BARON & BARONCITY GUIDES > EGYPTE > ALEXANDRIE
LISEZ LEs RECITs DE VOYAGE EN EGYPTE 2000 [DU DESERT LIBYQUE A ALEXANDRIE] & 2005 [SIWA]
VISITEZ NOS PAGES BIBLIOTECA ALEXANDRINA / BIBLIOTHQUE D'ALEXANDRIE & DELTA DU NIL
> ALLER / VENIR
Deux routes permettent de parcourir les 220 km qui séparent Alexandrie du Caire. La route du désert, rapide mais un peu morne, et la route agricole, via le Delta du Nil, beaucoup plus pittoresque. Nombreux bus et taxis collectifs assurent une liaison par la route du désert. Le train part de la gare centrale d’Alexandrie et peut être une alternative amusante. Egypt Air assure des liaisons avec la capitale qui, à nos yeux, ne présentent aucun intérêt. Quelques vols internationaux sont disponibles au départ d’Alexandrie, dont Londres (2 vols par semaine) sur British Airways, Francfort par Lufthansa (3 vols par semaine) et Shrajah avec un vol quotidien d'Air Arabia. Aboukir et Rosette sont accessibles par la route côtière, très mal entretenue. 
Outre la marche et les taxis (privés et collectifs), il est possible d’emprunter dans Alexandrie deux moyens de transports originaux: Le tramway, qui suit un parcours parallèle au front de mer depuis la place Saad Zaghloul, et la calèche, qui contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’est pas une attraction pour touristes (de toutes façons, des derniers ne courent pas les rues).
> DORMIR
Certains hôtels d’Alexandrie sont des musées vivants et évoquent, avec une certaine nostalgie, les fastes de son age d’or. Le Métropole (rue Saad Zagloul) n’a pas du beaucoup changer depuis le début du siècle. Charme retro et nostalgie garantis. Dans le même registre, le Cecil (en face du précédent) est notre adresse préférée. Façade de palais vénitien, salons art-deco avec frises en stuc, ascenseurs à grillages. Beaucoup d’ambiance. De grandes célébrités y ont séjourné (Elvis Presley, Oum Koulsoum, Lawrence Durell...). Repris par la chaîne Sofitel, mais pas grand chose n’y a changé.
Pour les nababs qui cherchent des fastes bien plus exclusifs, le Salamlek est l’adresse idéale. Située face à la mer dans le parc de Montazah (hors du centre-ville), cette ancienne maison d’hotes du roi au décor somptueux se veut le nec plus ultra. Orchestre de chambre dans le salon. Entrée payante pour les non-résidents! Nous préférons ne pas connaître les tarifs. Pour ceux qui tiennent à séjourner à Montazah, deux hôtels modernes sans histoires: Le Monatazah Sheraton, un peu tristounet, et le Helnan Palestine, architecture sovietique des années 60 au beau milieu du parc! Il a quand même les pieds dans l’eau... 
> MANGER
Impossible de faire l’impasse sur les légendaires patisseries-salons de thé d’Alexandrie. Même si on est pas adepte de ce rituel un peu désuet, ils font partie ici, au même titre que les hôtels cités plus haut, du patrimoine historique de la ville. Pastroudis (rue El Horriya) est une des adresses les plus fameuses. Rien n’a changé depuis plus d’un demi-siècle, ni le décor ni les (délicieux) gâteaux, qui sont chacun une madeleine proustienne. Même ambiance chez Délices et au Trianon, place Saad Zaghloul.
Pour des repas plus consistants, excellentes opportunités pour manger du poisson. Le Fish Market est un immense endroit sur la Corniche, très grand choix. Encore plus réputé, Samakmak (rue Kasr Ras el Tin, tel:4811560) Notre adresse préférée est hors de la ville: Zéphyrion, à Aboukir (la seule raison valable de se rendre dans cette localité). Grande terrasse dominant la plage, excellents poissons au four accompagnés de riz (cuit à l’oignon), mezzés, crevettes, etc. 
> BOIRE / DANSER
Le Grand Café, sur la corniche (adjacent au Fish Market) est un endroit assez sympa ou on peut fumer un narguilé (chicha) en extérieur ou intérieur, et grignoter de petits mezzés (pas fantastiques). Le Sahara est plus original. Situé au 1er étage d’un centre commercial (Smouha & Zahran), décoré de tapis bédouins, on y consomme d’excellents narguilés (grand choix de parfums) vautré dans des coussins arabes. Desserts mémorables. Le Sporting Club est le lieu de rencontre par excellence de la société alexandrine. On peut y accéder moyennant un droit d'entrer (vu que c’est un club privé) et s’adonner aux nombreuses activités qui sont proposées, ou prendre un verre (ou un repas) au club house. 
> ACHETER
des antiquités, pas forcement égyptiennes, à Souk el Attarine. Mieux vaut prendre son temps pour trouver la perle rare et marchander ce qu'il faut. Les prix sont très intéressants.
> LIRE
REPORTAGES & RECITS
Alexandrie, Le Caire-sur-Mer, Éric Lang, 9/05/03, Routard.com.
ALEXANDRIE ANTIQUE
La Gloire d'Alexandrie, exp. Paris, Musée du Petit Palais, 1998. Alexandrie IIIe s AV-JC, tous les savoirs du monde ou le rêve d'universalité des ptolémées, Autrement-Mémoires, 1992. Alexandrie Retrouvée, Jean Yves Empereur, Stock 1998.
ALEXANDRIE MODERNE
Alexandrie l'egyptienne, un magnignifique album avec des photos de Carlos Freire et un texte de Robert Solé (1998, Stock), Alexandrie 1860-1962, un modèle éphémère de convivialité, communautés et identité collective, Autrement-Mémoires n.20, 1994. Alexandrie, une Babel Architecturale, M.Adamantis, Elle Décoration, n.31, 1992. Carnets de Voyage d'Alexandrie, Philippe Delord, Grands Reportages n.218, mars 2000. Mémoire Alexandrine, Daniel Lançon, Qantara, 44, été 2002.
INTERNET
Bibliotheca Alexandrina site officiel. The Graeco-Roman Museum, page non officielle.

 

Ville des gloires perdues, ville endormie...
Fondée par Alexandre le Grand au cours de ses conquêtes, la ville a un destin d’exception. Elle devient, au IIIe s AV JC, une des plus grandes métropoles du monde hellénisé. Elle se vante de compter,  autour de sa célèbre Bibliothèque, la plus grande concentration de savants et  d'être dotée d'une des Sept Merveilles du Monde, le non moins fameux Phare.
Alternant les hauts et les bas, la ville va connaître, à la fin du XIXe s,  un second age d’or. Elle devient un melting pot inédit ou se rencontrent et cohabitent italiens, grecs, juifs et évidement, arabes. De ces mélanges communautaires, Alexandrie va tirer les richesses et les diversités et devenir symbole d’un art de vivre qui sera vanté par les auteurs qui y séjournent, de Constantin Cavafy à Lawrence Durell. La révolution de 1952 et les nationalisations vont sonner le glas, avec le départ des commerçants étrangers, de cette dolce vita. Alexandrie sombre alors dans une monotonie provinciale d’où elle n’est pas encore sortie. A Alexandrie, le temps semble s’être arrêté. La seconde ville du pays est boudée par les tours opérateurs, donc par les hordes de touristes. Donc, contrairement au Caire, les palaces ultra modernes n’ont pas poussé comme des champignons et, sur l’interminable corniche menant de Montazah au Fort de Qaytbay, les anciens immeubles fin-de-siècle et art-nouveau sont toujours la, exhibant leurs façades décrépies. Seuls quelques centres commerciaux, par ailleurs hideux viennent briser cette alchimie, et depuis peu, un corps nouveau est venu se greffer dans le paysage. 
La nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie, dessinée par le cabinet Snøhetta (C.Dykers, C.Kapeller, K.Thorsen). Immense section de cylindre tronqué ouvrant sur la ville et sur la mer. D'une superficie de 5500m2, l'intérieur, agencé en terrasses, est couvert d'un toit en nid d'abeille en aluminium orienté vers le nord. La façade est recouverte pierres taillées d’inscriptions relevant des différentes écritures du monde. Alexandrie se remet à rêver. L’Antique bibliothèque n’avait-elle pas contribué à affirmer la puissance de la cité? Pourra-t-elle retrouver cette gloire perdue? Nul ne le sait encore. Sa construction et la constitution de ses collections ont mobilisé une dynamique internationale, notamment de la part de la France. Ses collections de base compteront 400000 ouvrages, avec une capacité ultérieure de 10 millions de volumes. Pour l’instant, malgré l'ouverture de la bibliothèque, Alexandrie dort, ou plutôt, somnole. Les chauffeurs de taxi se plaignent de la rareté des clients. La ville n’a pas à offrir des vestiges aussi grandioses que ceux de la Haute Egypte, mais sa visite est pourtant inoubliable.

Alexandrie a beaucoup fait parler d’elle, ces derniers temps, grâce, entre autres, aux fouilles de Jean Yves Empereur. La plus spectaculaire fut sans doute celle de la Necropolis, le plus grand cimetière urbain de l’antiquité, avec des milliers de loculi. Découverte au hasard du percement d’un pont autoroutier, elle eut un sursis de trois ans avant de re-disparaître à jamais sous les piliers en béton! Le Centre d’Etudes Alexandrines (dirigé par Jean Yves Empereur) est aussi à l’origine des fouilles sous-marines qui, après voir débuté dans l'urgence, ont permis de retrouver les restes du fameux Phare, dont une statue colossale qui en gardait l'entrée. Ces blocs de pierre, qui peuvent paraître ridicules en regard de l’immensité de l’édifice dont ils faisaient partie, ils ont toutefois permi de confirmer aux plus sceptiques sont existence et même d'en reconstruire une image exacte. Ils ont été déposés sur le  site du Théâtre Romain, une des plus fameuses attractions de la ville. Un peu plus loin, en dehors du centre, la Colonne Pompée, haute de 27m, est quasiment tout ce qui reste du Serapeum, l’antique temple de Sérapis, dont le culte était représentatif de  ce mélange des cultures égyptienne et hellénique, comme l’illustrent aujourd’hui les sphinx trônant au pied de la colonne corinthienne (dont le chapiteau est, avouons le, pas des plus raffinés qui soient). Ce mélange des cultures qui cohabitaient dans l’Alexandrie antique est omniprésent dans la décoration et l’iconographie des Catacombes de Om el Chougafa. Cet ensemble est sans doute le vestige le plus impressionnant de la ville. Un escalier en spirale dessert trois niveaux autour d’une rotonde centrale. Outre les nombreuses tombes, un triclinium dans lequel se déroulait le culte des défunts. Dans le registre des visites souterraines, Baron et Baron n’ont pas manqué de faire le détour, de la Citerne Nabi Daniel, qui date de l’époque mamelouke.

- le Musée Greco-Romain -
Derrière sa façade néoclassique se cache une admirable collection d’antiquités provenant du coin. Bien que décrépies, les salles du musée sont spacieuses et bien éclairées. Contrairement à son homologue du Caire, peu ou pas de visiteurs. Pas de boutique pour acheter quoi que ce soit. La visite commence, par la gauche avec l’imposante et expressive statue du dieu taureau Apis-Serapis. Vient ensuite l’art funéraire avec des momies, des portraits du Fayoum et d’autres objets significatifs de cet art hybride greco-romano-égyptien. Au fond de la salle, à droite, parmi les momies, celle du Dieu Crocodile, vénéré entre autres dans la région du Fayoum qui s’appelait d’ailleurs Crocodilopolis! Suivent les salles consacrées à la statuaire greco-romaine. Les empereurs romains sont au grand complet, certains en buste, d’autres, comme Marc Aurèle, en pied. Pièce maîtresse des collections, une colossale main en marbre, sans doute celle d’un lanceur de poids. Dans les autres salles, on peut flâner entre les céramiques, les bronzes et les bijoux...

- l’Alexandrie Cosmopolite -
Durant près d’un siècle, Alexandrie été, comme auparavant sous les Ptolémée, un creuset de cultures et de religions. Ville arabe et musulmane avant tout, comme l’attestent les nombreuses mosquées édifiées durant cette période. La plus fameuse, la Mosquée Abou Abbas el Morsi, est l’œuvre de Mario Rossi, un italien converti à l’islam. Située en plein centre de la ville, elle dresse ses coupoles oblongues au centre d’une esplanade qui regroupe d’autres mosquées. Les lieux de cultes sont aussi nombreux que les communautés qui formaient ce tissu urbain. D’innombrables églises, comme Saint Saba des grecs-orthodoxes, avec une iconostase richement ornée.
Etroitement gardée par la police, la  Synagogue ne compte plus beaucoup de fidèles et reçoit peu de visiteurs. Pas évident d’y accéder, surtout pour des libanais! La vieille dame accepte finalement de nous laisser entrer. Elle explique que chaque siège porte le nom d’un membre de la communauté juive qui assurait sa part du financement de l’institution. Inutile de préciser que si leurs noms sont toujours là, ils sont (presque) tous partis...
Nombreux sont les lieux ou le temps semble s’être arrêté. Il suffit, en fin d’après midi, de se rendre dans une des célèbres pâtisseries salons de thé, Délices, ou plutôt Pastroudis. Rien n’a du changer depuis au moins un demi-siècle, sauf, peut être, le personnel. La déco est délicieusement vieillotte, et les gâteaux sont comme on en fait plus. Proust ou es-tu? C’est fou comme, sans qu’on ne se rende compte, le contenu de nos assiettes change avec le temps! 
Certains lieux n’ont pas du changer. La Gare, avec son intéressante verrière. Les belles maisons patriciennes toujours habitées, telle la Résidence Edwin Goar, oeuvre gothicisante de l’architecte néo-classique Gryparis. A l’interphone, une femme de ménage affirme ne pas pouvoir nous ouvrir, car «madame dort»... Sur, ou plutôt sous la corniche, la plage. Et ses fameuses cabines. Dans les années 1940, après la guerre, on se les arrachait comme des petits pains. Aujourd’hui, qui penserait venir se baigner ici en maillot de bain. C’est au Sporting Club, à l’abri du regard des badauds, que se retrouve aujourd’hui ce qui reste du gratin.

Souk el Atarine, le quartier des brocanteurs et des antiquaires. Regroupés autour de la Librairie des Amis et des Lettres, incroyable bric-à-brac de paperasses hétéroclite, les marchands d’antiques proposent au client en quête de bonnes affaires des meubles marquetés, des lustres, des bronzes. Les vases signés Gallé et Daum, les services en argent massif, les secrétaires en acajou, sont là pour rappeler l’opulence et le raffinement d’une société qui n’est plus. Et dont les précieux restes sont bradés à des prix défiant toute concurrence!

Bien que n’étant pas capitale, Alexandrie en a les attributs. Sur Midan el Orabi, en face du consulat de France (belle demeure fin de siècle), le Monument aux Martyrs, gâteau néoclassique blanc, se donne des airs de Monument Victor Emmanuel. Midan el Orabi débouche sur Midan el Tahrir,  grande place rectangulaire animée par la circulation des calèches avec de grands édifices monumentaux. Toujours néoclassiques. C’est en tout cas à Alexandrie que se trouvent les plus beaux vestiges de ce qui fut la monarchie égyptienne. Dans un petit palais ont été entreposés les Bijoux de la Famille Royale. Les nostalgiques pourront visiter ce musée (Rue Ahmed Yehya Pasha, 9h-16h) relativement bien entretenu et admirer les divers objets précieux qui y ont été rassemblés. Le roi entretenait deux palais dans cette ville. Un à chaque extrémité de la corniche. A l’ouest, au delà du  Fort de Qaytbay, Ras el Tin. Imposants bâtiments. Propriété de la Présidence de la République. On ne visite pas. A l’est, Montazah. Immense parc,  devenu une promenade favorite des alexandrins. Le Château est spectaculaire. Un mélange orientalisant de néo-gothique et de mauresque d’influence andalouse. On ne visite pas l’intérieur, mais l’extérieur suffit. Ici aussi, on a bradé. Dans les années 60, on a construit en plein milieu du parc, à deux pas du château, un autel moderne. Pur style soviétique, l’allié d’alors. La promenade reste très agréable. Surtout sur la jetée qui parait interminable. Vue sur la cote. Les  plages de Agami, jadis rendez-vous de l’élite. On peut apercevoir de belles résidences, comme la Villa Lachin, dessinée en 1962 par Ali Azzam, reconnaissable a ses formes géométriques qui lui donnent des allures de bateau.

2000-2005, Baron & Baron, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS