| > ALLER / VENIR |
| Deux aéroports pour
Bombay. Sahar
International Airport, qui vient de changer de nom pour
s’appeler Chhatrapati Shivaji Int'l Airport, ce qui ne
simplifie pas les choses. Gageons que ce nom ne
risque pas d’être très utilisé (on a vu combien de
gens disent Mumbai au lieu de Bombay). Bref. Terminal immense et
terrible
(surtout aux heures de pointe), un des plus stressants qui soient, mais
plaque tournante importante quotidiennement desservie par les
principales
compagnies européennes (Air France, British Airways, KLM,
Lufthansa...),
arabes (Emirates, Gulf Air, Kuwait Airways) et asiatiques (Cathay
Pacific,
JAL....). C’est, avec Delhi, le hub de Air India qui
assure
une grande partie de ses vols internationaux vers l’Europe et
l’Amérique. |
| Pour les vols intérieurs, c’est
le Santa Cruz Airport, lui-même composé de deux
aérogares (vous suivez?)
le Indian
Airlines Terminal (pour les vols de cette compagnie) et le Domestic
Terminal (pour les vols des autres compagnies privées dont Jet
Airways et la plus recommandable). Nombreux vols pour partout dans
le pays. A savoir enfin pour faire compliqué (si vous avez
trouvé simple jusque la) que Air India assure certains vols
intérieurs à partir de l’aéroport international. |
| Les deux aéroports sont
reliés entre eux par des navettes et avec la ville par un bus
(toutes les heures, 1h30 de trajet) dont le terminus est la tour d’Air
India à Nariman Point. Pour les vols de nuit ou tôt le
matin, préférer le taxi. |
| Pour les amateurs de chemins de fer,
Bombay est un centre important, mais attention, loin des autres grandes
villes du pays. Le nord est desservi depuis Central Station et
le sud depuis Victoria Terminal. C’est donc long et
galère, et, si on ne parle pas de la banlieue
(départs à Churchgate Station), c’est des trajets
qui se calculent en dizaines d’heures. |
| Ceux qui veulent aller à Goa et
qui n’ont pas de places (ou les moyens) pour prendre l’avion, restent
la voiture ou le bus (routes escarpées et dangereuses), ou, plus
original, le catamaran. Horaires à vérifier au
préalable. |
| A Bombay, pas de rickshaws. On circule
en taxi (plus vétustes que dans les autres villes) ou en bus,
réseau dense, population
encore plus dense! |
| Pour se rendre à l'île
d'Elephanta, les bateaux partent à longueur de
journée depuis le Gateway of India. |
| > DORMIR |
| Difficile de se loger à moindre
frais. Les guesthouses
sont pratiquement inexistants et il faudra payer plus qu’à Delhi
pour
se trouver un logement décent. Dans le quartier de Colaba, le
plus
agréable, sont regroupés des hôtels 2 et 3
étoiles
qui offrent un confort tout à fait acceptable. Le Regent
(à
ne pas confondre avec la chaîne du même nom) est un
établissement fréquenté par les Arabes du golfe
les moins argentés. Il a l’avantage de proposer de grandes
chambres à quatre lits qui sont une très bonne affaire.
Confort moderne et déco un peu clinquante. Le Diplomat
est très apprécié des hommes d’affaires mais il
faudra payer plus sans avoir forcément
mieux. La meilleure adressse de la catégorie est dans doute le Shelleys, une
belle maison coloniale aux chambres simples mais agréables et
aux prix raisonnables. |
| Ceux qui recherchent une adresse plus
agréable pourront, en augmentant leur budget, loger au Grand Hotel,
près de Victoria Terminal. Très belle façade
victorienne,
intérieur entièrement rénové. |
| Pour loger dans un lieu d’exception,
le Taj est un des grands hôtels
légendaires de l’orient. Dessiné au début du XXe
siècle par un architecte italien (ou français? ou
anglais?), ce dernier se suicida en découvrant que, dans la
construction, les façades avaient été
inversées entre coté mer et coté
jardin. Malgré cette erreur, l’inoubliable silhouette du Taj
domine
fièrement la Mer d’Oman et le Gateway of India avec son immense
coupole
sous laquelle le Mahrajah d'Alwar organisait de fastueuses
réceptions.
Les chambres donnent, avec des bow windows, sur coté mer
ou
coté jardin. Elles sont décrites - avec un peu
d'exagération
- par Pascal Bruckner: "Aussitôt un portier nous conduisit
avec
force de salamalecs jusqu’à un appartement immense situé
dans
l’ancien bâtiment, avec terrasse sur le jardin intérieur
et
balcon sur la mer. On s’enfonçait d’au moins quinze
centimètres
dans une moquette épaisse et blanche et comme un tapis de neige.
La
salle de bains avait la hauteur de la nef d’une cathédrale, dans
la
baignoire un couple d’hippopotames aurait pu s’ébattre. Les
placards
avaient été conçus pour la garde-robe d’un
théâtre,
les lits fabriqués pour des surhommes et nous occupions à
trois
l’espace d’un village entier." in. Voyages autour du monde,
Marc
Walter, Alain Rustenholz, Sabine Arqué, ed. Chêne, 2001,
p.
186. Une aile moderne a été adjointe à l’ancien
bâtiment.
Prestations et service d’exception, emplacement idéal au cœur de
Colaba. |
| Moins attrayant de l’extérieur,
le Oberoi
est l'autre adresse de grand prestige. Egalement en bord de mer, parmi
les gratte-ciels. La façade ne paie pas de mine mais les salons
sont somptueux. Atrium gigantesque d’un luxe à couper le
souffle. Ces deux Leading Hotels of the World sont à
visiter impérativement même si on n’y séjourne pas.
Nous ne parlerons pas du prix des nuitées. |
| L’Intercontinental
Marine Drive est une nouvelle adresse en vogue sur le boulevard
de bord de mer. Ce boutique hotel de taille modeste offre une
ambiance exclusive avec des chambres au design contemporain et une
belle piscine suspendue sur la terrasse avec vue sur mer. Cet
hôtel, que nous recommandons, est à ne pas confondre avec
l’Intercontinental Grand, qui se trouve à l’aéroport et
qui est une immense chose affreuse et sans âme. |
| On ne peut s’empêcher de
signaler l’ouverture, près de l’aéroport, de l’Orchid, le
premier hôtel du continent asiatique homologué selon les
normes écologiques. |
| > MANGER |
| L’embarras du choix. Commençons
par notre adresse préférée, le Tanjore, au
Taj Mahal, n'existe plus! il est remplacé par le Massala
Kraft. Si la carte est sympathique et variée, le rapport
qualité prix est décevant, très cher pour ce que
que l'on a. Le décor est désign, joli mais froid (1).
Dans le même hôtel, le Shamania, est un coffe shop
qui permet de se restaurer à toute heure. Au matin, on y sert le
plus grand petit déjeuner de la ville. |
| La chaîne Taj gère
également le Rangoli, dans le National Center for
Performing Arts. Excellent buffet le midi,
moins cher que dans l’hôtel. |
Le
Leopold Café
(Colaba
Causeway) est l'adresse favorite de l'écrivain Gregory David
Roberts.
|
| Pour manger les excellents produits de
la Mer d’Oman, Only
Fish (Tulsiwadi Lane), sert du crabe au curry et de la langouste
masala!
Dans un décor plus élégant, Khyber (145,
Mahatma
Gandhi) est réputé (malgré son nom) pour ses
spécialités de poissons. |
| > BOIRE / DANSER |
| En cours de journée, dans un
des cafés de colaba ou au Samovar, dans la Jehangir Art
Gallery. Ambiance jeune et
sympa, aux heures d'ouverture du musée. |
| En fin d’après midi, se vautrer
dans les fauteuils de l’Oberoi. Vue superbe sur la mer et la
ville avec le coucher du soleil, orchestre de chambre, le pied! Autre
vue splendide et cadre chic, l'Appolo Bar, au 20e étage
du Taj Mahal. Ne pas manquer, aussi, dans l'ancienne aile de
l'établissement, le superbe jardin avec ses fauteuils en rotin
et son ambiance club. |
| Plus tard en soirée, faire son
choix dans les nombreux
pubs et clubs de nuit de la ville. Le Insomnia
au Taj ferme ses portes à 3h00 du matin... |
| > ECOUTER / VOIR |
| Pas mal de choses se passent dans
cette ville. De nombreux théâtres et salles de spectacles,
dont le National
Center for Performing Arts, financé par le richissime
Sir Rathan Tata. Programmation assez riche et éclectique
(indienne et occidentale). |
| Pourquoi ne pas aller au
cinéma? Nombreuses salles dont certaines architectures art
déco. Ne pas rater le fameux Eros, à Churchgate.
Productions de Hollywood et de Bollywood, les studios indiens! |
| Parmi les nombreuses
festivités, les Ganesh Chaturti. Durant les 7 premiers
jours de septembre, des processions convergent vers la mer ou sont
immergées les idoles du dieu à tête
d’éléphant. Outre la ferveur des masses qu’il provoque,
Ganesha
est devenu une icône gay, et ses festivités, qui ont
toujours
été empreintes d’un message de liberté, sont
l’occasion
pour la communauté homosexuelle de se manifester sur la place
publique! |
| Depuis 1995, Bombay est la capitale
mondiale du rire. Le Dr Madan Kataria y a fondé des clubs de rire,
considérant cette activité comme thérapie physique
et mentale. Les clubs se réunissent dans des lieux publics de la
ville, le plus célèbre est le Juhu Beach Laughter Club,
sur le bord de mer! |
| > LIRE |
GUIDES
Lonely Planet, Mumbai Guide, avec un
article sur Chowpatty Beach. Mumbai Masala, Alice
Rawsthorn, Wallpaper jul-aug 1998. Here is Mumbai,
portail internet de la ville, pour les programmes de spectacles,
cinemas, expos, etc. |
| Le
magazine Time Out
Mumbai et sa version électronique www.timeout.com/travel/mumbai
pour les bonnes
adresses et les évènements en cours. |
REPORTAGES & RECITS
Maximum Bombay, Danielle Tramard (texte) et
Frédéric Reglain (photos), Grands Reportages, 298, novembre
2006. Un parcours avec des rencontres, des adresses branchées et
des références litteraires.
|
| Bombay
la démesure, Pierre Prakash (texte), Raghu Rai (photos), Geo,
n.304, juin 2004. 25 ans après un article intitulé
"Bombay no good Sahib!", le magazine revient sur la cité et ses
extrêmes, ses communautés, son business
et son cinéma. |
| Bombay Mumbai de fureur et de
tendresse, Autrement, HS 119, 2000. Un excellent portrait de la vie
dans cette bombe urbaine. |
ART & ARCHITECTURE
Century City: Art and Culture in the Modern Metropolis:
Bombay/Mumbai, 1992-2001, Transforming the City, Tate Modern,
Londres, 2001.
Remet la création artistique dans le contexte de l'histoire
perturbée de la métropole. |
PHOTO
Bombay: Gateway of India,
Raghubir Singh , ed. Aperture, 1994 |
URBANISME
Inde Navi Mumbai en rade?, Thierry Paquot, Urbanisme
Magazine, 318, mai-juin 2001.
|
| > ACHETER |
| Les amateurs de bains de foule
ethniques se jetteront corps et biens dans les dédales de Crawford
Market, les halles de
Bombay, on y trouve toutes sortes de produits animaux et
végétaux. Plus chic, le Bombay des créateurs de
mode indiens. Très
tendance, les nouvelles boutiques ouvrent dans les quartiers sud. Pour
les dernières adresses, les fashion victims consulteront le Elle indien,
très hype. |
|
|
|
| "le luxe suprême a
pour nom solitude. Aucune intimité n'est possible dans une ville
qui
connait une telle densité de population. Faute d'avoir une
chambre à
soi , on ne dispose pas non plus d'un espace isolé pour
déféquer,
écrire un poème ou aimer à loisir. Une ville ou il
fait bon vivre
devrait au moins offrir ce minimum." Suketu Mehta |
| La droite indienne qui
gouverne
l’état du Maharastra décida de changer le nom de
Bombay. Son étymologie portugaise (Bom Bain=Bonne Baie)
était
empreinte d’un parfum de colonialisme politiquement incorrect. Va donc
pour Mumbai appellation bien indienne et hindoue. Dommage, parce que
Bombay
colle bien à cette ville. En plus, ça fait bomba, bombe. |
|
| Bombe
démographique, avec plus de 15 millions d’habitants sur cette
île qui ne sait plus ou s’étendre. Si. Sur le continent,
avec le projet de New Bombay, lancé dans les
années 1980. Architectes et urbanistes, Charles Correa
entre autres, s’attellent à créer un prolongement urbain
viable et fonctionnel.
Bombe
ethnique et confessionnelle, avec les fréquents affrontements
entre activistes hindous et musulmans.
Bombe
culturelle avec Bollywood, les studios
cinématographiques situés dans le nord de la ville.
Bollywood est le premier producteur mondial de films (en nombre), des
comédies musicales à l’eau de rose dont les succès
dans l’Asie du Sud (plus d’un milliard de
spectateurs potentiels) font les fortunes des movie-moghuls.
Une
bombe qui fait des éclats dans la littérature
contemporaine. Bombay et ses excès sont le théâtre
d'innombrables romans dont le Bombay
Maximum City de Suketu Mehta, le Shantaram de Gregory David Roberts
et des polars comme La morte du
Bombay Express de Sarah Dars.
|

|
| Bombe
financière dans un des pays les plus complexes de la
planète. Bombay est le premier centre de taille de diamants au
monde. Certes des diamants de qualité commerciale, le haut de
gamme étant réservé à Anvers. C’est aussi
le premier port et principal centre financier du pays.
Bombay
est le New York de l’Inde. Une mégapole sur une île dont
la pointe sud, Nariman Point, est occupée par le
Business
District. Les sociétés financières, assurances,
multinationales et autres conglomérats siègent dans des
gratte-ciel surplombant la Mer d’Oman. Le prix mètre
carré y est un des plus élevés au monde. Les
affaires mirobolantes se négocient dans les suites
feutrées et les salons somptueux de l’Oberoi, autour d’une
bouteille de Dom Pérignon dont la note sera plus
élevée que
le revenu annuel moyen du pays. Bombay est ainsi. Une ville
d’excès. C’est ici que l’Inde exhibe sa puissance. Economique
mais aussi militaire. Les touristes qui prennent le bateau pour visiter
les grottes d’Elephanta ne manqueront pas de remarquer, dans la
base navale, les porte-avions de la marine indienne. On leur demandera
de ne pas les photographier, ordre qu’ils s’empresseront de bafouer. Et
puis tant pis. L’Inde ne cache pas
ses ambitions de superpuissance nucléaire.
Falkland
Road, l’arrière du décor. Aller dans le quartier
chaud de Bombay permet de comprendre les termes
déchéance, misère humaine. La prostitution se
présente dans ses aspects les plus violents, les plus crus. Les
taxis attendent des clients qui n’osent pas s’aventurer dans ces rues
glauques et mal famées. L’ombre des trafics les plus
infâmes plane sur la ville qui attire les convoitises des plus
véreux mais aussi les illusions des plus démunis. Ils
sont tous les jours de plus en plus nombreux à descendre sur cet
eldorado en quête de fortune. L’image de Sebastiao Salgado est
dans les mémoires.
Les trains de banlieue déversant leurs foules quotidiennes dans
Chruchgate
station.
|
|
| Difficile
d’ignorer cette misère aussi présente à Bombay que
dans tout le reste du pays. Elle peut parfois revêtir un aspect
plus pittoresque, comme dans le quartier des blanchisseurs, les Dhobi
Ghâts. Prendre Mahalakshmi Road, déboucher sur Banganga
Tank (photo ci-dessus). Dans un quartier assez pourri, une piscine
rituelle entourée de temples et un centre de distribution d’eau.
S’enfoncer, sur la droite, dans de minuscules ruelles pour se retrouver
entres les bassines des blanchisseurs. Les montagnes de linge y sont
lavées avant d’être étendues à même le
bord de mer, entre oiseaux, cerfs-volants et excréments humains!
(photo ci-dessous) |
|
| Un
voyage dans le temps. Des habitudes médiévales qui se
perpétuent. Les rituels. Les temples de Bombay n’en manquent
pas. On ne les visite d’ailleurs pas pour leur intérêt
architectural (Bombay n’est pas Khajurâho) mais pour voir ce qui
s’y passe. Dans le temple Jaïn,
les fidèles font de dessins avec des grains de riz. Ils
obtiennent
ainsi des figures géométriques sacrées. On aura
préalablement
fait un tour au Balbunath Temple, avec sa décoration
kitschissime
(photo ci-dessous). De petites figures de musiciens sortant directement
de
l’univers coloré de Pierre et Gilles! |
|
| La
religion est une affaire importante à Bombay. Outre hindous,
musulmans, chrétiens, bouddhistes et juifs, la ville abrite la
plus grande communauté
de Farsis. Originaires de Perse (farsi=perse), les farsis sont
des adeptes de Zarathoustra. Ils furent nombreux à quitter
leur pays lors de la conquête musulmane, en direction de l’Inde
qui,
au VIIIe siècle, était déjà un creuset
d’ethnies et de religions. Les farsis ont des rituels funéraires
pour le moins étranges. Ils estiment que le corps d'un
défunt est une souillure dont il faut se débarrasser au
plus tôt. Ils le déposent alors dans une tour du silence
afin qu’il soit dévoré par
des vautours. Depuis plus de trois siècles, les tours du
silence se trouvent dans ce quartier (qui alors n’en était
pas un) de Malabar Hills. Leur accès est impossible, à
moins d’être porteur de cadavres. Disposées dans un vaste
enclos boisé cerné de murs d’enceinte, ce sont des
structures cylindriques évidées en leur centre. Au
sommet, une plate forme circulaire légèrement
inclinée vers le vide central accueille les cadavres qui
s’offrent ainsi aux vautours et autres charognards. Les restes qui
n’ont pas été dévorés finiront par tomber,
à travers le vide central, au sol, dans des bassins de produits
chimiques qui assurent la dissolution de la chair humaine. Le
système fonctionnait très bien jusqu’à la fin du
XXe siècle, et la mystérieuse épidémie qui
décime les vautours indiens! Résultat, les cadavres
s’entassent, les odeurs augmentent et commencent sérieusement
à déranger les membres les plus aisés de la
communauté farsi qui habitent les luxueux immeubles des
alentours. Le débat est ouvert entre
ceux qui n’ayant pas envie de se voir traîner en état de
décomposition à ciel ouvert, veulent changer le
système,
et les autorités religieuses, qui ne veulent pas entendre parler
de changement.
Les
tours du silence ne sont pas loin des réservoirs d’eau de
Malabar Hills qui alimentent cette partie de la ville. Les vautours
ayant la sale habitude de laisser tomber partie de leur casse
croûte, les autorités firent couvrir les citernes par des
jardins afin que les usagers n’aient pas des morceaux de
macchabées dans leurs robinets. Ces circonstances font la
célébrité des Hanging Gardens – Jardins
Suspendus. Le terme est quelque peu grandiloquent pour ce jardin public
sympathique, mais loin de prétendre remplacer les Jardins
de Sémiramis de Babylone parmi les Sept Merveilles du Monde.
Dans
le quartier, assez chic de Malabar Hills habitent nombre de farsis.
Minorité
peu nombreuse (à peine 100000 dans tout le pays) mais importante
par la fortune colossale de certains de ses membres. Le plus
éminent,
car le plus riche, est sans doute Sir Rathan Tata, magnat de la
finance et de l’industrie. Certaines des plus grandes entreprises du
pays
portent son nom.
Sir
Tata est très actif dans le monde des arts. Il finance le
National Centre for Performing Arts, surnommé Tata Theatre, et
assure l’essentiel du budget d’acquisitions du Prince of Wales Museum.
|

|
| Quartier
de Colaba, Wellington Circle. Le Prince of Wales Museum se
reconnaît facilement par sa coupole d’influence moghole dans un
jardin exotique. A l’intérieur, la coupole coiffe une rotonde
précédée d’un vestibule d’entrée. Bel
espace intérieur avec des revêtements de bois et marbre.
Au rez-de-chaussée, collection de sculpture ancienne.
Principalement indienne, plus de très beaux spécimens de
l’Asie Centrale et de Perse. Au 1er étage, arts
décoratifs et miniatures, au 2nd, importante collection d’art
bouddhique du Népal et du Tibet.
De
l’autre coté de la rue, les plus curieux auront la bonne
idée de
faire un tour à la Jehangir Art Gallery. Ce musée
d’art moderne n’est pas d’une importance capitale, mais son Café
Samovar permettra de consoler ceux qui ont été
déçus de la minable buvette du Prince of Wales.
Quartier
de Colaba, encore. Des immeubles coloniaux, des magasins
d’antiquités anglais, des galeries d’art contemporain, des
boutiques de jeunes designers, des cafés. Un arc de triomphe
face à la mer, le Gateway of India. Vestige de l'Empire,
comme le rappellent les inscriptions
commémoratives. En face, le Taj Mahal (photo ci dessus) presque
aussi
légendaire
que son homonyme d’Agra. Cet hôtel est le monument le plus
incontournable
de la ville.
|
|
| Bombay
possède un patrimoine assez singulier. Il suffit de remonter
dans le quartier du fort pour déambuler entre les architectures
néo-gothiques de l’Université, avec sa tour, du
palais de justice, et les gares. Churchgate, mais surtout Victoria
Terminal (devenue Chhatrapati Shivaji Terminal, photo ci-dessus),
couverte de statues. Moins baroque, Horniman Circle,
avec ses immeubles victoriens alignés en cercle parafait. Les
autobus à impériales rouges donneront à plus d’un
l’impression de se retrouver dans une Londres tropicale. Ils iront
alors sur les traces de l’écrivain le plus célèbre
de la ville, Rudyard Kipling, dont la maison natale est
située dans le campus de la JJ School of Art.
Architecturales ou (et) littéraire, Bombay est une ville de
promenades.
Marine
Drive: La Promenade de front de mer, en arc de cercle. Ce n’est
plus Londres, mais Rio, Nice ou Beyrouth. Au choix, selon les
tronçons. Passés le gratte-ciel de Nariman Point,
s’alignent les façades art déco et de nouveaux immeubles
résidentiels un peu clinquants. Un peu plus loin, des
façades victoriennes décrépies. La plage n’est pas
la plus belle du monde. On en a vu de plus paradisiaques, mais, avec un
peu de chance, on pourra tomber sur une séance de
thérapie d’un club de rire.
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