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> ALLER / VENIR
6 trains quotidiens relient Colombo à Kandy. Deux Intercity Express (2h30 de trajet, dep. de Colombo à 7h et 15h35, depart de Kandy à 6h25 et 15h, 200 roupies le trajet en 1ere classe) et 4 trains ordinaires via Rambukkana (3h de trajet, possiblité d'arret à l'orphelinat des élephants). La 1ere classe de l'Intercity Express est un "observation saloon", dernière voiture du train dont l'arrière est vitré, permettant de contempler les magnifiques paysages. Au départ de Kandy, le train de 8h55 dessert Nuwara Eliya (4h), Ella (6h30) et Badulla (7h30), et là aussi les vues sont abbsolument fantastiques.
Des bus relient aussi Kandy à Colombo et Nuwara Eliya (préférer le train), ainsi qu'à Anuradhapura, Dambulla et Polonnaruwa. Il est possible de prendre un taxi pour une une excursion (se renseigner à l'hôtel). Un parcours d'une journée ne devrait pas excéder les 4000 roupies.
Des tuktuks circulant dans Kandy permettront d'atteindre les quartiers excentrés ou se trouvent de nombreux hôtels.
> DORMIR
Kandy est sans doute la ville du Sri Lanka qui possède la meilleure infrastructure hôtelière. De nombreux petits guesthouses et des hôtels de catégories supérieure dont certains ne manquent pas d'extravagance. Attention, durant la Perahera, les prix augmentent en flèche et les chambres sont difficiles à trouver.
Nous avons logé au Sevana Guesthouse, situé à deux pas du centre. Une maison proprette qui se cache derrière un magasin de cds, l'endroit n'est pas spécialement beau mais très acueillant. Espace salon salle à manger convivial au r.d.c, pour déguster les succlents plats faits maison et rencontrer d'autres routards. Les chambres n'ont pas de charme particulier mais sont très bien tenues. La terrasse du toit permet d'avoir une vue sur la ville. Connexion internet et prix modérés, bref, une très bonne adresse.
Situé face au temple de la dent, le Queens Hotel est un classique construit en 1840. Ambiance retro. Mais les plus beaux hôtels de Kandy se trouve en dehors du centre ville, sur les hauteurs, et jouissent du calme et d'une belle vue sur le lac. L'Hôtel Suisse est un des établissements coloniaux les plus célèbres de la ville. Il fut habité par Lord Mountbatten, dernier Viceroi de l'Empire des Indes. L'endroit est très agréable mais certaines rénovations sont d'un gout un peu douteux (dommage). La gestion de l'hôtel aurait été reprise par une chaine internationale. Plus loin, dans les environs de Kandy, The Earl's Regency est un endroit très élégant et confortable. Très belle architecture de style cinghalais.
L'adresse la plus non traditionnelle est Helga's Folly qui porte bien son nom. Une dame nommée Helga qui est à l'origine de cette "folie", château de la belle au bois dormant, antre de sorcier ou caverne d'Ali Baba ou s'entassent des chandeliers étranges, des photos de tout et de tout le monde, des objets hétéroclites et des meubles de tous styles. Helga's Folly cultive l'art du baroque dans la mise en scène. La propriétaire des lieux accueille ses invités avec sa taille longiligne, son age indéfinissable et son look d'un autre monde.
> MANGER
La plupart des hôtels et guesthouses servent des repas, souvent d'excellente qualité. C'est le cas pour le Sevana Guesthouse ou la nourriture est vraiment savoureuse et constitue une valeur ajoutée apprécialble. C'est aussi vrai pour Helga's Folly ou prendre un repas est une expérience inouie, à ne pas manquer. Outre les fastes du décor et de l'ambiance, la cuisine atteint des sommets.
Sur la rue principale de Kandy (Dalada Vidiya), vous trouverez de nombreuses enseignes ou il est possible de se restaurer sur le pouce. Delights Bakers, White House et Sweet House présentent des étalages de chaussons fourrés au légumes ou à la viande, souvent pimentés mais fort convenables. Il y aussi des pâtisseries à l'occidentale: éclairs au chocolat, forêt noire et autres "gateaux" (en français dans le texte). Nous les avons essayées, elles ne sont vraiment pas terribles. Le summum, ce sont les gâteaux couverts de sucre glacé, vert ou rose, inimaginablement kitsch!
White House est aussi un restaurant chinois dans une spacieuse salle à manger. Nourriture correcte mais service très lent.
> BOIRE / DANSER
The Pub (sur Dalada Vidiya, service jusqu'à 23h) est l'endroit pour prendre un verre à Kandy. La terrasse en bois au dessus de la rue est très agréable avec ses oriflammes et ses fauteuils en osier. Excellents jus de fruits et boissons alcoolisées. A l'intérieur, une salle est entièrement tapissée de graffitis réalisés par des touristes de passage. The Pub fait aussi restaurant avec une carte assez intéressante. Attention, pas d'alcool en période de Perahera!
> ECOUTER / VOIR
L'Esala Perahera de Kandy l'évènement annuel le plus spectaculaire au Sri Lanka . Elle a lieu la dernière dizaine du mois de juillet et se termine le soir de la pleine lune. Chaque soir, des processions traversent la ville selon un itinéraire précis. Le spectacle commence à 21h et dure deux heures. Il est impératif d'entrer dans la zone réservée avant 20h, ensuite les forces de l'ordre en bloquent l'accès. Le spectacle est ouvert à tous mais les spectateurs ont deux possiblités: la première, c'est de s'installer sur le trottoir (au moins 3h à l'avance, 7h le dernier jour!), ce que font les sri lankais. Gratuit mais épuisant. La seconde option est de réserver des places payantes dans un des magasins ou cafés du parcours. Les prix s'echelonnent de 15 à 60 USD.
En dehors de la Perahera, on peut assister aux célèbres danses kandyennes à différents emplacements (se renseigner sur place) et écouter les percussions du temple de la dent lors de pujas (tlj à 6h, 10h et 18h).
> ACHETER
Kandy est une mecque pour les amateurs de shopping. Les rues du centre ville sont bourrées de toutes sortes de magasins, mais c'est du côté du marché, en face de l'horloge, que les choses sont les plus intéressantes. Il y a en fait deux marchés: Celui qui est en contrebas de la Dalada Vidiya est  réservé au textiles: On y trouve les plus beaux batiks, sarongs et saris. Attention aux nombreux rabatteurs francophones (vive l'Alliance Française!) très collants et ne pas hésiter à marchander ferme. Non loin de là se trouve le pittoresque marché municipal avec ses produits exotiques. Epices, thés, huiles et onguents divers, etc. Les rabatteurs cités plus haut n'auront aucune peine à vous y emmener...
> LIRE
GUIDE / REPORTAGE
24 heures à Kandy, Patrick Fiori (texte), Jean-Baptiste Rabouan (photos), Grands Reportages, n. 273, octobre 2004.

ART & ARCHITECTURE
Temple of the Tooth Kandy, architecture, sculpture, painting
, T.K.N.P de Silva, Conservation Project 1, Temple of the Tooth Documentation 1.1.1. Historique du temple, description de l'espace et de l'iconographie des programmes peints et sculptés. Nombreuses illustrations dont des relevés de détails.

 

Les 500 mètres d'altitude de Kandy
sont une bouffée d'oxygène pour echapper à la moiteur du littoral. Deux heures à bord de l'Intercity Express - dans l'Observation Saloon de préférence - passées à contempler les montagnes verdoyantes et on y est. Place de la gare, taxis, tuktuk, le comité d'accueil habituel. "Which country are you from?" Les touristes sont les bienvenus, Kandy est une étape incontournable dans tout voyage au Sri Lanka. Un peu plus haut, un rond point avec une horloge. Point de repère spatio-temporel, l'horloge est un attribut local que l'on retrouve dans toutes les villes de province du Sri Lanka.

kandy municipal market
Kandy, marché municipal
Au pied de la tour de l'horloge, un escalier
descend vers le marché municipal. Comme l'attestent les chemises, blue jeans et autres sweatshirts un peu démodés accrochés sur les devantures, ce marché n'est pas orienté, en principe, vers la clientèle touristique mais cette dernière est la bienvenue. C'est ici qu'elle trouvera les plus beaux sarongs et batiks, ces étoffes imprimées que portent les hommes comme un paréo et qui feront de magnifiques jupes longues pour les dames. Les plus élégantes négocieront un beau sari qu'elles auront rarement l'occasion de porter, mais qu'importe! Pour mieux attraper les touristes français et francophones, les rabatteurs se sont inscrits à l'Alliance Française (à moins que ce ne soient les élèvent de l'Alliance qui aient eu une nouvelle vocation) qui a ouvert une succursale à Kandy et ont tous lu le Guide du Routard. Le résultat est implacable! Ils ne vous lacheront pas d'une semelle (autant s'en accomoder) et vous emmèneront (c'est très pratique) à la grande halle carrée autour ou se trouvent les marchands d'alimentation, d'épices, d'encens et autres produits exotiques. Destination obligatoire: Mohammed (n. 22, Central Market)
, redoutable commerçant qui vous fera acheter, à votre grande joie, une montagne de choses inutiles. C'est le Senhor Oliviera de Figuera de Tintin. Mohammed est au marché de Kandy ce que Fauchon est à la place de la Madeleine: une institution. Et dans les institutions, on ne marchande pas. Alors que batiks et sarongs ont été âprement négociés au centime près, chez Mohammed, c'est la grande classe. Si, par exemple, la note de vos achats atteint 2700 roupies, Mohammed arrondira automatiquement à 3000 en vous fourguant des choses encore plus inutiles que celles que vous aviez choisies (ou qu'il avait choisies pour vous). Le comble, c'est que ça marche et tout le monde est content!

Kandy
Kandy, près du temple de la dent
Retour à la surface de la terre
Dalada Vidiya, les Champs Elysées de Kandy et ses nombreuses transversales. Vie urbaine. Commerces en vrac et en détail, vêtements cheap, chaussures branchées, librairie sombre et mystérieuse. Restaurants, boulangeries, snacks, pour manger à longueur de journée des beignets chauds et épicés ou prendre un gâteau d'anniversaire avec glaçure rose ou vert pistache. Mobilier ancien et grande salle de bal au Queens Hotel, en plein centre de la ville. En face, le lac et toutes les montagnes autour. Kandy se donne des airs de Genève ou Annecy. Comme Annecy, c'est une station d'altitude fort agréable. Sur les collines les bungalows et les hôtels coloniaux profitent de l'air frais et de la belle vue. Mais contrairement à Genève, il n'y a pas de grand jet d'eau au milieu du lac, mais une île. Ou plutot un petit ilôt avec des palmiers. Cette charmante petite chose fut créée par le dernier souverain de Kandy (aussi à l'origine du lac, qui est artificiel), Sri Wickrama Rajashina pour y installer son harem.

Kandy, Sri Dalada Maligawa
Kandy, Temple de la dent
Au bord du lac, le coeur historique et spirituel de Kandy
est le Sri Dalada Maligawa ou Temple de la Dent. La dent de Bouddha est une relique extrêmement précieuse et vénérée dont l'histoire est des plus rocambolesques. Conservée dans un sanctuaire construit à l'intérieur du complexe palatial, elle fait de Kandy une ville sainte. Le palais est une importante construction entourée de douves et adossée à une colline. Il faut franchir deux contrôles de sécurité avant d'y accéder. Le premier est tout à fait inutile puisqu'il peut être contourné en venant depuis le lac. Le second, inévitable est précédé du sempiternel vestiaire ou les visiteurs doivent se dechausser. Passées ces formalités, des marchands proposent des fleurs en offrandes. L'entrée débouche sur la cour dans laquelle se trouve le temple de la dent en question. Au bout de la cour, une grande salle longitudinale, un peu comme une nef ornée de défenses d'élephants, avec un autel ou se dresse un imposant Bouddha assis doré encadré par des flammes, comme ceux qu'on trouve dans les pagodes de Bangkok. Au dessus de cette galerie, on peut visiter le musée du temple qui occupe les deux étages supérieurs du bâtiment. Le 1er étage est assez inintéressant, avec quelques portraits de souverains et des photos du temple. Le second présente plus de curiosités. Il est entièrement consacré aux aux offrandes et objets votifs donnés au temple. Pièces de monnaie et billets de banque (de la Palestine à la Banque d'indochine), bijoux, ex. voto de Bouddha ou de l'arbre sacré (Boddhi tree) et objets plus spectaculaires comme les stupas portatifs offerts par la Thailande et la maquette dorée de la Pagode du Shwedagon à Rangoon

Kandy dancers
Kandy, près du temple de la dent, des danseurs répètent pour la Perahera
Trois fois par jour, retentit la puja,
prière bouddhiste. Grand moment de dévotion au son des percussions. Le temple est un élégant édifice à deux étages avec une abondance de détails architecturaux et d'éléments peints et sculptés. On y accède par le 1er étage, en empruntant un escalier dans le corps principal du palais aboutissant dans une superbe salle dont les parois sont toutes en bois de teck. Les fidèles y font la queue pour atteindre la porte du temple (relié au palais par une passerelle) et effleurer du regard le coffret renfermant la précieuse relique. Après avoir ainsi défilé, ils s'installent à même le sol et prient face au saint des saints. Il parait que la relique n’est montrée qu’une fois tous les sept ans, deux heures par jour, pendant dix jours et que les pèlerins effectuent souvent plus de 24h de queue pour la voir
.
Kandy Boddhi tree
Kandy, temple-arbre, drapeaux de prières
Sur des jardins en terrasses,
des pavillons à colonnes et un petit bâtiment qui semble attirer beaucoup de monde. C'est un musée un peu étrange, tout consacré à la memoire d’un seul élephant, feu Raja, mort à l’age de 84 ans et empaillé depuis 1988. Il avait le privilège de porter la dent lors des processions et eut droit à des obsèques officielles… avant d’etre reconnu Trésor national! Au Sri Lanka, il existe un vrai culte des Elephants, veritable emblème du pays.
Les visiteurs déambulent comme dans une église, en regardant les photos du pachyderme sur les murs latéraux. Hors de l'enceinte, des élephants, bien vivants prennent leurs repas sur une vaste allée. De l'autre côté, un parc avec des petites pagodes. La plus étonnante est celle qui est construite dans un arbre. Une sorte de petite pyramide à degrés enserrant le Boddhi Tree avec plusieurs niveaux, des niches abritant des statues de Bouddha et partout des drapeaux de prière. Non loin de là, une église rappelle l'histoire coloniale de l'île. Kandy est une ville sainte qui attire les pélérins à longueur d'année et surtout fin juillet, pour l'Esala Perahera, fête de la dent de Bouddha, la plus grande festivité annuelle de l'île. C'est un défilé qui traverse, dix soirs durant, les rues de la cité. Les gens y viennent de tous les recoins du Sri Lanka pour y assister. Ils choisissent leur place et y prennent position dès midi, alors que le spectacle ne commence qu'à 21 heures
Kandy Esala Perahera
Kandy, Esala Perahera, défilé d'acrobates
Plusieurs heures à attendre, agglutinés les uns aux autres,
que la fête commence. 21h, des enfants ouvrent la marche. Des jeunes garçons qui jonglent avec des boules et des cerceaux en feu. Certains dansent, d'autres marchent sur des echasses. Il y a aussi des musiciens, et ils seront présents tout au long des deux heures que dure le défilé. Vienent ensuite des hommes qui portent des drapeaux aux bandes multicolores - les couleurs du bouddhismes. Ils sont suivis par des élephants superbement parés de tuniques et de lumières. Quelle idée fascinante de confectionner des vêtements haute couture, avec des broderies et des incrustations de pierres, aussi immenses, à l'echelle des pachydermes. Les plus grands costumes de spectacle (et les plus grandes robes de mariée!) de l'histoire. Les éléphants paradent en alternance avec des danseurs kandyens dont les mouvements saccadés rappellent les danses juives dans Rabbi Jacob! La pièce centrale du défilé est le passage du reliquiquaire, sensé contenir la dent de Bouddha, qui repose sur un éléphant somptueusement paré et encadré de deux autres pachydermes. Ce convoi est suivi par le gouverneur de la ville qui porte une tunique bouffante (certains spécimens vestimentaires de ce genre sont conservés au Musée du Temple de la Dent). Le gouverneur, très corpulant (ils ont du trouver les hommes les plus gros de la ville pour interpréter ce rôle), est accompagné d'un serviteur qui porte un dais ainsi que de sa garde qui ferme la marche. Cette parade se répète cinq fois dans son intégralité, comme si il y avait cinq Perahera. Les quatre premières proviennent d'un des quatre sanctuaires qui protègent la ville, la cinquième qui est la plus grande et la plus somptueuse, est celle du Temple de la Dent lui même. Chacune de ces Perahera est dominée par un couleur (jaune, orange, bleu et rouge pour les deux dernières). On remarquera l'absence quasi totale de femmes. Seules quelques danseuses apparaissent dans le dernier défilé, et leur performance est bien moins spectaculaire que celles de leurs collègues mâles. Le festival de gagne en intensité au fil des jours, atteignant son apogée la dernière nuit, celle de la pleine lune d'Esala. Ce soir là, ce sont près de 100 élephants et plusieurs milliers de figurants qui participent à la fête.

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