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> ALLER / VENIR
Deux trains quotidiens relient Trincomalee à la capitale, traversant l'île d'est en ouest. Départs de Trinco à 8h45 et à 20h00. Durée du trajet: 8h officiellement, 10h en règle générale. Le train est dans un état de délabrement tel qu'on se demande à chaque arrêt s'il reprendra la route. Le trajet est très folklorique et il vaut mieux faire le voyage en se disant que le parcours fait partie des curiosités du pays que d'être dans l'état d'esprit qu'on aurant en prenant un Eurostar. 2e classe facturée un peu moins de 200 roupies, pas de 1ere.
Des bus relient Trinco à Colombo, Nilaveli, Batticola et Anuradhapura. Nous ne les avons pas essayés. 
Trinco est une ville très étalée. Indispensanble d'être en tuktuk ou en taxi. Tuktuk aussi pour rejoindre les plages de Nilaveli et de Uppuveli.
> DORMIR
L'infrastucture hôtelière de Trinco se réduit à sa plus simple expression. Les touristes logent habituellement sur les plages de Uppuveli et de Nilaveli mais la majorité des hôtels de la région a été dévastée par le tsunami.
A Uppuveli, l'adresse la plus célèbre est le French Garden Pragash Guest House. Célèbre pour faire payer les sri lankais plus cher que les étrangers, le French Garden est au bout d'un chemin possiéreux jonché de détritus. Ses murs colorés tentent de faire oublier la morosité du coin (on est quand même en bord de mer!) mais l'endroit reste quand même un peu limite pour être à notre gout. L'adresse la plus chic de Uppuveli est le Club Oceanic, un resort avec piscine et confort moderne. Le Club Oceanic est actuellement ouvert, l’état du French Garden nous est inconnu.
A Nilaveli, il y a le Sea Yard, franchement pas folichon et le Shahira ou nous sommes descendus. Le Shahira n'est pas un endroit de rêve mais offrait sans doute le meilleur rapport qualité prix de la région. Les chambres étaient propres (sdb mais pas de climatisation) et aménagées autour d'un jardin. La salle à manger était couverte d'étranges peintures murales et la nourriture de très bonne qualité. L'accueil était sympathique et plein d'attention. Bref, une très bonne adresse somme toute, qui a été complètement dévastée par le tsunami et dont on ignore le sort des propriétaires et de l’équipe. Plus luxueux, le Nilaveli Beach Hotel est le resort le mieux tenu de la région. Grand confort et chambres à 100USD. Ferme pour cause de tsunami, il devrait rouvrir ses portes en décembre 2005.
> MANGER
En dehors de quelques gargotes en ville, il n'y a pas grand chose. Vous n'aurez pas d'autre choix que de prendre vos repas dans votre guesthouse / hôtel. Ceux que nous a servis le Shahira étaient excellents.
> BOIRE / DANSER
Prendre une bière Lion ou une Ginger sur la terrasse jardin de votre guesthouse et faire la connaissance des autres routards de passage.
> ECOUTER / VOIR
Vous aurez le choix entre les spectacles le Trincomalee Philharmonic Orchestra (que dirigea Karajan dans sa jeunesse), le Trincomalee Danse & Ballet, le Trincomalee Shakespeare Theatre, et les expositions temporaires du Trincomalee Museum and Art Gallery et du Trincomalee Center of Contemporary Art. Non, ce n'était qu'une blague. Au plus, vous pourrez voir la télé s'il y en a une dans votre hôtel.
> LIRE

 

[avant propos]
Ce texte a été rédigé avant le terrible tsunami qui a ravagé la côte orientale du Sri Lanka au matin du 26 décembre 2004. Nous ignorons le détail des pertes humaines et matérielles mais nous imaginons qu'elles devaient être effroyables pour une région qui a déjà beaucoup payé. Nous pensons à toutes les personnes que nous y avions rencontrées, parmi lesquelles M. Naufal et son équipe, Rafik, dont nous sommes sans nouvelles.

Plage de Nilaveli
comme dans une carte postale. Derrière, des palmiers à perte de vue et aucune trace de construction hormis ce charmant temple bouddhiste près du rivage. Devant, eau cristalline, et quelques îlôts. Dessus, le ciel, toujours un peu changeant. Dessous, sable blanc. Image  paradisiaque. Plage interminable, on ne voit ni ou elle commence ni ou elle finit. Plage déserte, ou presque. C’est une bien curieuse plage. Vierge, elle aurait été paradisiaque avec ses cocotiers, son sable blanc et les vagues déchainees de son eau turquoise. Mais l’homme, ses guerres et ses lubies l’ont transformée en une chose un peu batarde, entre la poubelle et les ruines, peuplee de creatures nommées les Beach Boys. Ceux-la ne chantent pas, mais exécutent un show tres particulier: ils sillonnent les plages à l’affut de touristes (de préférence féminines) qu’ils accostent sans complexe et tentent d’entraîner dans des plans un peu glauques de fetes et autres hotels. Au final, ils vivent (ou tentent de le faire, ca me semble difficile à croire) du tourisme sexuel, ce sont des “gigolos” ploucs et un peu mous. Il y a aussi le batelier du coin qui viendra vous emmener sur l'île aux pigeons. Parait que la promenade est plus agréable le matin, on y va faire du snorkeling. Calme blanc, calme plat calme presque total. Au risque, pour certains de criser. Il y a ceux qui viennent à la plage pour ne rien faire et il y a ceux qui ont besoin de faire la fête, boire, danser, draguer et se faire draguer. Et bien ceux-là, ils devraient plutôt aller à Ayia Napa (1) ou à Ibizia, mais pas à Nilaveli et Uppuveli. Mais allons donc, il doit bien y avoir une ambiance village de pêcher, un peu rustique ou reggae, avec des bouibouis près de la mer? Non, il n'y a rien. Aucun endroit ou il est possible de rencontrer du monde en dehors des guesthouses. Nilaveli et Uppuveli sont des anti-Ayia Napa. C'est comme ça.

nilaveli
Et si on allait en ville?
En manque d'urbanité, prenons un tuktuk pour descendre à Trincomachin, heu Trincomalee que tout le monde appelle Trinco, y compris les panneaux de signalisation routière. Second port du Sri Lanka et principale agglomération de sa côte orientale, Trinco doit être une ville importante. Il doit y avoir des choses à faire, comme à Colombo et à Kandy. La route qui menait à Trinco, et que l'on a forcément empruntée pour atteindre Nilaveli et Uppuveli, n'inspirait pas confiance. Totalement dévastée. Nids de poules, maisons ruinées, checkpoints militaires, ambiance de retour après la fin du monde.

trincomalee
Entrée nord, grand boulevard au milieu de rien.
A droite, la gare. Visite de la gare pour réserver des places de train. Gare déserte. Des rails et quelques wagons abandonnés. Guichet fermé et visite du bureau du chef de gare. Meubles en bois, instruments d'époque antédiluvienne et, au dessus de la porte, une reproduction de la Joconde. Dans la salle suivante, sur une table, des montagnes de papiers qui s'empilent depuis des lustres et une seconde reproduction de la Joconde. Le chef de gare doit être un grand amateur de peinture italienne de la renaissance.

trincomalee port
Sortie de la gare, rue toujours déserte.
Allons voir ce qu'il y a à voir, après la gare. Et bien il y a le port. On est grands amateurs de voyages, donc de transports, les gares et les ports, c'est très bien (un aéroport n'aurait pas été de refus). Le port de Trinco est un des plus grands ports en eaux profondes du monde. Si c'était Rafik, conducteur de notre Tuktuk qui l'avait dit, nous ne l'aurions pas cru. Mais c'est écrit noir sur blanc dans le très sérieux Lonely Planet. Trinco, la Rotterdam de l'Asie? Arrivée au port après avoir traversé la seule rue commerçante de la ville dont les magasins étaient fermés pour cause de week-end, dommage. Entrée du port, un grand panneau bilingue. A gauche, un batiment adminsitratif, avec quelques fonctionnaires qui sommeillent. A droite, poste de douane avec des officiers en uniforme qui ne font pas attention à nous. Au bout, une jetée, déserte, à laquelle est amarré un ferry, le seul navire (excepté les quelques barques de pêche) ancré ici. Au bout de la jetée, la vue est fantastique. Le port est construit dans une baie immense. En face, au loin, les autres installations, dont le silo de blé. Le Lonely Planet n'avait pas menti. Le port de Trinco est très grand, mais totalement désert. Le ferry sert à faire la navette entre les deux bords de l'estuaire.

trincomalee port
Trinco était promise à une grande destinée.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le port était une pièce maitresse dans la logistique des forces alliées. Situé hors de portée des armées japonaises, c'était la base arrière pour le front en Asie du Sud Est. Après 1945, Trinco aurait pu tirer parti de ces atouts, et devenir une plateforme dans le traffic entre la Mer de Chine et la Mer d'Oman, vers les ports du Golfe, de la Mer Rouge et de l'Afrique Orientale. Mais Trinco allait connaitre des temps difficiles. La région, dont une grande partie de la population est hindoue, a été lourdement touchée par la guerre civile qui a opposé les Tigres Tamouls au gouvernement de Colombo. Longtemps désertée, elle panse, lentement ses plaies et vit dans la torpeur. On parle de projets pour réactiver l'activité économique, les transports, le tourisme, mais, en aout 2004, il ne se passait pas grand chose.

trincomalee
Trinco est une presque ile entourée de trois baies,
Au sud, celle du port (Inner Harbour). Au nord, une pointe en relief sépare Dutch Bay de Back Bay. Ce rocher est le l'endroit le plus stratégique de la ville et a toujours été une place forte, zone militaire. Les portugais, les hollandais puis les anglais. Et aujourd'hui, l'armée srilankaise. Boulevard du front de mer, porte monumentale en pierre de taille (un peu à la Michelange, pour reprendre les références renaissance italienne), avec l'inscription "Fort Frederick". Fort Frederick est un camp militaire libre d'accés. La circulation des tuktuks n'est entravée que par la forte dénivélation de la pente qui oblige les passagers à en descendre et continuer à pied. Les derniers mètres, ils faudra même oter ses souliers et marcher pieds nus pour atteindre le Koneswaram Kovil, temple hindou au sommet de la colline. Temple pas très beau, architecture en béton, mais orné de sculptures très intéressantes.

trincomalee koneswaram kovil
les lieux sont fantastiques.
D'un côté, la vue panoramique sur la ville avec ses trois baies et les plages qui s'étalent. De l'autre, swami roock, un rocher plongeant à pic dans les flots. L'endroit est entouré d'une mythologie assez romantique que nous n'avons pas très bien compris et des femmes viennent se recueillir ici et y laissent des petits drapeaux dévotionels. Fin du parcours, pas de la promenade. A chacun sa déambulation dans cette ville horizontale et monotone qui semble vivre dans un autre espace temps.

trincomalee swami rock

NOTES
1) cf. notre page sur Ayia Napa
2004-2005, Baron & Baron, Valérie Cachard (photos), Baron & Baron, avec la collaboration de Yasmina Baz (texte), tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS