| > ALLER / VENIR |
| Fatehpur Sikri est à 37 km de
Agra, sur la route qui mène à Jaipur. Il est donc
habituel de combiner la visite du site avec le trajet séparant
les deux villes. Il est donc impératif de prendre une Ambassador
avec chauffeur sur toute la ligne. Route monotone et fatigante. |
| > DORMIR |
| À Agra ou à Jaipur. |
| > MANGER |
| Des fruits que l’on aura
achetés chez les marchands à l’entrée de la
mosquée. Ne prendre que ceux qui n’ont pas besoin d’être
lavés (bananes, mangues...) |
| > LIRE |
| Mughal Architecture, Ebba Koch,
ed. Prestel. |
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| En
1570, Akbar est le plus grand empereur moghol. Un conquérant
dont le
pouvoir s’étend sur une grande portion de l’Asie du Sud. Il a un
seul problème: Pas d’héritier male. C’est ce qui le
mène
chez le Cheikh Salim Chisti, un saint homme musulman alors
célèbre
pour ses dons visionnaires. Ce pèlerinage sera suivi de
plusieurs
naissances viriles dans le harem d’Akbar. Ce dernier décide
alors
de construire une capitale impériale à proximité
de
la grotte de l’ermite, non loin de la ville d’Agra. |
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| C'est
ainsi que nait, d'une volonté politique, Fatehpur Sikri, la
ville de la victoire. Comme Brasilia ou Chandigarh, Fatehpur Sikri est
un peu
la transposition grandeur nature d'une cité idéale, du
moins
pour sa partie haute. Car cette cité idéale est aussi un
ensemble urbain fortement hiérarchisé. Les palais
impériaux
et la grande mosquée se trouvent au sommet d'une colline, tandis
que le reste de la ville s'étale sur les
dénivélations.
Ce gout des sultans moghols pour les hauteurs ne se dementira pas
puisque
dans les autres capitales, Agra et Delhi, ils feront également
construire leurs apartements dans des ensembles fortifiés qui
dominent largerment la ville. |
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-
la grande mosquée -
Le saint homme dont les prodiges - cités plus haut - sont
à l'origine de la création de la cité est
aujourd’hui enterré dans un curieux pavillon (remarquer les
colonnes en formes d'arbres) en
marbre blanc dans la cour de la grande mosquée de Fatehpur
Sikri.
Sa tombe est un lieu de pèlerinage toujours
fréquenté.
Selon un rituel d’inspirations musulmane soufie, les fidèles
déambulent autour de la sépulture sur laquelle
s’entassent, au son d’une musique mystique, des billets de banque que
déposent ceux qui viennent
faire le vœu d’avoir un garçon. La grande mosquée (masjid
jami) rappelle l’architecture islamique d’Asie centrale. Une vaste cour
à iwan, elle se distingue toutefois par l’emploi de grès
rouge propre à la région. La grande mosquée se
trouve, tout comme le complexe impérial d'Akbar, dans la ville
haute. Elle n’est donc pas intégrée au tissu urbain comme
c'est l'habitude pour les grandes mosquées du vendredi comme
celles d'Isphahan ou de Delhi mais en est reliée par un grand
escalier monumental. |
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-
le complexe impérial -
On y accède à travers une succession de portes, de
bazars, d’écuries et de cours qui aboutit au Diwan’i am, grande
salle d’audiences et membrane séparant l’espace public de celui
qui est réservé à la cour. Derrière ce
dernier s’ouvrent les vastes terrasses du Madarna. En son centre, l’Anup
Talao, bassin carré doté d’une plate forme centrale
desservie par quatre passerelles. Le madarna est encadré par des
pavillons en grès rouge. Cette esplanade est un des plus grands
chefs d'oeuvres de l'architecture moghole en matière
d'aménagement public. L'articulation des plans d'eau, avec des
rampes permettant d'accèder à des terrasses d'observation
révèlent l'importance accordée à l'eau
comme élément
visuel et comme concept. L'eau est source de vie, les sultans moghols
ne
l'oublieront pas. Leurs palais et leurs tombes seront toujours
traverés
pars des canaux aux parcours linéaires définissant des
axes
de symétrie, comme au Taj Mahal. Fatehpur Sikri aura
été
leur champ d'expérimentation, tant en matière
d'urbanisme,
que d'ornementation. Partout, les murs sont finement sculptés de
motifs floraux, géométriques, ou calligraphiques. De la
vraie
dentelle en pierre rouge. |
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De
cette place on aperçoit un étonnante pyramide
ajourée
de cinq étages: C'est le Panch Mahal, qui abritait les services
administratifs du sultan. Ce dernier siégeait dans le Diwan’i
Khass, un édifice carré de deux étages. Au centre
de l’espace intérieur, un gros pilier dont le gigantesque
chapiteau servait de piédestal au souverain. Sans doute la plus
surprenante salle du trône qui soit: Malgré ses dimensions
réduites, elle dégage un incroyable sentiment de
puissance
et de grandeur. A coté du Diwan’i Khass, l’empereur jouait au
pachisi
(jeu se rapprochant des dames et des echecs) avec des pions humains. On
peut encore apercevoir le damier dallé.
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De
l’autre coté du complexe se succèdent des structures
privées. Le Khwabgah, vaste édifice à
colonnes, avec la chambre à coucher d’Akbar, la Maison de la
Sultane Turque aux murs ciselés de dessins
géométriques, puis vers l’ouest, le harem, avec le Hawa
Mahal (Pavillon des Vents) et ses moucharabiehs finement
taillés dans la pierre.
A
l’extrémité occidentale, des terrasses surplombent des
édifices ruinés hors de l’enceinte. De là, on peut
atteindre, au sud, les très grandes écuries royales.
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En
1585, Fatehpur Sikri devient capitale impériale. En 1600, elle
est déjà abandonnée. Les raisons de cette
carrière si éphémère demeurent
mystérieuses. On a longtemps évoqué une rupture
dans l’alimentation en eau, ce qui n’a jamais pu être
prouvé. Quoi qu’il en soit, Fatehpur Sikri, «la ville de
la victoire», devient une ville morte. Pas si morte que
ça. La ville basse est une petite bourgade toujours
habitée et les touristes se chargent de réveiller les
fantômes de l’enceinte royale. Quant à la grande
mosquée, envahie par d’innombrables marchands du temple, il y
règne plus d’animation que dans celles de Damas et du Caire
réunies!
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| 1997-2004, Baron & Baron (texte),
Rana Haddad, Baron & Baron (photos), tous droits
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