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La
ville dans la ville.
Angkor
Thom, la citée fortifiée ou citée
murée est une enceinte carrée de 10 km2 au cœur de
laquelle se dressent certains des plus beaux monuments qui soient. Les
murs d’Angkor Thom sont percés de cinq portes monumentales, une
au milieu de chaque côté, et une cinquième,
à l’Est, dans l’axe de l’avenue de la victoire sur laquelle se
tenaient parades et autres festivités triomphales. Chaque porte
est surmontée d’une tour sur laquelle sont encastrés
quatre visages de Boddhisattva Avalokitésvara, un être
qui, dans la tradition bouddhiste, a renoncé à la
divinité afin de porter assistance à l’humanité.
De part et d’autre de la porte se trouvent des figures de 54 dieux
(à gauche) et 54 démons (à droite) tirant un
gigantesque serpent dans le Barattage de la Mer de lait, un mythe
créateur dans la mythologie hindoue. Ces statues sont dans leur
majorité très abîmées et nombre d’elles ont
été amputées par des pillards. |
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1. Angkor Thom, le Bayon
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Au
cœur d’Angkor Thom, se trouve le Bayon, sur lequel nous reviendrons
plus bas. Non loin de ce dernier (au nord), on verra le Baphuon, temple
pyramidal plus ancien en mauvais état et dont la chaussée
surélevée est la chose la plus intéressante, puis
le Phimeanakas ou « palais céleste », une pyramide
en latérite dont la forme rappelle celles que l’on trouve en
pays Maya. Il faut voir enfin la terrasse du roi lépreux et la
terrasse aux éléphants, esplanades
surélevées surplombant une vaste avenue ou
défilaient les armées, un exemple d’architecture
séculaire ou le sacré este quand même très
présent. Ne pas manquer les soubassements avec une galerie
couverte de figures sculptées dont un impressionnant Lokeshvara
- éléphant à cinq têtes. En voyant la photo
de cette créature étrange, notre ami Pierre Hage Boutros
s’est exclamé : « si il y avait la place, ils en auraient
mis encore plus ! »
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| 2. Angkor
Thom, le Bayon |
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Retour
au Bayon.
De loin, c’est un enchevêtrement de tours
hétéroclites, comme une étrange forêt de
concrétions minérales. Loin de la clarté graphique
que dégage la silhouette d’Angkor Wat, le grand temple construit
vers 1200 par Jayavarman VII donne une impression de chaos. C’est
d’ailleurs un lieu de culte assez singulier puisqu’il regroupe deux
religions à la fois, le bouddhisme auquel avait
adhéré le souverain, et l’hindouisme largement
pratiqué dans le royaume. Comme Angkor Wat, le Bayon est de plan
carré avec des galeries qui en font le tour. Les murs sont ici
couverts de scènes de batailles entre les khmers et leurs
alliés thaï et les chams, leurs ennemis intimes qui
peuplaient le centre de l’actuel Vietnam. Les images les plus
impressionnantes sont les reliefs de combat naval sur le Lac
Tonlé Sap avec, au premier plan (ou plutôt en bas, comme
si c’était sous les eaux), des scènes de vie quotidienne,
dont un accouchement. Dans de nombreuses salles, sur les colonnes – ou
plutôt piliers – sont finement sculptées de apsaras –
danseuses.
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| 3. Angkor
Thom, le Bayon
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Le
Bayon est surtout célèbre pour ses visages de pierre.
Comme pour les entrées d’Angkor Thom, ce sont des Boddhisattva
Avalokitésvara tournés vers les quatre points cardinaux.
Il y a 54 tours de différentes tailles savamment
ordonnées dans une sorte de labyrinthe de pierre. Les visages
sont tous marqués d’un sourire énigmatique. Tous se
ressemblent mais sont différents. On dit que le roi Jayavarman
VII s’est fait identifier aux Boddhisattva Avalokitésvara et que
l’ouvrage est doté d’un message politique. Le royaume khmer
comptait alors 54 provinces. Les 54 tours aux 54 x 4 visages souriants
symboliseraient le contrôle total du roi sur son territoire.
L’art au service de l’absolutisme, comme à Abou Simbel avec
Ramsès II, comme à Versailles avec Louis XIV.
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| 4. Angkor
Thom, le Bayon |
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Le
royaume de Jayavarman VII s’est éteint depuis des lustres.
Le Cambodge a sombré dans l’oubli, dans la guerre, dans la
misère. Enfouis dans la végétation, les temples
sont restés, pour témoigner de ce passé glorieux.
Parfois, la nature les a engloutis. Et Souvent, trop souvent, depuis
quelques décennies, on s’amuse à les démembrer de
leurs joyaux. Profitant de l’immensité du site, de l’isolement
de la région et des misérables ressources pour la
protection, les pillards ont découpé les temples, les ont
saigné à blanc, pour en extraire une tête, un
buste, qui, via Bangkok, irait orner le salon de collectionneurs peu
scrupuleux quand à l’origine de ce qu’ils achètent.
Faut-il rappeler, avant de s’insurger contre le laxisme des
autorités locales, que le trafic d’œuvre d’arts est comme celui
de la drogue. Tant qu’il y a de la demande, il continuera de
fonctionner.
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| 5. Angkor
Thom, le Bayon |
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