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> ALLER / VENIR
A pied, en bus, en u-bahn ou en taxi. Le kulturforum est à quelques pas à l'ouest de Potsdamer Platz, donc en plein coeur du nouveau Berlin. Un coup de coeur: passer en bus devant la Nationalgalerie de Mies en apercevant ce qui se trouve derrière elle à travers sa transparence est un moment magique.
> DORMIR
Au très chic  Hyatt Regency, à deux pas de là. Tant qu'on est dans de l'art, autant loger dans du Rafael Moneo. Ne pas se fier à sa façade austère, l'intérieur est très agréable. Ne pas compter ses sous!
> ÉCOUTER / VOIR
Ce qui passe à Philhramonique de Berlin! Réserver lontemps à l'avance, ce n'est pas avec l'arrivée du très convoité Simon Rattle que la popularité du premier orchestre du monde risque de chuter!
> ACHETER
La librairiede la Nationalgalerie est assez bien achalandée. On peut y faire de très bonnes affaires au rayon des livres soldés. 
> LIRE
Prestel édite en anglais des guides des collections de la Nationalgalerie, la Hamburger Bahnhof et la Gemaldegalerie: pas chers et très bien faits. 
Evidement, consulter le site  de la SMPK Staatliche Museen zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz qui gère tous les musées cités.
L’idée était venue, après la division, de créer à Berlin-Ouest un pôle culturel qui pourrait rivaliser avec l’île des musées à l’est. Les collections avaient alors été transférées dans le faubourg de Dahlem, ce qui les détachait totalement de la vie urbaine. Les autorités ont eu la clairvoyance d’installer le Kulturforum non loin de Potsdamer Platz et de la ligne de démarcation, en vue d’occuper un emplacement central en cas de réunification. C’est ainsi que virent le jour la Philharmonique et la Bibliothèque, toutes deux dessinées par Hans Scharoun. On y retrouve ses formes tourmentées héritées de l’expressionnisme. 
En face, la Neue Nationalgalerie (photos ci-dessus et ci-dessous) dans laquelle Mies van der Rohe a pleinement exprimé son concept less is more. Hommage à Schinkel et à son Altes Museum par la pureté des lignes. Eloge du vide et de la transparence avec cette cage de verre à travers laquelle on perçoit la ville. Les salles d’expositions et les collections sont au sous-sol. Art moderne, première moitié du XXe siècle. Expressionnisme allemand: Die Brücke (Heckel, Nolde, Kirchner), George Grosz, Otto Dix. Toutes les frayeurs de la société allemande d’avant le désastre de 1933. Max Ernst est ses oiseaux de mauvais augure. Des artistes internationaux: Picasso, Miro et sa petite fille blonde sur fond jaune.
Deuxième musée à s’installer dans le Kulturforum, les Arts Décoratifs. Extérieur discret. Collections importantes: Bronzes renaissance, tapisseries, design du XXe siècle. L’aménagement intérieur est une catastrophe architecturale et muséographique. Un éloge du brutalisme. Pas un écrin pour des collections d’arts appliqués qui semblent ici en attente de la fin du monde.
Face au tollé du public et de la presse, l’architecte ne fut pas reconduit pour concevoir la Galerie des Peintures voisine qui partage son entrée avec le Musée des Arts Déco. La commande échut alors au cabinet Hilmer & Sattler qui avait signé le Musée Berggruen, cité plus haut. Ils ont réussi un coup de maître dans une opération hautement symbolique ou il s’agissait de réunir des oeuvres des maîtres anciens qui avaient été dispersées entre l'Ouest (Dahlem) et l'Est (Ile des Musées). C'est spacieux, clair et agréable. Le concept est élémentaire, presque classique, mais il fonctionne très bien. Une grande galerie centrale sépare deux ailes. Celle du sud est destinée aux peintures des écoles du Sud (Italie, France, Espagne), celle du nord aux écoles dites du Nord (Pays Bas et pays Germaniques). Les oeuvres sont mises en valeur à travers un accrochage sobre et discret, et un parcours simplifié permettant aux visiteurs des pauses fréquentes.
Michelangelo Merisi dit Caravage, Amour Victorieux, vers 1600, 154 x 110 cm. 
Peint pour le Marquis Giustiniani, ce tableau est d'une très grande liberté dans le traitement du sujet. La figure allégorique de l'Amour piétine cyniquement les instruments symbolisant les arts et les sciences. Caravage a peint, au tournant du siècle, une série de figures sensuelles presque androgynes qui dégagent une très forte sexualité.
Parmi les nombreux chefs d’œuvres, on notera, dans les Ecoles du Sud, la sensuelle Léda du Corrège, les solennels Autoportraits du Titien et de Nicolas Poussin, le non moins imposant Ludovico Trevisan de Andrea Mantegna, des Botticelli, cinq Madones de Raphael, et une Cité Idéale avec port, anonyme du XVe siècle évoquant les utopies urbanistiques de la Renaissance italienne.
Petrus Christus, Portrait de Jeune Femme, vers 1470, huile sur chêne, 28 x 21 cm.
Une jeune fille se tient dans un intérieur. Elle est éclairée par une lumière naturelle frontale provenant d'une fenêtre. Son regard se tourne vers sa gauche, comme pour intercepter celui du spectateur. Son visage est immaculé. Aucun pli sur la peau, aucune pilosité. On remarque à peine ses cheveux tirés, couverts par une coiffe. Cette mise en scène permet de concentrer l'attention sur le modèle, les seuls éléments décoratifs de la composition étant le costume, la coiffe et les bijoux.
Au Nord, les impressionnants Proverbes Flamands de Pierre Bruegel l'Ancien (110 scènes), des Van Eyck, une Jeune Femme de Van der Weyden, le Georg Gisze de Hans Holbein, une étrange Femme au Miroir de Vermeer. Le clou de la collection reste la vingtaine de Rembrandt. Oeuvres époustouflantes: Suzanne et les vieillards, la Prédication de Saint Jean Baptiste. Et puis, le merveilleux Homme au Casque d'Or dont l’attribution a été rejetée.
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