> ALLER / VENIR
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| Phnom
Penh n’est pas une ville spécialement étalée mais
le transport urbain risque de s’avérer problématique.
N’espérez pas y héler un taxi, car les taxis n’existent
pas. On peut trouver des voitures avec chauffeur à
l’aéroport et, sur demande, à l’hôtel. Le moyen de
transport urbain le plus chic est donc le tuk tuk et le cyclopousse
(rapidité
relative). A moins d’être dans un
quartier touristique du centre, il est très difficile d’en
trouver. Les cambodgiens utilisent, eux, la moto taxi (sans casque) et
peuvent s’enfiler jusqu’à trois (passagers) derrière le
conducteur. |
| Il
est impératif de rester sur ses gardes, Phnom Penh
n’étant pas une ville très sure et sa gendarmerie ayant
une réputation peu glorieuse. Eviter de circuler seul, surtout
la nuit, éviter de porter des objets clinquants, et bien ranger
ses affaires précieuses si vous ne logez pas dans un des palaces
internationaux. |
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DORMIR |
| Le
Raffles Hôtel Le Royal est
de loin la meilleure adresse en ville. Palace colonial construit en
1929, il fut rénové par la chaîne Raffles qui le
gère actuellement. Très beaux espaces, bar, restaurant,
piscine et superbes boutiques, l’endroit tente de recréer avec
goût l’ambiance d’une époque glorieuse révolue.
Parmi les grands hôtels modernes, citons l’InterContinental Phnom Penh,
récent et pléthorique, ainsi que le Cambodiana
qui fut un temps géré par la chaîne Sofitel,
efficaces mais sans charme particulier. |
| Dans
la catégorie 2/3 étoiles, de nombreux petits hôtels
et guesthouses
remplissent la demande. Nous avons logé au Renaksé (tel : 722457), une
superbe maison nichée au fond d’un jardin face au palais royal.
L’emplacement est idéal, les chambres immenses (quoique un peu
sombres)
et l’endroit très convenable mais mériterait une petite
restauration.
Le hic principal du Renaksé (qui doit sûrement toucher
d’autres
établissements de la catégorie) est la
sûreté relative du personnel. En
effet, les biens que nous avons déposés dans le coffre de
l’hôtel n’ont
pas été restitués dans leur
intégralité, ce qui évidement est un comble
(se faire voler ses sous dans le coffre!). Les deux chambres du FCC
Phnom Penh (cf. MANGER) peuvent être une bonne alternative
à condition
de les retenir à temps, autant cet établissement est
convenable et
idéalement situé sur la corniche au bord du Tonlé
Sap. |
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MANGER / BOIRE
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| Ces
dix dernières années ont vu l’ouverture de nombreux
restaurants cambodgiens, thaï, laotiens, indiens, italiens etc.
dont la qualité peut varier du meilleur au pire (plus souvent
pire que meilleur). Un certain nombre d’établissements à
terrasses sont installés sur le Quai Sisowath, face au lac
Tonlé Sap, avec des terrasses souvent agréables. |
| La
meilleure adresse de la ville est selon notre humble avis le FCC Phnom Penh (Foreign
Correspondants Club). Restaurant Bar ou se retrouvent nombreux
expatriés qui viennent prendre un verre ou déguster un
savoureux repas grâce à une cuisine inventive mêlant
parfums d’orient et d’occident. Les murs sont souvent couverts par des
expositions de photographies. |
| Un
autre quartier qui bouge est la rue 240 avec un certain nombre
d’adresses sympas. The Shop
est un café boulangerie ou l’on viendra prendre un petit
déjeuner impérial, des sandwiches excitants avec
légumes croustillants et pains aux céréales et des
pâtisseries qui raviront les nostalgiques en manque du pays. |
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SE FAIRE UN SPA
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| Comme
dans toutes les villes d’Asie du Sud Est, Phnom Penh regorge de spas
dont la plupart sont de misérables officines dans lesquelles des
malheureuses jeunes filles s’efforcent avec un sourire artificiel
d’exciter la libido de mâles asiatiques ou occidentaux en
quête d’expériences pas tout à fait spirituelles.
Laissez ces endroits glauques et allez découvrir le raffinement
oriental dans des établissement sérieux ou les soins du
corps sont prodigués avec amour et professionnalisme. Bliss Spa (29, rue 240, près
de The Shop) est un lieu idyllique. Une petite cour avec une fontaine,
un accueil courtois, des massages remarquables et un sens du
détail poussé jusqu’au trou effectué dans le lit
à la hauteur de la tête avec, posé au sol, en
dessous, une vasque dans laquelle flottent des fleurs de lotus. Plaisir
des sens complet. |
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ACHETER |
| De
nombreuses boutiques proposent des articles originaux qui raviront les
amateurs de shopping. Des bijoux de Christine Gauthier chez Water Lily
(37 rue 240) aux cafetans couture de grand luxe chez Khmer Attitude
(Hôtel Raffles Le Royal) en passant par les curiosités
chez Bazar Art de Vivre (28 boulevard Sihanouk). La rue 240 abondamment
citée sur cette page est un bon spot pour se balader et
découvrir de nouvelles adresses intéressantes. |
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LIRE |
Avoir 20 ans à
Phnom Pehn, John Vin, ed. Alternatives, 2000
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Consulter
notre sélection bibliographique sur le page d'accueil Cambodge, Baron & Baron
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Il y a presque dix
officiers pour délivrer le visa d’entrée.
Ils sont assis les uns à côté des autres, le
passeport passe de main en main, avant de revenir à son
propriétaire. L’opération se déroule dans le
calme, sans cohue. Le cadre est avenant. L’aéroport de
Pochentong a été entièrement rénové
et donne l’impression de débarquer dans un pays paisible et
charmant. La route qui mène à Phnom Penh est
déjà un peu plus poussiéreuse, mais le centre de
la ville dégage une atmosphère de quiétude.
Espaces verts, pagodes, palmiers, immeubles coloniaux et corniche au
bord du lac Tonlé Sap. Notre hôtel, le Renaksé, est
en face du palais royal devant les portes duquel l’armée parade
en uniforme d’apparat. Une superbe demeure coloniale au fond d’un
jardin, tout à l’air décidément si agréable
après la fièvre de Bangkok que les conseils de prudence
du réceptionniste «be careful, very dangerous!» nous
paraissent déplacés. |
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1. Phnom Penh, palais royal, pavillon offert
par Napoléon III
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| Nous
accomplissons la visite qui s’impose au bon touriste de passage, celle
du Palais Royal et de la Pagode d’Argent. Complexe qui a son
équivalent à Bangkok mais qui semble ici tellement plus
élégant, moins chargé, et surtout moins
bondé de visiteurs. A côté de la grande salle du
trône dont le toit est couronné de quatre têtes
vaguement inspirées du Bayon à Angkor se trouve une
délicieuse construction de facture occidentalisante. Il s’agit
d’un pavillon offert par Napoléon III (toutes les structures de
ce palais datent de la seconde moitié du XIXe siècle et
du début du XXe) et qui brille par une délicatesse a
faire oublier les lourdeurs du style architectural associé
à ce personnage et dont la nauséabonde pâtisserie
qu’est l’opéra de Paris (Garnier) est l’expression la plus
illustre. Au sein du même complexe, la pagode d’argent tire son
nom du sol pavé de 6000 dalles en argent massif. Elle comporte
de nombreux objets précieux et est entourée d’une galerie
dont les murs sont tapissés en linéaire de scènes
du Ramayana,
épopée hindoue, qui se lisent sur plusieurs centaines de
mètres de long. |

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| 2. Phnom
Penh, Pagode d'Argent, fresques du Ramayana
(détail), 1909 |
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Sous
un ciel tantôt ensoleillé (il fait très chaud),
tantôt grisâtre, nous arpentons les avenues, allant d’une
pagode à un monument comme le très stalinien groupe
sculpté glorifiant l’amitié vietnamo-cambodgienne.
Parfois, on croise des moines bouddhistes couleur safran, parfois de
enfants à poil se baignant dans une fontaine. Comme d’habitude,
Patrick a déniché, sur le parcours, des bonnes adresses
dont un spa magnifique et un nombre de belles boutiques. Mon premier
achat est un étrange objet, une sorte de dragon en marionnette
suspendue destiné à être accroché, avec un
corps évidé. Zeina dit que ça peut être
Reahou, démon qui, ayant bu la liqueur d’immortalité, fut
puni par Vishnou qui lui coupa la tête et Patrick dit en avoir vu
un similaire chez une amie s’était rendue au Laos. La promenade
se poursuit et nous marchons sans plus vraiment savoir où nous
allons, ce qui ne nous inquiète pas outre mesure.
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| 3. les enfants de Phnom Penh
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La
dérive urbaine est un excellent mode de découverte.
Nous approchons d’un quartier blotti autour d’une pagode dont se
dégage la toiture flamboyante. Il y a là une
étroite ruelle bordée de misérables constructions
provisoires, comme dans les camps de réfugiés. Des vieux
sont assis par terre et nous sourient tandis que des enfants qui jouent
ne semblent pas spécialement réjouis de notre
présence. Nous nous faufilons jusqu’à l’entrée du
temple ou le principal nous reçoit avec bienveillance mais
étonnement. Le lieu de culte est constitué, à
l’intérieur, d’une vaste salle rectangulaire dont les murs sont
couverts de scènes de la vie de Bouddha peintes avec des
couleurs vives. Le principal nous demande quel bon vent nous
emmène, nous lui répondons simplement la
découverte, la promenade. C’est alors qu’il nous explique que
nous ne devrions pas traîner dans les parages. Le quartier que
nous avons franchi est composé de constructions illégales
occupant le jardin de la pagode. L’endroit est contrôlé
par les mafias locales et la criminalité y est aussi
élevée que dans les plus insalubres favelas de Rio.
Cerise sur le gâteau, les enfants aperçus toute à
l’heure ne jouaient pas. Il sniffent de la colle et roulent des
pétards, friandises gracieusement fournies par les parrains du
coin qui savent comment faire des investissements à long terme
en misant sur l’avenir.
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| 4. les
enfants de Phnom Penh. Le machin blanc dans la main de
la petite fille (en bas à dr) est un pétard |
| Bienvenue
à la réalité. Derrière son décor de
nostalgie tropicale, Phnom Penh est une cité de la peur, de la
misère, de l’insécurité et de la corruption. Un
moine du temple nous escorte jusqu’à la sortie du taudis et nous
donne des indications pour retrouver le chemin du centre. Zeina,
Patrick et moi ne sommes plus très rassurés et suivre les
pas de Guy Debord (la dérive) ne nous amuse plus tellement. Nous
longeons une avenue bordée par un interminable mur dont nous ne
voyons pas la fin. Nous aimerions sortir de là mais il n’y a pas
de taxis à Phnom Penh, les tuk tuk ne se trouvent que dans les
quartiers touristiques et le seul moyen de locomotion est la moto (un
passager derrière le motard) ce qui ne nous inspire pas vraiment
confiance d’autant que nous serions obligés de nous
séparer. Le plan de la ville nous dit que derrière cet
interminable mur se trouve une autre avenue plus
fréquentée, donc le salut. Nous voyons enfin, sur notre
droite, une ruelle qui s’y enfonce et pensons qu’il s’agit d’une
transversale reliant les deux artères. Sans hésiter, nous
nous enfonçons là dedans. Une ruelle, oui, droite, non.
C’est un labyrinthe, on tourne en rond sans savoir ou tout cela nous
mènera. Le quartier est désert, toutes les maisons sont
barricadées avec des fils barbelés, et notre
paranoïa prévoit des scénarii les uns plus
inquiétants que les autres. |
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| 5. Phnom Penh |
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Une
clairière. Des palmiers, des stupas, une petite construction
dans laquelle deux moines dorment à l’abri du soleil. L’endroit
est idyllique mais nous imaginons que c’est le moment, comme dans les
films américains de la guerre au Vietnam, ou un groupe de
truands va venir nous égorger et repartir avec nos appareils
photo et nos dollars. Personne ne vient, le calme se prolonge, mais un
peu plus loin, nous débouchons, enfin, sur le boulevard
annoncé ou nous attend un cyclopousse. Phnom Penh est ainsi
faite d’expériences intenses et parfois dangereuses. A l’issue
de notre voyage, un français nous a raconté qu’un jour,
sur une moto, il fut poursuivi par des gangsters qui se sont mis
à lui tirer dessus, et qu’il a réussi à les semer.
Phnom Penh n’est plus cette perle de l’Indochine ou il faisait bon de
vivre nonchalamment. De toutes façons, tous les magasins,
restaurants, bars ou autres établissement un tant soit peu clean
ne reçoivent qu’une clientèle d’expatriés. La
société civile cambodgienne semble avoir disparu dans les
décombres du génocide de Pol Pot.
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| 6. les
enfants de Phnom Penh |
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L’histoire
du Cambodge a pourtant laissé d’autres traces qui ne provoquent
que les louanges, comme celle de l’âge d’or des royaumes d’Angkor
dont des exemples admirables de la statuaire sont exposés au
musée national. Joyau de l’architecture coloniale de l’entre
deux guerres (mondiales), le musée a été construit
par un certain Groslier dans un style évoquant les palais et
pagodes khmères. L’espace est aménagé autour d’une
belle cour carrée au centre de laquelle trône, sous un
baldaquin, une statue nue et asexué provenant de la terrasse
dite du roi lépreux à Angkor Thom et qui fut
remplacée in situ par une copie.
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| 7. Phnom Penh, marché central
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Autre
vestige de la période coloniale, le marché central (Psar
Thmei) est une des constructions les plus étonnantes qui soient.
Un gros corps hémisphérique de style art déco
encadré de quatre bras, avec, évidement, toute la cohue
qui s’impose autour. A l’intérieur, c’est une vaste salle
circulaire sous la gigantesque voûte dont les ouvertures
multiples laissent pénétrer des rais de lumière.
Le son semble aspiré vers les hauteurs et nous sentons que nous
sommes dans le ventre d’une bête qui respire. C’est grouillant et
paisible à la fois. Dans la rue, un tuk tuk nous emmène
vers le Vat Phnom, le lieu le plus sacré de la ville.
Perché au sommet d’une colline, c’est un endroit qui attire les
dévots qui viennent y faire des vœux. Comme la nuit commence
à tomber, il n’y a plus personne d’autre que des singes pour
nous accueillir. Personne? Si, il y avait, en chemin, un agent de
sécurité qui nous a demandé des sous pour un droit
d’entrée qui ne nous donnait aucun droit mais, forts de nos
mésaventures égyptiennes, nous n’avions pas envie de le
contrarier.
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| 8. Les enfants de
Phnom Penh sous la pluie font du ski nautique avec
notre tuk tuk |
| Et puis il s’est mis à pleuvoir, pour nous rappeler
que nous étions encore en saison des pluies. Tout à coup,
la rue s’est transformée en lac, et les enfants se sont mis
à se baigner là dedans. Au passage de notre tuk tuk, ils
se sont accrochés à notre tuk tuk comme pour faire du ski
nautique. C’était très bizarre, après ça,
d’aller prendre un thé dans le salon feutré mais
rassurant du Raffles Le Royal, palace colonial où logeaient les
correspondants de guerre et qui fut généreusement
restauré dans les années 1990 par une chaîne haut
de gamme singapourienne. |
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Texte: Gregory Buchakjian. Photos:
Zeina Abirached (2), Gregory Buchakjian (1, 3-4), Patrick
Kassardjian (5-8)
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