| > ALLER / VENIR |
| Le National Museum se trouve au coeur
d'un parc comprenant également le musée d'histoire
naturelle, sur Albert Crescent. Ouvert tlj sauf vendredi de 9h à
17h. Entrée: 65R, droit de caméra, 160R (personne ne
vérifie). |
| > ACHETER |
| La boutique-librairie du musée
est assez bien fournie en articles cadeaux, cartes postales et livres
(cf. plus bas). |
| > LIRE |
| Le musée n'a pas de site
internet officiel mais une page lui est consacrée sur celui du Ministry of Cultural
Affairs (National Museums). Nous n'avons pas trouvé,
curieusement, de guide des collections du musées, mais une
selection d'ouvrages fort intéressants dont ceux que nous
présentons ici: |
| Exhibition of Andrew Nicholl
Watercolours at the National Museum Colombo, 1998. Catalogue
édité à l'occasion de la nouvelle
présentation des oeuvres de Nicholl après leur
restauration au British Museum de Londres. |
| The Heritage of Sri Lankan
Bronze Sculpture,
1995, catalogue d'exposition au National Museum regroupant des oeuvres
provenant
des musées du Sri Lanka, dont celui de Colombo. |
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| Dans
l'agréable quartier de Cinnamon Gardens, au coeur d'un parc
verdoyant regroupant aussi le Musée d'Histoire Naturelle, se
dresse l'élégante bâtisse néo-renaissance du
Musée National de Colombo. Ce receptacle de l'art, de
l'archéologie et des traditions populaires du Sri Lanka a
été construit par les britanniques. Une plaque
commémorative qui se trouve à l'entresol, dans l'escalier
principale, nous informe que le musée fut achevé en 1876
et inauguré le 1er janvier 1877 par "HE the Rt HONble
SIR.Wm.H.GREGORY" (sic), gouverneur de sa gracieuse majesté. |
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| Le
musée déploie ses galeries sur deux niveaux, le rez de
chaussée et le 1er étage. Ses collections, d'une
richessse exceptionelle couvrent l'histoire de l'île de
l'antiquité à la période coloniale et en font un
des plus riches de l'Asie du Sud. Faute de moyens, le musée est
toutefois, comme nombre de musées du Tiers Monde, dans un
état assez délabré. La présentation est
poussiéreuse, les cartouches pas toujours lisibles, les murs
écaillés et le tout donne une ambiance surannée
qui ne manque pas de charme. |
Galerie
1 [evolution of the Buddha image]
Le hall d'entrée du musée est consacré à un
des thèmes les plus récurants dans la production
artistique de l'île, l'image de Bouddha. L'art et l'architecture
du Sri Lanka se distinguent par rapport au grand voisin indien par
l'adoption du bouddhisme dès l'antiquité, ce qui les
rapproche souvent de ceux des pays d'Asie du Sud-Est (Birmanie,
Thailande, Indonésie). Une des plus belles oeuvres ici
exposées est un Bouddha debout en bois (à droite de
l'entrée), bois, (Kandyan period). Cette sculpture en pied est
remarquable par le traitement des drappés qui rappelle des
vagues et par la main saluant stylisée. Un torse de Bouddha en
marbre provenant de Tissamaharama (VIe-VIIe s) vaut également le
détour. Sur le mur de gauche sont accrochés deux petits
bas reliefs en forme de tablette cintrée vers le bas et
intitulés "Budda Pâda", Koddaiken, IIIe s. Leurs
compositions reproduisent un certain nombre de symboles dont la roue,
des croix gammées, des vagues et des poissons.
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A partir de la galerie 1, le parcours se poursuit vers la
gauche.
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Galeries
4 et 5 [bronzes]
Ces deux salles sombres abritent certains des chefs d'oeuvres les
plus fabuleux de l'ile. Nombre d'entre eux sont reproduits et
décrits dans le catalogue The Heritage of Sri Lankan Bronze
Sculpture. Les sculptures appartiennent aux deux grandes religions
qui ont dominé la région, l'hindouisme et le bouddhisme.
En matière d'imagerie hindoue, l'icône la plus
célèbre est sans doute celle du Shiva Natajara,
le Shiva dansant dans son cycle de création et de destruction du
monde. Le roi des danseurs s'appuie sur la jambe droite qui
écrase Apasmapurusha, personification de l'ignorance, tandis
qu'il balance élégamment la jambe gauche. Shiva Natajara
possède quatre mains: La main droite supérieure porte un
tambourin (damaru) évoquant le rythme de la danse
cosmique, la main droite inférieure est en posture de Abhayamudra,
saluant les fidèles, la main gauche
supérieure est en flammes (l'aspect destructeur de Shiva) et la
main gauche inférieure en posture de gajahasta, pointant vers le
pied gauche, avec le bras particulièrement raide. Le
musée conserve deux exemples de Shiva Natajara
du XIIe s provenant de Polonnaruwa. Le premier est encadré dans
une
auréole (tiruvasi) reposant sur des pilliers encastrés
dans
la base sur laquelle sont reproduites des figures féminines de
fidèles.
Le second n'a pas d'auréole mais se distingue par une magnifique
chevelure surmontée d'une figure de la déesse Ganga (le
Gange)
que Shiva accueillit dans sa chevelure (1). Un autre Shiva Natajara d'aussi
belle qualité se trouve au musée de Polonnaruwa (2). Sa Parvati, la
voluptueuse
qui se déhanche sur son piedestal et dans sa boîte de
verre.
Elle est “Shivakamasundari”, “The beautiful One” (sundari) “Desirous of
Shiva”(Shiva-Kama).
Et leur fils aîné, Ganesha à tête d’elephant,
particulièrement
touchant, le dieu des lettres et de la Sagesse.
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Vision d’un Bouddha en méditation complètement
explosé, comme éclaté par une bombe. Le
métal béant sur un ventre creux, mais toujours
l’expression de serenité parfaite. Une
oeuvre morte et vivante. Ce Buddha in
teaching attitude (VI e s) provenant de
Badulla est une image incroyable. On remarque à travers les
ouvertures les réparations faites pour soutenir le dos. Tous les
amputés devraient le voir (dixit Valérie)! Dans un tout
autre genre, beaucoup moins troublant mais non moins étonnant,
nous avons bien apprécié les traces de pieds Foot Covers
of Boddhisatva or Buddha image, provenant de Veheragla (dépot du
Musée d'Anuradhapura) en bronze doré. Objets
précieux ornés de pierres précieuses, à
l'echelle du pied d'un colosse de trois
mètres...
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Galerie 6 [crafts]
Cette galerie regoupe des objets de différents par leurs
matériaux (bois, métaux, ivoires) et leurs fonctions. Il
y a de beaux Vata Pat, éventails pour le clergé
bouddhiste et des armes dont des lances de cérémonie
laquées et des dagues et coudeaux de Kandy (XVIIe-XIXe s).
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Galerie 7 [ceramics]
Ne manquez pas de vous attarder dans cette salle même si l'art de
la céramique n'est pas votre tasse de thé. Plutôt
que les porcelaines de Chine, contemplez l'important coffre en bois
(que fait-il ici?) provenant de Kandy et destiné contenir des
manuscrits OLA (Ananda Coomara Swamy collection, inv. 17.1099.345), et
ses parois
couvertes de motifs végétaux et animaux dorés sur
fond rouge.
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Une des sections les plus drôles du musée et
qui n'a
pas grand chose a faire avec la céramique est celle des vitrines
ou
sont exposés les cadeaux offerts par des chefs d'états en
visite
au Sri Lanka. Il y a une médaille de la ville de Cannes
(France), un
bloc de quartz de forme phallique (Yougoslavie), une maquette de
monument moghol (Pakistan), une maquette très maladroite du
Space Shuttle (USA), un kangourou en métal sur un socle, genre
objet promotionnel ou cadeau d'entreprise (Australie), une maquette de
navire marchand (Japon) et un fragment d'avion de combat
(américain?) tiré par un buffle (Vietnam)!
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Galerie 8 [regalia and jewelry]
L'inévitable salle aux trésors ou tout brille de partout.
Le trône royal offert au roi Wimaladharma Suriya II par
le gouverneur hollandais Thomas Wansee en 1693 est la pièce plus
spectaculaire. D'un gout assez douteux qui ne ressamble pas à
l'austérité néerlandaise, cette chose est sans
doute un des accessoires de pacotille qu'ont employé les
colonisateurs européens pour acheter un monarque et, avec lui,
une nation
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Galeries
9 et 10 [stone antiquities]
Une loggia ou sont entassés un étrange pillier colonne et
une série de chapiteaux précède un grand hall dans
lequel sont exposés des éléments d'architecture,
dont des alignements de pilliers en pierre éclairés par
des tubes néon. Le long du mur de gauche, se trouvent des
inscriptions
hollandaises ainsi qu'un texte arabe du XVIe siècle. Il s'agit
de caractères arabes mais est-ce de l'arabe, du persan ou du
turc?
Le corps rapelle l'écriture coufique mais avec des entrelacs. Au
bout de ce hall, un escalier permet d'accéder au premier
étage
ou se poursuit le parcours.
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Galerie
11 [D.S.Senayaka Memorial Gallery]
Qui est D.S.Senayaka? Aucune idée. Cette salle est
tapissée d'ancienne photographies en noir et blanc, très
époque coloniale, et d'objets dont une voiture à chevaux
(sans les chevaux évidement!)
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Galerie 12 [Dutch Period Furniture]
Une grande salle aux murs dépouillés
éclairée (elle aussi) par des néons. Des meubles
entassés, comme dans un magasin de meubles, plus tendance
entrepot de zone industrielle que
Habitat. Ce n'est pas le chic du chic, et pourtant les objets ne
manquent pas d'attrait. Les amateurs pourront poursuivre leur
exploration au musée hollandais de Colombo (décrit dans
notre City Guide) ou les objets sont mieux exposés et ou le
gardien vous fera des démonstrations.
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Galerie 13 [Andrew Nicholl waterolours]
Aquarelliste du XIXe siècle, Nicholl a fait, comme nombre de ses
contemporains, le voyage en Orient. Il s'est rendu au Sri Lanka en
1848 et y a reproduit nombre de paysages et de sites
archéologiques.
Ses oeuvres traduisent un gout pour le pittoresque et l'exotique et
pour
la "poétique des ruines" très en vogue à la
période romantique. On y voit des stupas d'Anuradhapura couverts
par la végétation ou sombrer dans la brume et
l'entrée des grottes de Dambulla dans un cadre sauvage et
grandiose.
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Galeries 14 et 15 [paintings]
Ces deux salles sont consacrées à la peinture murale, un
des joyaux de l'art cinghalais. Des fragments de fresques qui ont
été démontés de leur emplacement d'origine
sont ici exposés, ainsi que des copies des
célèbres Demoiselles de Sigiriya qui
n'intéresseront que ceux qui ne se sont pas rendus sur le site.
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Galerie
17 et entresol de l'escalier principal [masks]
L'exposition des masques traditionnels est un des moments forts du
parcours du musée. La pièce la plus imressionnante de la
collection est le masque Dahaata Sanniya sur lequel se
trouvent des figures qui représentent les 18 démons
responsables des
maladies auxquelles l'être humain est exposé. Chacun de
ces
démons est associé à un ou plusieurs maux et sa
physionnomie
en est affectée. Par exemple, Amurku Sanniya, dont le visage
semble
être un portrait de Francis Bacon avec un oeil exorbité,
est
responsable des maux d'estomac et vomissements. Kora Sanniya, à
la
bouche déformée, est associé aux enflements des
membres
et aux jambes boiteuses (!). Ces démons sont mis en scène
dans le cadre d'un traitement psychosomatique dont le but est de les
faire quitter le corps du malade. On fait d'ailleurs, à cet
effet d'exorcisme, des offrandes à Kola Sanniya, démon
barbu qui aurait pu être un croisement entre Iznogoud et
le Raspoutine de Hugo Pratt.
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Galerie 20 [puppets]
Les marionettes à fils de la culture Ambalonga sont
un aspect toujours vivant des arts et traditions populaires. Elles
mettent en scène des personnages variés, anciens ou
modernes.allant de Jesus Christ à un mafieux, en passant par une
chinoise et de nombreux animaux fort sympathiques. L'exposition
comporte aussi des marionettes du monde entier comme la Belgique
(Poesjenel), la Hollande (Jan Klasen), la France (Pierrot et une
reproduction du Gilles de Watteau), l'Italie (Arlequin), les
pays d'Asie, etc. Ce qui en revanche est plus surréaliste ici
est la présence d'un immense squelette de baleine dont on se
demande s'il ne se serait pas echappé du musée d'histoire
naturelle voisin!
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NOTES
|
(1) cf. notre page sur Bénarès
|
(2) cf. notre page sur Polonnaruwa
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| 2004, Baron & Baron (photos),
Baron & Baron, Yasmina Baz (texte), tous droits
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