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> ALLER / VENIR
Très important avant tout, se munir d'une bonne  carte de la ville (on trouve les Eicher dans les kiosques) pour se repérer. Pour le reste, voir notre page Delhi
> DORMIR
La palette hôtelière de New Delhi est très riche et propose toutes les extrêmes, du meilleur au pire. Dans cette dernière catégorie, on a l’embarras du choix. L’Inde est réputée pour une certaine saleté et dans de nombreux établissements, le ménage n’a pas du être fait depuis la naissance de Mahatma Gandhi. Pour les amateurs de gore, nous avons essayé l’Asian, près de Janpath: odeurs nauséabondes, bruits inquiétants, festivals des cafards et autres bestioles, pour ne pas parler du reste.
Passons aux choses sérieuses. Notre adresse attitrée à New Delhi est La Sagrita (14, Sunder Nagar, tel: 011/24359541, fax: 24356956). Ce quest house d'une douzaine de chambres occupe la moitié d'une belle maison face à un square. L'autre moitié, c'est l'Ambassade d'Espagne. Le quartier est donc chic, assez central, et l'endroit des plus agréables. Accueil (vraiment) adorable, chambres immenses (demander côté rue) un peu désuetes mais propres et confortables, salles de bains avec baignoires. Le petit déjeuner et autres en cas peuvent être pris dans le jardin, au pied des palmniers. On se croit vraiment à la maison. Souvent complet. Si c'est le cas, il y a deux autres adresses sur Sunder Nagar, le Maharani et le Jukasso Inn. Nous ne les avons pas essayé, mais ils ont l'air corrects.
Qui veut séjourner dans un cadre exceptionnel (et en a les moyens) descendra à l'Imperial. La nuit, au sortir de l'agitation de Janpath, une allée de palmiers illuminés vous mène à une oasis de luxe et de raffinement. Construit en 1933 dans le style art déco, l'Hotel Imperial est un palace colonial avec des salons tapissés d'oeuvres d'art, des restaurants somptueux, un jardin verdoyant avec piscine, bref, le bonheur total.
New Delhi compte son lot de palaces 5 étoiles affiliés à des grandes chaines. Tous proposent un service excellent et une palette de prestations dans un cadre luxueux, mais aucun n'a le charme de l'Imperial. Le plus élégant est sans aucun doute l'Oberoi. Sa façade extérieure austère ne laisse pas présager l'élégance des salons à la déco minimaliste, aux senteurs savoureuses et aux meubles et objets d'arts choisis avec le plus grand soin. Ne pas manquer le magnifique paravent au bout du hall. L'Oberoi offfe un service très personnalisé. Autre chaine indienne, The Park possède un hôtel moderne et très soigné à deux pas de Connaught Place et en face du Jantar Mantar. La déco a été revisitée par le célèbre designer britannique Sir Terence Conran et l'endroit a gagné en branchitude avec ses parois translucides et ses pans de murs blancs et roses flashy. Demander une chambre avec vue, le spectacle est magique! Citons, dans le même registre, leTaj Mahal, le Taj Palace, le Shangri La et le Hyatt Regency. Ces hôtels sont tous très onéreux mais ont peut espérer, via un voyagiste ou internet, avoir une offre intéressante.
En dehors du centre ville se trouve une nouvelle adresse d'exception, The Manor (77 Friends Colony West). C'est le concept de "designer + boutique hotel" appliqué à une villa suburbaine avec une déco ultra contemporaine. Encensé par la presse internationale, cet endroit très exclusif (mais pas plus cher que ceux cités plus haut) est le summum de la branchitude.
> MANGER
Les grands hôtels ont les tables les plus attrayantes de la ville. Il faudra payer en conséquence, mais ça restera toujours raisonnable par rapport à un repas équivalent en Europe. Le Spice Route de l’Imperial Hotel est une adresse exceptionnelle tant pour sa déco que pour la qualité de sa nourriture, le tout constituant un véritable voyage culinaire et architectural à travers l’Asie. Au Dumpunkht à l'hotel Maurya (ex Sheraton), c'est un décor palatial (un peu kitsch) et un service exemplaire. Les pages du menu (une par plat) sont en tissu brodée et sont reliées dans une boite en métal ciselé. Spécialités de l’Uttar Pradesh, les plats sont très élaborés. Le poulet en croûte est mémorable. Clientèle très élégante, principalement indienne. Très cher. Au même Sheraton, le Boukhara se veut plus décontracté avec sa déco en bois. On sert des grillades du cachemire à une clientèle huppée qui aura préalablement revêtu des tabliers à carreaux. Nous avions adoré cet endroit en 1997, mais lors de notre dernier passage, en 2004, il nous a déçus. Accueil vraiment pas sympa, portions pas généreuses, plats fades et addition très salée, le tout sentait l'attrape touriste américain. Très célèbre aussi, l’Orient Express, restaurants français du Taj Palace. Dans un décor évoquant un wagin de chemins de fer, c'est un endroit qui se veut haut de gamme et évidement hors de prix. Pour revenir sur terre, sachez que tous les grands hôtels ont un coffee shop qui propose souvent, dans un cadre moins prestigieux mais néamoins agréable, un buffet gastronomique à un prix raisonnable. Celui du Hyatt Regency est très bien, tout comme celui de l'Oberoi qui offfe des plats vraiment savoureux et un accueil très courtois.
Le quartier de Defence Colony comporte de plus en plus d'adresses sympa et moins guindées ou l'on peut prendre un verre ou un petit repas.
Pour clôturer le chapitre avec un coup de coeur, si n'êtes pas loin de Sunder Nagar à l'heure du déjeuner et qu'il fait beau, allez vous installer à une des deux tables de la Sagrita, au jardin, et commandez un club sandwich (avec frites) précédé d'une soupe, et suivi d'un thé masala au gingembre. Et puis vous nous en direz des nouvelles.
> BOIRE / DANSER
La night life de Delhi a longtemps été accaparée par les grands hôtels. Une scène un peu plus alternative est en train de se mettre en place petit à petit dans des endroits plus conviviaux, avec des dj's qui animent des soirées dans un mix de tubes indiens et de standarts internationaux. Ne vous attendez toutefois pas aux nuits d'Ibiza. L'excellent site internet W a N a B u Z Z repetrorie tout ce qui fait la vie nocturne de Delhi (parties, clubs, bars, disco, lounge, restaurants) mais aussi culturelle (expos, films, etc.). Inscription nécessaire mais gratuite pour accéder au site. Le responsable est français et très sympa, n'hésitez pas à le contacter de notre part. 
A l'heure de l'apéro, offrez vous un bon whisky (certes c'est le coup de fusil, mais après une journée dans les bazars, c'est bien mérité) dans un des bars de l'Imperial Hotel.
> ECOUTER / VOIR
L'India International Cultural Centre (Max Mueller Marg) est un des hauts lieux de la vie culturelle de Delhi. Ces lieu, dessiné dans les années 60 par Joseph Allen Stein, est le rendez-vous d'une faune intello-branchée pour spectacles, installations, etc. La cafeteria dans le patio du jardin est très agréable. India Habitat Centre (Lodhi Road) est un autre complexe, plus récent, construit par le même architecte, qui propose une programmation assez riche en spectacles, concerts et expos.
Si vous voulez écouter du Qawwali, ces chants soufis dévotionnels que l’on pratique en Inde et au Pakistan, allez au mausolée de Nizam’ud Dine, jeudi soir après la  prière du soir. L’ambiance de ferveur et de piété qui anime ce quartier musulman est très intense. 
> ACHETER
Tout ce que l'on à envie, à condition de fouiner et de comparer les prix. Autour de Connaught Place et sur Janpath, toutes sortes d'articles souvenirs (statuettes, boiseries, textiles...) en abondance. Au marché tibétain. Beaucoup d'étoffes plus ou moins bariolées, prix très bas. Ce n'est pas le cas du marché des antiquaires sur Sunder Nagar. On y toruve des objets (anciens ou pas) de qualité, mais il faudra payer le prix fort. Le meilleur spot de shopping est toutefois le grand marché de Paharganj. Au nord-est de New Delhi, c'est une succession de rues ou l'on trouve toutes sortes de choses, fruits et légumes, sacs en jut aux motifs publicitaires, châles de toutes sortes, chemises en lin, bref, on peut y passer des journées entières. Pour un shopping addict, Paharganj peut constituer un but de voyage en soi. Contrairement au quartier de Janpath, l'endroit n'est pas spécialement touristique et les prix nettement plus intéressants et l'ambiance géniale.
Comme Bombay sa rivale du sud, New Delhi es fraye une place dans la scène mondiale du design et de la mode. La boutique de Rajesh Pratap Singh (9, Lodi Colony main street), surnommé le "Prada indien" attire les artistes branchés et autres stars de passage. Son style funky teinté de tradition locale rafraichit la mode masculine. Dans le même quartier, Manish Arora propose des tenues qui trahissent ses origines bollywodiennes. Du chic et kitsch à la fois, toujours extravagant et souvent superbe. Le quartie de Hauz Khas Village compte aussi un nombre de boutiques-ateliers intéressants. Nous y avions découvert Chetna Hakaar, une jeune créatrice de mode qui confectionnait elle même de superbes vêtements, chacun en pièce unique.
Ouverte en 1997 par Peter Nagy, la Galerie Nature Morte est devenue la mecque des amateurs d'art contemporain. Ses vernissages sont des grandes messes dignes de celles de New York ou de Kassel, les afficionados se précipitent sur les vidéos du collectif Raqs Media et autres oeuvres transdisciplinaires de jeunes artistes à la mode comme Thukral & Tagra. Nature Morte est présente dans les grandes foires internationales (FIAC Paris, Frieze Londres, Art Basel).
> LIRE
Voir notre page Delhi
New Delhi est à la mesure de la démesure du pays dont elle est capitale. Impossible de voir ou elle commence et ou elle finit. Le premier choc, c'est quand on essaye de se procurer un plan de la ville.On a le choix entre les cartes dites touristiques, gracieusement distribuées dans les hôtels, sur lesquelles ne sont marqués que quelques axes principaux, et les éditions détaillés de Eicher: 10 planches pour avoir le plan complet! Il y a de quoi être dérouté par ces avenues larges, boisées et interminables qui vont dans tous les sens, la quantité d'espaces verts et de vides (il y a même un aéroport intra muros) dans l'enceinte de la ville. En hiver, lorsque la Delhi baigne dans le fog, l'impression est très étrange. On voit défiler, des alignement quasi identiques de villas à deux étages - élégantes maisons construites dans le style moderne des années 50-60, de monuments publics et d'arbres à travers un écran de brume qui leur donne une apparence immatérielle. Capitale d'état et collection de monuments par excellence, New Delhi connait, malgré et contre tout, une vitalité artistique et intellectuelle qui se traduit par les activités de ses centres culturels, boutiques de designers et galeries d'art contemporain (cf. ci-contre rubriques "écouter / voir" et "acheter")
New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- la capitale de l'empire -
Cette immatérialité, qui contraste avec la densité des autres villes indiennes, est peut-être due au fait que New Delhi est l'application sur le terrain d'un schéma de cité idéale. Au début du XXe siècle, l'Empire Britannique des Indes confia à l'architecte Edwin Lutyens (1869-1944) la conception et la maitrise d'oeuvre d'une nouvelle capitale en remplacement de Calcutta. Plus grande que Londres, la nouvelle cité fut construite sur un territoire chargé d'histoire. Elle jouxte l'ancienne capitale moghole de Delhi (qui deviendra dès lors Old Delhi) et couvre des implantations anciennes remontant aux 1ers royaumes musulmans en Inde. New Delhi est dessinée autour d'une figure triangulaire. Trois axes majeurs relient trois points stratégiques que sont Connaught Place, India Gate et le Central Secretarait avec le palais des vice-rois (Raj Bhavan). Sièges du pouvoir centralisé, le Central Secretariat et le Raj Bhavan ont été récupérés par l'état indien à l'Indépendance et abritent, entre autres, la Présidence de la République (President's Estate). C'est un immense ensemble de palatial en pierre rouge couvert de coupoles. Tellement grand qu'il est pratiquement impossible d'en avoir une vue d'ensemble. Lutyens a vu grand. XXL comme dirait Rem Koolhaas (1), colossal, comme dirait Jacques Derrida (2). Le Raj Bhavan est le bâtiment le plus impressionnant. Il est coiffé d'une immense coupole qui se refère, par sa forme, au Grand Stupa de Sanchi construit par l'empereur Ashoka, le plus grand chef d'oeuvre de l'antiquité indienne, et par ses proportions, au Cénotaphe de Newton, monument utopique dessiné par Etienne Louis Boullée, architecte de la France des lumières.
"On avait prêté à Gandhi et à Clémenceau la phrase: “Ça fera une belle ruine!” Ça n’avait pas fait une ruine; et pas davantage un palais conquis, comme le Kremlin. New Delhi n’est pas une ville, c’est une “capitale administrative”, mais ses colossales perspectives de grès rouge, avec leurs gardes sikhs qui présentaient les armes dans la solitude, ne s’ouvraient pas sur des administrations – fussent-elles le Parlement: elles s’ouvraient sur l’Empire disparu. Palais, ministères, propylées. Tout l’Empire britannique porte la marque de la grandeur anglaise, avec l’accent que le gothique victorien donne à la Tamise. Ici, comme à la passe de Khyber, la grandeur était romaine; le rêve de César à Alexandrie, une masse de puissance disposée selon le vaste théâtre hellénistique. Mêlé d’un autre rêve, celui d’un mariage anglo-indien rival du mariage indo-musulman. La Capitole fut ostensiblement le rival de la Grande Mosquée de Delhi, l’une des plus grandes de l’Islam; de Fatehpur Sikri, des Forts Rouges, de toute cette architecture moghole qui a été l’Amérique de la Perse. L’Islam était toujours là. Et l’Angleterre? (...) Dans ce pays qui a construit tant d’illustres tombeaux, la seule oeuvre rivale de celles des successeurs d’Alexandre est devenue admirable malgré la médiocrité de son architecture, depuis qu’elle est devenue le tombeau de l’Empire." André malraux, Antimémoires, Gallimard, pp.187-188.
Les palais se trouvent à l'extrêmité orientale du Raj Path, une immense avenue rectiligne - les Champs Elysées de New Delhi - qui pointe à l'ouest sur l'India Gate, arc de triomphe dédié aux 100.000 soldats indiens morts pendant la 1ere guerre mondiale. Le Raj Path est très monumental et officiel. L'avenue n'est d'ailleurs bordée que de batiments publics (National Archives, National Museum of India, Indira Gandhi National Centre for Arts etc.) et sert de décor au défilé de l'indépendance.
New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- Connaught Place - 
Venons-en à la plus grande place de la capitale, construite au sud des limites d'Old Delhi. Sur le papier, l'endroit parait idyllique. Un cercle parafait 500 m de diamètre. Ou plutôt deux cercles l'un dans l'autre. Connaught Place est le cercle intérieur, la place à proprement parler, et Connaught Circus le cercle externe, en fait une rue circulaire. Sur le terrain, c'est un endroit infernal. De un, parce que c'est le chaos total, De deux, parce que ce plan circulaire donne l'impression (et c'est souvent une réalité) de tourner en rond. Architecture totalitaire? Paradoxalement, Connaught Place brille par l'absence de grand monument. Et un monument, aussi inutile soit-il, sert de point de repère pour le voyageur à la dérive. Connaught place et Connaught Circus sont bordés de façades à portiques identiques dans le style néoclassique (inspiration à la Palladio). Le seul bâtiment différent sur lequel on peut s'accrocher visuellement est le Jeevan Bharati LIC, immeuble de bureaux post moderne en pierre rouge et mur rideau construit par Charles Correa au sud de la place. C'est l'adresse d'Air India. Nous le mentionnons, non pas pour leur faire de la publicité gratuite (ils ne le méritent pas!), mais parce qu'au moins un faux bureau d'Air India se trouve dans les parages, avec rabatteurs à la porte pour attraper dans leurs tentacules les touristes désorientés. Avec ses agences (vraies et fausses) de compagnies aériennes, banques et autres services, Connaught Place est un lieu de passage obligé. C'est aussi une cour des miracles composée mendiants, marchands ambulants et autres charlatans qui officient dans l'agitation. Tout cela est très vivant mais aussi très stressant même si on n'est pas agoraphobe. Des passages souterrains permettent de traverser la place sans se faire écraser et font aussi office de galeries marchandes. A propos de galerie marchande, il y en a une sous le cercle vide de Connaught Place, immense, tentaculaire et labyrinthique. Un Forum des Halles puissance mille. De Connaught Place, on descend souvent sur Janpath, avenue très animée avec ses innombrables magasins d'antiquités, de textiles et autres souvenirs. Dans une transversale se trouve un marché tibétain qui n'a de tibétain que le nom mais qui a quelque chose de pittoresque. Le marché de Janpath s'adresse principalement aux touristes. Les prix y sont donc relativement élevés, mais on peut y trouver de beaux articles. Après toute cette agitation, on découvre, sur la droite, les jardins pleins de palmiers et la façade art-déco de l'hôtel Imperial. Construit par Edwin Lutyens, l'Imperial est un des plus beaux palaces d'orient et la meilleure adresse de New Delhi. Ses magnifiques salons sont tapissés d'oeuvres d'art (peintures, estampes...) et constituent un véritable musée retraçant l'histoire de la ville. Une suite de l'hôtel portant le nom de l'architecte a gardé son mobilier et son décor d'origine. 
New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- le maharadjah et l'astronome -
Sur Sansad Marg, une autre avenue descendant depuis Connaught Place (derrière le centre commercial de Correa) on découvre le Jantar Mantar, un des plus beaux trésors de la ville. Cet observatoire astronomique a été construit au XVIIIe siècle par le Maharadjah de Jaipur, Jai Singh II. Dans un parc entouré de buildings ultra modernes se dressent les formes géométriques de cadrans solaires, calendriers astronomiques et autres instruments scientifiques monumentaux destinés à la mesure des phases de la lune et à l'observation des étoiles. Passionné d'astronomie, Jai Singh II a construit plusieurs observatoires de ce type. Le plus grand et le plus complet se trouve à Jaipur (cf. notre page sur cette ville), entre le City Palace et le Hawa Mahal. Les cadrans monumentaux du Jantar Mantar de Jaipur sont de couleur jaune, ceux qui se trouvent à Delhi sont rouges, ce qui les rends encore plus fascinants. Le Jantar Mantar est un lieu de promenade très apprécié des habitants de Delhi. On y croise de nombreux groupes d'écoliers ainsi que des couples d'amoureux qui tentent de trouver dans ces étranges machines un lieu de rencontre discret et romantique.
New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- mosquée à minaret ou minaret à mosquée? -
Il faut descendre bien au sud pour contempler une des plus grandes gloires de l’architecture islamique, le Qutb Minar. Cet immense cylindre conique sculpté de motifs géométriques et calligraphiqes de 73 m de haut a été érigé au XIIe siècle. Sa fonction est manifestement plus visuelle (marquer un espace conquis) que sonore (on imaginerait mal un muezzin y appellant des fidèles d’une hauteur pareille). Ce type de minarets-phares s’est répandu en Asie. En Afghanistan, celui de Jam se pointe dans un paysage montagneux et sauvage. Avis aux amateurs! Au pied du minaret, les vestiges de la mosquée de Quwwat el Islam (la force de l'islam) sont un mélange unique entre les formes libres et tarabiscotées de l'imagerie hindoue, et la rigueur arithmétique des constructions islamiques d'asie centrale. Les colonnes sont fascinantes. Assister à la prière des fidèles dans ce cadre l'est encore plus, bien que leur méditation est continuellement interrompue par le bruit des avions!

New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- mausolées et cénotaphes -
Delhi est un véritable musée à ciel ouvert de l'architecture islamique. Outre le Qutb Minar et les sites d'Old Delhi (cf. notre page Old Delhi), la ville est parsemée d'un nombre impressionnant de mosquées, mausolées, résidences royales et autres ouvrages construits entre les XIe et XVIIIe siècles. A l'est de l'India Gate se dresse la Purana Qila, l'ancien fort de Delhi (qui date d'avant la construction du Fort Rouge d'Old Delhi). La promenade y est agréable, dans de vastes espaces verts. Le clou de la visite est la magnifique Qil'a Kohna masjid, mosquée construite au XVIe siècle. Il y a aussi l'étonnante bibliothèque  à plan octogonal du sultan Humayyun. Ce dernier y serait mort d'une chute dans les escaliers alors qu'il descendait prier à la mosquée citée plus haut. Il est enterré un peu plus au sud, près de la tombe du maitre soufi Nizam ud Din (cf. notre page sur Nizam ud Din) dans un important mausolée à coupole planté au milieu de jardins. Classé dans la liste du Patrimoine Mondial par l'Unesco (tout comme le Qutb Minar), le tombeau de Humayyoun est le 1er exemple de monument funéraire moghol dont l'aboutissement le plus l’illustre sera le Taj Mahal à Agra. Le Mausolée de Safdarjang, bient plus tardif, puisqu'il fut construit au XVIIIe siècle, reprend le même parti. Il faut noter une différence essentielle entre ces mausolées et ceux d’Agra (le Taj Mahal et Ittimad ad'Daulah): Les matériaux. Tandis qu'on a employé la pierre rouge locale à Delhi, on a fait venir de loin le marbre blanc, beaucoup plus noble et lumineux à Agra. Dans les jardins qui précèdent le Mausolée de Humayyoun, sur la droite, des anciennes tombes de dignitaires, dont celle d'Issa Khan semblent totalement abandonnées. Leur état décrépi leur donne une force émotionnelle qui nous a beaucoup touchés. Il faut y aller tôt, lorsqu’il n’y  a encore personne et que les brumes matinales ne se sont pas encore dégagées. Un spectacle grandiose! Des petits mausolés plantés dans la nature, on en trouve partout. En descendant au sud de la ville, vers le village de Hauz Khas, on découvre, entre des immeubles bourgeois, des tombes de l'époque Lodi, antérieure à celle des moghols. Hauz Khas est un endroit assez étrange. Autour d'une ancienne citerne, qui joue aujourd'hui son rôle de grand bassin pour parc urbain public (encore un espace vert!), se dressent les ruines d'un complexe composé d'une mosquée, de hammams et autres structures. Ces bâtiments délabrés ont quelque chose de pathétique avec leur revêtement de pierre de couleur grisâtre, leurs coupoles noircies et leurs galeries en enfilade aboutissant à des précipices. Autour ce curieux monument, le quartier de Hauz Khas village s'est construit une identité assez sympathique avec ses boutiques d'antiquités, ses galeries d'art et ses boutiques de vêtements et accessoires de mode.

New Delhi, Jantar Mantar, observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
- le temple et le post moderne -
Une des curiosités célèbres de New Delhi est le Temple du Lotus (Bahai Temple), immense structure en béton blanc conçue par l’architecte Faribuz Sahba (1986) pour cette communauté née en Perse à la fin du XIXe s. et qui vénère les prophètes de toutes les religions (c’est du moins ce que nous en avons compris). Les bahaïstes ont cinq sanctuaires dans le monde, dont celui-ci. Le visiteur doit se déchausser et parcourir plusieurs centaines de mètres pour l’atteindre. Très spectaculaire, ce temple veut manifestement impressionner. Ses formes arrondies rappellent le design de Eero Saarinen pour le terminal TWA (Trans World Airways) à l’aéroport John F Kennedy, New York. C'était une invitation au voyage, avec une structure en forme d'ailes de papillon qui semblait s'envoler. Ici c'est supposé rappeler un lotus géant, mais le rêve s'est volatilisé. A New York aussi, malheureusement. Depuis que la TWA a disparu, son ex-aérogare, joyau de l'architecture moderne est hors d'usage et abandonnée. Sa seule utilisation récente a été son apparition dans l'excellente comédie de Steven Spielberg Catch me if you can. 
1997-2009, Baron & Baron (texte), 2003, Zeina Abirached, Claude Abou Chedid, Rana Haddad (photos), tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS