| > ALLER / VENIR |
Prendre des taxis fera l’affaire pour
qui veut circuler en ville. Veiller à négocier le prix
à l’avance. En cas de trajets à répétition,
une bonne astuce est de se mettre d’accord avec un chauffeur sur les
parcours et sur un forfait.
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| > DORMIR |
Landmark de la métropole,
l’hôtel Ivoire Intercontinental
a perdu, ces dix dernières années, ses fastes et sa
réputation. Abandonné par la chaîne
Intercontinental et géré par l’état, il semble une
immense coquille vide habitée par les fantômes. Les
jardins sont en friche, la grande piscine n’est plus remplie depuis
longtemps, la plupart des équipements ne fonctionnent plus.
Pire, les chambres sont sales, mal entretenues, la nourriture
médiocre et le service laisse franchement à
désirer. L’adresse est donc à éviter, sauf pour y
faire un tour nostalgique et contempler l’impressionnant hall, souvenir
d’une époque ou le gotha mondain venait se pavaner lors de
somptueuses soirées.
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Le Sofitel est aujourd’hui la
meilleure adresse d’Abidjan. Bonnes normes de confort,
d’hygiène, emplacement central, restaurants. L’hôtel Tiama est
également considéré comme étant un
établissement propre et recommandable.
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La
nouvelle vi(ll)e , par Maria Bittar
Abidjan c’est LA mégalopole de l’Afrique de l’ouest. Buildings
et immenses voies routières, distances démesurées,
Bouaké commence vraiment à me manquer. Son calme, sa
simplicité, tout.
Les cinq premiers mois, nous logeons dans un studio à 1000
dollars par mois. Mon père est sans travail, je vais au
Collège International Jean Mermoz, et ma soeur dégueule
chaque matin avant d’y aller. On nous appelle gentiment «
déplacées de guerre ». Je n’ai même pas de
radio pour écouter de la musique, je me réfugie dans la
bouffe et les études. Nous déménageons ensuite
dans une concession ou ne vivent que des libanais, appartement
gigantesque, quatre chambres, deux salons, double balcon, grande
cuisine. Le plus, qui s’avèrera plus tard être un moins :
La vue panoramique sur le Boulevard Valéry Giscard D’Estaing
(VGE), énorme avenue qui mène à l’unique
aéroport international du pays : l’aéroport Félix
Houphouët Boigny.
6 novembre 2004
Samedi. Il est 18h. Ça s’agite dans les rues.
Le VGE grouille de monde et une cacophonie de klaxons se fait entendre.
Un coup de fil : « le pays va mal, Mermoz est en feu ».
Mermoz est en feu.
J’avais déjà entendu ça l’année
précédente, mais aujourd’hui c’est différent :
Mermoz a été ENTIEREMENT incendié et le pays va
TRÈS mal… Deux jours auparavant, le jeudi 4, nous avions appris
aux infos que l’armée de l’air ivoirienne avait bombardé
le Lycée français de Bouaké, qui entre temps
c’était transformé en base militaire, et que le nombre de
soldats français tués s’élevait à… 9. Le
lendemain, vendredi 5, l’armée française descendait toute
la force aérienne ivoirienne - je me rappelle bien des
Sukhoïs à tête de requin en train de cramer - et
occupait l’aéroport d’Abidjan.
C’est le début des Hostilités, pour dire les choses comme
elles sont.
La nuit du 6 au 7 novembre sera probablement la pire de mon existence…
Les émeutes qui commencent dans l’après midi se
prolongent dans la soirée. Le VGE est en ébullition.
Pneus brûlés, slogans anti-français, coups de
pierre jusque sur nos carreaux, au 3ème étage. Vers 23h,
une terrible apparition, que j’appellerai « l’appel du 6 novembre
». Ble GOUDE, porte parole du président qui, d’une simple
parole, affole les foules, adresse un discours à la nation via
la RTI, la télé nationale ivoirienne. Je me rappellerai
toujours ses paroles… « Ivoiriens, ivoiriennes, celui qui mange
qu’il arrête de manger, celui qui dort qu’il se réveille,
celui qui travaille qu’il arrête de travailler… allons
libérer l’aéroport des mains des français ».
Autrement dit, crevez chaque français que vous trouvez sur votre
chemin, faites en de la pâtée et mangez en si vous voulez.
Cette nuit là, je ne cesserai d’entendre les coups de
bélier sur le portail de la concession, des milliers de fous
furieux prêts à se tromper de cible juste pour
évacuer la fureur dont leur cœur est empli. Ca sent le
caoutchouc brûlé, je crois que je vais mourir ce soir,
payer la faute des irresponsables.
« Quel malheur ! ». Tous les voisins campent chez nous.
Ça pue la clope et les pleurs. J’ai envie de leur gueuler
à la figure « cassez vous bande de ****** ».
Manquait plus que ça ! Parmi les innombrables
mésaventures de cette nuit, celle de mon pauvre cousin, contrait
de quitter son studio en sautant par la fenêtre avec son sac
à dos, y laissant toutes ses affaires personnelles… On
espère passer la nuit, mais rien n’est sur…
7 novembre 2004.
10 h du matin. J’ai du dormir quelques heures durant cette
épouvantable nuit. Les rues sont vides. Vers 13 h, surprise qui
nous encourage un peu : des blindés français
défilent sur le VGE. Mais notre joie est de courte durée…
On apprend qu’ils sont là pour évacuer les ressortissants
étrangers (européens en l’occurrence). Si la France
décide l’évacuation de la capitale économique du
pays, ça veut dire que c’est vraiment très grave. Nous
libanais ne sommes pas a priori concernés. À moins
que…À moins que la situation se dégrade encore. Où
à moins de sombrer dans la psychose et de partir avec ses
cliques et ses claques. C’est là qu’intervient justement notre
voisine hystérique. Elle surgit et nous dit « vite
préparez vos affaires. Nous allons être
évacués. » Mais pourquoi ? On a rien à
craindre, ils en veulent aux occidentaux, pas à nous… Je jette
un coup d’œil à la cour intérieure et je vois les
familles libanaises toutes prêtes à suivre le convoi.
Auraient-ils perdu la tête ? Pas du tout, c’est le
propriétaire de la concession, libanais d’origine et
marié à une française qui a eu la
génialissime idée de faire évacuer sa femme et ses
enfants. Du coup, la foule en fureur qui s’est à nouveau
massée de l’autre côté du VGE prépare
l’assaut de la concession, aussitôt que les tanks auraient
avancé…
Rester serait alors de la pure folie d’y rester. Rebelote
épisode de Bouaké : Le sac à dos, les cds, le
passeport, le convoi… Direction, le 43eme BIMA (Bataillon d’Infanterie
des Marines français), ou les soldats français ont la
gentillesse de nous accueillir en attendant que les esprits se calment
en ville. Les premières nouvelles sont alarmantes…il parait que
les fous furieux du VGE ont rasé les appartements de la
concession. Même les sanitaires auraient été
arrachés ! C’est un cauchemar. Je vais me réveiller, je
dois me réveiller. Cette nuit, nous dormons dans des lits picots
sous une grande tente. J’entends les zzz des moustiques me roder
autour.
Le lendemain, les nouvelles ne sont pas meilleures. Les partisans du
président Gbagbo avec en tête Ble Goude décident de
faire un sit-in devant le BIMA. Chaque nuit, nous avons droit à
des berceuses morbides. De mieux en mieux.
Dimanche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi. Cinq jours au camp
militaire. On se lève, on marche jusqu’au réfectoire, on
fait la queue pour le sandwich et la bouteille d’eau, on écoute
les infos qui empirent de jour en jour, on dort, on se douche. Je
croise mes profs, ils sont dégoûtés. Le proviseur
me dit « tu ferais mieux de te trouver une autre école. On
ne rouvrira plus le Lycée français… »
Génial. Je devrais être habituée, depuis le temps.
8000 ressortissants français sur 13000 sont partis. Le vendredi,
nous sommes autorisés à rentrer chez nous. L’appartement
a, bien sur, été pillé. Nous préparons
valises, passeports, billets. En route pour le Liban. On est le 16
novembre 2004.
Adieu ma belle Cote d’Ivoire, au plaisir de te revoir. |
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