de regarder
les portes en bois des 17 nefs de la salle de prière. Elles se ressemblent
toutes, mais sont toutes différentes. Chacune a des motifs décoratifs
qui lui sont propres. Avant de quitter la grande mosquée, rappelons
dans la cour, l’intéressant cadran solaire, et les ouvertures sur
les citernes d’eau souterraines. A l’extérieur se trouve, hors des
remparts, un intéressant cimetière avec des tombes peintes
en blanc. |
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- la Zaouïa
de Sidi Sahbi -
Plus connu sous
le nom de mosquée du barbier. C’est le mausolée d’un compagnon
du prophète Mohamed [sahbi=mon ami, compagnon, NDLR], qui conservait
des poils de sa barbe (celle du prophète), d’où ce surnom
de barbier [aucun rapport avec son collègue de Séville, NDLR].
Un espace assez complexe, avec une grande cour surmontée d’un
minaret carré avec un décor de motifs géométriques.
Du vestibule on circule dans une succession de cours et de salles très
richement décorées. On a un peu tenté de recréer,
au XVIIe siècle, l’ambiance fastueuse de l’Alhambra de Grenade. |
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- la ville -
Ces monuments se
trouvent en bordure de la Médina. Leur visite impose donc de tourner
autour de celle-ci avant de pouvoir enfin y pénétrer. Soit,
du coté de la Kasba, au nord, par Bab Tounes (Porte de Tunis), soit
par la Place el Bejaoui, au sud, près de la Maison de la Culture.
En tous les cas, il sera impossible d’éviter l’avenue Belhaouane,
principale artère de la ville, avec ses nombreuses boutiques de
souvenirs, ses petites gargotes, et son passage couvert de lattes de bois
bleues. Grande animation, beaucoup de bruits: les appels des marchands,
les cassettes de musiques tonitruantes. Et pourtant, il suffit de s’enfoncer
dans une ruelle, n’importe laquelle, pour que s’impose le silence et le
calme des rues aux maisons anciennes, des places de quartier qui n’ont
pas du beaucoup changer depuis la conquête arabe. Des gamins qui
jouent croisent des femmes voilées qui passent furtivement dans
ce décor de murs blancs, de portes aux arcs outrebassés,
et de coupoles. En se promenant vers le nord-est, non loin des remparts,
on ne manquera pas la visite du Zaouïa Sidi Abid el Ghariani,
tombe d’un homme saint construite au XVe s. Moins grandiose que celui du
barbier, cet ensemble articulé de cours et de salles est admirablement
conçu et donne une sensation de recueillement avec des espaces qui
ont l’air de sortir des aquarelles que Delacroix réalisa lors de
son voyage au Maroc. Non loin de là, on peut découvrir une
curiosité, le Bir Barouta, un puits au 1er étage d’un
bâtiment, actionné par le mouvement giratoire d’un chameau.
Les amis des bêtes s’abstiendront de ce spectacle un peu cruel et
iront prendre une chicha dans la café voisin. On pourra enfin flâner
à travers les souks, regroupés par métiers, rendre
visite à un charmant marchand sourd-muet de nattes et d’éponges
de bain ou pousser plus loin, vers la mosquée aux trois portes,
souvent fermée, mais dont la façade (avec trois portes, comme
on l’aura deviné) ne manque pas d’intérêt. On l’aura
compris, Kairouan est une ville qui, comme les meilleurs mets, se déguste
au rythme de chacun. Et c’est toujours délicieux. |
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