| > LES GENS |
| Indigènes et Ladinos |
| Quelques chiffres: sur les 11 millions
d habitants du Guatemala, environ 80% sont des indigènes,
descendants des Mayas. Les autres
sont des Ladinos, c a d des métisses aux ancêtres
espagnols.
Le Guatemala est donc de loin le pays d Amérique Centrale le
plus
proche des traditions précolombiennes. |
| Les Ladinos, bien que minoritaires,
concentrent le pouvoir politique et économique. Les
indigènes sont souvent analphabètes et
marginalisés sauf dans les villages. Exemple frappant: à
Quetzaltenango, haut lieu indien, les employés des banques sont
tous ladinos, tandis que les femmes de ménage sont
indiennes. |
| Au Guatemala, chaque ethnie a son
propre costume aux couleurs et
aux motifs différents. Celui que nous avons
préféré est l’ensemble jupe
bariolée-chemise brodée des hommes de Solola. |
| > LES CHOSES |
| Le Guatemala offre une palette de
marchés ou les indiens (et les touristes...) viennent
s’approvisionner. Les premiers préfèrent nettement les
fruits et légumes, tandis que les seconds se focalisent sur
l’artisanat. Pour partir à la rencontre des vrais
marchés, il faut aller dans la région des hauts plateaux
(Zunil ou Solola). La, seules les femmes travaillent, assises à
même le sol, elles vendent leurs marchandises
présentées sur des étoffes. Leurs clientes
utilisent des rectangles de tissus entortillés en
baluchon pour transporter leurs achats et souvent leur
bébé. |
| Le marchandage se fait à voix
basse. On vous raconte une scène de troc à laquelle on a
assisté à Solola. Les hommes se tiennent à
l’écart pendant que les femmes de villages
différents (comme témoignent leurs costumes) s’affrontent
du
regard. Elles ne disent presque rien mais jaugent leur vis à vis
et
vérifient la marchandise qu’on leur propose avec une moue
boudeuse. Au bout de longues minutes de silence, l’affaire est conclue
et chaque groupe peut repartir avec de nouvelles victuailles. Les
hommes peuvent alors se lever. |
| Pour l’artisanat, Chichicastenango est
la Mecque du touriste américain, mais il faut y marchander
dur. |
| Les jours de marché sont
définis et fixes, sauf pour
le guide du Routard, victime de quelques confusions. On s y est
laissés prendre et avons fait 4 heures de bus A/R pour aller
à Momostenango et y apprendre que le marché avait lieu le
lendemain. |
| > LES CULTES |
| Religions et croyances |
Pas une secte, pas un mouvement
religieux n’ayant pignon sur rue au Guatemala. Adventistes du 7eme
jour, Témoins de Jéhovah, Mormons...
Entièrement catholique après la
conquête espagnole (et pour cause...), aujourd'hui le Guatemala
ne sait plus à quel saint se vouer. On voit souvent de jeunes
américains en pantalon noir, chemise blanche et cravate
arpentant les rues à la recherche de proies faciles à
convertir. |
| Tout cela n'est pas simple puisque les
pratiques mayas perdurent dans les villages (on n’en sait pas plus,
n’en ayant pas vues). |
| Autre curiosité: le culte
du Maximon. C’est un mannequin en bois auquel on fait des offrandes
pour qu’il exerce ses pouvoirs magiques ou maléfiques selon les
demandes. Dans une petite pièce enfumée, quelques
personnes murmurent des incantations face à Maximon, vêtu
d’un costume et affublé de lunettes de soleil et d’un chapeau.
Un
homme lui retire la cigarette qu’il a au coin de la bouche pour en
écraser les cendres et lui fait "boire" une gorgée
d’alcool. En fait, le
liquide est récupéré dans un pot de chambre
situé
sous le rocking chair de l’idole... Bizarre, bizarre... Maximon est
sévèrement combattu par le clergé. |
| Notre famille d’accueil à
Antigua participe tous les ans à la procession ayant lieu 15
jours avant Paques. Dans leur jardin, sèchent les tenues mauves
et les gants blancs des pénitents. Antigua est
considérée comme la 2eme Semaine Sainte après
Séville. Les rues traversées sont tapissées de
sciure colorée ou de pétales de fleurs qui forment des
compositions compliquées. Petite précision: les porteurs
de reliques (enfants ou adultes) doivent s’acquitter d’un droit et
s’inscrire très longtemps à l’avance. |
| > LA SÉCURITÉ |
| Grâce à Dieu (et a
Maximon), il ne nous est rien arrivé.
Mais il suffisait de lire "Prensa Libre" pour se rendre compte de
l’ampleur
de l’insécurité dans le pays. |
| Deux jours avant notre départ
pour Tikal, 2 touristes allemands ont été agressés
sur le site d’où un déploiement de forces sans
précédent. Défilé de fourgonnettes et de
policiers à moto. Un groupe de bandits a été
arrêté entre Zunil et Fuentes Georginas alors qu ils
attaquaient des hollandais. Nous avions emprunté ce même
chemin quelques jours plus tôt. Et la liste est longue. |
| Au Guatemala, un minimum de
précautions s’impose: pas de balades nocturnes, pas d’ascension
de volcans seuls... |
|
| par
Aline Betschart et Philippe Acar |
| Après
une destination nature/aventure (le Venezuela), un peu de culture et un
arrêt d’une semaine à Antigua ou nous en profitons pour
nous livrer à des activités inhabituelles pour nous. |
Itinéraire
du 12 mars au 1er avril 2001
L’Est:
Copán (Honduras), Esquipulas et Quirigua / Quetzaltenango,
Zunil,
Fuentes Georginas, Momostenango et San Andres / le Lac Atitlan et les
villages
aux alentours, Chichicastenango / Antigua / le volcan Pacaya / Tikal. |
L’Est:
Copán (Honduras), Esquipulas et Quirigua
A
peine arrivés à Guatemala Ciudad, capitale sans
intérêt particulier et dangereuse, nous partons pour
Copán au Honduras. Comme pour tout voyage au Guatemala,
plusieurs changements de bus sont nécessaires et aucune
certitude quant aux places assises. Avec un peu de chance, on
a un fauteuil, sinon il faut rester debout ou s’asseoir sur un tabouret
(voire une poubelle, c’est arrive à Philippe) dans
l’allée centrale. Par contre, les tarifs sont imbattables: 10 F
pour 100 km. |
|
| Chaque
arrêt voit son flot de vendeurs ambulants proposant chicharrones
(couenne de porc frite), tortillas au poulet ou glaces en cornet
menaçant de couler sur les voyageurs (question: que deviennent
les boules non vendues?). C’était notre couplet sur les bus au
Guatemala, lieu d’observation idéal pour mieux connaître
les Guatémaltèques. Après le passage de la
frontière hondurienne (simple formalité), on finit le
parcours à 10 dans un pick-up.
Le
village de Copán est superbe avec sa place
décorée de statues mayas. Sur le site, les stèles
retraçant l’histoire de la cité et de ses rois aux noms
bizarres (Dix huit lapins, Patte de jaguar) sont étonnamment
bien conservées.
|
|
| Détour
par Esquipulas, la Lourdes guatémaltèque
pour voir des villages indigènes entiers venir se prosterner en
costume traditionnel devant le Christ Noir. L’exercice le plus
périlleux étant de ressortir de l’église en
reculant pour ne jamais tourner le dos à la relique (on l’a fait
bien entendu). Passage à Quirigua, site moins connu
perdu dans les bananeraies (on a beaucoup aimé!).
Quetzaltenango,
Zunil, Fuentes Georginas, Momostenango, San Andres
Quetzaltenango,
2eme ville du Guatemala, perdue dans les Hautes Terres est
entourée de villages aux marches colorés. Relaxation dans
les eaux sulfurées (ou sulfureuses, on ne sait plus) de Fuentes
Georginas puis détour vers San Andres et son église
extravagante: facade jaune ornée de jaguars et d’angelots bleus.
Quetzaltenango et sa région est l’étape qui nous a le
moins plu. Les villages sont authentiques mais les rues sont
jonchées d’ordures et les maisons sont souvent
bétonnées.
Lac
Atitlan et villages aux alentours, Chichicastenango
Lac
mythique (un géant y serait enterré) entouré de
volcans. Le paysage est impressionnant à l aube, ensuite une
brume épaisse obscurcit le panorama. En barque, nous avons
parcouru une partie du lac vers San Pedro, Santiago, et Santa Catarina,
quelques-uns uns des villages situés
sur la rive. On espérait plus d authenticité mais le
tourisme
surexploité et mal canalisé a gâché les
lieux.
On n a pas retrouvé la magie du lac Titicaca au Pérou.
Consolation,
on a passe 3 nuits dans un hôtel de luxe qui bradait ses
chambres:
60 F par nuit.
|
|
Antigua
Imaginez
une ville sans faute de goût, les couleurs des demeures font
contrepoint aux patios fleuris et le moindre caniveau ou le plus petit
réverbère sont parfaits. Décor florentin perdu en
Amérique Centrale,
Antigua n’est pas à l image du reste du pays. Pour donner un peu
de
piquant à l’ensemble, une galerie d’habitants
décalés.
Nous ne nous étendrons pas sur le cas de Yolanda et Fabricio,
notre
famille d’accueil obsédée par les processions et les
tapis
de fleurs. Compte tenu de l’importance des fêtes de Paques,
était
leur unique sujet de conversation et leur maison était
transformée en lieu saint avec des autels et des images pieuses
dans tous les coins.
Nous
avons
rencontré d’autres personnages hauts en couleurs:
Le
supposé directeur de l’école de langues ou était
inscrit Philippe
était décrit par le Routard comme un "sympathique et
dynamique
français". Vous avez remarqué comme les Français
de
l’étranger décrits par le Routard sont toujours
"sympathiques".
Seraient-ils un peu chauvins? Au bout d une semaine de cours, pas
de
directeur français en vue mais une directrice
guatémaltèque
Par contre, Philippe remarque un homme à l oeil fatigué,
qui
vient chaque après midi prendre un café au bar de
l’école
sans adresser la parole à personne. Apres enquête, il
s’avère
que ce personnage est l’homme cité par le Routard.
Séparé
de la directrice de l’école, il vient la narguer chaque jour en
lui
imposant sa présence. Une fois de plus, le Routard n’est pas
à
jour.
|
|
| Un
couple de cinéphiles américains, propriétaires du
cinéma local, le Maya
Moon. Ex hippies sympathiques, ils présentent des films
triés
sur le volet en accueillant leurs clients dans un salon vidéo.
Avant
la séance, ils surmontent courageusement les ennuis techniques
et
ne tarissent pas d'éloges sur les oeuvres que l’on
s’apprête
à voir. Grâce à eux, nous avons découvert un
film
brésilien sur la dictature: "4 jours en Septembre".
Toutes
ces rencontres n’auraient pas été possibles si nous
n’avions pas décidé de rester une semaine à
Antigua: Philippe pour y apprendre l’espagnol et Aline pour y
travailler dans une garderie pour
enfants défavorisés. Une association sponsorise le projet
et
permet ainsi à des enfants pas encore en âge d’être
scolarisés
de recevoir un enseignement pendant que leurs parents travaillent.
L’école
leur fournit aussi repas et vêtements. De bons moments de rires
avec
les plus grands qui rejouaient les épisodes des Pokemon (ils
sévissent
aussi au Guatemala).
Le
volcan Pacaya : randonnée d’une journée
La
chaleur est suffocante et le début du parcours (grimpette sur
terrain accidenté) est fatigante. Après une heure de
marche dans une forêt classique, le chemin débouche sur un
paysage lunaire à la terre noire. Au loin, la
végétation est abondante malgré les nombreuses
éruptions. La dernière en date remonte au 18
février. Le sommet du Pacaya semble inaccessible, il reste
encore 300 m de dénivelé. Pas facile de se maintenir en
équilibre dans ces épaisses
couches de cendres qui menacent de couler plus bas à chaque
instant.
"Un pasito adelante, un pasito atras" comme le dirait Ricky Martin. Au
sommet,
forte odeur de souffre. En s’approchant du cratère, on
aperçoit
brièvement des lacs de lave incandescente. Spectacle
inoubliable!
|
|
Tikal
Site
maya perdu dans la jungle et habité par des singes hurleurs et
des toucans, Tikal nous a beaucoup plu. Le site est très
étendu (plusieurs kilomètres carrés) et les
pyramides se découvrent à mesure que l’on avance dans la
forêt. On peut facilement y passer la journée et assister
au coucher du soleil postés en haut du Mundo
Perdido, promontoire isolé. On y a dormi à l’affût
des
cris d animaux couverts malheureusement par les ronflements de notre
voisin
de chambre.
De
Tikal, nous partons vers le Mexique. Quelques regrets (minimes tout de
même): nous n avons pas vu Livingston et Rio Dulce
à l’Est du
pays. Livingston est habitée par des descendants d’esclaves
noirs, les garifunas.
|
| 2000-2004, AMERICA VIAJE [Aline
Betschart & Philippe Acar] tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS |
|