| > ALLER / VENIR |
| Vienne est assez excentrée par
rapport
à l’Europe Occidentale. Elle aussi proche d’Istanbul que de
Paris!
Schwerin, son aéroport est le hub de Austrian Airlines dont le réseau dessert
très correctement les villes d’Europe, d’Asie et les USA.
L’aéroport
est relié par bus à plusieurs points de la ville dont le
city air terminal, (le plus central). |
| Circuler dans Vienne n’est pas
très
compliqué. Il suffit de se repérer par rapport au ring
qui l’encercle. On peut en faire le tour en tramway très
pratique et agréable (à pied, c’est assez pesant). Pour
les quartiers plus périphériques, on peut compter sur
le métro (u-bahn) et le train régional (s-bahn).
Il est conseillé de prendre une tageskarte plutôt
que des tickets à l’unité. La Vienna Card permet
d’emprunter pendant 72h le réseau des transports en commun,
offre
50% de réduction sur le bus de l’aéroport et une remise
à l’entrée de certains musées. Les taxis sont un
peu moins chers qu’à Paris et certains sont prêts à
négocier le prix pour de longs trajets. |
| > DORMIR |
| L’ancienne capitale des Habsbourg
offre
aux nababs les fastes de l’empire dans toute leur splendeur dans des
palaces
aussi imposants que légendaires disposés autour du ring.
Rendez-vous
des têtes couronnées, l’Imperial mérite
son
nom. A coté de la Hofburg, le Sacher est surtout
célèbre pour sa
restauration, et, en face de l’Opéra, le Bristol est
aussi
une adresse réputée. Un peu en retrait, l’Im Palais
Schwarzenberg est plus intimiste (!) mais non moins somptueux.
Ces adresses ne sont recommandables que pour ceux qui ne comptent plus
leur argent, ou ceux qui veulent se contenter de la visite ou de la
nostalgie... |
| "Madame Sacher avait reçu en
son
établissement, avec l’espionnage et la discrétion voulue,
tout ce que l’Europe comptait de princes et de maréchaux, de
grands
d’Espagne et de pachas turcs, d’altesses russes et de cardinaux
roumains.
C’était elle qui avait jadis divulgué à Grossmama,
en visite chez ses fils, la recette de la Sacher Torte, un gâteau
au chocolat fourré de groseilles que nos cuisinières
mettaient
encore religieusement au four pour nos repas d’anniversaire."
Louise
Weiss, Mémoires d’une Européenne, II, 1919-34. |
| Vienne
offre de nos jours des adresses au charme plus contemporain. Das Triest est une ancienne gare
reliant Vienne à Trieste transformée en design hotel par
les bons soins du célèbre Sir Terence Conran. Le mobilier
sobre et élégant côtoie les souvenirs de la
grandeur impériale du lieu. Au cœur de la capitale, face
à la cathédrale, Do &
Co installé un hôtel de luxe dans le Haas Haus
de Hans Hollein. Une adresse de prestige et des chambres avec une vue
imprenable. Dans cette cour joue aussi The
Levante Parliament, à mi chemin entre l’hôtel,
la galerie d’art et l’espace de création industrielle. |
| Nous avons logé dans un
établissement
d’un tout autre calibre, la Pension Dr Geissler (1, Postgasse
14,
tel. 5332803, fax. 5332635). La façade a inspiré "Vladivostok
avenir radieux" (sic) aux rédacteurs du Routard
pourtant
pas vraiment snobs. Réception au 8e étage, chambres
dispersées
sur tous les étages. Avec ou sans douche, mais toujours sans
salle
de bains, la douche et le lavabo étant dans la chambre! WC au
palier, confort un peu spartiate mais propre et accueil sympathique.
L’emplacement idéal en plein centre et à deux pas du
Triangle
des Bermudes. Juste en face l’Hotel Post (1, Fleischmarkt 24),
est une meilleure affaire. Prix (presque) identiques mais confort plus
"civilisé" d'après le Rough Guide et
Gaby. |
| > MANGER |
| La gastronomie viennoise peut
être
en soi le but du voyage. Manger (et boire) dans cette ville est un
cérémonial
inoubliable qui s’opère à toute heure du jour. Plat
célébrissime associé à Vienne, le fameux schnitzel
(escalope), dont la réputation n’est pas
usurpée. Une tranche (mais quelle tranche!) ultra fine
accompagnée de sa traditionnelle salade de pommes de terre. Ce
légume est l’ingrédient principal d’une soupe elle aussi
viennoise et assez fameuse. On trouvera enfin un autre
étalage de plats en sauce (plus ou moins carnivores) dont le goulasch
hongrois. |
| Autre gloire nationale le café
et le chocolat viennois. Et les viennoiseries!
On dit que le croissant y a été inventé
d’après
les emblèmes des ottomans. En tout cas, les pâtisseries, torte,
et autres strudel, constituent ici
une quasi-obligation que les voyageurs (et leur balance) devront
prendre en considération. |
| Ces délices sont servis dans
des
lieux qui valent le détour pour leur seule ambiance. Les
cafés
viennois sont des institutions centenaires. Certains sont
légendaires,
comme Sacher
(Philhamonikerstrasse, 4), dans l’hôtel du même nom, ou fut
inventée la
célèbre sachertorte. Non moins légendaire,
Demel
(Kohlmarkt,
14) fournisseur des rois et des empereurs, propose, dans un
décor
spectaculaire (préférer la salle du fond, plus
dégagée)
un choix époustouflant de gâteaux. Les plus
téméraires choisiront l’Anna Demel Torte, dont la
tranche, haute de près de 20 cm dont plus de 50% de chocolat!
Autres adresses fameuses, le Café Central (Herrengasse),
avec son immense salle aux colonnes gothiques, et l’excellent Café
Schwarzenberg (sur la place du même nom) qui sert une version
au poulet du schnitzel, et ceci, bien avant la crise de la viande. |
| > BOIRE / DANSER |
| La vie nocturne se concentre dans le
quartier
dit du Triangle des Bermudes, au nord du centre historique. Des
bars et clubs sont regroupés sur deux ou trois rues
arpentées
par une faune jeune et bon enfant qui, le samedi soir, fait la
tournée
des grands ducs. Les amateurs d’architecture commenceront au Rote
Angel
(Rabensteig, 5), un des premiers projets de Coop Himmelblau avec sa
désormais célèbre porte enfoncée dans le
mur. L'ambiance n'est malheureusement plus ce qu'elle était.
Ceux qui n’ont pas encore
dîné pourront passer au Ma Pitom
(Seitenstettengasse,
5) qui sert une cuisine élémentaire mais correcte. Les
tables
hautes du bar sont sympas et l’ambiance jeune et
décontractée
est propice aux bonnes rencontres. |
| > ÉCOUTER / VOIR |
| La ville de Mozart et de Mahler garde
son
prestige de capitale musicale. Les concerts y florissent en cours
d’année,
mais ce n’est pas une raison pour aller écouter n’importe quoi.
Les halls d’hôtels sont tapissés d’affiches proposant des
prestations dans des lieux prestigieux (Schonbrunn, Hofburg...), elles
sont le plus souvent exécutées par des orchestres
touristiques,
plus proches des mariachis du Mexique que de la Philharmonique de
Berlin,
parfois en costumes d’époque (laquelle?) avec un programme
immuable:
Ein Klein Nacht Musik (La petite Musique de Nuit) de Mozart et le Beau
Danube
Bleu de Johan Straus. A fuir! Ce sera évidement bien plus
difficile
de dénicher des places pour les spectacles de haut niveau, mais
le
jeu vaut la chandelle. La Philharmonique de Vienne est un des
orchestres les plus côtés au monde, et ses concerts se
déroulent
généralement dans l’intéressante Grosser Saal du Musikverein
en forme de boite de chaussures. Encore plus chic, l’Opéra.
Bien que fréquenté par les touristes, il reste un lieu de
rendez-vous de la société viennoise. Les spectacles sont
là aussi du meilleur niveau, mais les places difficiles à
obtenir. A moins d’avoir déjà réservé, il
faut venir le jour même faire la queue deux heures avant le
spectacle. Pour les germanophones, Vienne est aussi une
ville théâtrale très intéressante. |
| > LIRE |
GUIDES
Le Guide Voir consacré à Vienne est
plein de beaux schémas et d’image à ouvrir les
appétits les plus récalcitrants. Dans un tout autre
esprit, le guide Autrement propose une anthologie
littéraire et des promenades non traditionnelles. |
Vienne romantique et contemporaine,
Antoine Ozee, Grands Reportages, n. 277, fevrier 2005. Ce
dossier,
qui reprend les thèmes des bals et des cafés,
s'intéresse
aussi au MuesumsQuartier dans "Le MQ, rafraichisseur d'esprit".
|
Vienne l'impératrice du XXIe
siècle, Marc Dolizet, Grands
Reportages, mars 1999, n. 206, aborde les thèmes intemporels
de
la ville que sont les bals d'empires (entre Johan Strauss et les
Rolling
Stones), l'école d'équitation espagnoles (425 ans de
tradition)
et couleur café (résidence secondaire).
|
| Arte on tour à Vienne, dossier Thema. |
ART & ARCHITECTURE
Vienne, le Guide de l’architecture contemporaine,
Ingerid Helsing Almaas, Ellipsis-Konemann 1995, est un bel outil pour
faire découvrir les belles choses qui n’est pas dans les guides
touristiques. |
| Century City: Art and Culture in the Modern Metropolis -
Vienna 1908-1918 City in Analysis, la manifestation d'ouverture
de
la Tate Modern à Londres. |
| Dossier Vienne: au coeur d'une
nouvelle
Europe / la crise des musées, Art Press, 272,
octobre
2001. |
| INTERNET |
| info.wien.at,
l'office du tourisme de Vienne (en français) |
| Fondation Generali |
| MAK
- Musée des Arts Appliqués et d'Art Contemporain |
| Museumsquartier: Architekturzentrum Wien,
MUMOK
musée d’art contemporain / Collection Ludwig, Collection Leopold,
et Kunsthalle. |
| Museum
Liechtenstein |
| Albertina
|
| Naturhistorisches
Museum |
| Vienna Hofburg Appartements
impériaux, Musée Sisi et Collection d'argenterie. |
| Hofmobiliendepot Musée
impérial du meuble |
| Château de Schönbrunn
(Schönbrunn Palace), Musée pour enfants
(Children's Museum), Jardin du prince héritier (Privy Garden),
Labyrinthe
(Maze and Labyrinth) et Gloriette avec Terrassee panoramique. |
|
| Le
ciel est gris. Aussi gris que les façades qui meublent le ring
et ses environs. Façades qui n’ont pas du être
ravalées depuis la chute de l’Empire Austro-hongrois et qui
évoquent sa grandeur perdue. Vienne est une évocation
permanente, obsessionnelle. Non pour la quantité de vielles
bâtisses, mais à cause de leur présence. Aussi
grandioses et imposantes que Vienne est petite. Aussi petite que
Genève, mais plus monumentale que Paris, cette ville semble
porter des habits trop grands. |
|
-
autour du ring -
Ce ring
– anneau –ceinture la ville, il délimite sa partie centrale des
quartiers périphériques. Comme celui de Beyrouth, mais de
manière moins violente, cette ligne circulaire est à la
fois un axe de circulation giratoire et une frontière avec un
dedans et un dehors. C’est enfin, last but not least, une vitrine de la
puissance des Habsbourg et de leur empire. C’est sur le Ring qu’ont
été édifié les monuments les plus somptueux
de Vienne. Les temples de la culture [l’Opéra, le Burgtheater,
l’Université, et, face à face, le Kunsthistorsiches
Museum - Musée d’Histoire de l’Art - et le Naturhistorisches
Museum - Musée d’Histoire Naturelle]; mais aussi et surtout les
citadelles du pouvoir avec l’immense complexe de la Hofburg et du Neue
Burg.
-
Hofburg + Neue Burg -
Véritable
ville dans la ville, labyrinthe orwellien aux façades
angoissantes, le complexe Hofburg et cie est visité par
les gens pour diverses raisons. Les nostalgiques, qui marchent sur les
traces de Sissi impératrice dans les appartements royaux. Les
amateurs d’archéologie qui cherchent à Vienne
l’équivalent du Pergamon Museum de Berlin iront au Musée
d’Ephèse. Dans des espaces baroques courbes et
déserts apparaît une immense frise antique de 40m de long
dont les motifs sculptés se détachent de manière
presque surréaliste du décor des salles qui semblent
sortir d’un film de Peter Greenaway. Le visiteur déjà
dérouté se retrouvera, au hasard de ses
déambulations dans des galeries habitées par des
armées de soldats en armures ou des collections d’instruments de
musique, puisque le Musée d’Ephèse communique de
l’intérieur avec les deux musées consacrés aux
spécialités qui viennent d’être citées.
Entre l’entrée du Musée d’Ephèse et le ring se
trouve l’accès à l’indispensable Musée
Ethnographique. Ici, l’aile courbe de la Neue Burg s’achève
par un pavillon dont l’intérieur s’articule autour d’une cour
couverte, à la manière d’un palazzo florentin. Les
collections couvrent les arts d’Orient, d’Asie, d’Afrique (magnifiques
statuettes et masques) et des Amériques. La collection mexicaine
dite de Maximilien est le clou de la visite et couvre toutes les
civilisations qui se sont succédées sur ce territoire:
les Olmèques, Téotihuacan, Monte Alban,
les Mayas, et surtout les Aztèques avec la
somptueuse parure considérée à tort comme celle
de Montezuma, dans une vitrine à l’éclairage
spectaculaire. Arrivés sur Josefsplatz, de l’autre cotés
du bâtiment, les esprits curieux auront le courage d’arpenter les
escaliers de la Bibliothèque Nationale aux horaires
mystérieux. Leurs efforts seront récompensés par
la Prunksaal construite par Fischer von Erlach. Des proportions
vertigineuses, une perspective à couper le souffle, des
détails baroques somptueux, bref une expérience
inoubliable. Ceux qui aiment les rituels assisteront, juste à
coté, aux spectacles (ou aux répétitions, pourquoi
payer le prix fort pour voir la même chose?) de la
célèbre Ecole d’Equitation Espagnole. Il faudra
aussi entrer dans l’Augustinerkirche, pas vraiment pour son
architecture, et puis il y a tellement d’églises dans Vienne,
mais pour le fascinant cénotaphe en marbre blanc
réalisé par le génial Antonio Canova,
champion du Néoclassicisme. Des personnages se dirigent
lentement vers l’intérieur obscur d’une inquiétante
pyramide. brrr.
-
l'empereur et l'architecte -
A
l’extrémité occidentale de la Hofburg, la porte
principale s’ouvre sur Michaelerplatz. En face, une banque, dans un
immeuble
simple et élégant. Normal dirions nous. Pourtant, cet
immeuble
provoqua des drames. Construit par Adolf Loos en 1909,
il fut considéré comme une atteinte à l’empereur
François
Joseph et à son goût. Encore faut-il qu’il en ait eu!
François
Joseph ne dit rien. Il fit simplement fermer les rideaux du palais
donnant
sur la place ou il ne mit plus jamais les pieds. Cette réaction
est
révélatrice. François Joseph n’a peut être
pas de goût, il n’est toutefois pas stupide. Il ne peut ignorer
que
l’apparition de l’architecture de Loos et son Crime et Ornement
n’est pas qu'une fantaisie d’artiste illuminé. Elle annonce une
ère nouvelle, celle de la modernité et sonne le glas
d’une
période révolue. L’Empire n’a plus que quelques
années
à vivre...
-
coupoles baroques et art-nouveau -
Dans
cette ville en tourmente qui danse encore des valses surannées
de Straus, la modernité est en train de prendre forme. Elle se
hisse derrière le flambeau de la Sécession,
mouvement
dont le nom en dit long et auquel est associé le pavillon du
même nom. Situé dans un quartier inquiétant du sud
du Ring, ce petit bijou été construit par Joseph
Maria Olbrich avec la vocation d’abriter des expositions d’art
moderne, qu’il assure
toujours. Au sous-sol, Gustav Klimt a peint sa
célèbre frise Beethoven avec la volonté de
créer une Gesamtekunstwerk – oeuvre d’art totale –
alliant peinture, musique
et architecture. La Sécession est une structure simple et
blanche
couverte de motifs art-nouveau et coiffée d’une fascinante
coupole
de feuilles dorées. Non loin de là, au sud du ring, un
autre
édifice à coupole marque le paysage: la Karlskirche
– église Saint Charles – de Fischer von Erlach (celui de la
Bibliothèque!). Contraste saisissant entre un manifeste à
la modernité, sobre
et discret, face à cette façade baroque, qui de peur de
passer inaperçue, est flanquée de deux minarets torses,
en
souvenir peut-être, au passage des ottomans, mais sans aucune
utilité
fonctionnelle ou sémantique. Entre la Secession et l'Opernring,
se trouve l’Akadmie der Bidende Kunste (Académie des
Beaux-Arts).
Un bâtiment rouge si imposant dont on peut se demander comment
font
des étudiants en art pour l’ignorer. Adolf Hitler n’a pas eu
l’occasion
de se poser cette question puisqu’il fut (malheureusement pour
l’humanité)
recalé. L’intérieur est relativement vétuste, ce
qui, ici devient un bienfait. Au rez de chaussée on peut voir de
temps à autres des expositions (d’artistes invités ou de
travaux d’étudiants) fort intéressantes. Les collections
de peinture sont au 2e étage. Quel luxe d’avoir, entre salles de
classes et ateliers, une galerie abritant quelques chefs-d’œuvre dont
le Triptyque du Jugement Dernier de Jérôme Bosch
et le pathétique Tarquin et Lucrèce de Titien.
Rien à dire, Vienne est richement dotée. Il suffit
d’aller, juste à coté, à l’Albertina, unes des plus riches
collections de dessins au monde qui organise des expositions de premier
ordre, ou de se précipiter au Museum
Liechtenstein abritant dans le palais du même nom les
collections d’art baroque (fameux tableaux de Rubens dont une Venus au mirroir bien charnue) des
princes d’un
des plus pays du monde.
-
autour de karlsplatz -
A
cette paire aussi imposante que spectaculaire répond une autre,
celle des deux petits pavillons de métro
réalisés par le grand Otto Wagner. Ils ont,
depuis leur insertion dans ce site, changé de fonction, sans
forcément perdre en substance. Ce quartier du sud du Ring est
décidément assez déroutant. Entre la Karlspltatz
et la Sécession, la Kunsthalle a l’air d’avoir été
parachutée sur un terrain vague. Salle d’expo temporaires d’art
contemporain, elle semble, avec ses échafaudages,
inachevée bien que fort décrépie. Profitons en
pour inviter les amateurs à se diriger vers la Fondation
Generali, sur Wiedener Hauptstrasse, plus au sud. Dans un immeuble
bourgeois et
discret, on peut y découvrir, au gré de la programmation,
des expositions et des installations de grande qualité. On a eu
droit, ces emps, à Gordon Matta Clark, Vivencias,
avec des artistes d'Amérique latine, et Shopping.
Retour, vers Karlsplatz, au Historisches Museum
dont l’architecture austère post-apocalyptique fera fuir plus
d’un.
Dans les salles sombres et désertes, les rares visiteurs auront
le loisir de découvrir statues médiévales et
blasons,
mais le 1er étage retiendra l’attention avec une grande maquette
de la ville de Vienne (très utile pour se repérer) et
quelques
oeuvres de Egon Schiele.
-
au Belvédère -
Egon
Schiele, venons-en! C’est dans l’Osterreiche Galerie que se
trouvent, avec Klimt et Kokoschka, certaines de ses
plus belles toiles. L’Osterreiche Galerie niche au Belvédère,
charmant ensemble palatial, moins oppressant que la Hofburg et moins
kitsch que Shonbrunn. Le Belvédère est constitué
de deux bâtiments, le Belvédère supérieur et
le Belvédère inférieur, reliés par un
jardin à la française orné de fontaines. Le
Belvédère supérieur
est une des plus grandes attraction touristiques de la ville. Les
foules
se précipitent dans ses salons aux boiseries dorées pour
se prosterner face aux portraits de femmes bourgeoises et
guindées
de Gustav Klimt et accéder à l’illumination suprême
avec son Baiser, aussi scintillant que les enseignes lumineuses
de Shanghai. Ils s’émouvront ensuite au spectacle de l’œuvre
pathétique Oskar Kokoschka le tourmenté amant de la
sulfureuse Alma Mahler. Ils pourront enfin constater l’étendue
du caractère pornographique de la peinture d’Egon Schiele sans
forcément savoir que ce sont ses dessins, qui ne sont pas
exposés ici, qui l’ont mené
en prison pour ce délit. On visite généralement le
Belvédère supérieur avant le
Belvédère inférieur. Tout simplement parce que
c’est plus agréable de descendre les jardins plutôt que de
les arpenter, et de profiter ainsi du magnifique panorama qu’ils
offrent sur la ville. Le Belvédère inférieur
n’attire que les amateurs d’art baroque autrichien.
Les autres ne connaissent pas Franz Xavier Messerschmitt,
sculpteur génial qui a réalisé une série de
Caractères et d’Expressions d’une
puissance époustouflante. La promenade débouche sur
l’élégante Schwarzenberg Platz bordée de
beaux palais, d’élégantes ambassades (France,
Yougoslavie) avec, en son centre, le très stalinien Monument
Soviétique qui rappelle le passage de l’armée rouge dans
la Vienne en ruines de 1945.
|
|
-
en quête de modernité -
La
structure du Ring et la disposition des monuments incite à
tourner en rond. Dernière intervention en date, l’installation
du Museumsquartier. Initié en 1994 ce "Beaubourg
autrichien" - Otto Kapfinger dixit -
s'est achevé en 2001. Dans des anciennes écuries
construites par Fischer von Erlach père et fils, on a
regroupé un nombre considérable d'institutions
culturelles et artistiques autrefois dispersées dans des locaux
pas
forcement commodes. On retrouve une médiathèque, l'Architekturzentrum
Wien, un musée d’architecture, le MUMOK musée
d’art contemporain / Collection Ludwig, jusque là divisé
dans deux lieux, qui se retrouve dans le batiment conçu par le
cabinet Ortner
& Ortner, la Collection Leopold, qui rassemble un ensemble
incomparable
d’œuvres de Egon Schiele et la Kunsthalle, lieu d'expositions
temporaires. Ce projet ambitieux a permis de donner à la
scène contemporaine viennoise - jusque là dynamique
mais
fragmentée - une vitrine de stature internationale.
Au moment ou le Museumsquartier voyait le jour, un autre projet
architectural d'une ampleur non moins considérable était
en cours: Celui des Gasomètres. Il s'agit de quatre immenses
cuves construites à la fin du XIXe siècle et
laissées à l'abandon depuis un moment, qui furent
réaménagées en espaces habitables. Chaque
édifice fut confié à un architecte: Le
gazomètre A pour Jean Nouvel, le B pour Coop Himmelb(l)au qui
ont greffé une tour qui vient s'aggriper sur la vieille
construction en brique, le C pour Manfred Wehdorn et le D pour Wilhelm
Holzbauer.
Longtemps,
le flambeau de la modernité a été brandi par une
institution dont on n'attendait pas tant, le Musée des Arts
Appliqués. Le MAK -
Musée des Arts Appliqués – est le réceptacle de
collections de mobilier biedermeyer si chères à
l’histoire
de cette ville, de décors collections jugenstil et d’objets
islamiques
et asiatiques. On voit mal ce que l’art contemporain vient faire
là
dedans, mais c’était sans compter avec Peter Noever, grand ami
et chantre des architectes déconstructivistes qui a pris la
direction
de la maison. La scénographie a été revue, Les
chaises sont alignées derrière un voile blanc et
éclairées
en contre-jour. Les collections sont présentées dans un
contexte résolument post-moderne et la visite ne ressemble plus
à l’idée que l’on se fait d’un musée d’art
décoratifs. Mais ce n’est pas tout. L’institution a
décidé de se mettre au service de l’art et de
l’architecture contemporains, avec dès l'entrée, une
maquette de la Vitra Fire Station de Zaha Hadid qui s'envole au
dessus du visiteur dans le patio central. Dans les salles des
étages supérieurs sont exposées photos,
installations, maquettes de Gordon Matta-Clark, Richard Long et autres
créateurs actuels. Derrière des façades
néoclassiques, Vienne
bouge! A quelques pas de là, Falkestrasse, une petite rue
reliant le
Ring à Dominikanerbastei. Des immeubles sages et bourgeois, au
toit
d’un desquels surgit une carapace de verre et d’acier. Vision
science-fictionnesque, cette structure couvre le cabinet d’avocats
réalisé sur la Falkestrasse en 1988 par Coop
Himmelb(l)au (Wolf Prix et
Helmut Swiczinsky), une des d’œuvres manifestes de l’architecture
déconstructiviste.
|
|
| Ce
quartier, assez calme et résidentiel, ne manque pas d’attraits
architecturaux. Un des jalons les plus célèbres de la
Sécession
viennoise est la Postparkasse (caisse d’épargne)
construite
par Otto Wagner au début du XXe siècle (Georg Coch
Platz).
La poste viennoise a gardé l’habitude de travailler avec des
architectes avant-gardistes, on le voit avec ses guichets de la
Fleischmarkt, non loin de là, où Adolf Krischanitz et
Heinz Neumann ont aménagé en 1994 un éclairage
avec des réflecteurs en acier, qui,
de nuit, transforme radicalement ce vieux bâtiment du XVIIIe
siècle. Cette rue se prolonge vers la région de la Grande
Synagogue, dite le Triangle des Bermudes, qui (ça tombe bien)
est un des hauts
lieux de la vie nocturne de la ville. Les bars et pubs sont
regroupés dans un périmètre assez restreint, ce
qui permet aux noctambules de faire assez facilement la tournée
des grands ducs, en commençant par le légendaire ‘Roter
Angel’, une des premières oeuvres de Coop Himmelblau. La
promenade peut se prolonger vers l’est, du coté de l’Altes
Rathaus, pour rejoindre la Bourse sur le Schottenring, ou
redescendre dans le centre, vers Stephansplatz. |
-
autour de Stephansplatz -
Vienne
c’est un cercle – le ring – Stephansplatz est son centre. Avec la
cathédrale – Stephansdom (Saint Etienne) – remarquable
édifice gothique, gravement atteint par les bombardements de
1945,
mais heureusement reconstruit par les habitants de la ville. La
cathédrale
marque le centre du cercle, elle reste un landmark de la ville, au
delà
de toutes les tendances, un élément visuel qui domine,
par
sa hauteur, le paysage urbain. On pourra traîner et
méditer
dans la nef imposante et richement décorée. Les plus
courageux
arpenteront les marches de la tour pour apprécier le panorama.
En
sortant, le promeneur appréciera l’animation de
l’agréable
place piétonne beaucoup plus conviviale que l’impérial
Ring.
Face à la cathédrale, une autre construction en hauteur
marque
l’attention. Façade en mur rideau, lignes courbes un peu
tarabiscotées,
c’est le Haas Haus ci-dessus), un centre commercial
réalisé
par Hans Hollein entre 1985 et 1990, un des architectes les
plus audacieux, les plus
controversés et les plus critiqués de la Vienne
postmoderne.
Un délire? Peut être, mais de toutes façons, la
ville
en a vu d’autres. Il suffit de faire quelques pas, vers le Graben et de
découvrir la stupéfiante Colonne de la Peste
plantée
en son centre. Cet amas de formes et de créatures
sculptées
dans la plus pure tradition rococo s’élève au centre de
cette place allongée bordée de beaux magasins. Le
quartier
est plein de bijouteries (deux ont été
décorées par Hollein) et d’horlogeries. Il y a aussi,
comme partout dans cette ville, beaucoup d’églises, dont
la Peterkirsche (église Saint Pierre), avec une
façade assez discrète et un intérieur, quoique
baroque, très propice au recueillement. Sans doute un des plus
beaux lieux de culte de Vienne. |
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