| > ALLER / VENIR |
| Le train est le meilleur moyen de
rallier Dresde qui dispose de deux gares de chemins de fer, Neustadt,
Hauptbahnhof, situées sur chacune des rives
de l’Elbe et proches du Centre. Si on vient de très loin, Dresde
dispose d’un aéroport principalement desservi par Lufthansa (vols
quotidiens pour Dusseldorf, Francfort et Munich) peu ou pas de vols
internationaux directs. City Air opère 3 vols / jour (sf week
end) pour Budapest, 5 vols / sem pour Copenhague. Tyrolean Airlines
assure un vol Vienne-Dresde tlj sauf samedi et pendant les vacances de
Noel et de Pâques. Peu de fréquences et horaires
très fantaisistes. site internet de l'aéroport de
Dresde: www.flughafen-dresden.de |
| Circuler dans la ville, qui n’est pas
très étendue, est très facile: A pied, ou en
tramway. site internet des transports en commun de Dresde: www.dvbag.de |
| > DORMIR |
| Pas de quoi s’extasier sur le paysage
hôtelier de Dresde. Jusqu’il y a peu, le visiteur avait le choix
entre des auberges de jeunesse et des résidences staliniennes.
Ces dernières sont devenues trois hôtels Ibis, sur Pragrer Str.
Disposant du confort élémentaire et très bien
placés, entre la gare et le centre ville, ces
établissements sont aussi anonymes que leur accueil glacial.
Dans le même quartier, Le
Dorint Novotel Dresden est plus
chic mais sans charme aucun. L’adresse de prestige demeure le Taschneberg Palais.
Façade somptueuse, mais décoration intérieure est
assez fade et froide. |
| > MANGER |
| Pas de quoi sauter au plafond. Le Szeged
(Wilsdruffer Str. 4) est une des adresses les plus recommandées.
Spécialités hongroises. Correct mais sans plus. Le Haus
Altmarkt, sur la même rue est aussi très
fréquenté. Dans Neustadt, les galeries couvertes
rénovées ont des restaurants-cafés très
agréables pour déjeuner. |
| > BOIRE / DANSER |
| Prendre une bière dans un des
cafés cités plus haut ou sur ceux de Haupstrasse,
toujours sur la rive de Neustadt. |
| > LIRE |
| Dresde ou le rêve des princes,
exp. Musée des
Beaux-Arts, Dijon, 2001, ed. RMN. The Once and Future Dresden,
Joseph
Giovannini, Architecture Magazine, february 1999. Cycles of
Renewal:
Dresden is becoming what it used to be, a sling monument to the baroque,
Micheal White, BBC Music, vol.9,1, september 2000. |
| Dresden.de, guide officiel intéractif de la
ville. |
| Staatliche Kunstsammlungen Dresden, en anglais et
alllemand, site officiel des musées de Dresde. |
| Coop Himmelb(l)au, UFA Cinema Center, ArcSpace.com,
oct. 2001. |
| Deutsches Hygiene-Museum |
|
|
|
| Pour
certains, le 13 porte-malheur. C’est le cas pour Dresde: Le 13
février 1945, la ville qui avait jusque là
été épargnée par la guerre, subit un
bombardement aérien d’une violence inouïe. Cet acte de
l’aviation alliée sur un objectif ne présentant aucun
intérêt militaire cause la mort de 35000 habitants et
la destruction totale du tissu urbain sur 15 km². Contrairement
à ce qui va se passer à Berlin, Dresde, qui passe en
République Démocratique Allemande, entreprend la
reconstruction de son patrimoine architectural. Ce projet ambitieux
sera difficile et long. Il faudra plus d’un demi-siècle pour que
la ville puisse sortir de l’état
de chantier à la recherche de sa mémoire. |
|
Aujourd’hui
encore, de nombreux monuments de Dresde sont en chantier. D’autres sont
toujours
à l’état de ruines et attendent leur tour. Restent,
enfin,
ceux qui ont été rasés et dont le sort est sujet
à
polémiques. C’est le cas de la Synagogue, conçue
par
Gottfried Semper, qui avait été “nettoyée” par les
nazis
en 1938. Il a été projeté de la remplacer par un
bâtiment
moderne, alors que des voix se sont élevées pour
réclamer
la reconstruction à l’identique. Le nouveau batiment,
dessiné par Wandel Hoefer Lorch + Hirsch est un exempe de
pureté et de simplicité. Le plus gros chantier a sans
doute été celui de la Frauenkirsche (photo ci dessus).
Grande église baroque construite en 1743 par Georg
Bähr et dont la coupole dominait le paysage urbain, elle fut
réduite en miette par le bombardement de l'aviation
alliée. Pendant un demi-siècle, les habitants de Dresde
ont patiamment attendu le retour de leur église. Pendant ce demi
siècle, les pierres de l'édifice ont
été pieusement conservées, telles des
précieuses reliques. Les travaux, lancés dans les
années 1990, se sont achevés en 2005. La
consécration de la nouvelle Frauenkirsche,
fidèlement reconstruite à l'identique, a tourné
une page dans l'histoire de la ville. Celle des misères de la
guerre.
Si
Dresde peut se vanter de la qualité de la reconstruction de ses
monuments historiques, son tissu urbain a bien pâti des concepts
architecturaux soviétiques. Comme dans les autres villes de
l’Europe de l’Est, on retrouve ces alignements de blocs massifs et
monotones. La Prager str. et les quartiers qui l‘entourent en
sont un triste exemple. De nouvelles initiatives,
comme le Cinéma UFA Pallast (photo ci-dessous), viennent enfin
briser cet
alignement
sinistre et uniforme. Cette structure déconstructiviste en verre
et
béton dessinée par le bureau viennois Coop-Himmelb(l)au
a donné une dynamique à un espace urbain qui en manquait
cruellement.
|
|
| Le
centre-ville de Dresde regorge de palais, églises, et autres
écuries Renaissance et Baroques, qui témoignent de la
volonté des electeurs de
Saxe de faire de Dresde une "Athènes des artistes" ou une
«Florence du Nord», même si la ressemblance est
tirée par les cheveux. La Terrasse de Brühl (photo ci-dessous) domine
l'Elbe avec une vue magnifique sur les palais de la rive
opposée. Elle est elle-même encadrée par une
multitude d'édifices dont le Parlement de Saxe,
l'Académie
des Arts, avec sa nouvelle coupole de verre, et l'Albertinum. |
|
| L’Albertinum
rassemble plusieurs musées (tlj. sauf mardi, 10h-18h). Au 1er
étage la Gemäldegalerie Neue Meister (Galerie des
Maîtres Nouveaux, XIXe - XXe s) avec des Friedrich
(Crucifix sur la Montagne), de beaux pastels de Degas (Femme
aux Jumelles), des plâtres de Rodin, des Pommes de Terre
de Van Gogh, un saisissant autoportrait de Kokoschka,
et La Guerre, triptyque hautement symbolique de Otto Dix. Au
rez-de-chaussée, le Musée des Arts Décoratifs
est célèbre pour son Trésor, le plus somptueux
d'Allemagne: celui des Electeurs de Saxe. Dans la Grünes
Gewölbe (Voute Verte), des centaines d'objets en or, des
diamants, et autres pierres précieuses à n'en plus finir,
c'est presque surréaliste. Ne pas manquer la Cour de Delhi,
merveilleux automate avec 137 figures en or incrustées
d’émail et de pierres précieuses. Le Vert de Dresde
est un autre joyau incroyable. Le plus grand diamant vert du monde
(40,70
carats), acheté par Frédéric Auguste en 1742, et
qui
fut monté sur un bijou assez baroque incrusté de diamants
(blancs)
destiné à être portés sur l’épaule de
son
propriétaire.
Le
Johaneum est, avec ses grandes écuries, une
sorte de khan. Superbe cour à portique Renaissance avec un
cadran solaire. La façade extérieure est
décorée par une frise en porcelaine de 100 m de long
représentant les Processions Royales. Un peu plus
bas, le Residenzschloss (Palais Royal) est en chantier.
Certaines salles sont accessibles au public (ça change selon
l’évolution des travaux qui devraient s’achever avant 2006). La
salle la plus célèbre, le Salon des Miroirs avait
échappé aux bombardements. Nous
n’avons pas pu y accéder lors de notre passage. Le Palais Royal
est
relié par un pont (rappelant le pont des soupirs) au
Taschenbergpalais,
dont ne subsistaient, après la guerre, que des fragments de
façade. Entièrement reconstruit, il a été
transformé
en hôtel.
Détruit
durant les bombardements, l'Opéra, de Gottfried Semper
a rouvert ses portes en 1985. Wagner y a créé Die
Fliegander Hollander (le Vaisseau Fantôme) et Tannhauser,
Richard
Strauss, Die Rosenkavalier (le Cavalier à la Rose).
Avec son plan circulaire et sa façade néoclassique
centrée par une grande arcade, il reste un des plus beaux du
monde. Derrière l’Opéra se déploient les
bâtiments, pavillons, terrasses et jardins qui constituent le
Zwinger.
Cet immense ensemble palatial baroque et néoclassique abrite
d’importantes collections, dont le Cabinet des Mathématiques
(tlj. sauf mardi, 9h30-17h),
magnifique collection d'horloges et autres instruments de mesure du
temps.
Son véritable trésor est la Gemäldegalerie Alte
Meister
(Galerie des Maîtres Anciens, tlj. sauf lundi, 10h-18h), une des
plus
riches du monde.
|
|
Giorgione
da Castelfranco
Venus
Endormie, vers 1510, huile sur toile 108 x 175 cm.
Une
femme nue, endormie, dans un paysage crépusculaire. Le
thème des figures
nues dans la nature relève de la mode de l'Arcadie (ou du
paradis
perdu), issue du courant Néo-platonicien qui se répand au
début
du XVIe siècle. Cette peinture est la 1ere à lancer la
vogue
des nus féminins allongés qu'on retrouvera chez Titien,
Velásquez,
Goya, Ingres, Matisse...
Les
murs sont littéralement tapissés de chefs d’œuvres
amassés par les Electeurs de Saxe. L’Ecole Italienne se taille
la part du lion avec des Raphael, dont la Madone
Sixtine, avec les deux fameux anges accoudés, des
Titien, Veronese, Tintoretto, Carracci, la Nuit
de Correggio, les Sept Sacrements de Domenico Feti,
des Guido Reni, Tiepolo, et des centaines de ‘vedute’
de Dresde par Bellotto. Pour les Ecoles du Nord, on ne comptera
pas les Rubens, Rembrandt (fameux Autoportrait avec
Saskia, Enlèvement de Ganymède...), la Lettre
de Vermeer, Le Sieur de Morette de Holbein et
le Triptyque de Dresde de Van Eyck. La
France n’est pas en reste avec de merveilleux Poussin, dont l’Empire
de Flore et une très
érotique Venus, l’Espagne est représentée
par
des Velásquez et un Saint Pierre en Prison de Ribera
à couper le souffle.
|
|
| En
s’éloignant du centre, vers l’ouest, on peut découvrir
quelques curiosités architecturales dans des quartiers assez
délabrés. Yenidze (photo ci-dessus)est une ancienne
fabrique de
tabac transformée en restaurant. Célèbre pour sa
façade en forme de mosquée qui en fait un vulgaire
Taj Mahal Art-Deco. Dans les environs, il y a quelques usines
désaffectées qui rappellent l’effondrement du
système économique de l’ex. RDA. |
|
| De
l’autre coté de l’Elbe, Neue Stadt est la partie
septentrionale de la ville. On y est accueilli par le Chevalier d'Or,
célèbre statue équestre dorée de l’Electeur
Auguste. La rue principale, la Hauptstrasse, conserve des
maisons baroques et des charmantes galeries couvertes du
siècle dernier récemment rénovées.Sur les
rives du fleuve, plusieurs palais, dont le Palais Japonais,
ainsi nommé pour la forme de sa toiture et la décoration
orientalisante de sa cour, qui abrite un Musée Ethnographique
(tlj. sauf lundi, 10h-17h). Dernière curiosité de Dresde,
et non des moindres, le Deutsches Hygiene-Museum,
création post-moderne du milieu des années 1990. |
texte: Gregory Buchakjian, photos:
Patrick Kassardjian
|
| 1998-2006, Baron &
Baron, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS |
|