| L’île
des musées, le nom à lui seul fait rêver.
Amarrée à la Spree, cette petite surface au cœur de
Berlin abrite depuis
le XIXe siècle une concentration historique de musées
comme
seuls les allemands savent en faire. L’île des musées a
trouvé sa vocation avec la création de l’Altes Museum,
qui, comme l’indique son nom, est le plus ancien des musées de
Berlin. Commandé par l’empereur
Frédéric
Guillaume III à Wilhelm von Humboldt pour abriter ses
collections d’art et les exposer au public, il fut conçu par le
génial architecte
Friedrich
Schinkel. Bien que le concept de collection et de musée ne soit
pas
particulièrement récent (il remonte jusqu’à
l’Alexandrie
des Ptolémées) l’Altes Museum de Schinkel est le premier
édifice
au monde conçu exclusivement comme lieu de conservation et
d’exposition
d’œuvres d’art. Les 150 ans d'histoire de ce lieu ne sont pas
prêtes de s'arrêter ici. Outre le classement au Patrimoine
Mondial de l'UNESCO, les rénovations de
musées (achevées ou en cours), de nouveaux projets, comme
la promenade archéologique et la James-Simon Galerie devraient
lui donner de nouveaux points de repères.
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Altes
Museum -
Ouvert
en 1830 sous le nom de Königliches Museum, L’Altes
Museum est un grand un
édifice néoclassique avec une large
façade rythmée par des colonnes ioniques. Le mur de fond
du portique est rouge. Ce format régulier et simple sera repris
un siècle plus tard par Mies van der Rohe lors du projet de la
Neue Nationalgalerie. A l’intérieur, l’espace s’articule, contre
toute attente, autour d’une rotonde. Schinkel, par sa
sensibilité romantique, sait se montrer imprévisible sans
ses jeux de formes. Le carré cache donc un cercle. Dans cet
espace élégant, les collections d’antiquités
classiques
[Antikensammlung], principalement la statuaire greco-romaines.
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Neues
Musuem -
Derrière
l’Altes Museum se trouve le Neue Museum, qui comme son nom l’indique,
fut construit après le premier par Friedrich August Stüler.
Bien que datant du XIXe siècle, ce musée ne trouva jamais
de destination finale. Il est actuellement en cours de
rénovation, le projet ayant été confié au
bureau d’architecture de David Chipperfield.
Sa réouverture est annoncée pour 2009. Il devrait alors
abriter
les collections d'art préhistoriques et surtout le fameux
Musée
Egyptien, actuellement installé à Charlottenburg.
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Alte
Nationalgalerie -
En
face du Neue Museum se trouve une espèce de temple corinthien
qui se voulait, à sa construction, être le temple de la
peinture allemande. La Alte Nationalgalerie (ancienne galerie
nationale) vient de rouvrir ses portes après une longue
période de restauration. Elle est
consacrée à la peinture du XIXe siècle, qui
était,
lors de sa construction, peinture contemporaine. Le gros lot, c’est le
romantisme
allemand, avec les chefs d’ouvre de Caspar David Friedrich : Le
Moine
et la Mer, une oeuvre déroutante de simplicité et de
modernité, avec un ciel immense et une figure humaine minuscule.
Cette toile, tout comme Clair de Lune, L’Arbre solitaire,
Watzmann et d’autres paysages, augure de la vision
romantique de Friedrich d’un
monde immense et d’une nature magnifiée face à laquelle
l’homme n’est presque rien. N’oublions pas l’Abbaye en ruine,
composition sinistre par ses couleurs blafardes, une vision de fin du
monde? Ce goût pour le fantastique est partagé par
Friedrich Schinkel qui était aussi peintre. Son Gouffre
est un paysage assez angoissant. La peinture allemande c’est aussi le
réalisme parfois cru de Adolf von Menzel et le symbolisme qui se
pose en successeur du romantisme. Arnold Böcklin, bien que Suisse,
fut promu chef de file de ce courant germanique ou le
métaphysique et la mort sont omniprésents. Au coeur de sa
carrière, une oeuvre mythique, l’Ile des morts. On verra
aussi,
les peintures un peu misogynes de Franz von Stück. Dernier
chapitre,
non prévu lors de la construction du musée:
l’impressionnisme
français. Un charmant Renoir (sous le soleil) et un
merveilleux
Degas (chez la modiste), des Manet et autres Monet...
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Pergamon Museum -
De
l’autre coté de l’île des musées se trouve un des
plus gros morceaux de la ville, le Pergamon Museum. On y accède
par une passerelle depuis la rive gauche de la Spree, il ne communique
pas avec le reste de l’île. D'une richesse sans pareilles au
monde avec ses collections d'architectures classiques: L'Autel de
Pergame, qui a donné sa forme et son nom au musée,
vient d’Asie Mineure (actuelle Turquie). Un petit tempietto
hellénistique en parfait état de conservation. La base
sur
laquelle il est posé est couverte de scènes
sculptées représentant une gigantomachie [la lutte des
dieux contre les géants]. Effrayant. Non loin, de là,
passées quelques colonnes provenant de différents pays du
bassin méditerranéen, on se retrouve face à une
gigantesque façade hellénistique à deux niveaux
qui rappelle un peu le Khazneh de Pétra: la Porte
du Marché de Milet. Derrière celle-ci, le voyage est
rapide, puisqu’on se retrouve à la Porte d'Ishtar de
Babylone, avec son décor en brique glacée bleues. La
porte est gardée par des animaux mythiques. Une maquette du site
indique que nous ne voyons ici qu’une partie de cet ensemble monumental
et que
les parties supérieures sont toujours en pièces
détachées, dans des cartons, faute de place!!! Le dernier
monument à sortir
de ce puzzle géant est la et Façade du Palais
Omeyyade de
Mshatta, ramenée de Jordanie, avec son décor de
motifs
triangulaires rythmés et ornés de motifs
végétaux
et animaux. Un délice. Construit au début du XXe
siècle par Alfred Messel et Ludwig Hoffmann, le Pergamonmuseum
est en chantier jusqu’en 2015, aux bons soins de l’architecte allemand
Oswald Maria Ungers.
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Bode
Museum -
Au
bout de l’île, on reconnaît la façade du Bode
Museum, avec sa coupole. Le Bode Museum était originellement
nommé Kaiser Friedrich Museum. Il fut débaptisé au
profit d’un des plus grands historiens de l’art que l’Allemagne ait
connu. Renové entre 1997 et 2006 par les architectes Heinz Tesar
(Vienne) et Christoph Fischer (Berlin), il abrite désormais les
collections du Museum für Byzantinische Kunst (art byzantin) et
des Skulpturensammlung (Sculptures).
L’île
abrite aussi un certain nombre d’édifices marquants de la ville:
Au prolongement d’Unter den Linden se trouvait l’ex. Présidence
de l’ex. RDA. Ni beau, ni laid, cet éloge au socialisme qui
était aussi une ‘maison du peuple’ avait été
construit dans le style moderniste sur les ruines de l’ancien Palais
Royal des Hohenzollern que les autorités de l’époque
n’avaient pas hésité à raser. L’histoire suit des
étranges retournements puisqu’il est question aujourd’hui de le
détruire pour reconstruire à nouveau l’ancien palais! Non
loin de là, l’énorme Cathédrale (Berliner Dom),
toujours imposante avec sa grosse coupole, mais peu attrayante, a
survécu
à ces affres. Bien que toujours criblée d’impacts de
balles
et d’obus, elle semble protéger l’élégante
façade
de l’Altes Museum.
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