| > ALLER / VENIR |
| Loin des grands centres urbains et entourée par la mer
et les montagnes, Goa est difficilement accessible par la voie terrestre.
Pas de voie ferrée directe (grâce aux pressions des écologistes).
Atteindre Bombay par la route est un véritable périple d’au
moins douze heures sur des routes escarpées et dangereuses. Nombreux
accidents. Il est possible de choisir entre le bus et les voitures avec
chauffeurs, soit des minivan Suzuki, soit des 4x4 Tata Sumo. Fonctionnant
au diesel, ces derniers sont moins chers mais plus puissants et plus confortables,
mais plus difficiles à dénicher! |
| Le moyen de transport le plus civilisé, le plus facile
et le plus cher pour s’y rendre reste l’avion. Goa est desservie par les
principales compagnies indiennes: Air India, Jet Airways, Air Sahara et Indian Airlines. Depuis Goa, Indian Airlines dessert
Bangalore (quotidien), Calicut, Chandigarh (quotidien), Chennai-Madras, Cochin-Kochi,
Delhi (quotidien), Mumbai-Bombay (plusieurs vols / j.), ainsi que Koweit
et Sharjah dans le Golfe. En haute saison, la Condor, filiale de Lufthansa,
assure un vol Francfort-Goa / sem. Attention, en haute saison (autour du
nouvel-an) les vols sont surbookés longtemps à l’avance! L’aéroport
de Goa est composé de deux terminaux accolés l’un à
l’autre, l’un pour les vols internationaux, l’autre pour les vols intérieurs.
Air India est basée dans le terminal international y compris pour
ses vols internes. L’aéroport est situé au sud de Panjim et
de Goa Velha, près de Vasco de Gama. Le moyen le plus pratique pour
rejoindre les différentes stations balnéaires est de prendre
un taxi (vans Suzuki). |
| Pour les moins pressés, le ferry peut être un moyen
de rentrer sur Bombay en décompressant. |
| Pour circuler dans Goa, il y a toujours les rickshaws et les taxis
(des mini vans Suzuki). Comme dans toute station balnéaire qui se
respecte, la location de scooters est de rigueur. Mais attention: |
| 1) elle ne se fait pas de manière très légale
et en cas d’arnaque vous risquez d’être poursuivi. |
| 2) la circulation nocturne est très dangereuse et
difficile: Les routes sont défoncées, la signalisation absente
et les chauffards nombreux. Vigilance et prudence. S’assurer de la bonne
foi du loueur et du bon état de la machine et bien marchander. NB:
les taxis de Goa sont de très bons indics pour trouver les fêtes
nocturnes. |
| > DORMIR |
| Grande concentration d’hôtels et de guesthouses pour les
routards à Calangute. Prix modiques et plage à proximité.
La meilleure adresse est le Varmas Beach Resort. M. et Mme Varmas
ne prennent pas de réservations et n’admettent les clients qu’après
les avoir rencontrés. Bungalows en briques autour d’un jardin,
chambres avec des meubles coloniaux, petit déjeuner sur la terrasse
du toit, service irréprochable et propreté presque excessive.
On adore. Un détail: L’adresse n’est plus citée dans aucun
guide ni répertoire. Nous ne sommes pas surs qu’elle existe encore,
mais ça vaut le coup d’essayer. |
| Toujours à Calangute, la Pousada Tauma est
un "boutique hotel" de 12 suites dans un jardin tropical avec piscine. |
| Cidade de
Goa, à Dona Paula, près de Panjim, est un superbe resort
en bord de mer conçu comme un village par l’architecte Charles Correa.
Les façades sont inspirées par les maisons lisboètes
de l’Alfama avec des couleurs vives et des formes aérées.
Un très bel endroit. Du même architecte, est le Dona Sylvia Resort,
sur la belle plage de Cavelossim. Ici, Correa a habilement joué avec
les charpentes de bois et les toits en tuiles rouges, donnant une interprétation
contemporaine du village méditerranéen sur la mer d’Oman! |
| Les amateurs de luxe peuvent se précipiteront au Leela Palace
& Resort. Ce resort situé sur les plages de la côte
sud de Goa est paradisiaque, et il ne faut pas se laisser décourager
par le porche d’entrée d’un goût assez douteux. Les chambres,
sont disposées autour d’un lagon artificiel, avec des jardins tropicaux.
Toutes sortes de loisirs et de services possibles, c’est la totale. La chaîne
indienne Taj gère trois établissements sur Goa. Le Taj
Exotica, lui aussi sur les plages du sud, est lui aussi disséminé
dans un environnement tropical. Les chambres sont immenses et semblent noyées
dans la jungle. Nous préférons toutefois Le Fort Aguada
Beach Resort, construit sur une crête rocheuse dominant une
plage de sable, et qui a plus de caractère. Architecture intérieure
de style colonial, mobilier portugais. Excellents restaurants. Le Fort Aguada
a figuré dans le film Nocturne Indien. Dans son voisinage
se trouve The
Aguada Hermitage. Des villas perchées sur la colline conçues
à l’origine comme résidence de chefs d’états. C’est
une adresse exclusive qui bénéficie de toutes les prestations
du Fort Aguada. |
| > MANGER |
| La cuisine de Goa est un subtil mélange des saveurs de
l’Inde et du Portugal. Les plats sont parfumés, souvent épicés,
toujours étonnants. A Calangute, l’Océanic est une excellente
maison. Plats exquis, mais service très lent. Au Cavala, très
bon buffet de poissons et de fruits de mer. Les poissons de la Mer d’Oman
sont à déguster partout et sans modération, mais attention
aux moules et coques, nous avons été victimes d’un empoisonnement.
Sur la plage, des gargotes permettent aux routards de se restaurer décemment
à moindres frais. |
| > BOIRE / DANSER |
| Goa, c’était le lieu de la fête. Danser sous les
rythmes enfiévrés au bord de la mer, le pied! En début
de soirée, au coucher de soleil, tout le monde se retrouvait sur les
bars de plage, à Anjuna. Ambiance peace and love. Ces lieux se vidaient
assez tôt pour laisser place aux parties. Pas d’adresses à donner,
les raves étaient organisées selon un rituel immuable. Le lieu
est tenu secret jusqu’à la dernière minute et son nom est communiqué
par le bouche à oreilles. Ainsi, vers 22h, les rues et les plages
de Goa étaient pleines de clubbers en puissance se livrant à
un jeu de pistes grandeur nature! Une fois commencée, la rave peut
durer toute la nuit et se déplacer. Boostés par le pote et carburant
à l’alcool (très bon marché et sans glaçons),
les ravers entrent dans un état de transe... Aujourd’hui, la fête
est finie, plus de raves, du moins officiellement. Il paraît que certaines
sont organisées de manière sporadique. Ceci dit, les bars
de la plage d’Anjuna, comme le désormais légendaire Guru
Bar, sont toujours là. L’ambiance est toujours sympa, et les
rencontres faciles... |
| > ACHETER |
| Le grand marché techno, tous les mercredi à Anjuna.
On y trouve des tissus, des vêtements bariolés, des statuettes,
etc. Il y a plein d'autres marchés plus ou moins permanents un peu
partout, notamment à Calangute (articles tietains). |
| > LIRE |
GUIDES
Lonely Planet et Rough Guide ont un guide consagré
à Goa. Dossier voyage dans Max, avril 1997. |
| Let's
go à Goa, Claudio Tombari, Routard Mag, 10 juin 2003 |
HISTOIRE
Goa 1510 - 1685: l'Inde portugaise, apostolique et commerciale,
Michel Chandeigne, Autrement Mémoires n41, dec 1996, une fascinante
masse de documents et Lisbonne hors les murs. 1415-1580. l'invention
du monde par les navigateurs portugais, Autrement-Mémoires
n1, collectif. |
ART & ARCHITECTURE
Site internet du Goa
State Museum. Collections de sculptures, d'art religieux (chrétien,
hindou, bouddhiste) et contemporain et d'anthropologie.
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qui a vue Goa n'a plus besoin de voir Lisbonne
(proverbe
portugais)
Cette
bande de terre paradisiaque, plages de sable blanc et cocotiers à
perte de vue, lagunes aux eaux émeraude, a connu une destinée
hors du commun.
|
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Qu'est ce que
Goa? Depuis 1956, le plus petit état de la fédération
indienne. Au XVIe siècle. Goa est, avec Malacca et Macao, un des maillons
essentiels de l'empire portugais en Orient. Une étape incontournable
sur la route des épices. Une métropole cosmopolite aussi peuplée
que Londres, la plus grande ville chrétienne d'Asie. L'inquisition
y fait régner la terreur, et les cendres de Saint François
Xavier y sont inhumées.
Il est
difficile aujourd'hui d'imaginer la grandeur de ce qui fut la capitale de
l'Empire des Indes Portugaises. Celle qui fut chantée par Luis de Camoes
dans les Lusiades et les Sottises de l'Inde (Disparates
de India) a littéralement disparu! Certes, il y reste de beaux vestiges:
le Palais Royal, encadré par l'Arc de Triomphe des vice-rois
qui ouvre le fleuve Mandovi et par la Basilique San Cojetan qui arbore
fièrement sa façade classique à colonnes. Un peu plus
haut, le Bom Jesus abrite toujours, dans un décorum baroque
des plus spectaculaires, les reliques de l'évangélisateur de
la Chine, et les portraits des gouverneurs et des vice-rois sont toujours
exposés dans la galerie adjacente. Mais ces monuments somptueux ont
l'air d'avoir été plantés en pleine brousse en dehors
de tout tissu urbain! Ce sont des conditions sanitaires, climatiques, mais
aussi la concurrence des hollandais qui ont pris Malacca, qui ont provoqué,
à la fin du XVIIe siècle, la disparition de la capitale. Insalubre,
la ville de Goa a du être abandonnée, le pouvoir fut transféré
à Panaji, en bord de mer. |
|
| A la fin du XXe
siècle, Goa a retrouvé une célébrité planétaire,
mais de nature tout à fait autre. A la fin des années 60, la
beat génération est sur les routes, de Kaboul à Katmandou,
à la recherche d'un paradis perdu. C’est la découverte des
plages vierges de Goa et de Bali ou seuls quelques cabannas offrent le gîte
pour une poignée de roupies. Des années 70 à 90, Goa
devient, grâce à ses paysages idylliques, sa culture métissée
et sa législation tolérante (on ne pourrait pas dire de même
de l’état voisin de l’Andhra Pradesh ou l’alcool est strictement banni),
le lieu de ralliement d'une faune hétéroclite qui ne cesse
de proliférer. Le développement d’une contre-culture post-moderne
donne naissance à un nouveau genre musical, la techno, qui fait rage
sur les plages de Goa (mais aussi d’Ibiza). C’est le temps des rave parties
(ou free parties), soirées organisées dans des lieux tenus
secrets jusqu'en dernière minute et communiqués par un jeu
de pistes! Une rave party pouvait durer plus de douze heures et se déplace
d'un endroit à l'autre. Inutile de décrire l'ambiance et de
préciser que les pratiques des clubbers n’étaient pas tout
à fait conformes aux principes de la très sainte inquisition! |
|
| On rencontre
cette image fantasque tous les mercredis au marché d'Anjuna, le plus
hype de la planète, mais aussi sur les panneaux d’affichage publicitaires
couverts de campagnes civiques au slogans évocateurs:
get
laid, get laid, get laid, get laid, get laid, get laid (...) get aids¹
Goa
police wishes you a happy new year: don’t take drugs!²
Ce qui
a été perçu par certains comme un étalage de
débauche, à cause notamment de la quantité monstrueuse
de drogues qui étaient consommées partout, y compris sur les
plages en plein jour, n’a pas passé le cap de l’an 2000. Evidement,
il y a les phénomènes de mode, la popularisation d’une destination,
au départ réservée, au départ, à des initiés.
Mais il y a aussi les autorités de Goa qui ont voulu donner une image
plus politiquement correcte de leur état. Les raves ont donc pris
fin, du moins en principe, et Goa s’est calmée. Elle s’est orientée
vers un tourisme plus bourgeois, et sans doute plus rentable. Mais Goa reste
Goa, c’est à dire d’abord une des régions les plus agréables
et les moins stressantes de l’Inde. C’est toujours un mélange étonnant
de civilisations aux antipodes que l'on découvre dans les rituels
religieux des habitants et dans des spécialités culinaires
hors pair qui en font une étape gastronomique de choix.
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| Goa reste aussi
un des plus beaux endroits de la terre pour se baigner. Les plages de sables
couvertes de palmiers sont interminables et n’ont pas été massacrées
par une urbanisation sauvage ou par des monstres hôteliers. Les constructions
ne dépassent pas trois étages et doivent respecter l’environnement.
Les plages se suivent et ne se ressemblent pas. La cote Nord, peu fréquentée,
est assez sauvage. De magnifiques lagons, souvent d’eau douce, peuvent s’y
cacher. Les plages de Vagator et Little Vagator sont dominées
par la falaise du fort de Chapora. Un des endroits préférés
de français et des motards. Sur Little Vagator, un rocher a été
sculpté en forme de tête au visage souriant. |
| Anjuna
et Baga sont fréquentées par une faune très
branchée. Beaucoup de femmes en monokini côtoyant les Indiennes
en sari et... les vaches. Une curiosité, la police effectue des rondes
jusqu’au coucher du soleil, heure à laquelle les freaks commencent
à rouler leurs joints voire à se piquer! Ceux qui se feront
attraper sont logés à la prison de Aguada, dans un fort
portugais, à coté du quartier des villas des hôtels et
des boutiques de luxe! |
| Au sud de Old
Goa et de Panaji, s’étalent d’autres plages non moins belles, fréquentées
par une clientèle plus familiale. C’est dans cette région qu’ont
été construits les grands resorts de luxe comme le Leela Palace. |
| ¹ couchez
(...) attrapez le sida |
| ² La police
de Goa vous souhaite une bonne année: Ne consommez pas de drogues! |
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