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> ALLER / VENIR
Hammamet est à 70km de Tunis, 1h30 en train, un peu moins en voiture. Circuler dans le centre se fait à pied, sinon les taxis sont nombreux et se trouvent près des portes de la Médina.
> DORMIR
On a l'embarras du choix entre les multitudes de palaces balnéaires que les tours opérateurs vendent en pension complète moins cher qu'une pension dans le Vercors (normal, il faut remplir les 27000 lits du parc hôtelier!). Nous avons eu droit au Riu Mehari, celui qui a la plus haute coupole! Entrée immense et glaciale, chambres immenses, salle à manger plus grande que le hall de l'aéroport de Tunis. Bref spectaculaire, à condition de ne pas regarder dans le détail! Moins clinquant et plus rapproché du centre, le Sheraton devrait assurer des services un peu plus à la hauteur, tout comme le Hasdrubal Thalassa & Spa, qui fait partie des Leading Hotels of the World. L’hôtel le plus intéressant d’Hammamet semble le Dar Hayet, aménagé autour d'une maison ancienne (Anouar Ennafa et Foued Elleuch arch.). Emplacement assez urbain mais proche de la mer.  
> MANGER
Achour (tel: 280140) est le restaurant de poissons le plus réputé de la ville. Tellement réputé qu'il déverse son excédent de clients dans une annexe qui n'a rien du charme de sa belle salle pleine d'ambiance. Le service est approximatif et les plats très inégaux: poissons grillés corrects, couscous honnête sans plus, crevettes+calamars sautés franchement infects. Coté sono, il faut aimer Dalida! Que diriez vous d'aller vous faire une pizza?
> BOIRE / DANSER
Hammamet est le spot le plus branché de la Tunisie, et le Manhattan, la plus grande boite. Passée l'entrée (10 dinars), on se retrouve dans une énorme salle au centre de laquelle trône une statue de la Liberté, avec boules disco, stroboscopes, lasers, et toute la panoplie des années 1980. La musique au son de laquelle se déhanchent les foules du samedi soir semble tout droit sortie des clips de la MTV avec des forts relents de R&B et un peu de techno. Mais de là à prétendre concurrencer les nuits folles de Goa et d'Ibiza, la route est encore longue!
Plus calmement, on prendra un verre autour de piscine de George Sebastian (service terrible, mais cadre sublime) ou chez Espace 33 qui fait aussi (un très petit) salon de thé. Reste le célèbre Café Sidi Bouhadid, toujours bondé.
> ÉCOUTER / VOIR
Le Festival International d'Hammamet, (Juillet-Août), au Centre Culturel International, tel: 280410, fax: 280722. Le petit frère du festival de Carthage.
> LIRE
Maisons de hammamet A. Azzouz et D. Massey, ed. Dar Ashraf, 1988.
SITES INTERNET
Voir  le site de la Médina Mediterranea

> ACHETER
On trouvera toute la panoplie des marchandises à touristes, du meilleur au pire... Les moins infortunés iront encourager Ali Batrouni chez Espace 33 et lui acheter ses belles oeuvres (voir ci-contre)
"la première station balnéaire tunisienne, tant pour sa beauté que pour le nombre de ses visiteurs". Guide Gallimard, édition 2000.
Voici le problème: Nichée au bout du golfe qui porte son nom, avec ses maisons blanches aux portes bleues, ses villas installées entre cyprès et bougainvilliers qui s'étalent jusqu'à la plage de sable fin, Hammamet a tout d'un lieu de rêve. Elle a attiré les artistes comme Paul Klee qui y réalisa certaines de ses plus belles aquarelles, et, dans l'après guerre, fût le rendez-vous de la jet-set internationale. Arriver à Hammamet est pourtant très loin de ces descriptions bucoliques. La Médina, ceinturée de remparts, ainsi que ses alentours, sur le front de mer, sont devenus un parc d'attraction envahi par des cohortes de touristes débarqués en masse qu'on fait circuler dans un ridicule petit train et à qui des marchands ambulants ou magasiniers vendent de la bimbeloterie de pacotille. C'est devenu impossible de voir autre chose dans ce Saint-Tropez oriental, et rares sont les ruelles, vantées dans les guides, qui ont pu garder un semblant de quiétude et d'authenticité. 
- "medina mediterranea" -
Mais le pire reste à venir. A 10km du centre, on a construit une Zone Touristique nommée Médina Mediterranea. Le front de mer a été envahi par des resorts, hôtels de luxe de 4-5 étoiles, dont la présence on ne peut moins discrète, a assassiné la baie. Ces affreux mastodontes, qui se vantent de respecter la réglementation (ils ne dépassent pas 4-5 étages, hauteur supposée des arbres, encore faut-il qu’arbres il y ait) sont une atteinte au goût et à l’environnement. Leurs façades, tarabiscotées mais anonymes sont hérissées de coupoles et précédées par d’immenses patios couverts d’arches hollywoodiennes. Entourés de hauts murs, ces cénotaphes carcéraux accueillent les visiteurs crédules dans un décor clinquant et tape à l’œil. C’est un simulacre de luxe dans lequel le client, impressionné par ce décorum des mille et une  nuits, bénéficie rarement des prestations d’un vrai 4-5 étoiles. Que veulent-ils, ces milliers de vacanciers venus d’Europe? Se prélasser au bord des piscines, ou sur la plage. Sur la plage ou des sortes de beach boys qui ne chante proposent au baigneurs l'achat de pousses de palmiers, ou, encore plus intéressant, comme proposition, une promenade à la campagne, à dos de chameau, de cheval, ou d’âne, avec en prime, la photo en costume berbère (ou barbare?). Hammamet est devenue à l’image de cette Tunisie qui vend un tourisme bon marché et de qualité déplorable.
"Longuement rêvée et voulue par Abdelwaheb Ben Ayed, génialement dessinée et conçue par Tarak Ben Miled, Médina Mediterranea s’avère être une magnifique synthèse des différentes réalisations architecturales de la plupart des pays méditerranéens, s’étalant sur sept siècles médiévaux allant du VIIème au XVème siècle."(1)
Ça, c'est le discours officiel. L’architecte, Tarek Ben Miled, est celui qui a construit Dar Said à Sidi Bou Said, une réussite. C’est drôle comme les perceptions diffèrent en fonction des environnements. Hammamet sud est une catastrophe: trop d’hôtels aucun respect de la nature, rien qui ne soit accessible. Medina Mediteranea est un produit très intéressant qui devrait faire vivre des rencontres passionnantes comme des salons de designers, des expositions internationales et autres manifestations culturelles. Le souci du gain (Ben Ayed est un entrepreneur qui a investi une somme colossale pour réaliser son rêve) a mis en suspens les bons concepts culturels qui prévalaient à sa conception. Projet à suivre. C’est un projet qui a fait avancer les mentalités en Tunisie qu’on le veuille ou pas. Depuis, le tunisien s’intéresse davantage à la culture.  
La culture, il faut peut-être aller la chercher ailleurs, sur la côte dans le voisinage immédiat du centre, toujours verdoyante avec ses belles villas et des hôtels qui ont la décence d’être discrets. Sur la route reliant Hammamet centre à Hammamet sud se trouve la superbe résidence du milliardaire George Sebastian. Au milieu du XXe siècle, alors que Hammamet était le summum du glamour, Sebastian y reçut le gratin des célébrités internationales. Rachetée par l’état, elle est devenue un Centre Culturel International. On visite la maison et ses espaces dont Le Corbusier fit l’éloge, avec sa somptueuse piscine en marbre blanc, sa fastueuse salle de bain avec une baignoire quadriflorée inspirée d’une cuve baptismale byzantine, le superbe mobilier des années 1930-50. La maison abrite des expositions artistiques permanentes ou temporaires, avec des toiles de peintres tunisiens.Dans les jardins de la propriété, on a construit en 1964 un amphithéâtre pour organiser un festival international de théâtre et de musique. C’est Paul Chémetov (qui réalisera 30 ans plus tard la Grande Galerie du Museum d’Histoire Naturelle à Paris) qui a signé cette structure en béton qui se rapproche du brutalisme anglais, mais qui bénéficie d’une  sonorité exceptionnelle. Il suffit de se placer au centre de la scène pour le constater.
Il y a aussi quelques fous isolés qui se battent pour garder et mettre du beau à Hammamet. Ali Batrouni est un d'eux. Cet artiste berbère a ouvert Espace 33 (tel 283902, fax 283071), une galerie d'art comme on les aime. Il y expose ses travaux de différends formats, dans lesquels, avec plusieurs médias, il établit des rapports [image figurative / écriture], [dessin / impression], et aborde des thèmes qui évoquent ses origines. Comme le dit Batrouni lui-même, "il faut de tout pour faire un monde!"
NOTES
(1) Medina Yesmine Hammamet, sur le site internet: http://www.bourseimmo.com.tn/
2001-2005, Baron & Baron, avec la collaboration de Myriam Errais Borges, tous droits réservés. Myriam Errais Borges a été responsable culturelle du projet "Médina Méditerrana". >> CONTACTEZ NOUS