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AVANT PROPOS |
| Le voyage au Goetheanum de Dornach a
eu
lieu en mars ou avril 1992. L'auteur (Gregory Buchakjian)
séjournait
à Bâle à l'occasion pour la Foire annuelle
d'Horlogerie
et de Bijouterie. Ce récit à été
rédigé en janvier 2005. Tout comme le dessin, par Sandra
Ghosn, étudiante en 3e année d'illutration à
l'Académie Libanaise
des Beaux-Arts ALBA. |
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ALLER VENIR |
| Depuis Bâle, prendre le tram,
ligne 10, direction Dornach. Ligne très pratique qui passe par
la gare, le théâtre, Bankverein, etc. Descendre à
Dornach, terminus de la ligne. De là, prendre le bus 68. Le 68
est une ligne circulaire qui part toutes les demi-heures (ou toutes les
heures?) de la gare de Dornach et qui passe par 5 arrêts.
Descendre à "Goetheanum" puis, vérifier l'horaire des
prochains bus pour ne pas poireauter des heures dans le froid. Sur
myswitzerland.com, il est mentionné "A pied: 10 minutes depuis
la gare de Dornach-Arlesheim". Il se peut donc que le temps qu'il
faisait ce jour là nous ait donné l'impression que la
distance était beaucoup plus grande. |
| Le Goetheanum est ouvert au public (en
principe) du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h00
à 17h00. Lors de notre passage, dans la tranche horaire du
matin, c'était fermé. |
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DORMIR |
La promenade
peut se faire en une matinée aller-retour depuis Bâle. Le
site
internet du Goetheanum propose des possiblités
d'hébergement à proximité du site pour des prix
assez abordables.
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Nous avons essayé un
hôtel de charme dans la commune voisine d'Arlesheim (sur la
même ligne 10 de tram, à deux stations de Dornach). L'Eremitage
est une maison tenue par la famille Kunz. Les chambres sont très
confortables et celles qui sont sous les combles
bénéficient d'une double hauteur de plafond. Petit
Déjeuner splendide. Chambre à 120 CHF.
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> MANGER
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Même adresse pour les repas, le
restaurant de l'Eremitage. Excellente cuisine. Aux beaux jours, les
repas peuvent se prendre dans le jardin.
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> ECOUTER / VOIR
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Des conférences, concerts,
projections ou autres activités peuvent être
organisées au Gothenaum.
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> LIRE
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| Dans
L'Ascension
du Haut Mal de David B, ed. L'Association, 2000, tome 5, le
narrateur et sa famille se rendent en Suisse. But du voyage, le
Goetheanum et l'anthroposophie qui sont une énième
expérience ésotérique dans l'espoir de trouver un
remède aux crises d'épilepsie dont souffre son
frère. David B ne s'attarde pas sur l'architecture du Goetheanum
qui ne lui a pas laissé une impression impérissable mais
consacre trois planches d'une qualité remarquable à
l'histoire de Rudolph Steiner et de l'anthroposophie. |
La
page "Goetheanum" sur myswitzerland.com est la seule ressource en
français
avec des infos pratiques. http://chfr.myswitzerland.com/
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| Le site internet du Goetheanum est
entièrement en allemand. Il fournit des informations pratiques
ainsi qu'une introduction à l'anthroposophie. http://www.goetheanum.org/ |
| On consultera le Dictionnaire
historique de la Suisse pour ses articles consacrés
à Dornach et à l'anthroposophie. http://www.lexhist.ch |
Le site
internet de la ville de Dornach (allemand) est d'un interêt assez
limité. http://www.dornach-online.ch/
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de la Le site internet du Chilehaus
Hambourg (allemand) permet de telecharger des images de cet
impressionnant edifice. http://www.chilehaus-hamburg.de/
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Un
jour de mars ou d'avril 1992, je ne sais plus
Je suis planté au beau milieu d'une route de campagne sur les
hauteurs de Dornach, aux environs de Bâle. La température
n'excède pas les 3 degrès mais le temps est tellement
pourri qu'il n'a même pas l'élégance de neiger. Il
pleut et je suis trempé jusqu'aux os, confronté au choix
suivant: poireauter encore 50 minutes dans cette situation en attendant
le prochain passage de bus (je peux toujours espérer faire du
stop
mais il n'y a pas âme qui vive), ou rejoindre la gare en
dévalant la route à pied, ce qui devrait prendre au
minimum une demi-heure de marche. Prenant mon courage à deux
mains et me disant que j'ai la chance d'avoir à descendre de la
montagne plutôt que d'y monter, je me mets en route.
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Comment
ai-je fait pour me retrouver dans pareille situation?
Le but de ma visite à ce lieu perdu était le Goetheanum.
C'est quoi, ce Goetheanum? La maison de Goethe? Son cénotaphe?
Non, le Goetheanum est le siège de la Société
anthroposophique universelle. Et c'est quoi, l'Anthroposophie? Selon la
notice qui
lui est consacrée dans le Dictionnaire historique de la
Suisse, "La notion d'anthroposophie ("sagesse de l'homme et au
sujet de l'homme") se trouve, entre autres, chez Ignaz Paul Vital
Troxler (1780-1866),
chez Immanuel Hartmann Fichte (1796-1879) et chez Robert Zimmermann
(1824-1898), adepte de Herbart. Rudolf Steiner (1861-1925) l'a reprise
et définie ainsi: "L'anthroposophie est une voie de connaissance
qui tente de conduire du spirituel dans l'homme au spirituel dans
l'univers"
(Anthroposophische Leitsätze, 1924-1925). Partant des
théories
scientifiques de Goethe, Steiner postule une méthode exacte,
conforme
à la pensée occidentale, pour accéder à la
transcendance. Oeuvrant initialement dans les milieux
théosophiques allemands, il commença ses
conférences publiques en Suisse en 1905. Il fonda la
Société anthroposophique en 1912, devenue au tournant de
1923/1924 la Société anthroposophique universelle."(1).
Ses idées ont eu une influence importante sur des penseurs et
artistes du XXe siècle, comme Joseph Beuys.
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Il
y a une dose de mystère dans tout ça.
On ne sait pas si on baigne dans le philosphique, le religieux, le
social ou bien les trois à la fois. La veille, une personne
rencontrée à dîner autour d'un succulent
emincé de veau à la zurichoise m'avait dit:
"Vous devriez aller au Goetheanum. C'est très spécial. A
l'intérieur, il y a plein de gens qui sont en train de prier -
ou de méditer. C'est comme les monastères bouddhistes
tibétains".
Le Tibet à une demi-heure de Bâle, une proposition qui ne
se refuse pas! D'autant plus que je logeais alors à
Arlesheim qui ne se trouve qu'à deux stations de tram de Dornach.
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Le
Goetheanum ne m'était pas totalement étranger. Je venais
d'en découvrir l'existence quelques semaines auparavant lors
d'un cours d'histoire de l'art dispensé à
Université Paris IV Sorbonne par M. Serge Lemoine (2). Ce cours était consacré
à l'architecture expressioniste allemande. M. Lemoine y parlait
de la "chaine de verre" et de "l'architecture alpine", des courants
visionnaires animés par des concepteurs hors pair. La plupart
des réalisations étaient totalement utopiques et son
restées, à travers de superbes dessins, sur papier. Une
des plus célèbres est "And die Freude" (à
la joie) de Wassili Luckhardt,
une sorte d'immense tour aux facettes aigues comme du cristal.
Plusieurs
projets furent construits, mais ont depuis disparu. Le Pavillon de
Verre
réalisé par Bruno Taut pour l'exposition de la Werkbund
de Cologne (1914), constitue en quelque sorte le manifeste de
l'architecture
expressionniste. Il fut démonté car il était
initialement
provisoire (3). D’autres
ouvrages,
à l’instar du Grand Théâtre de Berlin (1919) par
Hans
Poelzig furent reduits en cendres sous les bombes de la seconde guerre
mondiale. Des constructions expresionnistes d'avant 1939 (4), il ne reste pratiquement que
l'observatoire astronomique Albert Einstein à Potsdam (1917-21),
chef d'oeuvre d' Erich Mendelsohn, l’immense paquebot de brique qu’est
le Chilehaus (Maison du Chili) amarré à Hambourg (1923)
par Fritz Hoger et le et... le Geothenaum de Dornach.
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L'envie
d'y aller devenait de plus en plus pressante.
L'intérêt de la visite résidant aussi
bien dans l'inhabituelle fonction du lieu que dans son architecture.
Après avoir vérifié les horaires d'ouverture,
je me mis en route. A la gare de Dornach, terminus de la ligne 10 du
tram, m'attendait le bus 68. Tout marchait comme sur des roulettes.
Malgré le temps morose, la promenade est vraiment chamante. La
verdure des collines suisses parsemées de maisons
traditionnelles aux toits en encorbellements, un paysage tout droit
sorti d'une carte
postale. Je jubilais d'avoir chosi la promenade architecturale la plus
"non traditionnelle" au départ de Bâle. Le gens
civilisés,
eux, franchissent la frontière de l'Allemagne ou de la France,
toutes proches. L'Allemagne pour visiter le complexe de Vitra à
Weil am Rhein, avec le Musée du siège construit par Frank
Gehry, la caserne de pompiers de Zaha Hadid et le bâtiment de
Tadao
Ando. Trois grandes figures de l'architecture d'aujourd'hui. Et la
France
pour aller prier dans la chapelle Notre Dame du Haut à Ronchamp,
une des réalisations les plus audacieuses et les plus
appréciées de Le Corbusier. Mais le chauffeur du bus
devait sortir l'unique passager que j'étais de sa rêverie:
"Goetheanum! Goetheanum!"
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Me
voila en face de la chose en question.
M. Lemoine avait projeté la photo en cours. C'était une
bien curieuse chose qui avait la forme d'une carapace minérale.
On aurait dit un rhinocéros sans sa corne. L'architecture
expressionniste cultivait deux esthétiques
complémentaires: D'une part celle du cristallin et du lumineux,
portée à son apogée par le pavillon de verre de
Taut et le projet de gratte ciel sur la
Friedrichstrasse de Ludwig Mies van der Rohe, et d'une autre part
celle du caverneux, inspiré des grottes et des montagnes, que
l'on retrouve dans les incroyables stalactites qui pendent dans le
théâtre
de Berlin de Hans Poelzig et dans les décors du film Le Golem.
Le Goetheanum apartient visiblement à cette deuxième
typologie. Il faudrait juste préciser pour garder la
précision du
discours que le bâtiment en question est le second Goetheanum
à
avoir été construit à cet endroit. Le premier,
conçu par Rudolf Steiner, fut détruit par un incendie
criminel en 1922. Le bâtiment actuel fut achevé en 1928.
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Le
Goetheanum est aussi rhinocérosesque qu'en photo
Un rhinocéros qui se tient sur une colline et qui regarde le
paysage sans broncher. La seule chose que ne disent pas les photos ou
les livres d'histoire de l'art, c'est que sa forme bombée n'est
pas sans ressembler à celle des toits en encorbellements des
maisons environnantes (celles des cartes postales). Comme quoi les
sources
d'inspirations ne sont pas forcément aussi compliquées
à trouver que ça. Je me dirige vers la porte, impatient
de découvrir l'intérieur, imaginant cette architecture
caverneuse et sombre dans laquelle méditent des moines
tibétains
version occidentale. Porte close, je sonne. Un concierge ouvre et me
dit:
-Geschlossen!
-comment ça geschlossen? et les horaires?
-Geschlossen!
Et la porte se referme. Me voila planté là,
en face du Goetheanum. A l'arrêt de bus, l'horaire affiché
m'informe que le prochain passage est dans 50 minutes. Il fait 3
degrés et il pleut.
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NOTES
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| (1) Christian Bärtschi, "Anthroposophie" in Dictionnaire
historique de la Suisse, Berne http://www.lexhist.ch/externe/protect/textes/f/F11397.html |
(2) M. Lemoine n'est pas n'importe qui. Il
dirigeait alors le musée de Grenoble qui s'apprêtait
à déménager dans de nouveau locaux, passant d'un
poussiéreux musée de province à un "Beaubourg des
Alpes". Lemoine prendra ensuite la tête du musée d'Orsay,
mais c'est une autre histoire.
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(3) Ce fut aussi le cas du Pavillon de
Barcelone de Mies van der Rohe (1929), mais ce dernier fut
récemment reconstruit à l'identique.
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(4) Parmi les ouvrages postérieurs
à la seconde guerre mondiale, on pourra citer des travaux de
Erich Mendelsohn et Hans Sharoun à Berlin ainsi que le minaret
de la mosquée de l'université de Tunis, oeuvre d'un
disciple de Mendelsohn.
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(5) fermé, en allemand
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| 1992-2006, Baron & Baron, Gregory
Buchakjian (texte), Sandra Ghosn
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