DES
CINQ SENS
Impossible de faire un pas dans ce pays sans avoir ses sens
en éveil. Tous. |
DE
LA VUE
Le plus évident. Plus que tout autre pays, l’Inde est
un spectacle permanent. Les rues suffisent à emplir l’œil de
couleurs et de sensations grandioses. Evidement, quand on a la chance
de se retrouver dans une fête au Rajasthan, un mariage à
Agra ou une procession sur les bords du Gange, il y a de quoi avoir le
tournis! Pas étonnant que le pays ait attiré les plus
grands photographes, de Henri
Cartier Bresson à Sebastiao Salgado en passant par Steve
McCurry. |
DU
TOUCHER
Moins évident a priori, mais c’est comme ça.
L’inde est le pays ou on est toujours bousculé par quelqu’un,
pris par la main par un enfant ou renversé par un
éléphant. Ca
peut arriver partout et à tout moment. |
DE
L’ODORAT
Les Indiens ont une réputation qu’ils traînent
avec eux la ou ils sont. Les habitant de Dubaï vous parleront avec
dégoût de ces currys qui envahissent leurs immeubles!
L’Inde est une symphonie perpétuelle
d’odeurs et de parfums dans laquelle se mélangent subtilement le
meilleur
(encens, épices) et le pire (pollution
industrielle,
excréments, sueurs, cadavres animaux voire humains...). Petit
à
petit, le visiteur s’y accoutume et s’en imprègne. Même
avec
trois douches par jour, il reviendra chez lui en dégageant des
senteurs
qui surprendront ceux qui viendront l’accueillir à
l’aéroport. |
DU
GOUT
Le sous continent est un grand parcours gastronomique. Des chicken
masala aux tandoori en passant par les
spécialités végétariennes, le voyage en
Inde est l’occasion de découvrir des saveurs sublimes sans
casser la tirelire. Les meilleures tables sont
moins chères que le moindre café de Paris ou de Beyrouth!
Attention quand même aux effets secondaires. La
cuisine
indienne est fortement épicée et les dos les plus
sensibles
ne tarderont pas à ressembler à une carte de
géographie!
L’hygiène de ce pays n’est pas celle de la Suisse et manger
n’importe
quoi n’importe ou fera la fortune des Ercefuryl, Motilium et autres
Imodium! |
DE
L’OUIE
Dans les rues, il y a toujours un brouhaha
indéfinissable, sorte de toile de fond sonore formée de
klaxons, de cris et d’apparitions musicales venues d’on ne sait ou.
L’Inde possède une culture musicale exceptionnelle
qui a profité de
la vague des musiques du monde pour se faire connaître en
Occident. Ravi Shankar est un maître mondialement
célébré du sitar et une nouvelle
génération de prodiges a propulsé la
création musicale indienne à des sommets. Citons Zakir
Hussain le champion de la tabla, et Shankar (à ne
pas confondre avec le précédent) et son double violon,
Grandiose. |
ET
LE SIXIEME SENS?
Of course. L’Inde est par excellence le pays des croyances,
des superstitions, et des ferveurs religieuses. Toutes
expérimentations spirituelles sont les bienvenues! |
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décembre
1997-janvier 1998
Ce
voyage, a été un premier contact avec le sous continent.
Baron & Baron, accompagnés de Philippe et Claude, ont voulu
découvrir différents aspects de ce pays à travers
des sauts de puce,
de Delhi à Khajurâho, Agra, Jaipur, Goa et Bombay.
23
/ 12 / 1997 - Delhi
(Baron
& Baron) Arrivée à Delhi à 2h du matin dans un
froid de canard (il paraît qu'on n'avait pas vu ça depuis
1963!). Transfert, via un taxi qui a la bougeotte, à La
Sagrita. Notre guest
house est une charmante demeure aux chambres vastes et impeccablement
propres,
situé sur Sunder Nagar, un ensemble de villas bordant un petit
parc.
10h:
1ere visite chez Sunil pour préparer le voyage: 1001 combines
pour
trouver des places... tous les avions et trains sont fully booked. En
attendant, déjeuner Buffet au Coffee Shop du très luxueux
Hyatt Regency. Visite de New Delhi: Jantar Mantar, Connaught
Place, Janpath (crade). A l'Hôtel Impérial,
massage à l'huile de coco et 5 o'clock tea. Passage au Taj
Palace puis soirée au Sheraton: Dîner (royal) au Dumpunkht
puis tentative (avortée) d'entrer à la boite de
l'hôtel, le "Cangoroo".
(Claude
et Philippe) Départ pour Delhi sur Kuwait Airways via
Koweït. Vol Koweït-Delhi annulé, donc nuitée
à l'Hôtel Safir.
24
/ 12 / 1997 - Delhi
(Baron
& Baron) Visite du Mausolée de Humayun.
Découverte dans les jardins, de deux magnifiques tombeaux
monumentaux en ruines, qui produisent, dont les ruines émergent
dans les brumes matinales!
Au Temple
du Lotus (ou Bahaï Temple), il faut marcher pieds nus des
kilomètres dans le froid, pour atteindre un immense sanctuaire
construit en 1986 par Faribuz Sahba, mélange entre un
aéroport de Ero Saarinen et une base ennemie de James Bond! Le
lieu est très décentré et mal desservi, il est
impossible d'y trouver un rickshaw où un taxi,
il vaut mieux assurer son retour à l'avance!
Nouvelle
visite chez Suneel pour remettre en place le voyage... 2001 combines
à nouveau. Déjeuner au Bar du Hyatt Regency.
(Claude
et Philippe) Arrivée (finalement) à Delhi vers midi. (les
4) Retrouvailles au Hyatt Regency. Visite du Qutb Minar, puis
du
Mausolée de Sadarjang, préfiguration du Taj Mahal, avec
un
corps à corps de Baron avec un boa de 2m!
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| Lèche
vitrines, en début de soirée au Marché des
Antiquaires
sur Sunder Nagar. Réveillon de Noël au Maurya
Sheraton.
Dîner au Bukhara, verre sans glaçons au Jazz Bar,
rencontre
avec des bijoutiers de Bombay, (re) tentative (re) avortée
d'entrer
à la boite de l'hôtel...
25
/12 / 1997 - Delhi / Khajurâho
Départ
avorté pour Khajurâho Le vol d'Indian Airlines est
annulé pour cause de mauvaises conditions météo.
On en profite donc pour visiter le Fort Rouge. Embouteillage
monstre de rickshaws!
On
finit par décoller sur le Boeing 737 d'Indian Airlines, qui,
pour se faire pardonner, nous gratifie de la visite du Père
Noël à
bord de l'avion.<
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| Arrivée
à l'Hôtel Clarks. Spectacle de danses des régions
indiennes. Visite du village, inspection peu convaincante des restos du
coin qui ont la curieuse particularité d'être sur des
toits des maisons, pour finir au buffet, pas plus convaincant, de
l'hôtel (fameuse soupe aux champignons).
26
/ 12 / 1997 - Khajurâho / Agra
Après
un petit déjeuner pas plus inspirant que le dîner de la
veille, visite des temples érotiques de Khajurâho
Excitation unanime.
Lors
de la conquête moghole, la plupart des grands sanctuaires hindous
du
centre de l'Inde ont été détruits. Les temples de
Khajurâho, en pleine campagne, ont survécut grâce
à leur éloignement des grands centres urbains. Ils sont
aujourd'hui célèbres pour
les scènes érotiques qui couvrent un (petite) partie de
leurs
façades.
Chaque
temple, qui est protégé par une figure de lion, repose
sur
une plate-forme surélevée. Le temple est une
représentation de la "montagne cosmique", d'où la forme
oblongue pointée
vers le ciel. Ce modèle s'est répandu, avec
l'indianisation
de l'Asie du Sud Est, aux royaumes du Champa (Vietnam) et trouve son
apogée à Angkor. Les façades et les murs
intérieurs son entièrement recouverts de divinités
sculptées.
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| Le
vol pour Agra ayant été annulé à cause du
brouillard. Départ en voiture pour prendre le train à Jhansi.
En route, en pleine campagne, traversée d'un des affluents du
Gange, d'un barrage en construction,
rencontres inattendues avec des vautours et des japonais. Á
Agra,
mariage hindou à l'arrivée au Clarks Shiraz, dîner
au
Sunar, restaurant moghol complètement vide.
27
/12 / 1997 - Agra / Fatehpur Sikri / Jaipur
Beaucoup
de brouillard. Visite d'Agra, ville sale et triste. Fort Rouge,
proche de celui de Delhi avec des singes en plus. Mausolée
d'Itimad ad Daulah, avec encore plus de singes mais surtout une
façade dont le raffinement des détails atteint ceux du
magnifique Taj Mahal. Le lieu le plus célèbre de
l'Inde est plein de touristes malgré le temps brumeux qui
crée un spectacle des plus insolites: La façade blanche
immaculée de la tombe de Mumtaz Mahal semble se fondre dans un
ciel qui est de la même couleur!
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|
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Départ
pour Fatehpur Sikri, ville (pas si) morte. Cette
éphémère capitale moghole abandonnée pour
des problèmes d'approvisionnement en eau ne semble pas avoir
beaucoup changé en trois siècles, sauf qu'il y a plein de
touristes. Il ne faut pas rater le Pavillon d'Audience. Le
Sultan s'installait au sommet de la colonne centrale et pouvait voir
ses visiteurs sans être vu!
La Grande
Mosquée est sublime mais envahie par d'ignobles marchands du
temple. Route (interminable, monotone et dangereuse) jusqu'à Jaipur,
avec un va et vient monstre de camions. Arrivée au Bissau
Palace qui, comme le mentionne le Lonely Planet est "situé
au bout de la
rue la plus sale de la ville". N'empêche, ce petit palais de
maharadjah (ce dernier reçoit les hotes) permet pleinement, pour
un prix modique, de découvrir les charmes du Rajasthan, avec des
enfilades de chambres (bonjour l'intimité), une
bibliothèque avec des portraits
de famille, et une salle à manger typique!
Rencontre
avec des hollandaises pleines de bonnes intentions et des anglaises
arrivant de Goa (apparemment, le palais du Maharadjah de Bissau est
toujours bien
fréquenté), dîner remarquable chez Niro's
précédé et suivi par des trajets non moins
remarquables à 4 sur un seul rickshaw. Nuit dans le lit à
baldaquin avec les moustiques.
28
/ 12 / 1997 - Jaipur / Delhi
Visite
de Jaipur avec Rash, le meilleur guide cellularisé du Rajasthan,
en tout cas, le meilleur de notre voyage. Acquisitions massives de
marionnettes, puis, déjeuner chez Pizza Hut. Re-shopping.
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| Départ
pour Delhi en train. Arrivée à l'Hôtel Asian
International, cadre naturel pour films d'épouvante, avis aux
réalisateurs intéressés. L'Inde dans ce qu'elle a
de pire à offrir à tous les sens. Tentatives
d'évacuer vers La Sagrita (complet), et Le Méridien (trop
cher!). Horror's Night à 4 dans un lit, avec à chaque
fois, quelqu'un pour monter la garde aux cafards.
29
/ 12 / 1997 - Delhi / Goa
Sortie
très matinale pour fuir l'hôtel: Petit déjeuner
à la Brasserie du Méridien: retour à la
civilisation. Départ pour Goa sur Air India. A bord, les
passagers, qui sont très in, se mettent en tenue estivale et les
hôtesses de l'air sont à la hauteur des 190 $ que
coûte le billet (aller simple, bakchich non compris).
Arrivée
à Calangute, check-in à Varmas Beach Resort.
Magnifique hôtel de charme mais un inconvénient: pas de
galipettes;
les intrus sont interdis dans l'enceinte de l'établissement.
Trempette sur la plage de Calangute avec un magnifique coucher de
soleil et des milliers d'indiennes nageant avec leurs saris.
Dîner de Poissons (pomfret,
baby shark et king fish) et de fruits de mer, soirée à
Anjuna,
rave party au Paraiso, qui se terminera, paraît-il, vers 10h du
matin.
30
/ 12 / 1997 - Goa
Empoisonnement
collectif. A tour de rôle, Claude (4h du mat), Baron (8h) et
Baron
(10h30) agonisent des suites du dîner de la veille (ils ont eu la
bonne
idée de manger des moules!). Philippe, qui a
échappé
au désastre fait une trempette et tente (en vain) d'organiser le
retour
de Goa.
15h30:
tant pis pour les pompes funèbres; les pharmacies ambulantes ont
fait leur effet. Visite de Old Goa et des ses églises
baroques: Bom Jésus, avec la tombe de Saint
François Xavier, Cathédrale de Sé, Saint
François d'Assise...
Après
un passage au Fort Aguada Beach Resort, soirée à Anjuna:
dîner frugal (poulet grillé et riz bouilli pour Phil et
Baron, chips pour Baron) et tournée des pubs. Pas de party ce
soir, tout le monde se prépare pour le 31.
31
/ 12 / 1997 - Goa
Location
de mobylettes: nº 69 pour Baron et Baron. Plage à Baga,
où les filles en topless côtoient les vaches (à
tous
les sens du terme!), puis à Anjuna. Marché aux
puces
le plus branché de la terre. Tatouage au henné pour Baron
et
fin de carrière pour une chemise Façonnable innocente.
Coucher
de soleil (le dernier de l'année) sur la plage au Shore Bar.
Tous
les freaks fument leurs pétards en attendant la soirée
qui
s'annonce chaude!
Dîner
(de gala) au Cavala: Bar B Q de poissons et fruits de mer, red snapper
remarquable. Taxi très branché fonçant entre les
palmiers et les mobylettes. A minuit moins vingt, foule dans les rues
d'Anjuna. Tout le monde se précipite au Paraiso. Les
femmes et les enfants d'abord (certains
ont emmené leur progéniture en bas âge!).
Réveillon techno à n'en plus finir.
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1
/ 1 / 1998 – Goa / Bombay
Plage
à Vagator et Little Vagator. Comme c'est
férié, beaucoup trop de locaux hormis 2
présumées
israéliennes se bronzant les fesses. Sheena réussira
à
vendre 6 paréos à Baron. Organisation du Départ.
Recherche
à travers Calangute d'un 4x4 Tata Sumo pour se rendre à
Bombay.
Tous parasites de la ville sont en action pour toucher leur commission.
A 20h arrivée de la voiture promise. Dîner à
l'Océanic.
Le patron se fait engueuler pour la lenteur de son service mais le
repas
(portugais) est exquis. Départ à bord de la Tata pour 12
h
de caillasse sur les routes escarpées du Maharastra. Barrage
à
la frontière des deux états qui tente de nous extorquer
de
l'argent, sans succès garce à la fermeté de
Philippe
(expérience marocaine).
2
/ 1 / 1998 - Bombay
Arrivée
à Mumbai après une nuit d'enfer. Check-In au
Regent
Hôtel, parmi les arabes du Golfe. Déjeuner (somptueux) au
Tanjore
du Taj Mahal Hôtel, un des plus célèbres
d'Orient.
L'architecte italien (ou français? ou anglais?) qui le dessina
s'est
suicidé en apprenant que ses plans avaient été
inversés:
La façade principale ouvrant sur la mer a été
construite sur l'arrière et vice versa! Visite du Prince of
Wales Museum et de sa superbe(!) cafette. Blague à part, les
collections léguées par l'incontournable Sir Rathan
Tata incluent de magnifiques exemples de la statuaire ancienne de
l'Inde à la Mésopotamie. La rotonde d’entrée
est très intéressante.
Longue
nuit de sommeil.
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3
/ 1 / 1998 - Bombay
Après
un petit déjeuner de poids au Shamania du Taj, visite des
sanctuaires rupestres de l'Ile d'Elephanta, où il y des
singes et pas d'éléphants.
Certaines statues de Brahma sont quand même spectaculaires. Cette
promenade
en bateau qui permet, en chemin, de découvrir une
île-prison
(l'Alcatraz local) et les porte-avions de la flotte indienne (photos
interdites
dans les deux cas, donc tout le monde photographie!). Rencontre de
Déborah
qui est pour certains la plus belle découverte du voyage. Visite
de
Bombay. Temple Jaïn, Malabar Hills, Jardins
Suspendus, Quartier des Blanchisseurs, Tours du Silence
(pour ce qu'on en voit), Victoria Station, JJ School of Arts,
University Clock... Métropole captivante, en
fin de compte. 5 o'clock tea au Oberoi, un des plus beaux hôtels
du monde. Dîner au Chinois de l'Ambassador sur les conseils de
Déborah, ce qui ne manque pas d'altérer l'image de cette
dernière aux yeux de certains, du moins sur ses goûts
culinaires. Visite de Falkland Road, le glauque quartier chaud de
Bombay.
4
/ 1 / 1998 - Bombay / Beyrouth
Départ
à 2h du mat pour l'aéroport dans un taxi brinquebalant
dont la porte avant ne fermait pas (on a failli perdre Baron à
plusieurs tournants) et qui avait un tournevis à la place du
levier de vitesse. Aéroport atroce, contrôles
interminables, embarquement laborieux, Baron a failli perdre sa sacoche
au n-ième security check. Voyages de retours
séparés, les uns sur Gulf Air, les autres sur Kuwait
Airways. Ronflement sur les bancs de l'aéroport de Bahreïn
et achat de CDs au duty free. Arrivée à Beyrouth dans
l'après midi, direction: la salle de bains.
THE
END
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