| > ALLER / VENIR |
| Polonnaruwa se trouve à l'est
du Triangle Culturel. La ville est desservie par des bus et quelques
trains (peu de fréquences depuis Colombo et Trincomalee). Il
faut compter 3h de route en voiture pour rejoindre la côte Est
(3500 roupies). |
| Polonnaruwa figure dans la liste des
sites inscrits dans le Triangle Culturel. Le prix du billet y est de
15USD (étrangers) ou 32USD pour le billet jumelé avec les
autres sites (Sigiriya, Anuradhapura...). Ces deux billets donnent
droit à l'entrée au musée. |
Le site
est très étendu et il est hors de question de le
parcourir à
pied. Le Lonely Planet conseille ses lecteurs de prendre un
vélo, expérience
qui peu être exhaltante mais qui pose deux problèmes: 1)
la
chaleur très pénible en milieu de journée 2)
l'orientation. Il est très difficile de se repérer tout
seul. Pour les intéressés, les hôtels et
guesthouses en louent pour 150-200 roupies / jour.
L'autre option est celle du véhicule motorisé (tuktuk ou
taxi), plus pratique et moins fatiguante.
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> DORMIR
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La meilleure
adresse de Polonnaruwa est le Rest
House. Ce charmant lodge est construit sur pilotis au dessus du
lac Parakrama Samudraya. Les dix chambres sont très
agréables et, si vous voulez plus, vous pouvez descendre dans la
suite royale dans laquelle séjourna la reine Elizabeth II lors
de son voyage de noces. Très belles terrases pour prendre l'air
et service attentionné. Compter autour de 70USD la chambre.
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Nous avons logé au Gajaba Rest,
qui figure dans le Routard et le Lonely Planet qui vantent sa terrasse
très agréable en fin d'après midi. Les chambres
sont acceptables (avec ou sans a.c.) mais le personnel n'est vraiment
pas sympa et c'est dommage. Chambres autour de 20USD. Ces deux
établissements sont situés à proximité du
musée de Polonnaruwa.
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> MANGER
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Le restaurant
du Rest House est une excellente table. Vous aurez le choix entre
l'espace
extérieur (si il n'y a pas de vent) et la grande salle claire au
dessus
de l'eau. Le menu servi au déjeuner est pantagruélique et
offre
des mets d'excellente qualité. Si les lentilles (dhal) ou le
poisson
au curry sont trop pimentés, on vous fournira un peu de noix de
coco
pour eteindre l'incendie!
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La terrasse
du Gajaba Rest comporte une véranda avec de grands fauteuils
pour
prendre un verre et un restaurant. Choix assez limité. Nous
conseillons le plat indonésien dont nous avons oublié le
nom et qui est composé de riz accompagné de choses, avec
de l'oeuf et du chutney. Très intéressant.
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> BOIRE
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Sur le site il est possible d'acheter
des bouteilles d'eau minérale
indispensables pour se désaltérer.
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> ECOUTER / VOIR
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Le
dernier jour de la Perahera (cf. Kandy), fête de la dent de
Bouddha,
le gal vihara fait l'objet d'un important rassemblement de
pélerins
qui viennent prier le matin tous de blancs vétus avant de
partager
un repas collectif. Grandiose.
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| > ACHETER |
Des livres et des cartes postales dans
l'excellente librairie du musée, quelques souvenirs sur le site
(près de l'accés au Gal Vihara).
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Le
nom de Polonnaruwa n'est pas aussi célèbre que l'image
des Bouddhas taillés dans le granit qui s'y trouvent et qui
sont, avec les Demoiselles de Sigiriya, les oeuvres d'art les plus
illustres du Sri Lanka. Polonnaruwa est, après Anuradhapura, une
ancienne capitale. Elle connut son âge d'or au XIIe
siècle avant de sombrer dans l'oubli. Le site est donc à
l'echelle
d'une ville, et non des moindres. Il est, non seulement immense, mais
immensement
riche et couvert de monuments exceptionnels dont nous tenterons de
faire
ici un petit aperçu.
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fête de la Perahera à
Polonnaruwa
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- terrasses
& piscine -
La visite commence par la partie la plus méridionale du site,
à droite en venant de l'entrée. Cette zone, ou se
trouvait un palais royal dont la chose la plus visible est
l'écriteau qui signale son existence, est dominée,
sur la droite, par un autre palais nommé Vejayanta Prasada
dont il reste
de gros murs en brique peu évocateurs de sa grandeur perdue et,
sur la gauche, par la salle d'audience. Cette dernière est une
structure de plan rectangulaire composée de trois plateformes
superposées, un peu comme une pyramide allongée. Comme
c'est souvent le cas
dans les constructions de la région, une frise d'elephants fait
le tour du 1er niveau, comme si elle soutenait l'édifice. Un
grand
escalier et une entrée flanquée de deux lions permet
d'accéder à la salle qui est rythmées par quatre
séries de pilliers qui ont fait l'objet d'un soin particulier.
Une forme qui rappelle, en
petit, celle du Temple des Guerriers de Chichen Itza, au Mexique. En
contrebas
de ce pavillon, on découvre le Kumara Pokuna, bassin
réservé aux bains royaux. Forme très
élégante, avec un escalier de part et d'autre duquel deux
serpents de pierre déversent l'eau, qui rappelle le temple de
Quetzalcoatl à Téotihuacan, près de Mexico.
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Polonnaruwa, temple hindou, détail de
mur
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- intermède
hindou -
La seconde grande étape du parcours est celle que l'on appelle
le Quadrilataire. Avant d'y arriver, il faut visiter le petit temple
hindou dédié à Shiva. Il se distingue de ceux que
nous avons vu en Inde (Khajuraho, Puri, Bhubaneshwar, Konarak) par
l'absence d'élévation (il y en avait une, mais pas
très importante) et l'horizontalité. Le temple est
construit en grès gris et semble avoir été
entièrement remonté, vu que les pierres sont toutes
numérotées. Il faut en profiter pour saluer les efforts
très importants deployés par les services de conservation
du Sri Lanka, en partenariat avec l'Unesco, pour la sauvegarde de son
patrimoine culturel. Ainsi, de nombreuses artères pavées
et des quartiers de la ville ont été
dégagés au cours de dernières années.
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Polonnaruwa, le Vatadage, entrée
nord
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- le
quadrilatère -
C'est une place rectangulaire surelevée riche en monuments.
Le premier que nous visitons est le Thuparama, lieu de culte
ayant une forme assez proche de celle d'une eglise. L'extérieur
est peu gracieux, mais l'intérieur, couvert par une voute en
encorbellement en briques quasi intacte, vaut le détour. En face
se trouve le Vatadage, un des ouvrages les plus admirables qui soient.
Le Vatadage est une rotonde qui repose sur deux disques
superposés dont les frises sont sculptées. Ces derniers,
qui constituent sa base, ainsi que les
colonnes qu l'entourent sont en pierre, tandis que les murs sont en
brique.
Comme la majorité des constructions du Plonnaruwa, le Vatadage
était couvert d'une toiture avec des charpentes en bois,
aujourd'hui disparue, mais que l'on peut admirer dans l'excellente
maquette qui se trouve au
musée (voir plus bas). Le Vatadage a quatre portes, une
à
chacun des points cardinaux, ouvrant sur une statute de Bouddha assis.
Les quatre Bouddhas qui encadrent un petit stupa au centre du
cercle
- se tournent le dos et regardent dans les quatre directions. Le Vatadage
est un chef-d'oeuvre architectural tant par l'harmonie
de sa forme - n'a-t-on pas dit que le cercle est la figure
idéale?
- que par le raffinerment de sont éxécution et de ses
détails.
Face à son entrée principale se trouvent l'Atadage et le Hatadage
[qu'est-ce qu'ils se ressemblent, tous ces noms!], tous
deux de plan rectangulaire. L'Atadage, à gauche, est une
forêt de pilliers cernant un magnifique Bouddha debout en pierre
noire qui émerge d'entre les arbres qui tapissent le fond. Le Hatadage
à droite, est fascinant pour ses
appareillages de pierres toutes différentes, taillées en
formes irrégulières, comme dans les palais incas de Cuzco
[les lecteurs nous excuseront pour les comparaisons
répétées avec l'Amérique
Précolombienne]. Sur le flanc du Hatadage s'étale
le Gal Pota, un livre reproduit en caractères cinghalais
sur un bloc de pierre qui mesure 8m de long, pèse 25 tonnes et
vient de très loin (près de 100km)!
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Polonnaruwa, l'Atadage
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- le
rankot vehara -
Edifié par le roi Pakrama Bahu sous lequel Polonnaruwa connut
son age d'or, le Rankot Vehara est le monument le plus
monumental de la ville. Ce stupa (1)
- ou dagoba - dont la hauteur dépasse 50m est le
troisième
le plus haut du Sri Lanka, derrière ceux d'Anuradhapura dont il
est
inspiré. Il a quelque chose de tres puissant, duquel
émerge
un peu de végetation sechée par le soleil et qui rappelle
les
poils des élephants. Le stupa a une forme hemisphérique
surmontée
d'une flèche reposant sur une base carrée, ce qui lui
donne
un peu l'allure d'une cloche. Cette forme anticipe peut être les
stupas
plus effilés qui l'on trouve en Birmanie, notamment à
Pagan.
Le stupa est entouré de petites chapelles renfermant des images
saintes
de Bouddha (une seule toujours conservée). Il faut donc tourner
en
rond autour du stupa après s'être dechaussé, ce qui
est
fameux, car sous le soleil, c'est brulant, et quand il pleut, c'est
mouillé!
Ça n'a pas empêché Yasmina et Valerie d'en fait le
tour
tant de fois qu'elles finirent par s'égarer. C'est le syndrome
de
la circulation circulaire qui fait perdre aux gens leur sens de
l'orientation.
L'historien Robert Harbison (2)
l'a bien décrit en parlant de la ville de Palmavora en Italie,
construite
pour être un cité de garnison, et dont le plan ciculaire
donne
l'impression au promeneur l'impression qu'il s'est perdu ou qu'il est
suivi.
On retrouve cette même sensation dans l'aérogare 1 de
Roissy
Charles de Gaulle, gâteau d'anniversaire (3) de Paul Andreu ou il est plus facile de
faire
une rotation perpetuelle que de trouver la sortie!
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Polonnaruwa, le Rankot Vihara
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- le
lankatilaka -
D'autres stupas, d'autres forêts de pilliers, et, non loin de
là, un endroit merveilleux. Comme le Thuparama (cf.
plus haut),
le Lankatilaka ressemble à une cathédrale romane
avec son plan allongé, en forme de nef, sa grande
élévation, soutenue par d'énormes pilliers.
Contrairement au Thuparama, la voute s'est ici
effondrée. Au bout de la nef se dresse un impressionnant Bouddha
debout qui domine, malgré son état dégradé,
les lieux. On imagine la grandeur que tout celà devait avoir
à l'époque. Le Lankatilaka a un système
de circulation étonnant. L'entrée est dans l'axe du
bâtiment. De
la nef, des escaliers (très raides) permettaient
d'accéder
à des tribunes surélevées (autre rapprochement
avec
les cathédrales). Sur la droite, une seconde porte dans l'arc de
laquelle émergent de délicates figures peintes aux yeux
effilés.
Derrière le Bouddha se trouve un passage faisant office de
déambulatoire. Très étroit, très
élevé, il a conservé sa voute en encorbellement
qui est habitée par les chauve-souris. L'intérieur
recevait la lumière du jour par d'étonnnates
fenêtres filimormes. Fascinant.
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Polonnaruwa, le "déambulatoire" du Lankatilaka
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- le gal vihara -
Dernière étape - et accomplissement - de ce fabuleux
parcours archéologique. On accède au Gal Vihara
depuis
un parking, et un espace buvette et marchands de souvenirs. Le dernier
jour de la Perahera (4),
des milliers de fidèles, tous vêtus de blanc, se
rassemblent
ici, dans une gigantesque puja qui est suivie d'un festin. Ce
rassemblement
montre à quel point ce qui est, pour nous étrangers, de
belles
pierres, est toujours un lieu sacré. Le Gal Vihara est
un
massif de granit dans lequel sont taillées quatre sculptures. Le
1er depuis la gauche est un Bouddha assis en méditation. Il
était,
lors de notre passage, couvert d'echaffaudages. Le second Bouddha est
dans
une niche fermée, c'est le moins intéressant. Ce sont les
deux dernières statues qui sont les plus magnifiques. Elles ont
été
recouvertes par une structure métallique sensée les
protéger
des intempéries. Une figure debout représente Ananda,
disciple
de Bouddha, avec les bras croisés comme un pharaon
égyptien.
A ses pieds s'étale un gigantesque Bouddha couché en
préparation
de la mort. Ces deux délicats colosses sont traversés par
les veines de la pierre qui cohabitent avec les drappés de leurs
vêtements. C'est une vision de rêve, un idéal de
beauté
et de sérénité.
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Polonnaruwa, le Bouddha couché au Gal
Vihara
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- le musée -
Il y a deux écoles: Ceux qui préfèrent visiter le
musée avant les ruines, et ceux qui préfèrent
visiter le musée après les ruines. La première
permet de
se faire une intro pour amorcer la visite, la seconde permet de mieux
comprendre les choses qu'on vient de voir. Le musée se trouve en
bordure du
site. Construit en 1999, c'est un batiment moderne avec une
élégante architecture en béton brut (5) et un aménagement fonctionnel qui
contraste avec les salles poussiéreuses du musée national
de la capitale (6). Les
murs sont peints en orange, une couleur très agréable. La
visite du musée est très
instructive, notamment grâce aux excellentes maquettes qui s'y
trouvent.
Un énorme diorama du site se trouve après
l'entrée,
permettant d'y repérer toutes les structures qui s'y trouvent.
Dans
les salles suivantes, des maquettes d'architecure permettent
d'appréhender
l'état d'origine de certains monuments. Celle du Vatadage (cf.
plus
haut) est particulièrement édifiante, avec les
détails
de la toiture en charpente de bois qui couvrait cette rotonde. Des
photographies
anciennes et récentes permettent de se faire une idée sur
l'évolution des fouilles archéologiques. Le musée
renferme
des objets trouvés sur le site. Nous avons ainsi la surprise de
découvrir
l'existence d'un hôpital (dont on peut voir la maquette) voisin
du
Lankatilaka, duquel on a exhumé des instruments chirurgicaux. La
clou de la visite demeure l'exceptionnelle collection de bronzes. Ces
statues
hindoues représentent différents dieux, dont un admirable
Ganesh, une sulfureuse Parvati et un extraordinaire Shiva Natajara. Le
dieu
de la destruction de l'univers accomplit ici sa dans cosmique dans une
des
images les plus célèbres de l'art asiatique.
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NOTES
|
1) le stupa est une
structure pleine, souvent hémisphérique, sensée
abriter une relique de Bouddha ou d'un saint. Au Sri Lanka, stupa se
dit Dagoba.
|
2) The Built, the
Unbuilt, and the Unbuildable, In Pursuit of Architectural Meaning,
Robert Harbison, ed. MIT Press, 1991.
|
3) Paris, guide de
l'architecture contemporaine, ed. Konemann Ellipsis.
|
4) Fête
de la dent de Bouddha, cf. notre récit de voyage et notre page
sur Kandy.
|
5) Il y a des chaines
métalliques qui pendent et nous ignorons leur fonction. Des
chaines similaires se trouvent dans la station de montagne de Faqra au
Liban mais servent a empêcher la formation de stalactites de
glace en hiver. Difficile d'imaginer du
gel sous ces tropiques!
|
6) cf. notre page
consacrée au National Museum,
Colombo.
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| 2004, Baron & Baron (photos),
Baron & Baron, Yasmina Baz (texte), tous droits
réservés. >> CONTACTEZ NOUS |
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