| > ALLER / VENIR |
| Située à l’Est de
l’Allemagne, Berlin est assez éloignée des principales
villes d’Europe Occidentale. Les trajets par voie terrestre (route,
train) peuvent donc
être longs. L’avion reste donc l’autre alternative. |
| La capitale allemande n’est pas
spécialement bien lotie dans ce domaine. Elle est dotée
de trois aéroports
petits et vétustes. Schonefeld, en ex. RDA, est desservi
par des compagnies asiatiques et africaines, Tempelhof reçoit
quelques vols occasionnels, et la majorité du trafic est
assuréepar Tegel. Le terminal à plan centré
rappelle CDG1 en
miniature. Facile de s’y perdre. Les bureaux de change ont des horaires
peu pratiques et sont souvent fermés, en revanche, il y a un
marchand de fruits et légumes. On a signalé de vols de
bagages lors de l’enregistrement. Schonefeld est relié
à la villepar train, Tegel par un bus qui mène à
la gare de Zoo. |
| Berlin bénéficie d’une
excellente infrastructure de transports urbains qui a
été rénovée. Les S-Bahn sont des
trains urbains (l’équivalent du RER parisien) qui traversent la
ville dans le sens Est-Ouest et
desservent les banlieues. Les U-Bahn sont des métros
avec un réseau plus dense. Il est très pratique de
prendre
une tageskarte, titre de transport hebdomadaire (valable pour
les aéroports et les banlieues). Site internet de BVG (office des transports en
commun). |
| > DORMIR |
| Pas facile de trouver son bonheur.
Berlin est une ville très étendue et les hôtels
sont
relativement chers. La solution la moins onéreuse est dans les
auberges de jeunesse et autres établissements de ce type. Pour
avoir le confort d’une sdb individuelle et d’une tv, les prix grimpent
très vite. Un 2 étoiles peut facilement atteindre le prix
d’un 4 étoiles à Paris! La meilleure affaire est de
chercher
des offres promotionnelles auprès des voyagistes et des
chaînes hôtelières. |
MITTE
Au cœur de Pariserplatz, face à la porte de Brandebourg
trône l’Hôtel Adlon Kempinski.
Fameux palaces d’avant-guerre, un des derniers à fermer ses
portes lors des bombardements alliés – des épisodes des
Bienveillantes de Jonathan Little s’y déroulent, l’Adlon a
été entièrement reconstruit après la
réunification et permet aux amateurs de palaces classiques de
jouer le grand jeu. A l’autre bout d’Unter den Linden les amateurs
d’histoire pourront goûter des charmes moins opulents, ceux de
l’architecture stalinienne, à l’Hotel Park Inn (anciennement
Forum). Situé sur Alexanderplatz, il domine, du haut de ses 40
étages, le paysage urbain. Chambres minuscules mais celles des
étages élevés jouissent d’une vue à couper
le souffle avec la très phallique Tour de
Télévision, juste en face. |
| Autour
de l’élégante Friedrichstrasse se trouvent d’excellentes
adresses comme le Dorint Sofitel Am Gendarmenmarkt Berlin,
élégant et moderne et le Four Seasons Berlin, offrant
toute une palette de prestations de grand luxe. Non loin de Unter den
Linden, le Rocco Forte Hôtel de Rome
s’est installé dans un bâtiment construit en 1889 et qui
abrita le siège de la Dresdner Bank jusqu’à la fin de la
guerre. Les espaces sont élégamment
aménagés dans un style art déco et comportent un
spa. Sur Rosa-Luxemburg-Straße, le Lux 11
(Lux Eleven) est aussi trendy que les boutiques et ateliers d’art qui
se trouvent dans le quartier. Déco minimaliste avec
tonalité de blanc signée Silvestrin/Salmaso, architectes
à Londres. |
POTSDAMER
PLATZ
Le Hyatt Regency, dessiné
par l’architecte espagnol Rafael Moneo, avec une façade un peu
austère mais un intérieur bien plus avenant.
L’hôtel compte Christian Lacroix parmi ses habitués. Le Ritz Carlton joue davantage
l’extravagance avec une façade néo-art-déco qui
évoque les gratte-ciels des années folles de New York et
Chicago. Non moins glamour, The
Mandala Hotel Berlin offre les petits détails –
matériaux, couleurs, plantes, objets - qui font plaisir aux sens
et donnent à l’endroit une originalité que ne peuvent
offrir les chaînes internationales. |
KU’DAMM
L'ART Hotel Charlottenburger Hof Berlin
est un endroit assez prisé pour son cadre cosy et ses prix
raisonnables. Le Kudamm’ 101 se le joue style
néo seventies, avec des formes arrondies, des couleurs flashy et
des services high tech. Plus sobre, le Bleitbreu est un endroit des
plus agréables et une adresse fort recommandable. Un peu
excentré, le Schlosshotel im Grunewald offre
un cadre de nababs dans un château entouré de jardins avec
une déco fastueuse et des prix qui ne le sont pas moins. |
| > MANGER |
| Berlin, ses saucisses...
évidement, ce n’est pas ça qui risque de manquer, ici.
Que ce soit dans la rue, dans un centre commercial ou dans une gare, il
y a toujours un stand prêt à servir les fameuses saucisses
berlinoises. |
| Les spécialités locales
ne vont pas dans le diététique. Il suffit de se rendre
dans un restaurant typique comme le Zur Rippe, derrière
le Rathaus. Dans une adorable maison vieille de 300 ans, on a le choix
entre les boulettes de viandes et autres mixtures aux graisses
animales.
Ames sensibles s’abstenir. Au Zur Letzten Instanz, à
coté du précédent, c’est plus soft et plus
raffiné. Excellentfilet de hareng mariné. |
| Ceux qui ont vraiment faim et qui
aiment avoir l’embarras du choix iront au dernier étagedu grand
magasin Ka De We. Section gastronomique immense, presque
incroyable. On y trouve tout ce que la terre peut produire en produits
alimentaires! Possibilité de manger sur les stands ou sous la
verrière du Winter Garden (buffet ouvert). |
| Beaucoup plus glamour, le Borchardt
est une brasserie qui ne désemplit pas. Décor sobre,
cuisine très soignée, serveurs francophones qui peuvent
être au courant des bons plans nocturnes de la ville. |
| Dans un joli quartier bourgeois qui a
su garder son charme, le 1900 est un des premiers
restaurants branchés à avoir ouvert à Berlin-Est
avant la réunification. La patronne est très affable,
la nourriture savoureuse. Excellent gibier (cerf aux fruits de la
forêt). |
| > BOIRE / DANSER |
| Pour certains ça peut
être
la cause du voyage. Berlin est une ville qui déjante.Que ce soit
lors de la Love Parade (en été) ou lors de la
nuit du nouvel an, la ville explose dans des mega- fêtes de
plusieurs centaines de milliers de personnes. Mieux vaut être
prévenu, le bain de foule peut être éprouvant.
Berlin est mondialement réputée pour ses boite et clubs
alternatifs. Les nuits berlinoises se font souvent dans des endroits
assez incongrus, des vestiges de la guerre ou du communisme, des
sous-sols, etc. Ces lieux sont difficiles àdénicher et
leur accès est réservé à une faune
d’initiés. Mieux vaut se faire des relations avant de se lancer
à la recherche d’une soirée ou d’un
club dont l’existence peut relever de la pure fiction! |
| Pour aller danser, dans une ambiance
très chaude et très sexe au son de la techno berlinoise,
le Sage Club (Kopenicker str 78, tel 30 2785052),
aménagé
dans une ancienne station de métro, reste une
référence. Longue file d’attente en week-end. Ambiance
très folle aussi
au Trésor (Leipziger str 126a, tel: 30 61005400), temple
de la destroy techno que gère Volker Horst depuis pas
mal d'années, avec beaucoup de succès. La maison
édite ses compilations. Nous avons également
repéré un endroit assez sympa dans un bateau sur la Spree
(mais n'en connaissons pas le nom) et le Casino, boite un peu
trop gigantesque à notre gout. Finsissons sur ces mots de Mark
Mc Guire qui gère le Club Comission (ça fait
très institutionnel):"diversity always interesting and always
new" |
| Dans l’ouest dela ville, pas mal
d’adresses, mais dans un autre registre. Le Far Away est,
paraît-il, la seule boite à fonctionner le mardi: Elle a
pignon sur rue comme une boutique, il est interdit de fumer, il y a des
gens de tous ages (15 à 50 ans) dont certains boivent du
théet d'autres se déhanchent comme dans les 70's.
L'éclairage y est
aussi diffus qu'en plein jour et le portrait d'un vieux barbu
trône
partout: pas de doute, on est chez une secte! |
| Ne pas oublier que l'Allemagne reste
le
pays de la bière. En face de Schloss Charlottenbourg, la Luisenbrau
est une des dernières brasseries à brasser sa propre
bière. On peut aussi y grignoter quelques chose, les
gâteaux
maison ne sont pas mal du tout. |
| > ECOUTER / VOIR |
| Difficile àaborder tant le
programme est riche. Berlin conserve un héritage unique qui en
fait un pôle culturel de 1er plan. Musique classique d’abord: Le Berliner
Philarmoniker est la formation la plus réputéedu
monde. Elle officie dans le bâtiment que Hans Sharoun lui a
construit dans les années 50. Le maestro anglais Simon Rattle
a prit la relève haut la main. On peut écouter
quotidiennement une multitude de
concerts dans les nombreuses salles de la ville, dont le Shauspielshaus. |
| Depuis la réunification, Berlin
compte trois opéras qui se battent pour leur survie
financière. Le Staastoper est le plus ancien et le plus
prestigieux. Daniel Barenboïm conserve toujours la
direction musicale et les productions sont souvent confiées
à des metteurs en scène avant-gardistes comme
Stéphane Braunshweig. Le Deutsch Oper et le Komische
Oper offrent également une programmation de grande
qualité. |
| La Berlin Biennale est un
grand rendez-vous de la musique contemporaine. La dernière s'est
tenue en mars 2001. |
| Pour les germanophones, Berlin est une
des plus grandes places de la création théatrale. Le
festival annuel qui s’y déroule est une vitrine de la
créationcontemporaine la plus pointue. C’est aussi la ville de
Berthold Brechte t son Berliner Ensemble reste un lieu de
pélerinage incontournable malgré les crises
d’identité qu’il traverse depuis une dizaine
d’années. |
| Autre festivité de premier
ordre, le festival du film , aussi appellé Berlinale, qui se
déroule début fevrier. |
| > ACHETER |
| On trouve pratiquementtout à
Berlin, il suffit d’aller s’en rendre compte chez Ka DeWe, le
plus grand magasin du continent européen, ou de se balader
sur le Ku’Dam et Friedrichstrasse ou dans le nouveau centre commercial
de Potsdamer Platz. Tout n’est pas forcément bon à
acheter, l’Allemagne n’étant pas le pays le meilleur
marché de la planète. Voir les prix. Les CD sont
une bonne affaire et les choix immenses. Beaucoup de livres. La
librairie du Hamburger Bahnhof est une des
meilleures librairies d’art du monde et un grand choix d’articles sont
soldés. |
| Restent les produits dits historiques,
à Checkpoint Charlie: Fragments du mur (dont la vendeuse annonce
qu’il s’agit de faux) pour fétichistes et tee-shirts “You are
leaving the american sector”. |
| > LIRE |
GUIDES
On a
l'embarras du chois, entre une Guide Bleu Evasion
particulièrement réussi, un Guide Voir tout
nouveu tout beau, un excellent Lonely Planet et un Time Out
qui se veut très branché. Berlin.de, site
officiel de la ville en allemand et anglais. Berlin en ligne,
guide des monuments de la ville, en français. |
Le petit journal, sur le net et
en français dans le texte, accompagne la vie de la ville
au jour le jour avec des rubriques diverses
réactualisées: sorties, vie pratique, culture, critiques
de livres, etc.
|
HISTOIRE
Berlin Capitale, Autrement, HS 57, Berlin
à la recherche de son destin de capitale culturelle et Berlin:
le temps des démolitions?, Hacène Belmessous, Urbanisme
Magazine, 319, juillet-aout 2001. |
| MUSÉES & MONUMENTS |
| SMPK Staatliche Museen
zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz |
| Stiftung Preussischer
Kulturbesitz |
| Stitfung Preussische Schlösser und Gärten:
Berlin Brandebourg (Potsdam, Charlotenbourg...) |
| Bauhaus Archiv |
| Vitra Design
Museum Berlin |
| Deutsches
Historisches Museum Berlin |
| Judisches Museum Berlin, le musée Juif |
| Berliner Festspiele
festivals, concerts et expos au Martin Gropius Bau |
|
|
|
| "C’était
bizarre d'effacer, au nom de l'Histoire,
un part importante de l'Histoire de Berlin. L’Histoire de Berlin,
c'est, évidement le XIXe siècle, mais aussi la Seconde
Guerre Mondiale, la reconstruction et le Mur. Il paraissait
complètement
superficiel et hasardeux de prendre un modèle, de dire qu'il
est parfait, et de reconstruire la ville sur cette base en ignorant
la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide et tout le reste" Rem
Koolhaas, Conversations with students, PRP/Rice 1996. |
| Berlin
est un livre d’histoire à ciel ouvert. Les
grands conflits qui ont secoué le monde occidental moderne:
la fin des grands empires, l’ascension et l'effondrement du IIIe Reich,
la IIe Guerre Mondiale et la Guerre Froide; sont omniprésents
aux
yeux du visiteur qui déambule dans la capitale de l’Allemagne
réunifiée.
Durant près d’un demi-siècle, Berlin a connu le statut
peu
commun et peu enviable de ville divisée, tout comme Beyrouth,
Nicosie
et Jérusalem. Berlin-Ouest était une enclave dans un bloc
adverse, accessible au reste du monde par voie aérienne. A la
fois
vitrine et avant poste d’une idéologie et d’un mode de vie - "ich binn ein
Berliner!", dixit John F. Kennedy, elle
subissait la tension d’être sous menace. N’importe quelle bavure
pouvait déclencher une troisième guerre mondiale,
à
laquelle les Berlinois auraient été aux premières
loges. On ne sort pas d’une histoire pareille sans
séquelles. |
|
Berlin, vue panoramique.
On reconnait le Dom (cathédrale) et la tour de
télévision
|
- porte de brandebourg
& pariser platz
Ce
monument aligné dans l'axe directeur qui traverse Berlin d'Est
en Ouest, symbolisa successivement la puissance de l’empire prussien,
la division de l'Europe (le mur de Berlin passait à ses pieds)
et la réunification. Aux pieds de la porte de Brandebourg,
Pariser Platz à effacé les traces d’un demi-siècle
de ruine. Le gratin international se presse dans les salons de
l’hôtel Adlon, la France a hissé ses couleurs sur son
ambassade blanche dessinée par Christian de Portzamparc –
bâtiment bien moins excitant que les représentations du
Royaume Uni (Michael Wilford) et des Pays Bas (Rem Koolhaas / OMA). En
parlant d’architecture contemporaine – un sujet on en peut plus
présent dans une ville ou il y a eu tant de choses à
reconstruire, on peut être épaté (ou blasé)
par la DZ Bank construite par l’inénarrable Frank O. Gehry. Si
la façade reste sobre (surtout par rapport aux affres du
Guggenheim de Bilbao du même architecte), l’intérieure est
détonnant: atrium couvert d'une coupole elliptique et au sein
duquel s'est greffée une membrane fluide en forme de tête
de cheval qui contient une salle de conférences.
|
|
Berlin, le 27'12'98, le Reichstag avec la coupole
dessinée par Sir Norman Foster
|
-
Reichstag ou Bundestag ? -
Incendié par Hitler, soviétisé en 1945
(célèbre photo d'Evgeny Khaldei montrant des soldats
russes hissant le drapeau rouge à son sommet), enveloppé
par Christo en 1994, le Reichstag abrite à nouveau le parlement
allemand, le Bundestag, sous la coupole en verre de Sir Norman Foster
(1998) qui incarne les principes de transparence et de
démocratie de la nation. L'artiste Hans Haacke a installé
dans une des cours une grande auge dans laquelle chacun des 669
députés apporterait de la terre de sa circonscription. La
dédicace "à la population" au lieu de "au peuple
allemand" a provoqué une controverse lors du vote parlementaire
en avril 2000. En face du Reichstag, s'ouvre l'immense Chancellerie
Fédérale, construction allongée, basée sur
le concept de "band der bundes", ou les bureaux alternent avec des
cours ou des jardins d'hiver. L'architecte Axel Schultes avait
l'ambition de réaliser un lieu d'ouverture avec une vaste cour
d'honneur en béton blanc et pierre de taille accessible au
public. Histoire de faire oublier la Nouvelle Chancellerie de Albert
Speer de sinistre mémoire. Les impératifs de
sécurité en ont décidé autrement et cet
espace au centre duquel trône une sculpture d'Eduardo Chillida
est ceinturé. Les berlinois qui ont du mal à s'y
retrouver, l'appellent "machine à laver
fédérale"... |
|
Berlin, le Reichstag avec la coupole dessinée par Sir
Norman Foster
|
-
au Tiergarten, sur les vestiges des nazis et des communistes -
En
bordure du Parc de Tiegarten, le Reichstag constitue le maillon central
d'une tramede lieux de mémoire. Albert Speer avait
regroupé dans le quartier les représentations des pays
alliés de l’Allemagne. Laissés à l’abandon pendant
un demi-siècle, ces monuments historiques d’un genre particulier
ont été repris par leurs propriétaires. En 2000,
le Japon, l’Italie et l’Espagne se sont retrouvées dans des
chancelleries flambant neuves à
l’architecture fasciste. L'Autriche a fait du neuf avec un
bâtiment tout en couleurs de Hans Hollein.
Autres monuments symboles, celui qui fut
érigé après la guerre pour les Soldats
Soviétiques (et qui, lors de la division se retrouva en
plein Berlin-Ouest!) et la célèbre colonne à
l'ange au coeur du parc de Tiergarten, chère aux fans des Ailes
du Désir. En 2005 fut inauguré le mémorial
dédié aux victimes de la Shoah. Mer de béton,
installation minimaliste géante, labyrinthe rectiligne, ce
cénotaphe collectif - ou accumulation de cénotaphes -
conçu par Peter Eisenman laisse pantois et admiratif. Pas
seulement en regard de ses qualités formelles, mais par rapport
à la sagesse des dirigeants d’un pays qui, comme nul autre, ont
su accepter leurs responsabilités face à l’histoire.
-
unter den linden (sous les peupliers) -
Cette
large avenue bordée de peupliers est une des artères
les plus animées et les plus agréables de la capitale.
Elle
traverse Mitte, le centre historique, de Pariser Platz à l'Ile
des Musées, en passant par de nombreux monuments: la
Bibliothèque Nationale, le Staatsoper, le Deutsche Guggenheim
qui, contrairement
à ses homologues de New York,Bilbao et Venise, n’est qu’une
galerie
d’expos temporaires, le Deutsche Historishes Museum dont I. M. Pei a
construit une extension en verre en triangle, forme
géométrique récurrente dans son corpus. Face
à l’Opéra, un des monuments les plus étonnants de
Friedrich Schinkel:
la Neue Wache (Nouvelle Garde), un mémorial dédié
aux martyrs des régimes précédents. La
façade
dorique cache un intérieur saisissant: un cube parfait dans
lequel
il a reussi à créer le vide.
-
Friedrichstrasse -
Unter
den Linden coupe la Friedrichstrasse, qui traverse la ville dans le
sens Nord/Sud. En pleine mutation, elle est en passe de devenir une des
artères les plus élégantes de
Berlin. Des hôtels de luxe et de boutiques prestigieuses
s’installent ici. Vers le sud, on aboutit au Gendarmenmarkt, la
'Piazzetta' de Berlin. Très belle place, avec ses deux
cathédrales jumelles, Française et Allemande, qui
se font face, séparéespar le Schauspielhaus (salle ce
concerts) de Friedrich Schinkel (1821). Cet harmonieux ensemble
néoclassique est un des rares maillons de l'ancien tissu urbain
de la capitale prussienne a avoir été
épargné. La visite des églises est
intéressante. Leurs coupoles oblongues donnent un espace
très ascensionnel, ce qui tombe bien puisqu’il est
possible de monter au sommet. La très belle vue sur la ville
permet d’apprécier ou d’appréhender l’état de sa
structure urbaine et de ses chantiers gigantesques... Encore plus au
sud, Friedrichstrasse atteint la limite entre les zones
soviétique et américaine. C’était l’unique point
de
passage entre les deux Berlin, le célèbre
Checkpoint-Charlie.
Les célèbres panneaux «you are leaving the american
sector» et «you are entering the american
sector»
ont été conservés in situ. Un musée
commémoratif
(Haus am Checkpoint-Charlie) a été aménagé
dans un immeuble postmoderne construit par Peter Eisenman.
Présentation assez ludique de l’historique du mur avec un
inventaire à la Prevert des moyens mis en place par les
Berlinois pour le traverser. Coté
(ex.) ouest, un immeuble que Rem Koolhaas avait construit quelques
années avant la réunification...
Retour
sur Unterden Linden, qui se prolonge en déviant ver la gauche.
Sur le coté droit, un square, avec la statue de Friedrich
Schinkel, puis le musée néo-gothique construit par ce
dernier.
Très belle collection de sculptures. Unter den Linden aboutit
aux rives de la Spree et à l’Ile des Musées.
-
Berlin-Est ex communiste et alternatif -
En
prolongeant naturellement au delà de l’Ile des Musées, on
arrive au cœur de ce qui fut la capitale de RDA. Alexanderplatz, lieu
mythique dans l’avant guerre, entièrement reconstruite dans le
pur style soviétique. Vastes esplanades dominées par
l’immense tour de télévision, visible de
partout dans la ville. Ce quartier en a vu de toutes les couleurs
depuis
les années 1930, le bombardement, la reconstruction post
marxiste et la réunification, avec ses nouveaux projets urbains
entrainant à leur tour leurs lots de de démolitions et de
chantiers.
Remontez vers Karl Marx allee, et allez voir l'international, un
somptueux
cinéma stalinien comme on en fait plus. Derrière le
Rathaus (Hôtel de Ville) et sa façade rouge, un petit
quartier traditionnel avec de vieilles maisons germaniques du XVIe
siècle.
Un dépaysement dans le Berlin-Est post-communiste. Cette partie
de la ville comporte des quartiers très intéressants.
L’ancien quartier juif est devenu le centre du Berlin alternatif. Dans
des carcasses d’immeubles en ruines abandonnés, se sont
installés des
artistes développant un art pirate et underground.
Initialement
des Allemands de l’Est contestant l’ordre établi, ils ont
été rejoints par une communauté assez
hétéroclite et
internationale. Le lieu le plus célèbre est le Tacheles
sur Oranienburg Str. qui joua un peu le rôle dans les
années 1990, de Chapelle Sixtine de la contre culture avec ses
amoncellement de choses étranges et ses murs
délabrés. L’immeuble, qui fut reconstitué pour le
film Goodbye Lenin! a toutefois un peu perdu de son âme à
force d’être une attraction touristique. Dans la même rue
se trouve la Synagogue, rasée par les nazis lors de la "Nuit de
Cristal" et reconstruite dans les années 1960 et un curieux
bureau de poste aux allures d'église byzantine.
|
|
Berlin, le vélodrome. Dominique Perrault, architecte
|
-
des ruines et des stades -
Se
promener dans Berlin-Est et ses banlieues est une occasion
perpétuelle de découvrir des cités HLM de l’ex.
RDA. Certains quartiers changent de visage. Non loin d’usines
désaffectées dans des terrains vagues à la Wim
Wenders, ont été construites de nouvelles installations
sportives. Le vélodrome et la piscine de Dominique Perrault ont
l’air d'avoir été incrustés dans la terre. Les
revêtements de la façade (en tiges métalliques) et
du sol (en béton coffré) sont remarquables. Drôle
de coïncidence, le Stade Olympique, construit pour les jeux de
1936, est lui aussi enfoui. C’est peut être le seul point commun
que partage l’œuvre audacieuse de Perrault avec ce colossal vestige de
l’architecture hitlérienne. A l’intérieur, on entendrait
presque la voix du führer, comme dans la scène de Allemagne
année zéro de Rossellini au cours de laquelle
l’enregistrement grésillant d’un discours du dictateur
résonne dans les ruines de la nouvelle chancellerie.
-
à charlottenbourg -
Le
secteur Ouestde Berlin n’est peut être pas aussi surprenant
que l’Est, mais il garde de beaux restes. En dehors du centre, Schloss
Charlottenbourg est assez grandiose. Si l’ancien l’Ancien Château
est assez insignifiant à nos yeux, la Nouvelle Aile est
magnifique, avec son salon d'hiver tout argenté, sa grande
galerie en stuc imitant le marbre, les détails des parquets, et
les oeuvres majeures de Watteau (L'île de
Cythère et l'Enseignede Gersaint). En face de
Schloss Charlottenbourg, deux petits pavillons à coupoles. L’un,
aménagé par Hilmer & Sattler, abrite la Collection
Berggruen: Cézanne,Seurat, Van Gogh et Impressionnistes au r
d c, une centaine Picasso de la plus haute qualité au 1er
étage, Paul Klee et autres modernes au 2e.
-
autour du zoo: le coeur de Berlin-Ouest -
Le
cœur de Berlin-Ouesta longtemps été le Jardin
Zoologique. La gare S-Bahnde Zoo est une des mieux desservies de la
ville. Le quartier est toujours très animé même
s’il a beaucoup perdu de son prestigedepuis la réunification.
Autour du Kurfustendamm (Ku’dam pour les intimes), les
centres commerciaux qui furent la vitrine du mode de vie et de la
prospérité occidentale avec leur architecture
années 60. Ka De We, le plus grand magasin du continent
européen. Mais aussi, un monument symbole: l’Eglise du
Souvenir, surnommée la dent creuse. Détruite par les
bombardements, elle a été conservée en ruines. Une
chapelle moderne a été édifiée dans son
enceinte. Les surfaces murales sont des vitraux en brique de
verre. Un peu plus loin, un autre monument, une sculpture en aluminium
symbolisant l’état de divisionqu’a subi la ville: deux bras
coupés.
Vers l’est, on peut visiter le Bauhaus Archiv. Conçu
d’après les plans de Walter Gropius, cet élégant
bâtiment blanc abrite en son musée les plus
célèbres
créations de cette école d’art et de design. Boutique
très
intéressante. Le Bauhaus Archiv est en lisière du
Kultuforum,
le pendant occidental de l'île des Musées.
|
|
Berlin, Potsdamer Plaz, le 01’01’1999, Renzo Piano, Richard
Rodgers, Helmut Jahn architectes
|
-
potsdamer platz -
Tout
un symbole (encore!). Jadis cœur battant de la capitale avant de
devenir un des
symboles de sa division. Laissé en friche durant près
d’un demi siècle, ce quartier est devenu, après la
réunification, un des grands chantiers du millénaire. Ou
comment reconstruire le centre d’une capitale. On ne peut éviter
la comparaison avec Beyrouth. Dans les deux cas, des chantiers
gigantesques jaillissant dans des espaces vides. Dans les deux cas, une
polémique. D’un coté Sony Plaza, immense tour de verre de
Helmut Jahn, centres commerciaux, cinémas et bureaux, De
l’autre, encore plus colossal, Daimler City, conçu par Renzo
Piano, avec des immeubles de Richard Rogers, Arata Isozaki et
l'hôtel Hyatt de Rafael Moneo. De grands noms. Le
résultat? Difficile ici d’émettre une opinion. Les deux
Baron ne sont pas d’accord entre eux sur la réussite de ce
projet. Il faudra, comme à Beyrouth, attendre plusieurs
années pour voir si les habitants de la ville pourront
s’approprier ces ensembles. La question n’est pas de juger la
beauté formelle d’une architecture, mais sa capacité
d’être un espace de vie. La promenade
près de Potsdamer Platz révèle d’autres surprises
du coté Est. L’Anhalter Bahnhof est un spectacle
surréaliste.
De cette gare rasée durant la guerre, il ne reste que les ruines
pathétiques du portique d'entrée et un non moins
pathétique
wagon posé sur des rails. Non loin de là, Zaha
Hadid a construit le Wohnhof, immeuble de logements sociaux. On avait
construit
prèsde Potsdamer Platz un Info Box, structure provisoire
destinée
à informer le public sur le projet. Elle fut demantelée
en
2000. A ses pieds gisaient quelques vestiges de ce qui fut le mur de
Berlin. |
|
Berlin, Anhalter Bahnhof
|
| En
parlant de mur, c’est vers l’est, sur la East Side
Gallery qu’il faut aller, pour voir ce qui en reste (cf. notre page
Mur de Berlin). Promenade qui débouche sur
l'Oberbaumbrücke,
le plus célèbre pont de Berlin. Cette structure
réalisée
par Otto Stahn à la fin du XIXe siècle a une silhouette
inoubliable avec ses deux tours, et ses deux niveaux superposés
dont une est réservée au métro. La partie centrale
du pont fut dynamitée par la Wehrmacht en 1945 pour ralentir
l’avancées
des troupes soviétiques et sa restauration s’étala
jusqu’à
la réunification, avec l’intervention de Santiago Calatrava qui
dessina un des ses travaux les plus réussis et les moins
tapageurs.
De l’autre côté de la Spree, un quartier populaire,
Schlesisches
Tor. Bonjour Tristesse. C’est justement ce qui est écrit (en
français dans le texte) sur la façade courbe du
célèbre
immeuble construit en 1980 par le génial Alvaro Siza (cf. nos
pages
sur le Portugal). Des scènes du film Run Lola Run de Tom Tykwer
furent tournées ici. |
|
Berlin, Kreuzberg, Schlesisches Tor «Bonjour
Tristesse», Alvaro Siza, 1980
|
-
de Schlesisches Tor au Musée Juif -
Descendons
vers le sud, tant qu’on est dans les choses pas très
drôles. En passant par Schlesisches strasse, pour voir une
caserne de pompiers construite tout en courbes par Erich Mendelssohn.
C’est peut être le moment de visiter le Musée Juif
qui lui, est, tout en facettes. Le bâtiment dessiné par
Daniel Libeskind ne laisse pas indifférent. Sa façade en
zinc transpercée de lignes ressemble à un livre, ou
plutôt une carte. Le plan est basé sur une trame qui est
une recomposition d’une étoile à six branches. A partir
de cet «alphabet architectural», Libeskind a pensé
son musée sur le concept de «between the lines».
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“I have always believed that this
museum should represent the future, not only the past; the beginning,
not
only the end. I wanted to design a museum that would communicate and
engage
the visitor on a mental, visceral and emotional level with the Jewish
dimension of Berlin and German History.” Daniel Libeskind, discours
d’ouverture
du musée, Berlin 1999, in Daniel Libeskind: The
Space of Encounter, ed. Thames & Hudson, 2001, p. 25.
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Alors que nous contemplions
ce remarquable ouvrage, nous avons été abordés par
un alcoolo-toxico-sidée-néo-nazi qui insultait les juifs
en insistant que ce musée aurait du être construit en
Israël
et que très bientôt il le ferait dynamiter - la lutte
contre
l’intolérance et le racisme n’est pas terminée! Le
musée
juif n’a pas de portes. Il est attenant au Musée de Berlin,
lequel
occupe l’ancien Kollegienhaus (palais de justice) prussien, et c’est
par-là
qu’on y accède via trois passages souterrains: Le premier pour
atteindre
le bâtiment principal, expressionniste et torturé qui
exprime
l’escalier de la continuité. Le second pour rejoindre le jardin
dans
lequel la végétation pousse au sommet de colonnes hautes
de sept mètres. Le troisième pour la tour de
l’Holocauste,
élément isolé et vide, l’expérience
architecturale
la plus émouvante du parcours. Le paradoxe de ce musée
est
que son architecture est si parlante qu’on a reproche à son
auteur d’en faire trop. Un mémorial au lieu d’un musée
dans
lequel il est par ailleurs difficile d’exposer quelque chose. Ce
problème des musées aux architectures spectaculaires
s’est aussi posé avec Frank Gehry pour son Guggenheim de Bilbao.
Au delà du tapage médiatique, Libeskind s’est
réellement investi dans une démarche historiciste. Son
intérêt pour Berlin s’est déjà
manifesté dans des projets urbains (non realisés) comme
Berlin City Edge et
un master plan.Avant de quitter
le quartier, on pourra jeter un coup d’oeil, tant qu’on est dans le
quartier, sur les unités d’habitations conçues par Aldo
Rossi.
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Berlin, "Between the Lines", Musée Juif
(détail), Daniel Libeskind architecte
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Berlin dans la modernité -
Autre
musée, pour finir dans cette ville où on ne sait pas ou
commencer, la Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof, Museum für
Gegenwart. Aménagé dans la Hamburger Bahnhof,
ancienne gare de Hambourg qui, lors de la division, appartenait aux
chemins de fer de la RDA mais se trouvait sous le contrôle des
alliés. Ce musée d’art contemporain est un des plus
intéressants du monde, tant par ses qualités spatiales
que par la richesse
de ses collections. La façade néoclassique a
été agrémentée par une installation de
néons de Dan
Flavin, à apprécier par temps morose. A gauche de
l’entrée, l’excellente librairie. Salle centrale, sous la
charpente métallique. Igloo de Mario Merz, sculptures et
peintures monumentales de Anselm Kiefer, un des plus grands peintres
d’histoire de notre temps. A travers les
vastes galeries blanches, un ensemble incomparable d’oeuvres de Joseph
Beuys, dont le pathétique Das Ende des 20. Jahrhunderts
(La fin du XXe siècle, 1982 – 83), composé de blocs de
basalte incrustes d’un cavité en forme de disque dans laquelle
l’artiste a inséré de la graisse et du feutre, ses deux
matériaux fétiches, à travers lesquels il exprime
la résurrection et le renouvellement du monde. L’art
américain de la seconde moitie du XXe siècle est
également présent avec des œuvres de Andy Warhol dont un Mao,
de Robert Rauschenberg, Jasper Johns et Roy Liechtenstein. |
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Damien Hirst (1956 - ), The Physical Impossibility of
Death in the Mind of Someone Living
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exposition “Sensation: Young British Artists from the
Saatchi
Collection / Junge Britische Künstler aus der Sammlung Saatchi”,
Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof, Museum für Gegenwart,
Berlin, 30’09’1998-17’01’1999
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| Berlin est devenue,
avec Londres et New York, au cœur de la la création
contemporaine. Le musée du design créé par la
firme Vitra y a ouvert une antenne en 2000. Après une
installation provisoire dans un bâtiment de Prenzlauer Berg, le
Vitra Design Museum ré ouvre ses portes en automne 2006 sur le
site de l’ancienne brasserie de Pfefferberg. C’est bien dans cette
cité que se construit la créativité du nouveau
millénaire, sur les décombres du nazisme et du communisme. |
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