| > ALLER / VENIR |
| Capitale du Rajasthan, Jaipur en est aussi la porte. C’est l’étape
obligée pour rallier les autres villes de cet état. Jaipur
est donc un nœud ferroviaire important avec de nombreuses liaisons sur
Delhi, Agra, Jodhpur, Udaipur, etc. |
| Ceux qui désirent profiter de Fatehpur Sikri devront rallier
Agra (200 km) en voiture. Route fatigante et encombrée de camions.
Jaipur dispose aussi d’un petit aéroport mais n’est pas suffisamment
loin de Delhi (300 km) pour que l’avion soit une alternative intéressante.
Indian
Airlines assure 2 vols quotidiens pour Delhi et Mumbai, des vols
pour Ahmedabad, Calcutta, Jodhpur et Udaipur. Il existe un vol international
quotidien Jaipur-Dubai. |
| A Jaipur, comme partout en Inde, les rickshaws sont toujours
là. Les taxis aussi. Il est possible d’en affréter un à
la journée ou sur un parcours défini pour pouvoir visiter
les sites situés en dehors de la ville. Notre amie Béatrice
a essayé la bicyclette. Expérience assez insolite dont
elle ne semble pas avoir tiré satisfaction. |
| > DORMIR |
| Le parc hôtelier de Jaipur est légendaire: Palais
de maharajahs, pavillons, et autres havelis transformées en hotels.
Le mythe de la nuit dans un lit à baldaquin pour 20USD par personne
est une réalité au Bissau Palace. Le maharana
(petit maharadjah) de Bissau reçoit ses clients dans son palais
qu’il a réaménagé avec plus ou moins de bonheur.
Il est impératif de choisir sa chambre avant de signer, il n’y
en a pas deux qui se ressemblent, et certaines sont en enfilade, bonjour
l’intimité! D’autres sont de véritables suites, avec meubles,
tapis et tableaux de collection, salle de bain immense, etc. Vieillot
et situé au bout d’une rue assez sale (cf. Lonely Planet) mais très
agréable pour un prix ridicule. Bibliothèque intéressante
avec galerie de portraits! |
Le Narain Niwas Palace (tel: 91-141-561291,
563448, fax: 91-141-561045) est encore mieux pour le même prix. Construit
en 1928, ce petit palais est doté d'une somptueuse déco de
style rajpoute. L'endroit est chargé d'histoire (le salon est un véritable
musée) et plein de charme.
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| Plus luxueux, un peu plus cher, tout en restant très abordable,
le Samode Haveli est un manoir construit il y a 150 ans
par un premier ministre. Décor des chambres fantastique.
Une adresse très prisée. Souvent complet. |
| Décentré, mais très dépaysant, le
Rambagh
Lodge, un ancien pavillon de chasse. 16 chambres très exclusives.
Palais de l’ancien Premier ministre de Jaipur, le Jai Mahal dispose de tout le confort moderne qu’on puisse
imaginer. Prix en conséquence. |
| Le Raj Vilas
et le Rambagh Palace, tous deux des Leading Hotels of the World,
sont d’une magnificence difficilement imaginable. Un séjour des
mille est une nuits. Quand on aime, on ne compte pas. |
| A 40 km de Jaipur, le Samode Palace
est un merveilleux endroit pour méditer et réver hors de
l'agitation urbaine. Durant la belle saison, on peut séjourner à
Samode Bagh, des tentes de luxe entièrement
équipées plantées dans de luxuriants jardins à
coté de l'hôtel. Tout le raffinement des maharadjahs! |
| > MANGER |
| Tous les hôtels cités plus hauts disposent d’au moins
un restaurant qui servira une nourriture raffinée. Au petit déjeuner
du Bissau Palace, salle à manger avec grande table familiale. Porcelaine
et argenterie, variétés de thés, confitures maison,
etc. Au Rambagh Palace, le Suvarna Mahal offre un cadre hollywoodien pour
agapes maharadjesques. |
| Ce n’est pas une raison pour bouder les restaurants de Jaipur
dont certains sont excellents. Notre préféré est Niro’s
(MI Road). Une petite salle simplement décorée, une ambiance
conviviale et des spécialités rajasthani et chinoises (!).
Soupes savoureuses, grand choix de plats exquis, portions pantagruéliques,
bref tout est là pour réussir un gueuleton. Entre 5 et 10
(max) USD / pers. |
| > ECOUTER / VOIR |
| De nombreuses festivités rythment la vie de la capitale
du Rajasthan. Le 14 janvier, c’est Makar Sakranti, le jour des
cerf-volants. Les 7 et 8 avril, la Gangaur: Les femmes, superbement
vêtues, célèbrent Gauri, la déesse de l’abondance,
et, accompagnées de fanfares, font circuler son image au cours
de processions qui traversent la région. En juillet-aout, le
Teej accueille la mousson avec une procession de la déesse Privati.
En octobre-novembre, Deepawali est un festival de lumière.
La ville rose ressemble à une immense robe de mariée... |
| Jaipur possède, depuis peu, le cinéma le plus somptueuse
du pays. Le Raj Mandhir projète des films indiens dans une
salle grandiose et impeccablement propre. Une expérience à
ne pas manquer! |
| > ACHETER |
| Les marionnettes du Rajasthan. Ne pas acheter n’importe
lesquelles. On peut en trouver des anciennes (début XXe siècle)
très belles. Marchander ferme avec le marchand qui risque de demander
des prix hallucinatoires. |
| Des étoffes. Nombreuses fabriques et dépôts
de soies. On risque de s’y perdre. Très belles pashminas,
pas données mais moins que moitié prix par rapport à
leur prix de vente dans nos pays. |
| De la boiserie. Coffres, poupées en bois,
plumiers, cannes, cadres, etc. Très beau travail d’artisanat, on croirait
presque des antiquités. A la boutique en face du Bissau Palace. |
| > LIRE |
24 heures à Jaipur, Christophe Boisvieux, Grands
Reportages, n.266, mars 2004, un carnet de route vivant, concis et amusant.
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<
| Le nom est
mythique, le lieu célèbre. Les fastes des maharadjahs, leurs
palais somptueux, et tout l’exotisme rattaché à l’iconographie
du Rajasthan fascine les visiteurs qui sont très nombreux à
se rendre dans cette partie de l’Inde. Célébrée pour
la couleur rose saumon qui couvre ses façades, Jaipur a été
ainsi peinte en 1876, à l’occasion de la visite du Prince de Galles.
Elle est, avec Agra et Delhi, un des trois joyaux qui constituent le célèbre
«triangle d’or». |
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Jaipur a des marchés
riches en couleurs, odeurs et saveurs!
|
| La ville
a été fondée en 1727 par le Maharadjah Sawai Jai
Singh II. Oeuvre d’un architecte originaire du Bengale, Vidhyadhar
Bhattacharya, sa conception repose sur le Shilp Shastra, un ancien traité
hindou: Reproduisant une mandala de trame régulière, le plan
urbain forme une grille de rues à angles droits au centre duquel
trône le City Palace. Les maîtres d'oeuvres ont eu la présence
d'esprit de construire la ville sur des fondations profondes et avec réseau
de canaux pour absorber les vibrations sismiques. Ce procédé,
ainsi que les techniques de maçonnerie ont permi aux monuments
de Jaipur de résister, à quelques fissures près,
au tremblement de terre meurtrier qui a secoué le Gujarat voisin
en janvier 2001. |
- city
palace -
Une
avenue orientée dans le sens Nord Sud mène au Tripolia
Gate, porte monumentale et officielle du Palais que les visiteurs
n’auront cependant pas l’honneur d’emprunter. C’est par la plus modeste
Sireha Deohi que l’on accède dans l’enceinte.
Le Maharadjah de Jaipur réside toujours dans ses appartements privés
au sein de ce somptueux ensemble palatial. Lorsqu’il y est présent,
ses couleurs flottent sur le mat au sommet de la tour de l'horloge.
Au
centre de la première cour intérieure, on peut visiter le
Mubarak Mahal, intéressant pavillon réalisé
au XIXe s par un architecte britannique, Samuel Swinton. Décor
finement ciselé. Au balcon du 1er étage, les panneaux signalant
l’interdiction de filmer et de photographier n’empêchent pas les touristes
de mitrailler les gardiens enturbannés!
Dans
la deuxième cour, l’ancien Diwan’i am, avec ses énormes
jarres en argent et une immense parabole satellite. Le nouveau Diwan’i
am est reconnaissable avec ses lustres de style européen. A
l’intérieur des salles de réception, grandioses vestiges
un peu surannés, des portraits, des miniatures, des tapis et autres
souvenirs fastueux. On a rarement l’occasion de visiter le musée
des armes et armures, dont les collections sont extraordinaires.
Troisième
cour, plus petite, mais non moins spectaculaire. Au centre de chaque aile,
une porte en forme de paon aux couleurs chatoyantes. Au nord, les jardins
du palais, avec de nombreux pavillons qui trahissent une influence moghole. |
- jantar
mantar -
L’entrée
du Palais jouxte le Jantar Mantar, observatoire des maharadjahs
de Jaipur, dont celui de Delhi est variante. D’immenses instruments astronomiques
en grès peint en jaune et marbre témoignent de la passion
du Maharadjah Sawai Jai Singh II pour les sciences du
ciel. Architectures futuristes des cadrans solaires, signes du zodiaque et
autres astrolabes. Immense triangle domine cet espace science fictionnesque,
le Samrat Yantra permet de lire l’heure et la position
des planètes... |
| "Je ne pensais pas à
l’astronomie, parceque ce gigantesque jeu de construction abandonné
par les djinns suggérait un “travail“ moderne, la maquette d’un
palais pour un film de Méliès, et non le domaine élémentaire
mais invincible des pyramides; je ne pensais pas à l’astronomie,
parce que, pour nous, les instruments de l’astronome ne sont pas des instruments
de pierre. Mais ces tranches d’escaliers dressées vers les astres
suggéraient un firmament insasissables (...) Et ces rampes triangulaires
étaient orientées vers la ville la plus irréelle
de l ‘Inde musulmane. Pas seulement parce que le palais des Vents, orgue
en pierre rose, est aussi étrange pour nous qu’une cathédrale
pour un oriental; pas seulement parce qu’une rue entière était
une suite de façades peintes semblables aux décors des Mille
et Une Nuits de nos fêtes foraines, et qui cachaient les maisons
banales; mais parce que soudain, le peuple des singes mélancoliques
qui semblaient les vrais habitants de cette ville sans hommes, traversa
lentement la rue." André Malraux,
Antimémoires, pp. 112-113.
|
|
le Hawa Mahal (pavillons
des vents) de Jaipur est une façade en dentelle
|
- du hawa
mahal au lake palace -
On
reconnaît d’ici la silhouette évidée du fascinant
Palais des Vents. Cette façade s'étale
sur plusieurs dizaines de mètres de long pour à peine deux
de profondeur: Un gracieux immeuble rose aplati couvert de moucharrabiés
de pierre! Le Palais des Vents (Hawa Mahal) était destiné
aux femmes du harem. Elles pouvaient s'y installer, voir la ville sans être
vues, et profiter de la fraîcheur des courants d'air.
En
dehors de la ville, sur la route d’Amber, une autre "résidence" non
moins curieuse attire l'attention par sa situation: le Lake Palace,
au centre d'un plan d'eau, et, par conséquent, accessible que par
barque. Ce n'est pas le palais qui a été construit au centre
du lac, mais le lac artificiel, préalablement conçu à
cette fin, qui a été creusé et rempli autour du palais!
Tout comme le Palais des Vents, cette fantaisie architecturale témoigne
de l'imagination des maharadjahs et de leurs architectes dans des problématiques
très terre à terre! Il y a un Lake Palace à Udaipur,
aujourd’hui transformé en hôtel de luxe. |
|
l'imposant fort d'Amber auquel
nous accédons à dos d'élephant
|
- amber
-
En
poursuivant sur la même route, on atteint Amber. Perché
sur une colline dominant des lacs aussi artificiels que le précédent,
ce château est protégé par une chaîne montagneuse
couverte d'un réseau de fortifications. Amber a été
la capitale des maharadjahs rajpouts Kachwaha depuis le
XIIe siècle, jusqu’à son remplacement par Jaipur en 1737.
On y accède
à dos d'éléphant ou à pied, en compagnie de
marchands ambulants particulièrement tenaces et de singes particulièrement
voraces. Dans l'enceinte, passé le Jaleb Chowk, première
cour, on peut visiter le temple de Shri Sila Devi, sauf si, comme
Baron on refuse d'ôter ses chaussettes. Deuxième cour, au-dessus
des escaliers, à l’intérieur du palais à proprement
parler. D’un coté le Diwan’i am, de l’autre, le Ganesh
Pole, coloré et peint à l’effigie du célèbre
dieu-éléphant, permet d’accéder aux appartements
privés. Les plans du harem sont remarquables. Un corridor
secret desservant les chambres des femmes était réservé
au seul usage du seigneur!
Dans
l’ensemble, on est frappé par la décoration opulente, à
la limite du kitsch. Les rajpouts ont repris des moghols la mosaïque
de miroir. Cette forme décorative couvre des pans entiers de murs
et de plafonds, le résultat est assez spectaculaire. Il ne faut
pas rater la Jas Mandir, chambre des étoiles. Dans la
pénombre, les facettes de miroirs qui couvrent le plafond de cette
petite pièce brillent comme une voûte céleste!
Enfin,
les blasés pourront se rattraper sur la vue, admirable depuis Amber.
Ces montagnes sauvages que les rajpouts ont tenté d’apprivoiser avec,
dans la vallée, les lacs artificiels et les jardins aux formes graphiques.
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Retour en ville, et dans le mantra qui est à l'origine
de son plan. Cette structure a été utilisée par l'architecte
contemporain Charles Correa dans la réalisation du Jawahar
Kela Kandra Museum destiné à l'art et l'artisanat du
Rajasthan. Correa a installé les collections dans neuf pavillons
(mahal) répartis autour d'une cour. Il a réussi ici la difficile
alliance entre tradition et modernité, utilisant des matériaux
tels que le gré rouge pour ses façades épurées
et n'hésitant pas insérer une iconographie tantrique et jaine
tant dans ses plans que dans la décoration intérieure (fameuse
coupole peinte d'un décor cosmographique).
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