| > ALLER / VENIR |
| A 85km au nord de Beyrouth, Tripoli
est reliée par l’autoroute côtière, le trajet
durant entre 45min et 1h30 selon la circulation. De nombreux autobus
relient les deux villes à intervalles réguliers pour un
prix de transport modique. |
| En 1990, les routes étant
devenues si impraticables à cause des nombreux check-points, que
la Middle East Airlines avait mis en service des lignes
aériennes intérieures reliant Beyrouth à
l’Aéroport de Kleyate, au nord de Tripoli. Ce service a pris
fin avec la réouverture normale des routes mais il a
été entre temps prévu d’ouvrir cet
aéroport, baptisé René Moawad, au trafic
international. Cette proposition est restée à
l’état de projet. |
| Tripoli est très proche de la
frontière syrienne et constitue une bonne base de départ
pour se rendre au nord de ce pays ainsi qu’au sud de la Turquie. Deux
axes routiers sont très fréquentés: la route
côtière vers Tartous, Lattaquié, Antioche et
Alexandrette et la route intérieure vers Homs, Hama, Alep
et Gaziantep. |
| Tripoli est également proche
(1h-2h de route) des montagnes du nord du Liban (Les Cedres,
vallée de la Qadisha, station climatique d’Ehden) ainsi que des
réserves naturelles du Akkar. En ce qui concerne cette
dernière région, des précautions sont
nécessaires avant de s’y aventurer. |
| Circuler à Tripoli n’est pas
très compliqué. La vieille ville, où se
concentrent les monuments historiques se trouve entre la place du Tell
et le fleuve Abou Ali et se traverse facilement à pied. Les
quartiers modernes sont plus espacés et nécessitent un
véhicule (nombreux taxis services) mais les routes sont assez
bien indiquées et les axes principaux de la ville sont faciles
à repérer. |
| Il y a un bureau d’information
touristique (tel: 06 433590) à l’entrée sud de Tripoli,
sur la place Abd el-Hamid Karamé. |
| > DORMIR |
| Le Quality
Inn est un établissement moderne très convenable
qui
se trouve en bordure de la Foire Internationale. Nous vous recommandons
les
chambres qui donnent sur le site, avec en arrière plan, les
montagnes
enneigées. |
| Dans un genre moins
standardisé, essayez le Château
des Oliviers, sur les collines de Bahsas, qui surplombent la
ville. Mme Nadia Dibo y a aménagé son manoir et
reçoit ses hôtes dans un cadre assez extravagant avec un
mobilier patiné, des tapisseries, marbres, vases,
candélabres et autres ornements. |
| Il est possible de séjourner
dans un des nombreux resorts balnéaires qui pullulent le long de
la côte au sud de la ville, entre Enfeh et Batroun. Ce ne sont
cependant pas des endroits de rêve. |
| > MANGER |
| Tripoli est un haut lieu de la
gastronomie dont la réputation tient d’abord sur la
pâtisserie. Les nombreux établissements des
différentes branches de la famille Hallab en sont les temples et
attirent les foules du monde entier. Les deux établissements les
plus fameux sont Rafaat
Hallab & Sons (notre préféré) et Abdul Rahman Hallab &
Sons. Il est possible de déguster sur place ou d’acheter
pour emporter. Les Hallab qui ont le sens du commerce, proposent un
emballage spécial pour le voyage et vendent même aux
quatre coins du monde via leurs sites internet respectifs! |
| Les spécialités sont
nombreuses et toutes savoureuses: du halewet el jebn (douceur
au fromage, littéralement) moelleux au légendaire kneiffé
(pâte granulée au fromage ou à la crème de
lait entier arrosée de sirop sucré) qui se mange
généralement en guise de petit
déjeuner (mais qui est en fait servi à toute heure), en
passant
par la mafrouké (pâte à base d’amandes
couverte
de crème de lait entier et saupoudrée d’amandes et de
pétales
confites). Et puis, il y a un des desserts les plus érotiques du
monde: le znoud el sett (littéralement, doigts de
femmes, en
fait un gâteau croustillant fourré de crème et
arrosé de sirop et de pistaches concassées). |
| Ces mêmes établissements
accaparent vraiment la scène tripolitaine puisqu’ils servent
à déjeuner des plats du cru: le ouzi (à ne
pas confondre avec ouzo!), du riz à la viande cuisiné
avec des amandes (décidément!) et des lahmajin
(pâtes feuilletées à la
viande hachée parfumées au sirop de grenades et au thym
frais,
à ne pas confondre avec leur équivalent
arméno-turc que l’on déguste notamment à
Gaziantep). |
| On peut faire des escapades
gastronomiques hors de la ville. Aller manger du poisson en bord de
mer, par exemple. Nous conseillons vivement le White Beach,
dans la paillote au-dessus des galets (salle fermée en hiver),
qui propose un choix de poissons frais destinés à
être grillés ou frits, des fruits de mer et de savoureux
mezzés. L’endroit est très agréable (baignade
conseillée) et les prix raisonnables. Toujours à Batroun,
Jammal est
une plage de galets dans une crique avec des tables
littéralement
les pieds dans l’eau. Les nababs y viennent en bateau, les prix sont
relativement élevés. |
| L’autre grande promenade cullinaire
est en montagne, à Ehden,
qui compte d’innombrables restaurants, pour déguster un
mezzé pantagruélique avec la fameuse kebbé
(à base de blé concassé et de viande
hachée) du coin. |
| > BOIRE / DANSER |
| Tripoli n’est pas une ville pour faire
la fête. Les bars et boites se trouvent soit sur le littoral,
surtout à Batroun, soit en montagne (Ehden) en été
uniquement. Le Pearl Beach, au sud de Batroun est un
repère de surfeurs ou s’organisent parfois des soirées
assez intéressantes. Encore plus au sud, on peut pousser
jusqu’à Jbeil (Byblos) et ses plages fort animées comme
le Eddé Sands Beach et La Voile Bleue. Les
dimanches après-midi d’été sont des after
autour du bar au son de la musique electro-pop. Sachez que c’est
à cet endroit, au tournant des années 80-90, que furent
organisées les premières free parties et autres raves du
Liban. Des soirées sont régulièrement
organisées à la Voile Bleue mais il semble que le
littoral au sud de Beyrouth soit actuellement plus actif que celui du
nord. |
| > ECOUTER / VOIR |
| On peut suivre les manifestations
organisées par le Goethe Institut, la Mission Culturelle
Française et la Rabita Sakafia (action culturelle Tripoli). En
été, des concerts peuvent se dérouler dans le
fabuleux théâtre en plein air de la Foire Internationale.
Au minimum, on peut se rabattre sur le cinéma (complexes
multisalles des circuits Empire et Planète). |
| A Jbeil, le Festival
International de Byblos est organisé chaque
année en été. Sa programmation est
métissée et privilégie les musiques jazz, rock et
électro. |
| > ACHETER |
| De nombreux produits artisanaux dans
les souks, notamment les célèbres
savons artisanaux de Tripoli à Khan el Saboun.
Près
de 40 variétés, toutes à base d’essences
naturelles,
sont disponibles. Demandez à découvrir les produits assez
spéciaux
comme le savon aphrodisiaque produit selon une recette qui remonterait
au
Moyen Age. Si le prix de la majorité des savons est de 1000LL
(0.75
euro) pièce, certains, dont la fabrication est
particulièrement
complexe peuvent atteindre 250 euros! |
| > LIRE |
HISTOIRE
Tripoli Through The Ages,
Nina Jidejian, ed. Dar El-Mashreq Publishers, 1980, un classique
très
bien écrit. |
ART & ARCHITECTURE
Tripoli, The Old City. Monument Survey: Mosques and
Madrassas. A source book of maps and architectural drawings,
American University of Beirut - School of Architecture 1994-5, edited
by Robert Saliba. |
| The Mamluk City of Tripoli,
Hana Alamuddin, Hana, in Urban Design Studies, Massachusetts
Institute of Technology, 1987. télecharger en format PDF. The
Architecture of
the Mamluk City of Tripoli, Hayat Salam-Liebich, 1983,
ed. Cambridge,
Massachusetts: The Aga Khan Program for Islamic Architecture. télecharger en format PDF. Autres articles et
images sur le site d’Archnet Digital Library. |
| To Re Design
Hammam Ez-El-Dine, Tripoli, Ania Naghi, Atelier
de Recherche ALBA, 2000. |
OSCAR NIEMEYER
La Foire Internationale de Tripoli est a peine
évoquée dans les monographies de l'architecte. Citons Oscar
Niemeyer, Matthieu Salvaing, ed. Assouline - Memoire Du Style,
2001, Oscar Niemeyer, A legend of modernism, collectif,
ed. Birkhauser 2003 et les mémoires de l'architecte: Les
courbes du temps, ed. Gallimard, 1999 en français et The
Curves of Time, 2000, ed. Phaidon en anglais. |
SUR INTERNET
Tripoli-Lebanon
et Tripoli-City
sont deux portails concurrents dans lesquels on peut découvrir
des trucs intéressants (importante banque d'images de monuments
dans Tripoli-City) mais qui sont, dans l’ensemble, assez chaotiques et
pas
très navigables. |
|
|
|
| Bienvenue
à Tripoli, seconde ville du Liban. A ne pas confondre avec son
homonyme, capitale de la Libye. Il est impossible, en français
ou
en anglais, de distinguer nominalement l’une de l’autre, alors qu’en
arabe
on emploie une des appellations suivantes: Tarablous el Sharq (Tripoli
de
l’Orient, au Liban) ou Tarablous el Gharb (Tripoli de l’Occident, en
Libye).
Passées ces considérations sémantiques
généralement
indispensables pour les villes qui changent de nom (du type
Bombay-Mumbai...),
essayons de voir tout ça de plus près. |
|
| Tripoli
est sans doute la plus importante cité arabe du Liban. Alors que
Beyrouth a perdu une bonne partie (sinon l’intégralité)
de son tissu urbain traditionnel, Tripoli a conservé, à
l’instar d’Alep
ou de Damas, sa médina, avec ses souks, ses hammams et ses
mosquées. Précisons toutefois que même avant la
guerre de 1975, Beyrouth a toujours cultivé un cosmopolitisme
alors que Tripoli, habitée par une majorité de musulmans
sunnites, regarde vers l’orient depuis le départ des
croisés. Pourtant, le visiteur qui arrive de
Beyrouth par l’autoroute semble découvrir une ville moderne et
occidentalisée. Grands boulevards, stade flambant neuf, centres
commerciaux, parc d’expositions, artères vastes et larges,
immeubles sagement alignés, loin de l’anarchie visuelle qui
caractérise la capitale. L’urbanisme
de Tripoli à cela de particulier que la ville s’est
développée, au cours de la seconde moitié du XXe
siècle, non pas au-dessus du centre historique, en
détruisant ce dernier, mais en direction de la mer, vers
l’ouest. C’est ainsi que Tripoli-ville et sa banlieue portuaire d’El
Mina ont fini par se rejoindre, et ne font aujourd’hui qu’une
même entité urbaine. |
|
| Ce
développement organisé qui a fait de Tripoli une
cité moderne et un anti-Beyrouth doit beaucoup à
l’installation, au nord de ville, du terminal de lraqi Petroleum
Company (désaffecté depuis plus de 20 ans), qui lui
offrit une manne pétrolière, ainsi qu’au dynamisme
de Rachid Karamé, grande figure politique locale qui fut
à
plusieurs reprises premier ministre. En plein boom économique
des
années 1960, Karamé se lança dans un pari aussi
fou
que courageux: Faire de sa ville un pôle économique et
touristique
majeur au Moyen Orient (il faut savoir qu’à cette période
la
ville ne compte pas un seul hôtel digne de ce nom!). Il
entreprend
un chantier gigantesque qui va faire entrer Tripoli dans le IIIe
millénaire:
la construction de la Foire Internationale, un immense complexe en
bordure
des nouveaux quartiers, dans lequel se regroupent un parc des
expositions,
des salles de congrès et de concerts et diverses attractions
ultramodernes. C’est une ville dans la ville et le nom de l’architecte
à qui le projet est confié suffit à lui seul pour
mesurer les ambitions: Oscar Niemeyer, devenu mondialement
célèbre pour la conception de Brasilia. Au grand
malheur de tous, la guerre du Liban éclate en 1975, alors que le
chantier est en voie d’achèvement. Le site restera à
l’abandon durant deux décennies avant d’être repris en
main. La foire de Tripoli a finit par voir le jour, mais les
manifestations qu’elle accueille sont bien modestes... Le site est
aujourd'hui menacé par un projet de disneylandisation qui a
provoqué une levée de boucliers de la part du public et
d'ONG comme Patrimoine Sans Frontières. Ironie du sort, c'est
sous le gouvernement de Omar Karamé, frère de de
l'initiateur courageux de la Foire, que la plus importante pièce
d'architecture moderne du Liban risque de disparaître. |
|
| La
Foire Internationale, qui a hérité du nom de Rachid
Karamé, occupe un site de forme elliptique (facilement
identifiable sur une photo aérienne) au sud ouest du centre, en
bordure de la nouvelle autoroute qui arrive
de Beyrouth. Elle comporte deux entrées, l’une vers le nord
(généralement fermée) et l’autre, vers l’est,
desservant le parc d’expositions*. On reconnaît le dynamisme
formel d’Oscar Niemeyer dès l’entrée qui est couverte
d’un gigantesque dais suspendu en béton brut.
Comme l’on peut s’y attendre, ce matériau est employé sur
l’ensemble des installations, dans la bonne logique du mouvement
moderne,
et au grand désespoir de nombreuses personnes qui croient
qu’il
ne s’agit que d’un degré d’inachèvement du à des
économies. Et d’économies, parlons-en! S’il y a un
langage que prône
ce site, c’est bien celui de l’opulence: Face au pavillon d’expositions
qui s’élance en longueur sur une belle courbe (photo ci-dessus,
intérieur), s’étalent d’énormes jardins
composés de pièces d’eau et de parterres en gazon.
Niemeyer devait sans doute ignorer les problèmes de manque d’eau
qui touchent les pays de la région. D’ailleurs, lorsque nous
avons demandé à des gamins pourquoi les bassins
étaient à sec (nous étions en avril), ils nous ont
répondu qu’ils étaient pleins mais que l’eau s’est
évaporée! Ces jardins sont ponctués de
différentes constructions dont la fonction n’est pas toujours
évidente à déceler. Près
de l’entrée, un pavillon rectangulaire aux façades
rythmées par des arcs brisés est planté au centre
d’un bassin. Ce type d’espaces n’est pas sans rappeler les pavillons
d’audiences et de réceptions qui ponctuaient les jardins des
sultans Moghols, comme à Agra, Delhi et Fatehpur Sikri (cf. nos
pages sur ces villes). Un peu plus loin, un autre pavillon, lui aussi
aquatique (en principe) est composé d’un gigantesque pilier
soutenant un dais circulaire, comme un grand parasol, avec un escalier
métallique en colimaçon permettant d’accéder
à la terrasse. Il y a aussi une petite pyramide à
côté
d’un château d’eau cylindrique au nord du site, mais la chose la
plus
spectaculaire et qui sert de logo pour la Foire est l’immense arche en
béton,
qui marque la passerelle d’entrée d’un théâtre en
plein
air entouré d’eau. La scène, qui constitue un autre
îlot, est partiellement couverte par une arche, plus petite que
la précédente. Et puis, il y a la chose la plus
incroyable, la plus Niemeyeresque, pourrait-on dire: le dôme
enfoui dans le sol qui était sensé abriter un auditorium
circulaire (photo ci-dessous). Le bâtiment est resté
inachevé, sans revêtement. A l’intérieur, des
milliers de fils d’acier pendent de la calotte comme s’ils allaient
nous empaler alors que la partie centrale s’est retrouvée
submergée d’eau. Le tout est une incroyable caisse de
résonance ou n’importe quel bruit provoque un écho
assourdissant. Cette chose, peut-on la définir de manière
plus précise, est une réplique du parlement de Brasilia,
mais en l’état, devient une expérience
surréaliste. Comme si on avait l’occasion de visiter le
Cénotaphe de Newton de Boullée. |
|
| Retour
en
centre-ville. Là où se retrouvent le Boulevard Bechara el
Khoury, communément appelé le boulevard et les autres
grandes
artères. Circulation et klaxons des taxis, alignement des
banques,
établissements commerciaux et immeubles années 1970, et
quelques cinémas désaffectés aux noms pleins de
nostalgie.
Et puis, la place du Tell, le coeur historique et politique de Tripoli,
marquée par la tour de l’horloge ainsi que de belles
bâtisses
d’époque ottomane entourant un square. On notera l’hôtel
de
ville (plutôt la municipalité) assez cossu, la Banque de
Syrie
et du Liban, et certains immeubles assez délabrés mais
dont
les façades magnifiques ne font que souhaiter leur prochaine
rénovation. |
| En
se dirigeant vers le sud est à partir de ce point, on approche
de la médina médiévale et ses dédales .
C’est assez intéressant de remarquer cette composition en
éventail avec une ville médiévale entourée
d’une ville ottomane entourée d’une ville moderne, mais ou les
transitions se font de manière pratiquement imperceptible. La
médina de Tripoli, plus petite que celles de Damas et Alep,
est un monde passionnant. Les passages y forment un labyrinthe, sans
que
l’on ait une artère majeure comme souk el Hamidiyé
à
Damas. En revanche, force est de noter que les souks n’ont pas tous la
même ambiance. Celui des bijoutiers, le plus touristique avec son
plafond en bois, semble très chic par rapport aux ruelles qui
l’entourent
dans lesquelles les bouchers égorgent leurs bêtes sur la
voie
publique! Impossible de décrire tous ces lieux assez magiques et
étonnants. Un des plus attachants est le Khan el Saboun, une
cour
carrée entourée d’ateliers de fabrication du savon, le
plus
spectaculaire Khan el Khayatin, le marché de couturiers, avec
ses
arcs alignés, ses robes suspendues en hauteur, et ses strings et
autres froufrous rouges! A propos, signalons que la médina
compte
un bon nombre de hammams, le plus célèbre étant le
Hammam Izz el Din qui date de 1298. Certains sont
désaffectés, d’autres, ouverts au public. Les
observateurs remarqueront que les monuments historiques de Tripoli sont
tous numérotés et portent (qu’ils soient ouverts ou non
au public) une plaque bilingue français-arabe permettant de les
identifier. |
|
| En
matière de monuments, il y a évidement les
mosquées et autres lieux religieux dont nombreux sont
d’époque mamelouke. La Grande Mosquée est un des premiers
édifices que découvre le promeneur.
Reconnaissable grâce à son minaret carré, elle
s’organise
autour d’une vaste cour mais n’est pas d’une beauté
transcendante.
En revanche, ne pas rater, juste à côté, le
magnifique
portail polychrome de la Madrassa al Qartawiyat (photo ci-dessus). On
peut chercher, dans les dédales, la mosquée Sidi
Abdel
Wahed, pratiquement invisible de l’extérieur. Elle abrite la
tombe
du Sidi Abdel Wahed en question originaire de Meknès, et le
gardien
ne manque pas de montrer la dédicace en calligraphie coufique
(datant
de 1305) spécialement aux visiteurs qui viennent de France pour
qu’ils
invitent les marocains qu’ils rencontreraient de retour chez eux
à
venir rendre visite à ce compatriote qu’ils ne connaissent
pas!
Le plus bel édifice mamelouk de Tripoli est sans doute la
Madrassa
al Burtassiya, qui, une fois n’est pas coutume, n’est pas
enchâssée
dans le tissu urbain mais se trouve dans bordure du fleuve Abou Ali.
Nous
n’avons malheureusement jamais réussi à y
pénétrer.
En revanche, il sera aisé de visiter la Mosquée de Taylan
(au
sud du centre), qui possède une décoration
intérieure
assez extraordinaire. |
|
| Les
vestiges des croisés constituent un autre aspect de l’histoire
de Tripoli. Deux monuments sont particulièrement notoires: La
Tour des Lions (Borj et Sba), grosse pièce fortifiée
près du port, dans
un quartier ou l’on pourra admirer, dans un autre registre, des
vestiges de
chemins de fer et de grues assez pathétiques. Moins
pathétique sera, tant que vous êtes en bord de mer, la
promenade en bateau vers l'île aux Lapins, pour prendre un peu
l'air du large. Et puis il
y a le monument le plus célèbre de la ville, le
Château de Saint-Gilles (Qal’at Sanjil), un des plus
impressionnants souvenirs des francs dans la région. Le
château, de dimensions importantes, surplombe la ville et le
fleuve Abou Ali presque à pic. Il a d’ailleurs retrouvé
ses fonctions militaires lors de la guerre de 1975-1990
avant d’être rendu aux touristes. Il offre un excellent point de
vue
pour admirer un panorama de la ville, avec ses coupoles, ses minarets,
ses
clochers, ses immeubles, et de l’autre côté du fleuve, le
quartier
d’Al Qobbeh, colline escarpée sur laquelle sont
agglutinées
des habitations en tous genres... |
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