1. HISTOIRES D'UNE VILLE
"(...) un jour, sur sa moto, il fut poursuivi par des gangsters qui se
sont mis à lui tirer dessus. Il a réussi à les
semer. Phnom Penh n’est plus cette perle de l’Indochine ou il faisait
bon de vivre nonchalamment."
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2. LE CAUCHEMAR, TOUJOURS
Retour sur l'horreur des Khmers Rouges. Les champs de la mort (Choeung
Ek), le Musée Tuol Sleng (prison S21) ou, sur des milliers de
photographies, des visages regardent leurs bourreaux.
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LE VOYAGE AU CAMBODGE : LES TEMPLES D'ANGKOR
1. ANGKOR WAT
"Le monde entier se précipite
aux portes d’Angkor Wat, comme il le fait au pied des pyramides, du Taj
Mahal et du Parthénon. Plus grand lieu de culte
jamais construit, seul le temple de Karnak peut soutenir la
concurrence (...)"
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2. ANGKOR THOM
"De loin, c’est un enchevêtrement
de tours hétéroclites, comme une étrange
forêt de concrétions minérales. Il y a 54 tours
couvertes de visages tous marqués d’un sourire
énigmatique (...)"
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3. BANTEAY SREI
"Malraux visite le petit temple de
Banteay Srei et y est particulièrement sensible à la
statuaire. Tellement sensible qu’il fait découper quatre
sculptures d’Apsaras afin de les ramener avec lui (...)"
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4. LA NATURE, LES RUINES
"Le Beng Maelea est bien plus sauvage
que les autres temples Il n’y a personne, et il ressort de cette
ambiance étrange une poésie romantique qui a du toucher
les artistes du XVIIIe s. qui peignaient les ruines de Rome (...)"
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GUIDES
Ne pas partir sans les indispensables Lonely Planet Cambodge (en
français) et Guide du Routard
Cambodge Laos.
Cambodge, une renaissance sous tension,
Géo, n.
291, mai 2003. Un dossier (par Carole Chatelain et Jean-Luc Coatalem)
riche d’un portrait de Phnom Penh, mais aussi du roi Sihanouk, une
approche de la passion française pour le Cambodge et les
débuts de la photographie à Angkor.
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SOCIÉTÉ & HISTOIRE
Un nombre de plus en plus consistant de publications se
penche sur l’histoire récente du pays et sa tragédie. On
citera La Machine
kmère rouge: Monti Santésok S-21, Rithy Panh et
Christine Chaumeau, ed. Flammarion, 2003 et S-21 ou le crime impuni
des Khmers rouges
de David Chandler, ed. Autrement, 2002. Sur place, le Documentation Centre of Cambodia (DG
Cam) est un organisme qui effectue un travail remarquable dans la
collecte, l’étude et la publication de documents. Stilled Lives,
Photographs from the Cambodian Genocide, Wynne Cougill et al,
2004 est un document inédit. Des biographies de Khmers rouges
à partir de photographies et de témoignages (le livre est
divisé en 3 sections : la base, les militaires, les cadres). On
y voit des charmantes fillettes posant dans un temple, des jeunes
premiers devant le décor kitsch du studio d’un photographe, et
d’autres personnages si attachants qui ont tous participé
à cette machine à tuer. Les biographies sont terribles,
pratiquement tous les protagonistes ont été
assassinés par le système dont ils faisaient partie.
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CARNETS DE VOYAGES / ILLUSTRATION / BANDE DESSINÉE
Damien Chavanat est illustrateur, photographe et graphiste.
Il aime flâner dans ce pays et a publié un petit livret Cambodge chez
Jalan Publications, 2004. Chavanat a aussi réalisé avec
Elsie Herberstein et Justin Creedy Smith un très joli Cambodge: Carnets de
voyages, ed. Seuil, 2003.
Angkor,
le royaume de Bouddha, Lorenzo Mattoti, Géo Hors-série: Le monde
dessiné, 2002. Des statues tachetées, un arbre qui
s’étale dans un
paysage vert, des couloirs en enfilade, dessins à l’encre ou au
crayon,
Mattoti donne le meilleur de lui-même et du site. Voir aussi Détours
khmers, Nicolas Journoud (texte et dessin), Thida Ao (photo), Grands
Reportages, n. 286, novembre 2005.
Cheap Charlie, The
ghost of Angkor Wat, ed. Swoffs, 2004. Loin de
l’esthétique de Mattoti et des autres, les aventures loufoques
d’un routard en vadrouille dans le pur style des comics (BD populaire
américaine).
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ART & ARCHITECTURE
La
bibliographie consacrée aux temples d'Angkor est sur notre page Siem Reap City Guide.
Le
site du Documentation Center of Cambodia
informe des projets et publications de cet organisme dont le mot
d’ordre est «Searching for the Truth» (à la
recherche de la vérité) et qui collecte toutes sortes
d’informations, données, documents concernant l’histoire
récente du pays notamment la période khmer rouge.
LA
VIDEOTHÈQUE
DE BARON & BARON
Film
culte pour Baron & Baron, Baraka de Ron
Fricke (1992) est un concentré visuel et sonore du monde entier.
Filmé dans 24 pays, il rend largement hommage au Cambodge
à travers des images, superbes, des temples d’Angkor et
d’autres, terrifiantes, de la prison de haute sécurité de
Tuol Seng.
The Killing Fields
(1984, titre français: La déchirure) de Roland
Joffé, avec Sam Waterston, Haing S. Ngor et John Malkovich est
un des films les plus mémorables des années 1980 et
l’intervention la plus remarquable dans la médiatisation de la
tragédie de ce pays. Un journaliste américain et son
assistant cambodgien couvrent le conflit armé au moment ou Phnom
Penh tombe sous la botte des khmers rouges. Les protagonistes sont
filmés au milieu de ce chaos dont personne ne se doute encore de
l’ampleur: reportages sur le front, scène d’enlèvement,
entrée triomphale des troupes de Pol Pot, attentes et angoisses
des correspondants étrangers dans le hall de leur hôtel
puis dans l’ambassade de France transformée en camp
retranchée. Et puis, l’horreur, les camps, l’humanité aux
tréfonds de l’inhumain avec Imagine
de John Lennon en
générique de fin.
S-21, la machine de
mort Khmère rouge (2003) de Rithy Panh est un
documentaire renversant qui a le mérite de confronter, sur les
lieux du crime, victimes (les rares survivants) et bourreaux (encore
fermement convaincus du bien fondé de leur action). Les
témoignages font froid dans le dos. Figure de proue du
cinéma cambodgien renaissant, Rithy Panh est à l’origine
de Neak sre
(1994, titre français: Les gens de la rizière),
témoignage touchant, quoique fastidieux, sur les planteurs de
riz et leur mode de vie et leurs misères; et de Les Artistes du
Théâtre Brûlé (2005) ou comment faire
renaitre les arts de la scène dans des infrastructures
totalement délabrées.
Deux frères
(2004) de Jean-Jacques Annaud est l’histoire de deux tigres d’Indochine
séparés par la captivité. D’une stupidité
déconcertante, le film a été tourné
à grands renforts de moyens dans des temples
délabrés dont le Beng Maelea et les belles images en
constituent l’unique intérêt.
Holy Lola (2004)
de Bertrand Tavernier avec Isabelle Carré et Jacques Gamblin
s’intéresse aux déboires d’un couple parti au Cambodge
adopter un enfant dans un orphelinat.
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LE CAMBODGE EN BREF
181 035 km² pour un peu plus de
13 millions d’habitants, le Cambodge est un assez petit pays au cœur de
l’Asie du Sud Est. Bordé par le Vietnam (à l’Est et au
Sud), le Laos (au Nord-Est), la Thaïlande (à l’Ouest et au
Nord) et le Golfe de Siam (au Sud-Ouest), c’est un territoire
arrosé par le Mékong dont le Lac Tonlé Sap est une
étonnante poche aquatique qui s’étire et se
rétrécit au gré des saisons.
Résumer
le Cambodge en deux mots pourrait faire dire que c’est
le pays du meilleur et du pire. Le pire, c’est l’histoire
récente du pays, les pogroms, la misère. Entre 1975 et
1979, le pays a connu un des régimes les plus hystériques
de l’histoire, celui des khmers rouges. Evacuation forcée des
villes, anéantissement du tissu social, travail forcé,
arrestations arbitraires, torture, exécutions sommaires, camps
d’extermination, les exploits de Pol Pot et de ses acolytes ne manquent
pas. Outre le bilan humain à la hauteur des critères
stalino-hitlériens (autour de 2 millions de morts, 3 selon les
vietnamiens), ce retour en arrière a profondément
affecté le pays. Trente ans après la tragédie, les
plaies sont visibles. Le Cambodge se meurt dans la misère, la
corruption et la criminalité, tandis que son voisin vietnamien,
qui a pourtant vécu une guerre assez coriace, connaît un
boom de développement que rien ne semble freiner. Le Cambodge
est un pays en manque de projets, en manque d’élite, en manque
de sang neuf. Le voyageur constatera la difficulté à
rencontrer des autochtones qui ne soient pas affectés à
son service d’une manière ou d’une autre (guide, chauffeur,
vendeur, masseuse, serveur, réceptionniste).
Le
seul projet sur lequel s’accorde les cambodgiens pour y accrocher
leur avenir, ce sont les temples d’Angkor, c'est-à-dire le
meilleur. Le Cambodge possède un patrimoine artistique d’une
ampleur considérable. Angkor, c’est l’image du pays. On le voit
sur le drapeau national, sur les étiquettes de bière, et
partout ailleurs. Angkor est la manne touristique du présent et
de l’avenir. Sauf que là aussi, tout n’est pas aussi rose. Il
devient déjà pratiquement impossible de visiter les
temples les plus connus en haute saison sans se faire piétiner
par les hordes de groupes coréens (ou autres, nous n’avons rien
contre les coréens!). Qui plus est, les temples connus, ce que
visitent les touristes, ne constituent que la partie immergée
d’un iceberg. Le site d’Angkor compte en effet plusieurs centaines de
temples dont nombreux croupissent dans la jungle et ne sont
visités que par les pillards qui leur arrachent leurs
décors sculptés. Le Cambodge est trop pauvre pour avoir
les moyens de protéger ses richesses.
Les
temples d’Angkor ne sont pas la seule attraction du pays. Il y a
d’autres temples, plus anciens, des villes, certaines coloniales et
endormies, des villages aux habitations en bois construites sur
pilotis. Les paysages du Lac Tonlé Sap, les vestiges de la
station climatique du Bokor avec son hôtel casino en ruines comme
dans les Hauts de hurlevent, les plages désuètes de
Sihanoukville. Et il y a la capitale, Phnom Penh, ses pagodes, son
marché colonial, et lieux de mémoire effrayants, une
étape indispensable pour comprendre le pays.
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MONNAIE
Le riel. Il est possible de faire un voyage dans le pays
sans en connaitre l'existence, tant le dollar US et le baht thailandais
sont présents sur le marché.
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SITUATION POLITIQUE
Fragile?
Certainement. Démocratique? Oui, en principe. Sûrement
plus démocratique que le Vietnam voisin. On y organise des
élections. Certes. Dans les faits, la pauvreté, la
corruption et le clientélisme restent endémiques.
Toujours pas de procès pour les anciens khmers rouges, donc
refus du régime de permettre le travail de mémoire. Pas
de vrai débat politique non plus. Le Cambodge trénaille
dans une situation d’après guerre qui semble arranger tout le
monde. Sauf la population.
>> VOYAGER AU CAMBODGE
Passeport
en cours de validité. Le visa peut être obtenu lors de
l’arrivée à l’aéroport. Ceux qui empruntent la
voie terrestre veilleront à prendre un visa auprès du
consulat du Cambodge à Bangkok ou Ho Chi Minh Ville.
Le
Cambodge compte deux aéroports ouverts au trafic international.
L’aéroport de Pochentong, à Phnom Penh et
l’aéroport d’Angkor à Siem Reap. Les deux
aérogares sont équipées de services (change,
boutiques, cafete) assurant le confort des passagers. De plus en plus
de voyageurs utilisent l’aéroport de Siem Reap pour se rendre
directement aux temples d’Angkor en évitant la capitale.
D’autres font un «open jaw», entrée par un point,
sortie par l’autre. Le Cambodge n’est relié qu’aux pays de la
région et pour le voyageur venu de loin, au moins une
correspondance sera nécessaire.
L’aéroport
de Pochentong à Phnom Penh est relié
à: Bangkok (Bangkok Air, Siem Reap Airways, Thai Airways),
Canton - Guangzhou
(China Southern), Hanoi (Vietnam Airlines), Hong Kong (Dragonair, Siem Reap Airways ), Ho
Chi Minh Ville (Vietnam Airlines), Kuala Lumpur (Malaysia Airlines),
Pékin (China Southern) et Singapour (Silkair) et Vientiane (Lao
Airlines)
L’aéroport
d’Angkor – Siem Reap est relié à :
Bangkok (Bangkok Air, Siem Reap Airways), Hanoi (Vietnam
Airlines), Hong Kong (Siem Reap Airways ), Ho Chi Minh Ville
(Vietnam Airlines), Kuala Lumpur (Malaysia Airlines), Luang Prabang (Siem Reap Airways ), Séoul
(Asiana), Singapour (Silkair) et Vientiane (Lao Airlines)
Il
est possible de se rendre au Cambodge par voie terrestre depuis la
Thaïlande (route longue et chaotique permettant de rejoindre Siem
Reap) et le Vietnam (route Ho Chi Minh Ville – Phnom Penh).
L’état de la frontière avec le Laos n’est pas très
clair.)
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TRANSPORTS INTÉRIEURS
Des
liaisons aériennes relient Phnom Penh à Siem Reap. Le
Cambodge a connu ces dernières années une succession de
compagnies aériennes qui ont disparu aussi vite qu’elles
étaient nées et qui sont aussi peu recommandables les
unes que les autres. Siem
Reap Airways semble le transporteur le plus sérieux
du moment et l’alternative la plus acceptable pour qui veut voyager
à bord d’un avion cambodgien.
Le
voyage en bus par voie terrestre dure 5-6h. Lui préférer
la traversée en bateau rapide sur le Lac Tonlé Sap. Le
trajet coûte à peu près 20 USD et comprend en
principe le transfert port- hôtel à l’arrivée.
Places numérotées, possibilité de s’installer sur
le toit pour contempler les superbes paysages, mais attention,
crème solaire indispensable, sinon, coup de soleil garanti. Le
réseau routier du Cambodge qui était dans un état
apocalyptique tend à s’améliorer tout en restant assez
inégal. En saison des pluies, ne pas s’étonner de se
retrouver sur une route brusquement interrompue car transformée
en lac!
Photo:
Phnom Penh, sur les bords du Lac
Tonlé Sap (Patrick Kassardjian). Texte, recherche et
documentation, Gregory Buchakjian.
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