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ALLER / VENIR |
| Famagouste
est à 68 km à l’est de Nicosie. Des bus assez brinquebalants
assurent la liaison depuis et vers la partie turque de la capitale, mais
aussi vers Kyrenia (Otobus Terminali). Il y a aussi des minibus, plus rapides
(Itimat station, près du monument à Ataturk). Ayia Napa n’est
qu’à 20 km au sud de Famagouste, mais ne pensez même pas y
aller autrement que via le passage du Ledra Palace (Nicosie), ce qui fait
un détour de 150 km. |
| Il
est possible de prendre un taxi depuis le checkpoint de Nicosie à
la journée. C’est cher (80€ environ), mais ça présente
l’avantage de gagner du temps et de visiter les sites voisins de S. Barnabas
et de Salamis, non desservis par les transports en commun. |
| Des
ferries assurent la liaison passagers entre Famagouste et Mersin, sur la
côte turque. Nous rappelons qu’entrer à Chypre par les territoires
du nord est illégal aux yeux de la République de Chypre et
vous empêchera de vous rendre dans les territoires du sud. |
| Il
est facile de circuler à pied dans la vieille ville autour des principales
attractions. En revanche, il est nécessaire d’être motorisé
pour se rendre du côté de Maras. |
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DORMIR |
| Si
vous souhaitez séjourner à Famagouste (nous rappelons que
les autorités chypriotes demandent aux visiteurs se rendant au nord
de revenir le jour même), le Bilfer
Palm Beach Hotel est un très bel établissement de
luxe en bord de mer. Il est situé au sud de la ville, à la
limite de Maras, l’ancienne zone hôtelière entièrement
fermée qui risque d’être un voisinage assez lugubre. Belle
plage. |
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MANGER |
| De
nombreux cafés-snacks se trouvent autour de la cathédrale-mosquée.
Allez déjeuner chez Viyana (à deux pas, sur la rue
qui descend vers le port, tel: 3666037). Sur une terrasse couverte de vignes,
vous dégusterez un succulent assortiment de kebabs et, selon le
jour, de lahmaçun (prononcer lahm ajin, cf. notre page sur Gaziantep
en Turquie), accompagnés de salade, d’imam bayende (aubergines à
l’huile) et de lait caillé au concombre. Un excellent repas qui
vous coûtera autour de 10€. |
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BOIRE, DANSER |
| Pour
prendre un café (turc, évidement), un thé, ou une
pâtisserie, allez chez Petek Confectioner, au bas de la même
rue du précédent, en face des remparts. Ce salon de thé
fréquenté par les touristes est toutefois très agréable.
On y sert également des sandwiches et repas légers. |
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ACHETER |
| Dans
les rues commerçantes du quartier de la cathédrale on pourra
trouver le summum du luxe: Louis Vuitton, Gucci, Rolex... tout cela en
contrefaçon, bien sur! Des marchands plus sérieux proposent
de l’artisanat et des kilims. |
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- ruines -
C’est le mot qui
vient à l’esprit du visiteur qui découvre Famagouste. Des
églises gothiques en ruines, des palais renaissance en ruines, des
hôtels modernes en ruines... Nous ne sommes pourtant ni dans une
ville allemande après la seconde guerre mondiale, ni dans l’imagination
d’un peintre romantique (allemand aussi, Caspar David Friedrich par exemple).
Famagouste est en ruines depuis un bon moment. Tout cela remonte à
1571, lorsque les ottomans assiégèrent la ville, alors aux
mains des vénitiens. C’est au cours de ce combat dantesque que les
principaux édifices de la ville furent bombardés et laissés
en l’état. |
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| Famagouste,
ruines de l'église Saint Georges |
- cathédrale
/ mosquée -
C’est une des constructions
les plus étonnantes de l’île. La cathédrale Saint Nicolas
(Hagios Nikolaos), est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique chrétienne
en Méditerranée Orientale. Bâtie au début du
XIVe siècle, alors que Chypre était française, elle
s’inspire de la Cathédrale de Reims. La cathédrale fut touchée
par les bombardements de 1571 et ses deux tours furent détruites.
Lorsque les ottomans s’emparèrent de Famagouste, ils la transformèrent
en mosquée et lui greffèrent un minaret. Le nom officiel
de l’édifice est aujourd’hui mosquée Lala Mustapha Pacha,
mais tout le monde, y compris les chypriotes turcs, l’appellent par son
nom d’origine. L’endroit est extraordinaire à plus d’un titre. Voir
une cathédrale gothique, un style associé à l’Europe
du Nord, entourée de palmiers, c’est déjà assez inhabituel.
Mais imaginer cet édifice fonctionner pour le culte musulman est
non moins inattendu. L’intérieur a été dépouillé
de tous ses attributs chrétiens (sculptures, vitraux...). C’est
une vaste salle de prière dotée d’immenses fenêtres
et couverte de voûtes en ogive. L’édifice avait été
construit avec une orientation vers le nord-est, ne correspondant pas tout
à fait à Jérusalem (qui est au Sud-Est de Famagouste)
mais qui avait sans doute été imposée par le tracé
urbain. Les turcs percèrent un mihrab dans l’axe sud-est (le mur
à droite par rapport à l’entrée), faisant pivoter
l’orientation de 90 degrés. Ainsi, quand on entre dans l’édifice
par un des trois portails de la façade principale, on doit se tourner
pour prier. |
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| Famagouste,
cathédrale / mosquée, façade |
| La cathédrale-mosquée,
qui domine le paysage urbain de Famagouste, est située au coeur
d’une place elle-même cadrée d’un ensemble de structures gothiques
et renaissance, pratiquement toutes en ruines. L’église des Saints
Pierre et Paul est une des mieux conservées. Sa façade est
plus dépouillée, ce qui lui confère une sobriété
romane, mais elle est dotée d’arcs boutants. Elle fut également
transformée en mosquée sous le nom de Sinan Pasha. L’église
Saint François, voisine, est, elle dans un état beaucoup
plus délabré. De dimensions plus modestes que les précédentes,
elle conserve néanmoins de beaux détails. Elle-même
entourée d’autres bâtiments en ruines eux aussi qu’il est
difficile, au premier abord, de distinguer les uns des autres, et dégage
un beaucoup de charme. C’est le genre d’images qu’on associe aux abbayes
en ruines qu’on peut trouver en Ecosse, ou dans le tableau éponyme
de Caspar David Friedrich, cité plus haut. Tout ce romantisme dans
la poétique des ruines, qu’on apprécie le plus pleinement
à une heure très matinale ou au coucher du soleil. Citons,
parmi ces ruines, des vestiges de palais renaissance, dont il reste un
mur assez éloquent avec un revêtement de pierres avec un bossage
en pointe de diamant. |
| L’église
Saint Georges des latins est plus excentrée. Il faut prendre la
rue qui descend de la place de la cathédrale vers le port, pour
la découvrir, sur la droite. C’est une des plus belles ruines de
la ville. L’église semble avoir été coupée
en deux. La façade nord-ouest est presque intacte, tandis que celle
du sud-est a totalement disparu. En venant de la rue citée plus
haut, on découvre donc une coupe de l’édifice. La vue de
cet endroit est encore plus émouvante que pour l’atteindre, on traverse
un terrain vague jonché de ruines plus contemporaines. Des wagons
rouillés et autres restes de grues ou de machines s’entassent dans
le dépotoir du port voisin. Vision apocalyptique presque sublime. |
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| Famagouste,
monument à Ataturk |
| sur
Yirmisekiz Ocak Meydani. au fond, les murs vénitiens |
- murs -
La cité est
entourée de remparts vénitiens qui délimitent toujours
les limites de la vieille ville par rapports aux quartiers modernes. En
montant sur un des bastions, on peut avoir une vue d’ensemble sur
la ville bombardée et sur son port, toujours opérationnel.
On peut aller aussi jusqu’à ce qu’on appelle à tort la Tour
d’Othello. Cette fortification somme toutes fort modeste n’est une extension
ou un poste de garde près des remparts. Pas très élevée,
elle n’a de la tour que le nom. Quant à savoir si l’Othello de Shakespeare
s’est vraiment déroulé ici, c’est une autre histoire. A propos
d’histoire, on dit que Léonard de Vinci serait intervenu en personne
dans l’aménagement des lieux qui portent, à l’entrée,
le lion ailé de Saint Marc, symbole de Venise. A l’autre extrémité
de le vieille ville, les remparts coïncident avec des quartiers modernes
et un monument assez étonnant qu’il est difficile de ne pas voir.
Sur le Yirmisekiz Ocak Meydani se dresse une pyramide de figures humaines
portant l’effigie du père de la république turque, Ataturk
en personne. Cette grande pâtisserie en bronze, assez imposante par
ailleurs, est un signal très fort concernant l’identité politique
de la ville. |
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| Famagouste,
façade d'hôtel sur la riviera de Varosia / Maras |
-
ville fantôme -
Famagouste fait
partie, rappelons-le, de la "République Turque de Chypre du Nord"
qui lui a fait porter le nom de "Gazimagusa", en ajoutant le préfixe
Gazi (victorieux) à son nom turc d’origine, Magusa. La ville comptait
une forte communauté de chypriotes grecs qui, en 1974, durent fuir
en précipitation face à l’avancée des troupes d’Ankara.
Ce déracinement, cette perte de Famagouste (Ammochostos en grec)
constitue un point très douloureux pour la communauté hellénique.
Lors du cessez-le-feu consécutif à la partition de facto
de l’île, un accord a été signé entre les deux
belligérants stipulant que les avoirs de la communauté chypriote
grecque de Famagouste ne pourraient pas être spoliés. Ces
derniers se concentraient dans un quartier au sud de la ville, nommé
Varosia en grec, Maras (prononcer Marash) en turc et dont le front de mer,
occupé par de luxueux hôtels, était, jusqu’en 1974,
la station balnéaire la plus prestigieuse de l’île. C’était
la Riviera, Acapulco ou West Palm Beach en taille miniature. C’est aujourd’hui
une ville fantôme, totalement bouclée, fermée, par
des fils barbelés, des murets, des barils et autres éléments
hétéroclites. Un quartier entier laissé en l’état,
dans lequel personne n’a plus jamais mis les pieds. Un no man’s land par
excellence dans une ville sans ligne de front. Et l’on revient, de nouveau,
à cette histoire de ruines. On ne peut pas visiter Varosia / Maras.
Il est même difficile de la contourner. Le faire à pied est
impossible, convaincre un chauffeur de taxi ne sera pas plus facile. Le
seul point de vue que l’on a de l’endroit est celui de la plage. Passé
l’actuel Hôtel Palm Beach, on rejoint les grands hôtels des
années 1960-1970, un alignement d’une demi-douzaine de tours dont
la première a le flanc éventré. Ces hôtels sont
dans le no man’s land mais donnent sur la plage qui elle, est ouverte au
public. Quel étrange endroit pour venir se baigner, au pied de ces
mastodontes criblés d’impacts et couverts de graffitis et de "NO
PHOTO". Certains feront le rapprochement avec la plage du Saint Georges,
à Beyrouth, ouverte en temps de guerre mais entourée des
carcasses calcinées des palaces du quartier des hôtels Phoenicia
Intercontinental, Holiday Inn, Hilton et, bien sur, Saint-Georges. Tout
le drame qui se joue ici est celui de l’appartenance et du territoire.
Famagouste, cité amputée, vit dans une espèce de léthargie
assez inquiétante. On ne peut que se poser des questions sur son
devenir, et son On ne peut que se poser des questions sur son devenir,
et son éventuelle reconstruction, lorsque se présentera l’échéance
qui semble inévitable: Celle de la réunification de l’île. |
| 2003,
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