| > ALLER / VENIR |
| Le Hauran se situe au sud de la Syrie,
non loin de la frontière jordanienne et du Golan occupé.
C'est assez pratique de jumeler cette région avec un voyage en
jordanie. On y accède, au départ de Damas, par la route
internationale vers Amman. De là, plusieurs embranchements
mènent vers les différentes localités. Les routes
secondaires, pas toujours en bon état, ne sont pas
forcément desservies par des bus. Une route, plus à
l’est, dessert Shahba et Suweida et permet de rejoindre la route
principale. |
| > DORMIR |
| A Bosra, le Cham
Palace est un des plus petits hôtels de la chaîne
mais un des plus charmants. Le lobby en mezzanine est joliment
décoré de tapis et autres objets décoratifs.
Très agréable. |
| > LIRE |
| Bibliographie essentiellement
archéologique: Hauran I & II, recherches
archéologiques sur la Syrie du sud, J.M Dentzer; le
Djebel el Arab: Histoire et Patrimoine au Musée de Suweida,
du même auteur; Bostra: des origines à l'islam,
(pourquoi "Bostra" au lieu de "Bosra"?) Maurice Sartre; Le
théâtre de Phillipolis en en Trachonitide, P. Coupel.
Ces relevés sont tous édités par Geuthner et
disponibles à
l'Institut Français d'Archéologie de Beyrouth. |
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Le
Hauran est communément appelé "Djebel
el Druze" (la montagne des druzes). Les druzes sont une
dérivation de l’islam chi’ite. Ils se sont répandus, de
part et d’autre du Mont Hermon, dans le Sud-Ouest de la Syrie (le
Hauran) et le Sud-Est du Liban (la Bekaa Orientale) notamment à
Wadi’ Taym. Depuis le XVIIe siècle, ils ont joué un
rôle historique majeur dans le Mont Liban à partir de la
région du Chouf.
Contrairement
à ce que son nom l'indique, le Djebel Druze n'est pas une
montagne, mais plutôt des plaines agricoles et verdoyantes
rythmées par des tumulus de basalte noir, pierre qui fait la
spécificité du coin. La région est riche en eaux
et se situe au cœur du contentieux qui oppose la Syrie a Israel. Le Golan
a été annexé par Israel pour des raisons dites
stratégiques, mais le problème de fond revient au partage
des eaux de la région. La cause de l’échec du dernier
round de discussions avec Hafez el Assad est dans les 40 mètres
de territoire que les Israéliens n’ont pas voulu céder,
empêchant ainsi les Syriens d’avoir accès au Lac de
Tibériade. |
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bosra -
Bosra
est le site archéologique le plus important du sud de la Syrie.
Cette cité
romano-byzantine, particulièrement bien conservée, se
fond
avec la ville moderne de sorte qu'on a du mal à distinguer l'une
de
l'autre. Toutes les constructions sont en pierre basaltique noire. Par
temps
nuageux, ça donne encore plus de pathétique. La gloire de
Bosra, c'est son Théâtre Romain. Immense et en
excellent état. La façade extérieure est massive,
presque repoussante. Les galeries d’accès et de circulation sont
un gigantesque réseau voûté qui permet de circuler
autour de l’amphithéâtre et de la scène.
L’amphithéâtre, en arc de cercle, très
élevé, peut accueillir jusqu’à 80000 personnes!
Certainement plus que la population totale de la ville à ses
heures de gloire.
Les festivités devaient sans doute attirer du monde de
très
loin. La qualité sonore est exceptionnelle. Du dernier rang, on
entend
parfaitement notre Elie national chantant en solo. Des spectacles sont
organisés ici, de temps à autres. Le potentiel de
l’endroit est immense. On imagine
une variante orientale des chorégies d’Orange... La visite de
Bosra
ne se résume toutefois pas à son théâtre.
C’est
une cité exceptionnelle, avec ses rues en damier, son admirable
Decumanus
bordé de monuments, sa citerne, et ses souvenirs byzantins et
musulmans
(Basilique de Bahira, Mosquée Mbarak)... |
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shahba -
Plus
à l'est, sur la route de Suweida, Shahba, l'antique Phillipolis
a un passé glorieux. Elle vit un des ses fils, Philippe l'Arabe,
devenir empereur romain, d'ou son nom. On retrouve cette pierre noire
et, comme
à Bosra, les ruines sont intégrées à la
ville
moderne. On peut voir, dans l'ordre, en venant de damas, la Porte
Nord,
les Thermes, quelques colonnes, et la Porte Sud.
La cité a été construite selon un plan en damier
dont
on peut encore voir la trace. Il y a aussi un amphithéâtre,
mais bien moins important que celui de Bosra, et pratiquement
impossible à
dénicher. La meilleure chose à faire est de se balader
à
pied au hasard d’une ruine imprévue se cachant dans une maison
habitée...
L'ascension du tumulus du coin n'est pas un must mais peut
mettre
un peu de piment. Ça permet de voir le basalte à
l'état
brut de plus près et d'avoir une vue panoramique sur la ville,
les
plaines, et les autres tumulus. Le lieu aurait pu inspirer Victor Hugo
("Shahba,
Shahba, morne plaine..."). Le sommet du tumulus est couvert de ruines
en
béton armé dont l'origine est inconnue. A noter, enfin,
en
venant de damas, que la ville est précédée, sur la
gauche, d'une base aérienne, ce qui sera l'occasion d'admirer
quelques
migs et l'architecture des hangars antimissile dont on a tant
parlé durant la guerre du golfe. Mieux vaut ne traîner pas
dans le coin. Contrairement
à celle de Deir Ezzor elle ne sert pas d'aéroport
international!
Pour
finir,
sur la route du retour, faites une halte à Suweida pour
visiter
son admirable musée archéologique, continuez sur Qanawat
pour y admirer ses basiliques paléochrétiennes. Et puis,
en chemin, il y a un endroit assez extraordinaire: Le mausolée
de Sitt
Zeinab (ou Sayidat Zeinab), à 20km au sud de Damas, un lieu
de
pèlerinage chiite qui attire des fidèles du monde entier.
Les
irakiens et les iraniens y sont très nombreux, mais on tombe
aussi sur des gens venus d’Inde ou d’ailleurs. On y ressent une
expression très émouvante de la ferveur religieuse,
surtout chez les femmes. Certains le comparent à Notre Dame de
Fatima, au Portugal, dont ce serait un équivalent musulman.
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