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> ALLER / VENIR
Située à l’Est de l’Allemagne, Berlin est assez éloignée des principales villes d’Europe Occidentale. Les trajets par voie terrestre (route, train) peuvent donc être longs. L’avion reste donc l’autre alternative.
La capitale allemande n’est pas spécialement bien lotie dans ce domaine. Elle est dotée de trois aéroports petits et vétustes. Schonefeld, en ex. RDA, est desservi par des compagnies asiatiques et africaines, Tempelhof reçoit quelques vols occasionnels, et la majorité du trafic est assuréepar Tegel. Le terminal à plan centré rappelle CDG1 en miniature. Facile de s’y perdre. Les bureaux de change ont des horaires peu pratiques et sont souvent fermés, en revanche, il y a un marchand de fruits et légumes. On a signalé de vols de bagages lors de l’enregistrement. Schonefeld  est relié à la villepar train, Tegel par un bus qui mène à la gare de Zoo. 
Berlin bénéficie d’une excellente infrastructure de transports urbains qui  a été rénovée. Les S-Bahn sont des trains urbains (l’équivalent du RER parisien) qui traversent la ville dans le sens Est-Ouest et desservent les banlieues. Les U-Bahn sont des métros avec un réseau plus dense. Il est très pratique de prendre une tageskarte, titre de transport hebdomadaire (valable pour les aéroports et les banlieues). Site internet de BVG (office des transports en commun). 
> DORMIR
Pas facile de trouver son bonheur. Berlin est une ville très étendue et les hôtels sont relativement chers. La solution la moins onéreuse est dans les auberges de jeunesse et autres établissements de ce type. Pour avoir le confort d’une sdb individuelle et d’une tv, les prix grimpent très vite. Un 2 étoiles peut facilement atteindre le prix d’un 4 étoiles à Paris! La meilleure affaire est de chercher des offres promotionnelles  auprès des voyagistes et des chaînes hôtelières. 
MITTE
Au cœur de Pariserplatz, face à la porte de Brandebourg trône l’Hôtel Adlon Kempinski. Fameux palaces d’avant-guerre, un des derniers à fermer ses portes lors des bombardements alliés – des épisodes des Bienveillantes de Jonathan Little s’y déroulent, l’Adlon a été entièrement reconstruit après la réunification et permet aux amateurs de palaces classiques de jouer le grand jeu. A l’autre bout d’Unter den Linden les amateurs d’histoire pourront goûter des charmes moins opulents, ceux de l’architecture stalinienne, à l’Hotel Park Inn (anciennement Forum). Situé sur Alexanderplatz, il domine, du haut de ses 40 étages, le paysage urbain. Chambres minuscules mais celles des étages élevés jouissent d’une vue à couper le souffle avec la très phallique Tour de Télévision, juste en face.
Autour de l’élégante Friedrichstrasse se trouvent d’excellentes adresses comme le Dorint Sofitel Am Gendarmenmarkt Berlin, élégant et moderne et le Four Seasons Berlin, offrant toute une palette de prestations de grand luxe. Non loin de Unter den Linden, le Rocco Forte Hôtel de Rome s’est installé dans un bâtiment construit en 1889 et qui abrita le siège de la Dresdner Bank jusqu’à la fin de la guerre. Les espaces sont élégamment aménagés dans un style art déco et comportent un spa. Sur Rosa-Luxemburg-Straße, le Lux 11 (Lux Eleven) est aussi trendy que les boutiques et ateliers d’art qui se trouvent dans le quartier. Déco minimaliste avec tonalité de blanc signée Silvestrin/Salmaso, architectes à Londres.
POTSDAMER PLATZ
Le Hyatt Regency, dessiné par l’architecte espagnol Rafael Moneo, avec une façade un peu austère mais un intérieur bien plus avenant. L’hôtel compte Christian Lacroix parmi ses habitués. Le Ritz Carlton joue davantage l’extravagance avec une façade néo-art-déco qui évoque les gratte-ciels des années folles de New York et Chicago. Non moins glamour, The Mandala Hotel Berlin offre les petits détails – matériaux, couleurs, plantes, objets - qui font plaisir aux sens et donnent à l’endroit une originalité que ne peuvent offrir les chaînes internationales.
KU’DAMM
L'ART Hotel Charlottenburger Hof Berlin est un endroit assez prisé pour son cadre cosy et ses prix raisonnables. Le Kudamm’ 101 se le joue style néo seventies, avec des formes arrondies, des couleurs flashy et des services high tech. Plus sobre, le Bleitbreu est un endroit des plus agréables et une adresse fort recommandable. Un peu excentré, le Schlosshotel im Grunewald offre un cadre de nababs dans un château entouré de jardins avec une déco fastueuse et des prix qui ne le sont pas moins.
> MANGER
Berlin, ses saucisses... évidement, ce n’est pas ça qui risque de manquer, ici. Que ce soit dans la rue, dans un centre commercial ou dans une gare, il y a toujours un stand prêt à servir les fameuses saucisses berlinoises. 
Les spécialités locales ne vont pas dans le diététique. Il suffit de se rendre dans un restaurant typique comme le Zur Rippe, derrière le Rathaus. Dans une adorable maison vieille de 300 ans, on a le choix entre les boulettes de viandes et autres mixtures aux graisses animales. Ames sensibles s’abstenir. Au Zur Letzten Instanz, à coté du précédent, c’est plus soft et plus raffiné. Excellentfilet de hareng mariné.
Ceux qui ont vraiment faim et qui aiment avoir l’embarras du choix iront au dernier étagedu grand magasin Ka De We. Section gastronomique immense, presque incroyable. On y trouve tout ce que la terre peut produire en produits alimentaires! Possibilité de manger sur les stands ou sous la verrière du Winter Garden (buffet ouvert).
Beaucoup plus glamour, le Borchardt est une brasserie qui ne désemplit pas. Décor sobre, cuisine très soignée, serveurs francophones qui peuvent être au courant des bons plans nocturnes de la ville.
Dans un joli quartier bourgeois qui a su garder son charme, le 1900 est un des premiers restaurants branchés à avoir ouvert à Berlin-Est avant la réunification. La patronne est très affable, la nourriture savoureuse. Excellent gibier (cerf aux fruits de la forêt).
> BOIRE / DANSER
Pour certains ça peut être la cause du voyage. Berlin est une ville qui déjante.Que ce soit lors de la Love Parade (en été) ou lors de la nuit du nouvel an, la ville explose dans des mega- fêtes de plusieurs centaines de milliers de personnes. Mieux vaut être prévenu, le bain de foule peut être éprouvant. Berlin est mondialement réputée pour ses boite et clubs alternatifs. Les nuits berlinoises se font souvent dans des endroits assez incongrus, des vestiges de la guerre ou du communisme, des sous-sols, etc. Ces lieux sont difficiles àdénicher et leur accès est réservé à une faune d’initiés. Mieux vaut se faire des relations avant de se lancer à la recherche d’une soirée ou d’un club dont l’existence peut relever de la pure fiction!
Pour aller danser, dans une ambiance très chaude et très sexe au son de la techno berlinoise, le Sage Club (Kopenicker str 78, tel 30 2785052), aménagé dans une ancienne station de métro, reste une référence. Longue file d’attente en week-end. Ambiance très folle aussi au Trésor (Leipziger str 126a, tel: 30 61005400), temple de la destroy techno que gère Volker Horst depuis pas mal d'années, avec beaucoup de succès. La maison édite ses compilations. Nous avons également repéré un endroit assez sympa dans un bateau sur la Spree (mais n'en connaissons pas le nom) et le Casino, boite un peu trop gigantesque à notre gout. Finsissons sur ces mots de Mark Mc Guire qui gère le Club Comission (ça fait très institutionnel):"diversity always interesting and always new"
Dans l’ouest dela ville, pas mal d’adresses, mais dans un autre registre. Le Far Away est, paraît-il, la seule boite à fonctionner le mardi: Elle a pignon sur rue comme une boutique, il est interdit de fumer, il y a des gens de tous ages (15 à 50 ans) dont certains boivent du théet d'autres se déhanchent comme dans les 70's. L'éclairage y est aussi diffus qu'en plein jour et le portrait d'un vieux barbu trône partout: pas de doute, on est chez une secte!
Ne pas oublier que l'Allemagne reste le pays de la bière. En face de Schloss Charlottenbourg, la Luisenbrau est une des dernières brasseries à brasser sa propre bière. On peut aussi y grignoter quelques chose, les gâteaux maison ne sont pas mal du tout.
> ECOUTER / VOIR
Difficile àaborder tant le programme est riche. Berlin conserve un héritage unique qui en fait un pôle culturel de 1er plan. Musique classique d’abord: Le Berliner Philarmoniker est la formation la plus réputéedu monde. Elle officie dans le bâtiment que Hans Sharoun lui a construit dans les années 50. Le maestro anglais Simon Rattle a prit la relève haut la main. On peut écouter quotidiennement une multitude de concerts dans les nombreuses salles de la ville, dont le Shauspielshaus.
Depuis la réunification, Berlin compte trois opéras qui se battent pour leur survie financière. Le Staastoper est le plus ancien et le plus prestigieux. Daniel Barenboïm conserve toujours la direction musicale et les productions sont souvent confiées à des metteurs en scène avant-gardistes comme Stéphane Braunshweig. Le Deutsch Oper et le Komische Oper offrent également une programmation de grande qualité.
La Berlin Biennale est un grand rendez-vous de la musique contemporaine. La dernière s'est tenue en mars 2001.
Pour les germanophones, Berlin est une des plus grandes places de la création théatrale. Le festival annuel qui s’y déroule est une vitrine de la créationcontemporaine la plus pointue. C’est aussi la ville de Berthold Brechte t son Berliner Ensemble reste un lieu de pélerinage incontournable malgré les crises d’identité qu’il traverse depuis une dizaine d’années. 
Autre festivité de premier ordre, le festival du film , aussi appellé Berlinale, qui se déroule début fevrier.
> ACHETER
On trouve pratiquementtout à Berlin, il suffit d’aller s’en rendre compte chez Ka DeWe, le plus grand magasin du continent européen,  ou de se balader sur le Ku’Dam et Friedrichstrasse ou dans le nouveau centre commercial de Potsdamer Platz. Tout n’est pas forcément bon à acheter, l’Allemagne n’étant pas le pays le meilleur marché de la planète. Voir les prix. Les CD sont une bonne affaire et les choix immenses. Beaucoup de livres. La librairie du Hamburger Bahnhof est une des meilleures librairies d’art du monde et un grand choix d’articles sont soldés.
Restent les produits dits historiques, à Checkpoint Charlie: Fragments du mur (dont la vendeuse annonce qu’il s’agit de faux) pour fétichistes et tee-shirts “You are leaving the american sector”.
> LIRE
GUIDES
On a l'embarras du chois, entre une Guide Bleu Evasion particulièrement réussi, un Guide Voir tout nouveu tout beau, un excellent  Lonely Planet et un Time Out qui se veut très branché. Berlin.de, site officiel de la ville en allemand et anglais. Berlin en ligne, guide des monuments de la ville, en français.
Le petit journal, sur le net et en français dans  le texte, accompagne la vie de la ville au jour le jour avec des rubriques diverses réactualisées: sorties, vie pratique, culture, critiques de livres, etc.
HISTOIRE 
Berlin Capitale, Autrement, HS 57, Berlin à la recherche de son destin de capitale culturelle et Berlin: le temps des démolitions?, Hacène Belmessous, Urbanisme Magazine, 319, juillet-aout 2001. 
MUSÉES & MONUMENTS
SMPK Staatliche Museen zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz
Stiftung Preussischer Kulturbesitz
Stitfung Preussische Schlösser  und Gärten: Berlin Brandebourg (Potsdam, Charlotenbourg...)
Bauhaus Archiv
Vitra Design Museum Berlin
Deutsches Historisches Museum Berlin
Judisches Museum Berlin, le musée Juif 
Berliner Festspiele festivals, concerts et expos au Martin Gropius Bau
"C’était bizarre d'effacer, au nom de l'Histoire, un part importante de l'Histoire de Berlin. L’Histoire de Berlin, c'est, évidement le XIXe siècle, mais aussi la Seconde Guerre Mondiale, la reconstruction et le Mur. Il paraissait complètement superficiel et hasardeux de prendre un modèle, de dire qu'il est parfait, et de reconstruire la ville sur cette base en ignorant la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide et tout le reste" Rem Koolhaas, Conversations with students, PRP/Rice 1996.
Berlin est un livre d’histoire à ciel ouvert. Les grands conflits qui ont secoué le monde occidental moderne: la fin des grands empires, l’ascension et l'effondrement du IIIe Reich, la IIe Guerre Mondiale et la Guerre Froide; sont omniprésents aux yeux du visiteur qui déambule dans la capitale de l’Allemagne réunifiée. Durant près d’un demi-siècle, Berlin a connu le statut peu commun et peu enviable de ville divisée, tout comme Beyrouth, Nicosie et Jérusalem. Berlin-Ouest était une enclave dans un bloc adverse, accessible au reste du monde par voie aérienne. A la fois vitrine et avant poste d’une idéologie et d’un mode de vie - "ich binn ein Berliner!", dixit John F. Kennedy, elle subissait la tension d’être sous menace. N’importe quelle bavure pouvait déclencher une troisième guerre mondiale, à laquelle les Berlinois auraient été aux premières loges. On ne sort pas d’une histoire pareille sans séquelles. 
berlin, vue panoramique
Berlin, vue panoramique. On reconnait le Dom (cathédrale) et la tour de télévision
- porte de brandebourg & pariser platz
Ce monument aligné dans l'axe directeur qui traverse Berlin d'Est en Ouest, symbolisa successivement la puissance de l’empire prussien, la division de l'Europe (le mur de Berlin passait à ses pieds) et la réunification. Aux pieds de la porte de Brandebourg, Pariser Platz à effacé les traces d’un demi-siècle de ruine. Le gratin international se presse dans les salons de l’hôtel Adlon, la France a hissé ses couleurs sur son ambassade blanche dessinée par Christian de Portzamparc – bâtiment bien moins excitant que les représentations du Royaume Uni (Michael Wilford) et des Pays Bas (Rem Koolhaas / OMA). En parlant d’architecture contemporaine – un sujet on en peut plus présent dans une ville ou il y a eu tant de choses à reconstruire, on peut être épaté (ou blasé) par la DZ Bank construite par l’inénarrable Frank O. Gehry. Si la façade reste sobre (surtout par rapport aux affres du Guggenheim de Bilbao du même architecte), l’intérieure est détonnant: atrium couvert d'une coupole elliptique et au sein duquel s'est greffée une membrane fluide en forme de tête de cheval qui contient une salle de conférences.
Berlin, reichstag, coupole par Sir Norman Foster
Berlin, le 27'12'98, le Reichstag avec la coupole dessinée par Sir Norman Foster
- Reichstag ou Bundestag ? - 
Incendié par Hitler, soviétisé en 1945 (célèbre photo d'Evgeny Khaldei montrant des soldats russes hissant le drapeau rouge à son sommet), enveloppé par Christo en 1994, le Reichstag abrite à nouveau le parlement allemand, le Bundestag, sous la coupole en verre de Sir Norman Foster (1998) qui incarne les principes de transparence et de démocratie de la nation. L'artiste Hans Haacke a installé dans une des cours une grande auge dans laquelle chacun des 669 députés apporterait de la terre de sa circonscription. La dédicace "à la population" au lieu de "au peuple allemand" a provoqué une controverse lors du vote parlementaire en avril 2000. En face du Reichstag, s'ouvre l'immense Chancellerie Fédérale, construction allongée, basée sur le concept de "band der bundes", ou les bureaux alternent avec des cours ou des jardins d'hiver. L'architecte Axel Schultes avait l'ambition de réaliser un lieu d'ouverture avec une vaste cour d'honneur en béton blanc et pierre de taille accessible au public. Histoire de faire oublier la Nouvelle Chancellerie de Albert Speer de sinistre mémoire. Les impératifs de sécurité en ont décidé autrement et cet espace au centre duquel trône une sculpture d'Eduardo Chillida est ceinturé. Les berlinois qui ont du mal à s'y retrouver, l'appellent "machine à laver fédérale"...
Berlin, reichstag, coupole par Sir Norman Foster
Berlin, le Reichstag avec la coupole dessinée par Sir Norman Foster
- au Tiergarten, sur les vestiges des nazis et des communistes -
En bordure du Parc de Tiegarten, le Reichstag constitue le maillon central d'une tramede lieux de mémoire. Albert Speer avait regroupé dans le quartier les représentations des pays alliés de l’Allemagne. Laissés à l’abandon pendant un demi-siècle, ces monuments historiques d’un genre particulier ont été repris par leurs propriétaires. En 2000, le Japon, l’Italie et l’Espagne se sont retrouvées dans des chancelleries flambant neuves à l’architecture fasciste. L'Autriche a fait du neuf  avec un bâtiment tout en couleurs de Hans Hollein.

Autres monuments symboles, celui qui fut érigé après la guerre pour les Soldats Soviétiques (et qui, lors de la division se retrouva en plein Berlin-Ouest!) et la célèbre colonne à l'ange au coeur du parc de Tiergarten, chère aux fans des Ailes du Désir. En 2005 fut inauguré le mémorial dédié aux victimes de la Shoah. Mer de béton, installation minimaliste géante, labyrinthe rectiligne, ce cénotaphe collectif - ou accumulation de cénotaphes - conçu par Peter Eisenman laisse pantois et admiratif. Pas seulement en regard de ses qualités formelles, mais par rapport à la sagesse des dirigeants d’un pays qui, comme nul autre, ont su accepter leurs responsabilités face à l’histoire.

- unter den linden (sous les peupliers) -
Cette large avenue bordée de peupliers est une des artères les plus animées et les plus agréables de la capitale. Elle traverse Mitte, le centre historique, de Pariser Platz à l'Ile des Musées, en passant par de nombreux monuments: la Bibliothèque Nationale, le Staatsoper, le Deutsche Guggenheim qui, contrairement à ses homologues de New York,Bilbao et Venise, n’est qu’une galerie d’expos temporaires, le Deutsche Historishes Museum dont I. M. Pei a construit une extension en verre en triangle, forme géométrique récurrente dans son corpus. Face à l’Opéra, un des monuments les plus étonnants de Friedrich Schinkel: la Neue Wache (Nouvelle Garde), un mémorial dédié aux martyrs des régimes précédents. La façade dorique cache un intérieur saisissant: un cube parfait dans lequel il a reussi à créer le vide.

- Friedrichstrasse -
Unter den Linden coupe la Friedrichstrasse, qui traverse la ville dans le sens Nord/Sud. En pleine mutation, elle est en passe de devenir une des artères les plus élégantes de Berlin. Des hôtels de luxe et de boutiques prestigieuses s’installent ici. Vers le sud, on aboutit au Gendarmenmarkt, la 'Piazzetta' de Berlin. Très belle place, avec ses deux cathédrales jumelles, Française et Allemande,  qui se font face, séparéespar le Schauspielhaus (salle ce concerts) de Friedrich Schinkel (1821). Cet harmonieux ensemble néoclassique est un des rares maillons de l'ancien tissu urbain de la capitale prussienne a avoir été épargné. La visite des églises est intéressante. Leurs coupoles oblongues donnent un espace très ascensionnel, ce qui  tombe bien puisqu’il est possible de monter au sommet. La très belle vue sur la ville permet d’apprécier ou d’appréhender l’état de sa structure urbaine et de ses chantiers gigantesques... Encore plus au sud, Friedrichstrasse atteint la limite entre les zones soviétique et américaine. C’était l’unique point de passage entre les deux Berlin, le célèbre Checkpoint-Charlie. Les célèbres panneaux «you are leaving the american sector»  et «you are entering the american sector»  ont été conservés in situ. Un musée commémoratif (Haus am Checkpoint-Charlie) a été aménagé dans un immeuble postmoderne construit par Peter Eisenman. Présentation assez ludique de l’historique du mur avec un inventaire à la Prevert des moyens mis en place par les Berlinois pour le traverser. Coté (ex.) ouest, un immeuble que Rem Koolhaas avait construit quelques années avant la réunification... 

Retour sur Unterden Linden, qui se prolonge en déviant ver la gauche. Sur le coté droit, un square, avec la statue de Friedrich Schinkel, puis le musée néo-gothique construit par ce dernier. Très belle collection de sculptures. Unter den Linden aboutit aux rives de la Spree et à l’Ile des Musées.

- Berlin-Est ex communiste et alternatif -
En prolongeant naturellement au delà de l’Ile des Musées, on arrive au cœur de ce qui fut la capitale de RDA. Alexanderplatz, lieu mythique dans l’avant guerre, entièrement reconstruite dans le pur style soviétique. Vastes esplanades dominées par l’immense tour de télévision, visible de partout dans la ville. Ce quartier en a vu de toutes les couleurs depuis les années 1930, le bombardement, la reconstruction post marxiste et la réunification, avec ses nouveaux projets urbains entrainant à leur tour leurs lots de de démolitions et de chantiers. Remontez vers Karl Marx allee, et allez voir l'international, un somptueux cinéma stalinien comme on en fait plus.  Derrière le Rathaus (Hôtel de Ville) et sa façade rouge, un petit quartier traditionnel avec de vieilles maisons germaniques du XVIe siècle. Un dépaysement dans le Berlin-Est post-communiste. Cette partie de la ville comporte des quartiers très intéressants. L’ancien quartier juif est devenu le centre du Berlin alternatif. Dans des carcasses d’immeubles en ruines abandonnés, se sont installés des artistes développant un art pirate et underground.  Initialement des Allemands de l’Est contestant l’ordre établi, ils ont été rejoints par une communauté assez hétéroclite et internationale. Le lieu le plus célèbre est le Tacheles sur Oranienburg Str. qui joua un peu le rôle dans les années 1990, de Chapelle Sixtine de la contre culture avec ses amoncellement de choses étranges et ses murs délabrés. L’immeuble, qui fut reconstitué pour le film Goodbye Lenin! a toutefois un peu perdu de son âme à force d’être une attraction touristique. Dans la même rue se trouve la Synagogue, rasée par les nazis lors de la "Nuit de Cristal" et reconstruite dans les années 1960 et un curieux bureau de poste aux allures d'église byzantine.

Berlin, velodrome, Dominique Perrault, architecte
Berlin, le vélodrome. Dominique Perrault, architecte
- des ruines et des stades -
Se promener dans Berlin-Est et ses banlieues est une occasion perpétuelle de découvrir des cités HLM de l’ex. RDA. Certains quartiers changent de visage. Non loin d’usines désaffectées dans des terrains vagues à la Wim Wenders, ont été construites de nouvelles installations sportives. Le vélodrome et la piscine de Dominique Perrault ont l’air d'avoir été incrustés dans la terre. Les revêtements de la façade (en tiges métalliques) et du sol (en béton coffré) sont remarquables. Drôle de coïncidence, le Stade Olympique, construit pour les jeux de 1936, est lui aussi enfoui. C’est peut être le seul point commun que partage l’œuvre audacieuse de Perrault avec ce colossal vestige de l’architecture hitlérienne. A l’intérieur, on entendrait presque la voix du führer, comme dans la scène de Allemagne année zéro de Rossellini au cours de laquelle l’enregistrement grésillant d’un discours du dictateur résonne dans les ruines de la nouvelle chancellerie.

- à charlottenbourg -
Le secteur Ouestde Berlin n’est peut être pas aussi surprenant que l’Est, mais il garde de beaux restes. En dehors du centre, Schloss Charlottenbourg est assez grandiose. Si l’ancien l’Ancien Château est assez insignifiant à nos yeux, la Nouvelle Aile est magnifique, avec son salon d'hiver tout argenté, sa grande galerie en stuc imitant le marbre, les détails des parquets, et les oeuvres majeures de Watteau (L'île de Cythère et l'Enseignede Gersaint).  En face de Schloss Charlottenbourg, deux petits pavillons à coupoles. L’un, aménagé par Hilmer & Sattler, abrite la Collection Berggruen: Cézanne,Seurat, Van Gogh et Impressionnistes au r d c, une centaine Picasso de la plus haute qualité au 1er étage, Paul Klee et autres modernes au 2e. 

- autour du zoo: le coeur de Berlin-Ouest -
Le cœur de Berlin-Ouesta longtemps été le Jardin Zoologique. La gare S-Bahnde Zoo est une des mieux desservies de la ville. Le quartier est toujours très animé même s’il a beaucoup perdu de son prestigedepuis la réunification. Autour du  Kurfustendamm (Ku’dam pour les intimes), les centres commerciaux qui furent  la vitrine du mode de vie et de la prospérité occidentale avec leur architecture années 60. Ka De We, le plus grand magasin du continent européen. Mais aussi, un monument symbole: l’Eglise du Souvenir, surnommée la dent creuse. Détruite par les bombardements, elle a été conservée en ruines. Une chapelle moderne a été édifiée dans son enceinte. Les surfaces murales sont des vitraux en brique de verre. Un peu plus loin, un autre monument, une sculpture en aluminium symbolisant l’état de divisionqu’a subi la ville: deux bras coupés. Vers l’est, on peut visiter le Bauhaus Archiv. Conçu d’après les plans de Walter Gropius, cet élégant bâtiment blanc abrite en son musée les plus célèbres créations de cette école d’art et de design. Boutique très intéressante. Le Bauhaus Archiv est en lisière du Kultuforum, le pendant occidental de l'île des Musées.

 
Berlin, Potsdamer Platz
Berlin, Potsdamer Plaz, le 01’01’1999, Renzo Piano, Richard Rodgers, Helmut Jahn architectes
- potsdamer platz -
Tout un symbole (encore!). Jadis cœur battant de la capitale avant de devenir un des symboles de sa division. Laissé en friche durant près d’un demi siècle, ce quartier est devenu, après la réunification, un des grands chantiers du millénaire. Ou comment reconstruire le centre d’une capitale. On ne peut éviter la comparaison avec Beyrouth. Dans les deux cas, des chantiers gigantesques jaillissant dans des espaces vides. Dans les deux cas, une polémique. D’un coté Sony Plaza, immense tour de verre de Helmut Jahn, centres commerciaux, cinémas et bureaux, De l’autre, encore plus colossal, Daimler City, conçu par Renzo Piano, avec des immeubles de Richard Rogers, Arata Isozaki et l'hôtel Hyatt de Rafael Moneo. De grands noms. Le résultat? Difficile ici d’émettre une opinion. Les deux Baron ne sont pas d’accord entre eux sur la réussite de ce projet. Il faudra, comme à Beyrouth, attendre plusieurs années pour voir si les habitants de la ville pourront s’approprier ces ensembles. La question n’est pas de juger la beauté formelle d’une architecture, mais sa capacité d’être un espace de vie. La promenade près de Potsdamer Platz révèle d’autres surprises du coté Est. L’Anhalter Bahnhof est un spectacle surréaliste. De cette gare rasée durant la guerre, il ne reste que les ruines pathétiques du portique d'entrée et un non moins pathétique wagon posé sur des rails. Non loin de là, Zaha Hadid a construit le Wohnhof, immeuble de logements sociaux. On avait construit prèsde Potsdamer Platz un Info Box, structure provisoire destinée à informer le public sur le projet. Elle fut demantelée en 2000. A ses pieds gisaient quelques vestiges de ce qui fut le mur de Berlin.
 
Berlin, Anhalter Bahnhof
En parlant de mur, c’est vers l’est, sur la East Side Gallery qu’il faut aller, pour voir ce qui en reste (cf. notre page Mur de Berlin). Promenade qui débouche sur l'Oberbaumbrücke, le plus célèbre pont de Berlin. Cette structure réalisée par Otto Stahn à la fin du XIXe siècle a une silhouette inoubliable avec ses deux tours, et ses deux niveaux superposés dont une est réservée au métro. La partie centrale du pont fut dynamitée par la Wehrmacht en 1945 pour ralentir l’avancées des troupes soviétiques et sa restauration s’étala jusqu’à la réunification, avec l’intervention de Santiago Calatrava qui dessina un des ses travaux les plus réussis et les moins tapageurs. De l’autre côté de la Spree, un quartier populaire, Schlesisches Tor. Bonjour Tristesse. C’est justement ce qui est écrit (en français dans le texte) sur la façade courbe du célèbre immeuble construit en 1980 par le génial Alvaro Siza (cf. nos pages sur le Portugal). Des scènes du film Run Lola Run de Tom Tykwer furent tournées ici.
 
Berlin, "bonjour tristesse", Alvaro Siza architecte
Berlin, Kreuzberg, Schlesisches Tor «Bonjour Tristesse», Alvaro Siza, 1980
- de Schlesisches Tor au Musée Juif -
Descendons vers le sud, tant qu’on est dans les choses pas très drôles. En passant par Schlesisches strasse, pour voir une caserne de pompiers construite tout en courbes par Erich Mendelssohn. C’est peut être le moment de visiter le Musée Juif qui lui, est, tout en facettes. Le bâtiment dessiné par Daniel Libeskind ne laisse pas indifférent. Sa façade en zinc transpercée de lignes ressemble à un livre, ou plutôt une carte. Le plan est basé sur une trame qui est une recomposition d’une étoile à six branches. A partir de cet «alphabet architectural», Libeskind a pensé son musée sur le concept de «between the lines».
“I have always believed that this museum should represent the future, not only the past; the beginning, not only the end. I wanted to design a museum that would communicate and engage the visitor on a mental, visceral and emotional level with the Jewish dimension of Berlin and German History.” Daniel Libeskind, discours d’ouverture du musée, Berlin 1999, in Daniel Libeskind: The Space of Encounter, ed. Thames & Hudson, 2001, p. 25.
Alors que nous contemplions ce remarquable ouvrage, nous avons été abordés par un alcoolo-toxico-sidée-néo-nazi qui insultait les juifs en insistant que ce musée aurait du être construit en Israël et que très bientôt il le ferait dynamiter - la lutte contre l’intolérance et le racisme n’est pas terminée! Le musée juif n’a pas de portes. Il est attenant au Musée de Berlin, lequel occupe l’ancien Kollegienhaus (palais de justice) prussien, et c’est par-là qu’on y accède via trois passages souterrains: Le premier pour atteindre le bâtiment principal, expressionniste et torturé qui exprime l’escalier de la continuité. Le second pour rejoindre le jardin dans lequel la végétation pousse au sommet de colonnes hautes de sept mètres. Le troisième pour la tour de l’Holocauste, élément isolé et vide, l’expérience architecturale la plus émouvante du parcours. Le paradoxe de ce musée est que son architecture est si parlante qu’on a reproche à son auteur d’en faire trop. Un mémorial au lieu d’un musée dans lequel il est par ailleurs difficile d’exposer quelque chose. Ce problème des musées aux architectures spectaculaires s’est aussi posé avec Frank Gehry pour son Guggenheim de Bilbao. Au delà du tapage médiatique, Libeskind s’est réellement investi dans une démarche historiciste. Son intérêt pour Berlin s’est déjà manifesté dans des projets urbains (non realisés) comme Berlin City Edge et un master plan.Avant de quitter le quartier, on pourra jeter un coup d’oeil, tant qu’on est dans le quartier, sur les unités d’habitations conçues par Aldo Rossi.
 
Berlin, Musee Juif, Daniel Libeskind
Berlin, "Between the Lines", Musée Juif (détail), Daniel Libeskind architecte
- Berlin dans la modernité -
Autre musée, pour finir dans cette ville où on ne sait pas ou commencer, la Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof, Museum für Gegenwart. Aménagé dans la Hamburger Bahnhof, ancienne gare de Hambourg qui, lors de la division, appartenait aux chemins de fer de la RDA mais se trouvait sous le contrôle des alliés. Ce musée d’art contemporain est un des plus intéressants du monde, tant par ses qualités spatiales que par la richesse de ses collections. La façade néoclassique a été agrémentée par une installation de néons de Dan Flavin, à apprécier par temps morose. A gauche de l’entrée, l’excellente librairie. Salle centrale, sous la charpente métallique. Igloo de Mario Merz, sculptures et peintures monumentales de Anselm Kiefer, un des plus grands peintres d’histoire de notre temps. A travers les vastes galeries blanches, un ensemble incomparable d’oeuvres de Joseph Beuys, dont le pathétique Das Ende des 20. Jahrhunderts (La fin du XXe siècle, 1982 – 83), composé de blocs de basalte incrustes d’un cavité en forme de disque dans laquelle l’artiste a inséré de la graisse et du feutre, ses deux matériaux fétiches, à travers lesquels il exprime la résurrection et le renouvellement du monde. L’art américain de la seconde moitie du XXe siècle est également présent avec des œuvres de Andy Warhol dont un Mao, de Robert Rauschenberg, Jasper Johns et Roy Liechtenstein.
Damien Hirst, sensation
Damien Hirst (1956 - ), The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living
exposition “Sensation: Young British Artists from the Saatchi Collection / Junge Britische Künstler aus der Sammlung Saatchi”, Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof, Museum für Gegenwart, Berlin, 30’09’1998-17’01’1999
Berlin est devenue, avec Londres et New York, au cœur de la la création contemporaine. Le musée du design créé par la firme Vitra y a ouvert une antenne en 2000. Après une installation provisoire dans un bâtiment de Prenzlauer Berg, le Vitra Design Museum ré ouvre ses portes en automne 2006 sur le site de l’ancienne brasserie de Pfefferberg. C’est bien dans cette cité que se construit la créativité du nouveau millénaire, sur les décombres du nazisme et du communisme.
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