| > ALLER / VENIR |
| Agra est très facilement
accessible depuis New Delhi. De nombreux trains relient les deux villes
dans des conditions confortables permettant aux voyageurs de choisir
leurs horaires selon leur parcours (durée du trajet 2h30 env.).
Ceux qui font l'aller-retour en une journée prendront ainsi le
Taj Express, départ de Delhi-Nizam ud Din tôt le matin,
retour en soirée. Agra est également reliée aux
autres grandes villes de l'Inde du
Nord comme Jaipur, Lucknow et Varanasi, mais il faut penser
réserver ses places longtemps à l'avance. |
Le petit
aéroport d'Agra est desservi par une ligne omnibus d'Alliance
Air
pour Indian Airlines Delhi-Agra-Khajuraho-Varanasi trois fois par
semaine.
Très pratique pour les touristes, cette ligne n'est pas du tout
fiable et les vols sont annulés à la moindre
intempérie. Il vaut mieux ne pas compter là dessus et se
fier d'avantage au train.
|
| Grand nombre de voyageurs font le
parcours Agra-Fatehpur Sikri-Jaipur. Pour cela, le plus simple est de
louer est voiture (Ambassador blanche) avec chauffeur pour tout le
parcours. Par ailleurs, il est possible de rallier Agra à Delhi
par voie routière en 4h. La route entre ces deux villes a
été élargie et se nomme à présent
"autoroute". Ca veut dire qu'elle est en meilleur état que la
moyenne des routes indiennes mais elle n'a pas grand chose d'une vraie
autoroute. Ceux qui sont embarqués par des agences sur des "bus
super deluxe" devraient se méfier des arnaques avant d'acheter
leur billet. Ils risquent de payer 6 fois la
mise, sachant que la notion de "super deluxe" est aussi
très relative. |
| Comme partout en Inde, les rickshaws
sont
toujours là. Les taxis aussi. Il est possible d’en
affréter un à la journée ou sur un parcours
défini pour pouvoir visiter les sites situés dans
différentes parties de la ville. |
| Tours organisés pour Fatehpur
Sikri. Départ à 9h00 à l'office du tourisme,
retour en début d'après midi. |
Prévoir un budget important
pour la visite des monuments d'Agra. Le Fort Rouge facture
l'entrée 500R, Ittimad ad' Daulah et Sikandra 250R chacun, et le
Taj Mahal a des tarifs qui fluctuent mais qui sont assez prohibitifs.
Vous en aurez facilement pour 25-40USD la journée, sans compter
une éventuelle excursion à Fatehpur Sikri.
|
| > DORMIR |
| Agra étant une étape
très touristique, nombreuses sont les chaînes
hôtelières présentes. Cette profusion d’offre
permet au voyageur de pouvoir faire jouer la concurrence et de loger
dans un 4 étoiles moderne, impeccablement propre et tout confort
à moindre frais. Ceci dit, la majorité de ces
établissements se
ressemblent et sont tout sauf des adresses de charme. Leurs
infrastructures (tv cablée, piscine, etc.) sera toutefois la
bienvenue entre deux guesthouse défraîchis. Le Holiday Inn est une proposition assez
intéressante, puisqu’il propose des chambres à moins de
30USD, sur son propre site internet, tandis que le Jaypee Palace
affiche des prix bien plus importants mais consent à des
réductions assez substancielles. Le très agréable Trident Hilton possède une architecture
moins
envahissante que ses collègues, un joli jardin et une psicine. Moins
luxueux, le Atithi
Hotel est une des adresses préférées du
Routard. Le Howard Park Plaza semble assez opulent mais on
devrait pouvoir y loger sans dépasser les 45USD la chambre. La
meilleure adresse de cette catégorie est le Clarks
Chiraz, où nous avons logé. Chambres très
spacieuses
et dotées de tout le confort que l'on peut espérer,
accueil
est sympa, nourriture excellente. L'hôtel possède une
petite
piscine et propose un massage ayurvédique (à 4
mains).
Last but not least, l'agence d'Indian Airlines se trouve ici, ce qui
peut
s'avérer fort pratique pour les voyageurs ayant affaire à
la
compagnie (reconfirmations, vols annulés...). |
| Ceux qui cherchent une adresse
d’exception choisiront entre ces deux adresses et devront revoir leur
budget à la hausse: Le Mughal Sheraton,
un magnifique établissement moderne entouré de jardins.
Construit dans l’axe du Taj Mahal par les architectes ARCOP Design
Group (Ramesh Khosla, Ranjit Sabikhi, Ajoy Choudhury & Ray
Affleck), ce bâtiment en pierre rouge fut lauréat de la
première session du prestigieux prix de l’Aga Khan en 1978-80.
Excellents restaurants, piscine et grand confort auquel cette
chaîne nous a habitués sont au rendez-vous. |
Encore mieux, le Amarvilâs - An Oberoi Resort 600 m. du Taj
Mahal, est une des adresses les plus glamour du moment. Les mille et
une nuits, avec une architecture orientalisante, des salons somptueux
et des jardins luxuriants. Un faste inoui. Peut être un peu trop
chargé dans la déco, l'endroit se veut insurpassable.
Chambres avec vue sur
le Taj Mahal. La piscine noyée dans la verdure entre des
pavillons de style moghols et des bassins qui descendent en cascade. Le
personnel y est en grande tenue. Le spa est un oasis de volupté
et de bien être qui fera oublier les fatigues du voyages. Ceux
qui viennent à
Agra en amoureux devront casser leur tirelire (c'est vraiment le cas!)
à cet endroit inoubliable.
|
| > MANGER |
| Zorba the Bouddha (E-19,
Shopping Arcade, Sadar Bazar, tel: 2226091, e-mail:
zorbagreen@yahoo.com) est un restaurant extraordinaire. Petite salle
aux couleurs pastel, l'accueil est chaleureux et l'ambiance sympa.
Zorba the Bouddha est un restaurant à concept, à la
recherche d'un idéal entre Zorba le grec et Bouddha, mais aussi
avec un peu de "Christ et d'Epicure", dans une recherche de
"sensualité, spiritualité". Le propriétaire (qui
est musulman) n'est pas quelqu'un de vraiment commun. Au lieu de lancer
une secte, il a ouvert un restaurant et il a très bien fait.
L'endroit répond à des règles strictes: pas de
tabac, pas d'alcool, cuisine végétarienne et
hygiène rigoureuse. C'est génial. La nourriture est
exquise. C'est un des rares endroits en Inde ou l'on
peut déguster une salade en toute quiétude (et quelle
salade!), avant de savourer des mets raffinés ou se
mélangent les saveurs épicées (mais pas trop) et
les tonalités fruitées, pour finir avec des coupes
glacées somptueuses. Bref, on ne peut
que recommander Zorba the Bouddha pour une des cuisines les plus
propres
mais aussi les plus inventives du sous continent indien. Repas
exceptionnel,
inoubliable et facture vraiment modérée. |
| > BOIRE / DANSER |
| Allez, en fin d'après midi,
prendre le thé à la terrasse de l'Amarvilas Oberoi, d'ou
vous verrez le Taj Mahal emerger, comme dans un rêve, à
travers la végétation luxuriante. |
| > ÉCOUTER / VOIR |
| Le Taj Mahotsav, festival de
musiques et de danses indiennes, se déroule chaque année
en février. |
| > LIRE |
| Les esthètes
apprécieront Taj mahal,
Amina Okada et Jean-Louis Nou,
ed. Imprimerie
Nationale. Les mêmes auteurs ont également signé
Un joyau de l'Inde Moghole: Le Mausolée d'Itimad Ud-Daulah,
ed. Cinq Continents, 2003. Mughal
Architecture, Ebba Koch, ed. Prestel, un bon ouvrage de
référence, Explorer le Taj
Mahal, une visite virtuelle avec fautes d'orthographe... |
| Agra: grand choix d'articles et immense banque
d'images sur Archnet.
Great Buildings.com: Taj Mahal,
éléments d'informations architecturales et enfin Glass Steel and Stone, un sujet sur le Taj Mahal,
of course... |
| > ACHETER |
| Ce n'est pas dans les alentours du Taj
Mahal que vous trouverez des choses très intéressantes.
Les galeries commerciales des grands hôtels (dont le Clarks)
proposent une marchandise de qualité (beaux pashminas) à
des prix un peu élevés (marchander ferme). Celle du
Oberoi est à visiter uniquement, la marchandise et
l'aménagement sont sublimes, mais les prix impossibles. |
|
|
|
| Qui
va en Inde va à Agra. La ville touristique par excellence. Ce ne
sont pas les fumées de ses usines de caoutchouc qui dissuaderont
les visiteurs de se précipiter sur le plus célèbre
des trésors de l’Inde, le Taj Mahal. |
|
| -
le Taj Mahal - |
"Mais il faut voir le Taj Mahal à Agra.
|
A côté, Notre-Dame de Paris est un bloc
en matériaux immondes, bon à être jeté dans
la Seine, ou dans un fond quelconque comme tous les autre monuments
(sauf peut-être le Temple du Ciel et quelques pagodes en bois).
|
Réunissez la matière apparente de la mie de
pain blanc, du lait, de la poudre de talc, et de l'eau, mélangez
et faites de cela un excessif mausolée, faites-y une
béante entrée de porte, comme pour un escadron de
cavalerie, mais où n'entra jamais qu'un cercueil. N'oubliez pas
les inutiles fenêtres de treillis en marbre (car la
matière, dont tout l'édifice est fait, est un
marbre extrêmement délicat, exquis, et comme souffrant,
fait pour la plus prompte dissolution, et qu'une pluie fondra le soir
même, mais qui se tient intact et virginal depuis trois
siècles, avec son agaçante et troublante structure de
bâtiment-jeune fille). N'oubliez pas les
si inutiles fenêtres de marbre où la si intensément
regrettée du Grand Mogol, de Shâh Jehân, pourra venir se
présenter à la fraîcheur du soir.
|
Malgré ses ornements rigoureux, purement
géométriques, le Taj Mahal flotte. Le fond de la
porte est comme une vague. Dans la coupole, l'immense coupole, un rien
de trop, un rien que tout le monde éprouve, quelque chose de
douloureux. Partout une même irréalité. Car ce
blanc n'est pas réel, il ne pèse pas, il n'est pas
solide. Faux sous le soleil. Faux au clair de lune, sorte de poisson
argenté bâti par l'homme, avec un attendrissement nerveux."
|
Henri Michaux, Un Barbare en Asie, ed.
Gallimard, pp. 39-40
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|
la piscine de l'Amarvilas
Oberoi Resort est réservée aux résidents de
l'hôtel!
|
| Il a de quoi fasciner. Ne serait-ce par son histoire
romantique et romanesque. Le Sultan Moghol Shah Jehan voulut
ériger pour sa femme favorite, Mumtaz Mahal, une
sépulture à la mesure de l’amour qu’il lui portait. Il
convoqua un architecte de Perse dont il fit assassiner l’épouse
afin que celui ci put ressentir la douleur de cette perte. Les travaux
pharaoniques s’étalèrent sur 20 ans. On dut faire venir
le marbre blanc de très
loin. Shah Jehan avait l’intention de se faire enterrer dans un
mausolée jumeau au Taj Mahal en granite noir. Mais ses
rêves
de bâtisseur romantique furent coupés courts par son
fils Aurangzeb qui le destitua et l’enferma dans le Fort Rouge
jusqu’à
la fin de ses jours.
Visiter
le Taj Mahal. Encore faut-il choisir son horaire. Tôt le matin
(à partir de 6h) ou en soirée (17h), aux lever et
coucher du soleil, son revêtement de marbre blanc se teint d’une
brillance dorée. Attention aux brumes matinales et au forfait
d’entrée qui est nettement plus cher à ces heures
privilégiées, déjà que le prix de
départ n’est pas donné, en plus des taxes pour cameras et
caméscopes. Sinon, le reste de la journée, avec les
hordes de touristes.
|
|
Le
Taj Mahal n’est pas planté là, au coin d’une rue, en
pleine agitation. Pour le découvrir, il faut traverser une
succession de jardins et de cours. Passer un portique et le voir surgir
dans cette fameuse perspective qu’on trouve
sur toutes les cartes postales.
Le Taj
est intégré dans un réseau de jardins d’une
rigoureuse géométrie. Encadré de deux
mosquées en grès et flanqué de quatre minarets, il
est parfaitement aligné avec un canal dans les eaux duquel il se
reflète. Posé sur une plate forme, c’est un
édifice octogonal centré et couvert d’une coupole en
bulbe. A l’intérieur, la tombe de la reine, qui fut rejointe 30
ans après sa mort par Shah Jahan. Les vraies sépultures
se trouvent dans une crypte. La décoration murale est admirable:
Versets du coran et motifs floraux taillés dans le marbre.
Le
Taj Mahal est d’une grande beauté. Ce n’est pas une raison pour
ne pas faire un tour dans la ville qui contient d’autres lieux
d’exception. Le plus important (notamment en taille) est le Lal
Qilâ (Fort Rouge), siège du pouvoir des empereurs
moghols.
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|
|
-
le
Fort Rouge -
Protégé
par de lourds remparts, le Fort Rouge est surélevé et
domine le tissu urbain et la rivière Yamouna. On
n’y accède plus par la grande Delhi Dawârza (porte
de Delhi), mais par la Amar Singh Dawârza (porte de Amar Singh),
qui précè un autre bastion intérieur
flanqué de deux tours. Double membrane de protection
impressionnante et efficace. Les Britanniques purent résister
ici plusieurs mois lors de la révolution des cipayes, en 1857.
Passons
sur ces exploits guerriers. Une rampe permet une ascension en douceur
pour atteindre l’ensemble palatial. Sur la droite, le
Jahângîri Mahal, vaste palais dont la façade
extérieure, centrée par un iwan et flanquée de
tourelles d’angles, est incrustée de marbre. Dans la cour
intérieure, les corniches sont
soutenues par de remarquables consoles sculptées. Cet
édifice est seul à dater de l’époque d’Akbar,
grand fondateur de la dynastie moghole. Son architecture de grès
rouge se rapproche de celle de Fatehpur Sikri, précédente
capitale de l’empereur. Les autres pavillons, réalisés
sous ses successeurs, Shah Jehan et Aurangzeb, font un usage intensif
du marbre blanc.
Á
coté
du Jahângîri Mahal, le Khass Mahal (pavillon privé)
est d’un tout autre style. Façades blanches, arcs
polylobés, incrustations de pierres. De là, on atteint le
Musamman Burj (tour octogonale) couvert d’un dôme de cuivre. La
déco intérieure est un incroyable jeu de marqueterie et
de sculpture de marbre et de pierres polychromes. C’est dans cette cage
dorée dominant la rivière et
jouissant d’une vue spectaculaire sur le Taj Mahal que Shah Jehan fut
enfermé par son fils. Autre point de vue sur le Taj
Mahal, depuis le Diwan’ Khass, salle du trône
érigée sur une vaste plate forme. Lieu de
cérémonial, grand décorum. Encore plus imposant et
majestueux, le Diwan’i Am, grand pavillon d’audiences publiques.
Immense salle à colonnes, jumelées en
périphérie. Cette grandeur contraste avec les dimensions
modestes de la Mosquée de la Perle - Motti Masjid -
reconnaissable à ses trois dômes bulbeux.
|
|
-
le "mini Taj" -
Selon
un rituel immuable, la visite du Red Fort est suivie par celle du Mausolée
d’Ittimad Ad Dauleh, sur la rive opposée de la Yamouna. Le
trajet vaut à lui seul le détour. Des quartiers
incroyables aux des ruelles étroites et aux maisons victoriennes
décrépies, et, surtout, un pont métallique sur
lequel se bousculent, dans un concert de klaxons, rickshaws, ambassador
et autres charrues tirées par divers animaux. Passé ce
spectacle haut en couleurs, on pénètre dans un jardin
habité de singes dont les terrasses jouissent d’une magnifique
vue sur la rivière. En son centre, est planté cet
édifice funéraire qu’on appelle aussi Mini Taj. Un petit
bijou. On dit que sa construction annonce celle du Taj Mahal mais la
ressemblance n’est pas aussi évidente ici qu’elle ne l’est avec
les tombes de Humayyun et de Sadarjang, toutes deux à New Delhi,
si ce n’est l’incroyable équilibre des formes. La façade
de marbre est admirablement incrustée de pierres dures qui
forment une véritable dentelle.
Agra
n'a
pas la réputation d'être la ville la plus charmante de
l'Inde. Elle réserve pourtant au visiteur patient de bonnes
surprises. Outre l'incroyable pont métallique cité plus
haut, le centre de la ville mérite le détour pour sa
grande mosquée, Jama Masjid, une de ces immenses mosquées
du vendredi qu'ont fait construire les empereurs moghols dans leurs
capitales, comme à Fatehpur Sikri et à Delhi, avec une
immense cour centrale. Il y a aussi d'autre découvertes, plus
inattendues, comme les beaux restes de la période coloniale.
Voyez cet immense collège construit dans le style moghol, en
pierre rouge, couvert dômes bulbeux et qui s'étale sur un
interminable gazon (près le l'hôtel Holiday Inn, au nord
de la ville). Retournez-vous en sortant de la gare d'Agra Cantonnement
pour jeter un coup d'oeil à son intéressante
façade art-déco.
- sikandra
-
En continuant vers le nord, sur la route de New Delhi, on atteint
Sikandra, dont la principale attraction est le mausolée d'Akbar.
Gigantesque, sans être aussi élégant que ceux
d’Agra (cités plus haut), dont il est bien antérieur. Il
y a aussi à Sikandra d'autres constructions, assez
récentes, dont
les formes rappellent l'architecture moghole. Des dômes bulbeux
sur des structures octogonales. Ce sont des temples, mais nous n'avons
pas su de quelle relgion (surement pas l'islam) il dépendent.
Hindouisme? Ça n'a rien à voir avec l'architecture des
temples hindous. Sikhs? Jains?
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| 1997-2006, Claude Abou Chedid, Rana
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