| > ALLER / VENIR |
| Venezia-Mestre est sur le dernier
arrêt avant Venise sur la ligne de chemin de fer. Nombreux trains
y passent. Mestre est aussi
reliée à Venise par la chaussée maritime. Le
trajet
prend 10 minutes. |
| Les principales îles sont
desservies par le vaporetto et donc facilement accessibles depuis
Venise. Ne vous fiez donc pas aux rabatteurs qui veulent vous emmener
à Murano, allez-y par vos propres moyens. Les lignes 12, 13, 41
et 42 desservent Murano plus la 72, directe depuis la Place Saint Marc,
en saison estivale. Torcello et Burano sont desservies par la 12
uniquement. Lido par les lignes 1, 6, 14, 52 et 62 plus la ligne de
nuit. Pour rejoindre la plage, il suffit de longer, depuis
l’arrêt de vaporetto, l’avenue Maria Elisabetta qui coupe
l’île de manière transversale. C’est au bout. Pour aller
à San Lazzaro, c’est plus compliqué. Le monastère
est ouvert au public de 15h25 à 17h mais la seule desserte
possible est le vaporetto 20 à 15h00 depuis San Zaccaria. Les
bateaux suivants arrivent trop tard pour la visite. Pas de liaisons
avec Lido, pourtant voisine. site internet de l'ACTV |
| > DORMIR |
A MESTRE
Mestre est un endroit insignifiant mais on peut y
trouver un logement à prix raisonnable, vu l’extravagance des
tarifs pratiqués à Venise. Signalons l’existence d’un
camping
sur la route de l’aéroport. La meilleure adresse sur la terre
ferme
est toutefois le Laguna
Palace, un hôtel high tech délirant composé
de
deux ailes reliées par une verrière qui couvre une marina
privée.
Architecture futuriste, chambres dotées de tous les
équipements
imaginables en ce monde et de meubles à la pointe du design. La
piscine
et le centre de remise en forme ne devraient pas tarder à
ouvrir.
Sachez que tout ce luxe est au prix d’un 2-3 étoiles au centre
de
Venise (140-250 €). Ombres au tableau? Le service est assez
médiocre
et le voisinage se réduit à des garages! |
A LIDO
Pourquoi diantre aller loger à Lido? Pour la plage,
et surtout pour le cadre de Mort à Venise, l’Hôtel des
Bains. Fondé en 1900, ce palace somptueux et immense
incarne autant la
décadence que le chef-d’œuvre de Thomas Mann porté
à
l’écran par Visconti. Le grand salon, gigantesque salle de bal
comme
on en fait plus, tout en lustres et boiseries, est un voyage à
lui
tout seul. Bien qu’affilié à Sheraton-Starwood, l’endroit
n’a
rien perdu de sa magie. Demander une chambre avec vue sur l’Adriatique.
Lido
compte d’autres ressources hôtelières spectaculaires,
comme
le fatueux Excelsior
au style mauresque et l’Hungaria
Palace aux
façades byzantines et aux intérieurs surannés.
Moins spectaculaire, le Russo Palace Hotel a quand même un certain
charme et offre de prix intéressants (à partir de 72 € la
simple
b&b). |
SUR
UNE ILE DE LA LAGUNE
Vous avez envie de vous la couler douce dans un palace installé
sur une ile privée autrefois occupée par un
monastère? De vous balader le long de galeries chargées
de meubles et de vieux tableaux, de traverser cours et jardins pour
aller trainer au bord d'une magnifique piscine? Le San Clemente
Palace Hotel & Resort est pour vous.
|
| > MANGER |
| A Lido, l’avenue Maria Elisabetta
compte bon nombre de trattorie qui, aux beaux jours, ouvrent leurs
terrasses et accueillent les baigneurs qui sortent de la plage. Pour
une ambiance légère et détendue. |
| > BOIRE / DANSER |
| A Lido, prendre un verre à l’Hotel
des Bains est une expérience inoubliable, surtout que vous
avez peu de chance
d’y séjourner. Vous aurez le choix entre la terrasse et sa
mélancolie, et le bar et ses boiseries. Accueil et service
excellents, même si vous n’avez pas l’apprence d’un armateur grec
ou d’un diva sud américaine. A Mestre, allez au bar Laguna
Palace et demandez au barman un champagne cocktail! L’endroit est
génial, sur la terrasse en teck au bord de l’eau, les cocktails
sont excellents et les prix très raisonnables eu égard le
standing des lieux. |
| > ECOUTER / VOIR |
| En septembre, les stars du
cinéma débarquent sur la plage de Lido. C’est la
Mostra, un des plus beaux festivals du film, avec ceux de Cannes et
de Berlin. |
| > LIRE |
Dans le Géo
hors-série Passion Venise (2004), deux excellents de
François-René
Simon articles pour découvrir la
Lagune: Lagune Nord, escales d'île en île "en
vaporetto,
la découverte d'un archipel qui marie les beautés de la
nature
et des lieux chargés d'histoire" et Littoral Sud, sur
la ligne de partage des eaux, "du Lido à Chioggia, une
sortie
en compagnie des pêcheurs, le long du chapelet qui sépare
la
Lagune de l'Adriatique".
|
LIDO
La Mort à Venise de Thomas Mann (ed. Poche),
Le grand classique. Et puis de magnifiques plaquettes
édités par l'Hotel des Bains: The Hotel des Bains on
the Golden Island et A cent'anni del Des Bain, avec des
photos de l'époque glorieuse. |
MURANO
Nombreux livres sur le verre. Nous choisissons Carlo
Scarpa: Glass of an Architect, Marino Barovier, ed. Skira 1999. |
SAN LAZZARO
Gli Armeni in Italia, excellent catalogue
d'exposition (Venise-Padoue 1991, collectif sous la direction de Boghos
Levons Zekiyan, De Luca Edizione d’Arte) abondamment illustré,
évoquant les echanges culturels entre l'Arménie et
l'italie (architecture, religion...)
et les collections conservées à San Lazzaro. |
|
|
|
| Autour
de la ville de Venise s’étalent les eaux pouilleuses de la
lagune, cette mer intérieure entre la terre ferme et
l’Adriatique. Un environnement délicat, menacé par la
pollution, la montée des eaux et la désertification de
certaines îles. La lagune de Venise commence à Mestre,
où Venezia Mestre pourrions nous dire, l’alter ego de Venise sur
la terre ferme. Ville ordinaire démunie de monuments
extraordinaires, elle joue le rôle indispensable mais peu
glorieux
de cité-dortoir. Nombreux sont ceux qui logent à Mestre
et
travaillent dans le centre historique, empruntant quotidiennement cette
chaussée reliant les deux Venise tel un cordon ombilical de deux
corps que tout oppose mais qui ne peuvent vivre l’un sans l’autre.
Mestre est entourée
de ce qu’on appelle en anglais les ‘facilities’: l’Aéroport
International Marco Polo et le port industriel de Marghera.
-
les îles -
Et
puis ce sont les îles, qui telles les perles d’un chapelet,
entourent
Venise. Nombreuses sont désertes. Certaines l’ont toujours
été, d’autres ont été abandonnées.
Certaines sont aujourd’hui habitées par des fantômes,
d’autres l’ont toujours été, à l’instar de San
Michele, l’île cimetière de Venise. Les îles de
la Lagune ont perdu l’importance politique et économique dont
elles jouissaient. Que dire de Torcello qui, à
l’époque byzantine était une des plus importantes
cités de l’Adriatique? Ce n’est plus aujourd’hui que le souvenir
d’un village de pêcheurs
qui semble s’enliser de jours en jours. Et pourtant elle est toujours
là, Santa Maria Assunta, superbe église que l’on
reconnaît de loin à son campanile. Un endroit plein de
lumière, avec des mosaïques somptueuses – fameux Jugement
Dernier – qui rivalisent avec celles de Ravenne ou de Constantinople.
Cette mélancolie assure sans doute un certain charme à
l’endroit. On ne risque pas de la trouver à Murano,
célèbre dans le monde entier pour ses souffleurs de
verre.
On s’y précipite, et l’endroit est devenu une foire à
l’arnaque. Les rabatteurs attirent leurs pigeons dès Venise
même, leur
offrant un trajet gratuit jusqu’à l’île (alors qu’elle est
desservie par le Vaporetto!) pour leur coller ensuite une marchandise
au prix fort. Une déchéance dans un autre genre. Et
pourtant tout ce qui
se fait à Murano n’est pas que pacotille et souvenirs kitsch.
Certains ateliers, perpétuant la tradition historique,
continuent à
produire de magnifiques créations, Encore faut-il les trouver.
N’oublions
pas que c’est ici que le génial Carlo Scarpa a usé de son
talent de créativité, avant de construire des
musées.
|
|
-
Lido -
Et
puis il y a Lido, cette île à la forme allongée,
telle une “piste d’atterrissage” (Pierre Hage Boutros), qui
protège Venise
et sépare la Lagune de l’Adriatique. Lido, la plage de Venise
(photo ci-dessus). Lido, ses villas somptueuses du début du XXe
siècle, son casino. Lido, son Palazzo del Cinema, construit
à l’époque mussolinienne, où se pressent chaque
année, au mois de septembre, les stars du cinéma
international pour la Mostra, un des grands festivals (avec Cannes et
Berlin) et ses lions d’or. Il y a dans ces lieux une atmosphère
qui exprime la décadence, la fin d’une époque. Ces
hôtels aux façades incroyables. L’Ungaria Palace, sur
l’avenue S. Maria Elizabetta, un mélange de byzantin et d’art
nouveau. Les salons énormes semblent toujours vides.
L’hôtel serait-il habité par des
fantômes d’avant la 1ere guerre mondiale? L’Excelsior, sur la
plage,
encore plus grand que le précédent. Style
Néo-Mauresque.
Fastes surannés s’il s’en faut. Mieux encore, l’Hôtel des
Bains.
Un endroit incroyable. Façade centenaire interminable. Ce sont
les
années folles qui semblent vouloir resurgir dans nos esprits. Ce
fleuron de ce qui fut l’empire hôtelier Ciga a été
inauguré
en 1900 pour accueillir la jet-set internationale qui venait en
villégiature. Têtes couronnées,
défilé de toilettes sur la
plage pour les élégantes, bals dans la salle
prévue
à cet effet. Une salle de bal comme on en fait plus. Immense nef
couverte de boiseries et de lustres, elle fut le théâtre
des
fêtes les plus folles. Et puis, plus rien. On ne va plus au bal
depuis
belle lurette. La salle est toujours là vide, angoissante,
inutile.
Elle fait partie d’une autre époque. L’Hotel des Bains tout
entier
appartient à une autre époque. (photo ci-dessous) Celle
d’un
passé, pas si lointain que ça, mais un passé
révolu
quand même. C’est dans ce cadre hors échelle que se
déroule
le roman de Thomas Mann Mort à Venise. Et c’est dans les lieux
qu’il
fut porté à l’écran par Visconti. Le film nous
apprend
une chose. Il faut venir à Lido en hiver, par temps brumeux. Ou
bien
le soir, au crépuscule, lorsque les derniers baigneurs s’en sont
allés
et qu’une dameuse qui aplanit le sable pour la journée du
lendemain
est le seul habitant de la plage, avec ses légendaires cabines.
Mais
revenons à L’Hôtel des Bains et à sa
carrière
cinématographique. Un autre chef-d’oeuvre y fut tourné,
The
English Patient. Le film d’Anthony Minghella ne se déroule
pourtant
pas à Venise mais en Egypte. L’Hotel des Bains servit
décor
pour reconstituer l’Hotel Shepheard, palace légendaire du Caire
qui
fut incendié puis reconstruit dans un style moderne. |
|
-
San Lazzaro degli Armeni -
A deux
pas de Lido se trouve une petite île presque carrée sur
laquelle veille un campanile. C’est San Lazzaro dei Armeni, île
des arméniens mekhitaristes. Cette congrégation
arménienne catholique est installée sur cette terre
depuis le XVIIIe siècle. Elle en a fait un lieu
d’échanges et le plus important centre pour le rayonnement de la
culture arménienne en Europe Occidentale. La Bibliothèque
de San Lazzaro possède 4000 livres manuscrits. C’est une des
collections les plus importantes au monde avec celles du Matenaradan
(Bibliothèque Nationale) d’Erevan, du Monastère Saint
Jacques de Jérusalem et du Catholicossat de Cilicie à
Antelias (Liban). Outre les magnifiques enluminures
médiévales, on peut aussi découvrir des choses
assez singulières, comme les petits rouleaux de prières
du XVIIIe siècle. La bibliothèque possède aussi
des livres imprimés très intéressants. L’autre
point fort de la visite est le petit musée ou se rassemblent des
choses assez hétéroclites, allant d’un sarcophage
égyptien avec sa momie, à une belle peinture de
Giambattista Tiepolo, La Paix et la Justice. Et,
évidement, des objets un peu plus liés à
l’histoire et la religion arméniennes: Des céramiques de
Kutahya*
(beaux flacons à parfum), et des objets liturgiques (tiares,
calices,
reliquaires...), des tapis et textiles. Bref, tout cela est un petit
voyage
dans le temps et l’espace qui illustre à merveille et
l’intensité, mais aussi l’ambiguïté, des relations
de la république de Venise avec l’Empire Ottoman et ses
minorités chrétiennes. |
| *Kutahya,
petite ville au sud-est d’Istanbul, fut avec Iznik, un des grands
centres de production de céramique dans l’Empire Ottoman. Les
céramiques de Kütahya sont considérées comme
moins raffinées que celles d’Iznik. De nombreux artisans
arméniens ont prit part à la production de
céramique dans ces deux villes. |
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