| > ALLER / VENIR |
| La Syrian Arab
Airlines assure un vol Damas-Deir Ezzor le mercredi (en
principe) à 08h20. Les prix défient toute concurrence:
600LS (12 USD) A-S. Le départ, quand il a lieu, s’effectue dans
le ‘domestic terminal’, l’ancienne aérogare, non loin du
terminal international. Lors de notre voyage, le vol fut annulé,
car "l'équipage dort" (sic), mais deux vols
supplémentaires étaient prévus (!). Nous
étions les seuls (vrais) passagers sur le vol de 13h00,
opéré
sur un Tupolev TU134, véritable pièce de musée
volante!
Arriver à Deir Ezzor par avion, c’est toute une histoire. C’est
déjà
survoler ce désert que vient couper la bande fertile de
l’Euphrate.
Mais c’est aussi atterrir sur une base militaire bourrée de
radars
et de migs (éviter de photographier!) et emprunter une
aérogare
qui ressemble à s’y méprendre à celui de Wadesdah
dans Coke en Stock. Pas de taxi (pour qui?), donc emprunter,
pour arriver en ville, une camionnette de bédouins! Vivement
conseillé
pour les amateurs de sensations fortes. |
| Tout comme le train, qui n’est
pas mal non plus. Au départ d’Alep, via Raqqa et Deir Ezzor, une
expérience grandiose entre les agents de renseignements et les
bédouins... Encore plus fort, les liaisons
ferrovières avec l'Irak viennent de reprendre avec une
fréquence hebdomadaire pour Mossul. Reste la route. Longue et
monotone, depuis Damas, via Palmyre (7h au moins) mais en très
bon état. Comme partout en Syrie, beaucoup de lignes de bus
confortables (Karnak) ou brinquebalants, aux tarifs
dérisoires. |
| > DORMIR |
| Le Furat
Cham Palace est la meilleure adresse du coin. Très bel
emplacement en bordure du fleuve, avec un magnifique panorama. Piscine
très agréable, centre de remise en forme, chambres
impeccables, etc. |
| Deir Ezzor a connu un mini boom
hotelier qui permet aux voyageurs de se loger décemment sans
débourser beaucoup. L'Hotel Ziad est un 3 étoiles propre
et simple en face de l'église arménienne. |
| > MANGER |
| Eviter le Cham Palace sauf pour le
petit déjeuner buffet ou l’on n'hésitera pas à
emporter quelques croissants et pains au chocolat pour la route. On
nous a recommandé Al Muhandissin (le club des ingenieurs), sur
la rive droite de l’Euphrate, mais nous ne recommandons pas l’endroit
que nous avons jugé lugubre et mal fréquenté. La
meilleure adresse de Deir Ezzor est Al Jisr el Kebir Restaurant-Bar,
sous le pont suspendu, tel 210030. Un café guinguette en bord de
l’eau, simple mais sympathique. La cuisine est très correcte,
avec un choix mezzé et de bonnes grillades. |
| > BOIRE / DANSER |
| On peut prendre un verre et / ou un
narguilé au bord de l’eau, au Al Jisr el Kebir Restaurant-Bar,
par exemple. Agréable et animé, mais pas très
romantique. Vous avez dit romantique? Vous
cherchez le spot coucher de soleil + vue imprenable en
tête-à-tête, avec martini bianco et cigarillos?
Allez en fin d’après midi à la piscine du Cham Palace
(même si vous ne descendez pas à
l’hôtel, personne ne contrôle), demandez deux chaises
longues
et sortez discrètement votre bouteille que vous avez
apportée
avec vous (l’alcool n’est pas interdit en Syrie). Et vous voila au
paradis! |
| > LIRE |
| Deir-es-Zor: Sur les
traces du génocide arménien de 1915, Christine
Siméone, Bardig Kouyoumdjian, préface de Yves Ternon, ed.
Actes Sud, 2005.
Retour dans le désert de Syrie. La route, les lieux de
déportation, les lieux d’extermination, les rescapés. |
| Eglise
et Mausolée des
Martyrs Arméniens (Deir Ezzor), une plaquette (en
français) distribuée à l'église
arménienne. |
| > ACHETER |
| Il ya un petit souk à Deir
Ezzor, ou l'on peut faire des emplettes et acheter quelques objets
typiques. |
|
|
|
“Perle
de l’Euphrate”, “fiancée du désert”, ils sont
éloquents, les qualificatifs que l’on colle à Deir Ezzor.
On a pourtant l’impression, en y arrivant, de découvrir un
endroit paumé ou il ne se passe jamais rien. Deir Ezzor vit au
rythme des sables de la steppe syrienne et des eaux de
l’Euphrate qui arrosent les plaines de la Jezira ou “Croissant
Fertile”.
Difficile de dire que quelque chose a changé dans cette ville,
depuis
notre dernier passage, en 1997. Qu’il arrive par air ou par terre, le
voyageur
débarque dans le monde de l’Arabie nomade, loin des grandes
métropoles
que sont Damas et Alep. D’ailleurs, aux yeux des habitants de ces deux
cités, Deir Ezzor c’est le bout du monde. Les rues sont
poussiéreuses, les façades mornes et grises, les mines
patibulaires. Pourquoi venir à Deir Ezzor?
-
Eglise et Mausolée des Martyrs Arméniens -
Pour
les Arméniens, Deir Ezzor est un lieu de pèlerinage.
C’est ici que
furent déportés et massacrés des dizaines de
réfugiés expulsés par l’armée turque de
leurs villes d’Anatolie en 1915. Les Arméniens furent contraints
de marcher dans le désert, le
long de l’Euphrate. Les cadavres des victimes furent jetés dans
le
fleuve ou enterrés dans des grottes situées aux alentours
de
la ville. L’Eglise Arménienne inaugura en 1991 le Monument aux
Martyrs
du Génocide. Le complexe, construit dans le style de
l’architecture arménienne médiévale, a
été inauguré en 1991. Il s’articule autour d’une
église à plan centré, en dessous de laquelle se
trouve une crypte. Au centre de la crypte, un ossuaire avec des
restes de corps humains trouvés à Deir Ezzor, Al
Chadadeh et Souwar. L’ossuaire contourne une grosse colonne dite
“colonne de la résurrection” qui, couronnée d’une croix,
se prolonge au niveau supérieur, en face de l’autel. Sur la base
de la colonne ont été posées des urnes contenant
de la terre provenant de villes et de régions
évacuées par les populations arméniennes lors de
l’exode. La crypte comporte également des salles d’exposition
avec des cartes et des photographies du génocide, ainsi que des
documents et des objets d’époque.
-
le nouveau musée -
Deir
Ezzor est aussi un lieu de passager pour les amateurs d’histoire et
d’archéologie. C’est la ville la plus proche des sites de Doura
Europos, Mari (vers l’Est), Halabiyé et Sergiopolis (vers
l’ouest). Ces amateurs iront donc visiter le musée
archéologique de la ville. S’ils ont la chance de le
trouver ouvert. Nous n’avons pas eu ce privilège, malgré
deux
visites à Deir. La 1ere fois, on nous a dit que le conservateur
recevait
des invités (sic), la seconde, nous n’avons pas pu nous plier
à
ses horaires peu commodes (il ferme à 14h). Bref, sachez que ce
musée
est moderne (inauguré en 1996) à la façade assez
colorée
contient des collections qui s’étendent du Néolithique
à
l’Islam et qui proviennent des fouilles importantes de la région.
|
| Ce que personne ne rate
à Deir Ezzor, c’est l’Euphrate. Si cette ville à quelque
chose de sympathique, c’est son rapport avec le fleuve.
Végétation luxuriante, cafés-guinguettes et
le fameux pont suspendu aux allures de Golden Gate. Ne rêvez pas,
vous
n’êtes pas à San Francisco. Construit lors du Mandat
français, ce pont relie la rive gauche (ou se trouve la majeure
partie de la ville) à la rive droite (plus rurale). Il est
désormais réservé aux piétons (un pont
routier ayant été construit plus en aval) ce qui en fait
un lieu de promenade favori des Deir Ezzoriotes,
surtout en fin d’après midi. Les beaux jours, des mômes
s’amusent
à plonger dans le fleuve depuis ses balustres. Ne rêvez
pas,
vous n’êtes pas à Acapulco. |
| 1997-2005, Baron &
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