BARON & BARON > CARNETS & RECITS DE VOYAGES > NEPAL | TIBET > [2007] (INVISIBLE) EVEREST, 1e PARTIE : LA VALLÉE DE KATMANDOU
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Récit de voyage au Népal et au Tibet en juillet / aout 2007, par Tamara Haddad.
DORMIR
Nombreux hôtels et guesthouses à la portée de routards, notamment dans le quartier de Thamel. Nous avons logé à l’hôtel Moonlight, assez correct. A l’entrée, il y a un beau jardin ou on peut méditer. 
Plus chic, beaucoup plus chic, le Hyatt Regency Kathmandu, un immense palace néocolonial avec chambres luxueuses, piscine, restaurants gatronomiques, etc.
A Patan : Le Newa Chen est une ancienne maison qui est devenu aujourd’hui un hôtel. Il se caractérise par ses jolies portes et fenêtres et ses intérieurs tout en miniature! Il faut mesurer moins d 1m50 pour pouvoir y séjourner ! Même les lits sont minuscules !
MANGER
On trouve de tout, à Katmandou. Des cuisines asiatiques (Indienne, chinoise…) et occidentales, comme Helena’s Restaurant, un resto de 5 étages, le dernier étant la terrasse. Une vue très animée et colorée de la rue. Nous avons dîné sur la terrasse d’un resto très sympa, le Bamboo, éclairé aussi par des bougies placées sur les tables, avec des boules fluorescentes placées sur les balustrades. Nous y avons mangé mangeons sur du Eric Clapton. Le Mandap restaurant, est un resto plus chic à Thamel, avec jardin, cheminée à l’intérieur. Un peu cher, mais au moins on ne risque pas de se retrouver alités le lendemain.
BOIRE / DANSER
Le soir, surtout en week end, les terrasses des bars café de Thamel ont une beaucoup d’ambiance. Les rues sont bondées et il est impossible de s’entendre tant la musique provenant de partout est assourdissante. Monot et Gemmayze sont réellement des déserts à coté. Et quelle musique ! Non ce n’est ni la musique tibétaine ni la népalaise. C’est notre rock préféré. Il y a parfois une live band à GS terrasse, du Dire Strait, Pink Floyd, Creed…
(invisible) Everest, première partie : La vallée de Katmandou. par Tamara Haddad

25-07-07
Katmandou, 8h du matin.
Une pluie fine et du brouillard nous accueillent. L’aéroport est étonnant. On dirait tout sauf un aéroport. Il ressemble plutôt à une école, tout en brique, posé très sereinement sur un gazon vert. A l’intérieur, le sol est en marbre, les murs sont décorés de grands miroirs encadrés de bois gravé de motifs très fins et, à la sortie un joli paon en bois forme une rosace.

Népal, sur la route...
Premières impressions de la ville : Maisons en brique, jeunes filles en costume rose ou vert sur le chemin de l’école. Vélos et rickshaws nous happent, sans compter le brouhaha, les odeurs et les couleurs des vêtements. On aperçoit les montagnes vertes du Népal aux dénivelés assez forts et sur lesquelles il est impossible de skier en hiver. Les rues ne sont pas asphaltées, et comme nous sommes en période de mousson, elles sont très boueuses. Elles sont aussi très étroites (toujours à double sens) et automobiles, motos, vélos, rickshaws et piétons doivent se débrouiller pour ne pas se heurter - les conducteurs népalais jouissent d’une habileté remarquable – sans compter les chiens qui choisissent de dormir au milieu de la chaussée. Le quartier de Thamel est plein de cafés, restos, hôtels et surtout agences de trekking. Le Népal est le pays du trek par excellence. Thamel est très bruyante et très colorée, les enseignes s’entrecroisent dans des rues d’à peine trois mètres de large. Un peintre de Thangkhas expose des images caractéristiques de l’art népalais, ou se mêlent dans les moindres détails, les éléments de la vie, de la terre et toute la philosophie bouddhique.

Nepal, Katmandu, Thamel
19h30, black out.
Chaque soir, à cette heure précise, et jusqu’à 20h30, la ville s’éteint. Plongée dans l’obscurité, balayée par les phares des véhicules. Les enseignes s’estompent, les boutiques reçoivent leurs clients à la lumière adoucie des bougies.

Nepal, Katmandu, Stupa de Bodnath
26-07-07
Il pleut de bon matin.
Un guide envoyé par Tek, l’organisateur du voyage, et son chauffeur nous mènent au Stupa de Bodnath. Ce stupa occupe le centre d’une place circulaire entourée de marchands et d’anciens bâtiments népalais. Les fidèles font le tour du stupa en tenant leurs moulins à prière. Beaucoup de sérénité et de ferveur dans les yeux. Le stupa est composé de 3 niveaux : Le premier, les marches, représente la terre, le second, la coupole, pour l’eau, surmontée de la tête avec les yeux de Bouddha, symbolisant le feu. Et enfin la flèche qui signifie le ciel. D’interminables drapeaux de prière, toujours présents dans ces lieux de pèlerinage, colorent le ciel blanc et brumeux. Depuis la coupole, la vue de la est saisissante sur la place et les monastères plus récents. Nous pénétrons dans l’un d’eux. A l’intérieur, des fresques évoquent en couleur les huit bons signes qui portent chance, le cycle de la vie.


Nepal, Katmandu

Le parcours se poursuit au site de Pashupatinah, plutôt hindou. A cinq kilomètres à l’est de Katmandou, c’est l’un des centres les plus sacrés du pays, une ville de pèlerinage baignée par la rivière Bagmati, le Gange du Népal en quelque sorte. Si le site est vénéré depuis longtemps, les bâtiments actuels datent du XVIIeme siècle. L’histoire dit qu’un raja, Ptratap Malla dut, après avoir violé une fille impubère qui en mourut, accomplir un acte de piété. Pour expier son crime, il fit une retraite de 3 mois à Pashupatinah et agrandit le sanctuaire. Pashupatinah est l’un des multiples noms de Shiva. C’est aussi une bourgade d’une très grande homogénéité architecturale. Le principal temple est celui de Shiva, dans lequel avait lieu ce jour là sa célébration. Les femmes hindoues portant des saris rouge vif, avec leurs parapluies de toutes les couleurs se précipitent en dehors et à l’intérieur du temple, des centaines de pratiquants récitant leurs prières à voix haute et des enfants qui viennent vous tirer la manche pour se faire photographier. Il nous est interdit de pénétrer le temple lors de cette cérémonie, encore moins de prendre des photos. Nous nous contentons donc de faire nos prises à la porte du temple, qui est impressionnante, avec au centre la statue de Siva entouré de ses deux fils, Ganesh et Kimar.


Nepal, Katmandu

Il y a des sâdhus, des enfants avec leurs vaches, et beaucoup de singes. Nous passons par ces petits temples alignés gardés par des têtes de taureaux ou quelques personnes viennent allumer des encens. Alignés aussi, sont les Shiva Lingam, ces cercles de pierre munis de phallus de Shiva, tous dirigés vers le Mont Kailash au Tibet. Du haut d’un des temples, nous avons une vue panoramique sur le temple de Shiva et les sept lieux de crémation. Le corps, amené par des porteurs, fait plusieurs fois le tour du lieu avant d’être posé. On lui ôte ensuite ses interminables bandes de tissus, et on jette dans le fleuve tous les bouquets de fleurs qui le recouvrent de partout. Enfin, on le place au centre, ou est préparé bûcher (il faut environ 200kg de bois pour une crémation). C’est alors que commence la crémation. Il faut deux à trois heures pour que le corps disparaisse en cendres.


Nepal, Katmandu, Pashupatinah, crémations

L’ambiance de ce site est lourde et chargée. C’est un mélange de joie, de tristesse, de ferveur, et de mysticisme. Tout ce monde, habitué, ayant l’air de vivre très bien ces moments… et nous, nous ne sachant plus quoi ressentir…

A Pashupatinah, se trouvent aussi d’élégants bâtiments très linéaires, ayant servi auparavant de caravansérails. Aujourd’hui le gouvernement y loge les plus démunis. En route, nous croisons des écoliers rentrant chez eux. Il est treize heures.


Nepal, Katmandu
Nous traversons New Road pour nous rendre à Durbar Square, ou se trouve l’ancien palais royal, beaucoup de temples datant des XVIIeme et XVIIIeme siècles, et des marchés. Ces monuments sont tous en briques et en bois gravé. Les détails des portes et fenêtres sont magnifiques. Plus aéré que Thamel, Durbar Square ne manque pas de charme mais aussi de misère. Nous visitons le Palais de Koumari, dans lequel une place carrée s’ouvre au centre, comme l’architecture de tous les palais et monastères népalais. On dit qu’une petite fille y habite, elle serait l’incarnation de la déesse Koumari, choisie par un jury exigeant 32 qualités physiques et autres… Elle doit y demeurer jusqu'à la puberté, puis sera remplacée par une autre. On entre ensuite au Kasthra Mandap, appelé aussi la maison de bois, toute en bois évidemment. Ce monument date du XIIeme siècle, et le plus important serait que le nom de Katmandu provient du nom de ce lieu et que ce dernier a été construit d’un bois provenant d’un seul et unique arbre. Bon c’est une légende, on ne va pas tout croire mais c’est amusant. On dit aussi que si on souffre d’un mal de dos, et qu’on se frotte a l’un des poteaux de la maison, un miracle se produit et le mal disparaît. Sur la route, un très joli mur de pierre gravé de textes écrits en plusieurs langues (l’arabe entre autres) dit que si l’on arrive à lire ce texte dans toutes ces langues, du lait coulera de la petite fente carrée du mur… Durbar Square est vraiment chargée d’Histoire et d’histoires ! Et les népalais ne manquent pas d’imagination. Enfin on rencontre l’arbre sacre de Bouddha, le Ficus, au tronc vraiment impressionnant avant de visiter plusieurs petits monastères qui se ressemblent et de très belles pagodes datant du XVIeme siècle au XVIIIeme, aux portes très basses dédiées à Ganesh et Vishnou …

Nepal, Katmandu

Nous ne pouvons pas manquer dans un coin de rue la statue aux couleurs très vives de Shiva, qu’on a trouvé dit-on, sous terre en creusant à Katmandou, et au pied de laquelle plusieurs croyants viennent s’incliner. La pluie est continue, nous marchons dans la boue, je dirai plutôt nous pataugeons avec les motos, les rickshaws et les voitures. Marcher dans cette ville est une aventure à part entière. Ici on se fait suivre par trois népalais qui se débrouillent en anglais pour nous vendre leurs petits objets, cadenas en tigre de cuivre et jeu métallique très mignon. Nous n’avions pas de monnaie et essayions de les faire reculer en refusant avec insistance. Mais plus vous refusez, plus ils vous suivent. A un moment nous avons cru être débarrassés d’eux, mais de retour à Thamel (à pied) une vingtaine de minutes plus tard, nous les voyons marcher près de nous avec la monnaie !!! Après un éclat de rire, nous les avons débarrassés de leurs gadgets à moitie prix.


Nepal, Katmandu, Stupa de Swayambunath

27-07-07
Nous voici au Stupa de Swayambunath qui date du premier siècle, et au sommet duquel les yeux de Bouddha vous surveillent… Appelé aussi Monkey Temple, il est perché sur une colline à deux kilomètres à l’ouest de Katmandou. Outre que Swayambunath possède l’un des plus beaux stupas du Népal et le plus ancien, c’est aussi l’un des pèlerinages les plus populaires et enivrants. Ce stupa est considéré comme l’un des premiers sanctuaires bouddhiques du monde. Sa légende est la suivante : Un ermite a fendu le rocher qui tenait la vallée de Katmandu, d’où l’eau jaillit et entraîna le lotus qui donna naissance à Bouddha, vers la colline. Plus tard, un autre ermite construit ce stupa au dessus du lotus. A coté du Stupa se trouve un monument dont la forme, en épi de mais, est inspirée de l’Inde. Il est aussi sacré que le stupa. Nous avons eu la chance d’assister au jet du liquide jaune appelé Oye d’Inde, que quelqu’un fait couler du haut du stupa en faisant des demi cercles. Beaucoup de pèlerins se retrouvent ici et tournent autour du stupa en tenant leurs moulins ou en allumant des bougies. Le site se trouvant sur une colline et dont on a accès par un long et très agréable escalier de pierre, surplombe toute la vallée de Katmandu. Le panorama est surprenant.


Nepal, Katmandu, Stupa de Swayambunath
Nous allons à Patan, une des trois cités royales de la Vallée de Katmandu. Autrefois capitale et ville d’art, Patan (la cité de la Beauté) est située à six kilomètres de Katmandou. Patan fut choisie par l’empereur Ashoka pour y élever l’un de ses quatre grands stupas, et serait de ce fait la ville bouddhique la plus ancienne du pays. Cette ville a gardé donc son caractère médiéval, avec son palais royal, son Temple d’Or et ses plusieurs monastères, le plus fameux étant la pagode de cinq étages. Dans la cour principale, sont érigées deux statues de cuivre qui représentent le Gange et Yamuna. Un monument Epis de Mais comporte cent huit piliers, incarnation de Krishna. Sans compter toutes les pagodes magnifiques dédiées à Shiva (on les reconnaît grâce aux taureaux) et celles dédiées a Vishnou (grâce au oiseau mythique qui se trouve à l’entrée du temple).

Construit au XVIIIeme siècle, le Temple d’Or est tout en cuivre. A l’intérieur se trouvent les rats sacrés. Des bandes de cuivre se jettent tout le long de la façade principale de la pagode pour « accueillir » les divinités du ciel, et viennent toucher la porte métallique toute en dentelle et remplie de bougies allumées.
 
FIN DE LA 1e PARTIE : SUITE DU RECIT DE VOYAGE
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