BARON & BARON > CITY GUIDESTURQUIE > URFA - SANLIURFA
LES VILLES DE TURQUIE SUR BARON & BARON : GAZIANTEP, anc. AINTAB | ISTANBUL, anc. CONSTANTINOPLE | SANLIURFA, anc. URFA
LISEZ LE CARNET DE VOYAGE EN SYRIE & TURQUIE 2002 [DU DESERT A L'EUPHRATE] 
VISITEZ NOS PAGES AINTAB - GAZIANTEPEUPHRATE ET NEMRUT DAGI
> ALLER / VENIR
Urfa possède un petit aéroport. Turkish Airlines assure un vol quotidien avec Ankara et deux vols hebdomadaires avec Istanbul. La majorité des voyageurs y arrivent toutefois par la route. Entre Gaziantep (145 km, 2h30 de route) et Diyarbakir (190km, 5h), Urfa est proche de la frontière Syrienne. Il est possible de joindre Rakka en 3h mais il vaut mieux faire le trajet dans le sens Turquie-Syrie que Syrie-Turquie car les douaniers du poste turc d’Akçakale ne sont pas très commodes et n’hésitent pas à refouler des véhicules, et à les envoyer à Alep! La ville historique de Harran est à 50km au sud d’Urfa, prendre la même route que pour la frontière. Urfa n’est pas très loin du Nemrut Dagi (il faut compter 4h de route pour y arriver depuis le sommet), par la route de Siverek, qui est coupée par l’Euphrate en amont du barrage Atatürk. La traversée se fait en bacs.
Pour circuler dans Urfa, on peut avoir besoin de taxis pour aller du centre de la ville moderne (Sarayonu cad.) aux sanctuaires et la citadelle. Les distances peuvent cependant se faire à pied. Les dames devraient faire attention à leur tenue, Urfa, ville de pèlerinage est très conservatrice, la tendance est plus tchador que minijupe!
> DORMIR
Urfa compte bon nombre d’hôtels modernes et confortables, qui tendent plutôt vers le haut de la gamme. l’Hôtel Harran (Atatürk bl., tel: 0414 3132860, fax: 0414 3134918) jouit d’un emplacement central et offre à sa clientèle toutes sortes de prestations: Chambres très confortables, piscine, hammam qu’il est possible de réserver si on est en groupe (possibilité de mixité dans ce cas). L’Hôtel Edessa se veut encore plus haut de gamme. Situé en face du sanctuaire d’Abraham dans une petite ruelle, l’endroit est très agréable, mais pas de piscine. Assez cher.
L’adresse de charme d’Urfa est le Sanliurfa Valiligi Konuk Evi (tel: 0414 2159377, fax 0414 2153045), un guesthouse dans un bâtiment ottoman du XIXes. Prix modérés mais très peu de chambres (et donc de possibilité de trouver des places).
> MANGER
Urfa est la ville du légendaire urfali kebap (viande hachée avec tomates, poivrons et accessoirement, aubergines), un grand festin. A Urfa, le kebap est présenté grillé, avec ses légumes, eux aussi grillés et entiers. La cuisine finale se fait dans le plat de chacun. Le urfali kebap se conjugue aussi à l’arménienne: La viande et les légumes sont découpés, grillés, puis marinés dans une sauce tomate pimentée; et à la libanaise: On y ajoute du hommos, purée de pois chiches, à déguster à Beyrouth chez Kabab-Ji (rue Hamra, imm. Saroulla). A noter qu’il existe un kebap de poulet, moins lourd que le kebap original qui est à base de mouton. Le kebap est accompagné ou précédé d’un éventail de salades fraîches (attention, certaines peuvent cacher elles aussi du piment) et intéressantes avec des légumes, des pois chiches et du yaourt. 
Attention, Urfa a la sale réputation d’être aussi la ville des gastro-entérites. Ceci est justifié par le climat et l’hygiène. Si vous ne nous croyez pas, lisez le Lonely Planet. En tout cas, notre chère Elda avait cru que son estomac, fort de ses origines de Diyarbakir, serait à l’épreuve de n’importe quelle gargote. Elle a eu droit à 3 jours de foire du Trône! Tout ça pour vous dire de ne pas manger n’importe où!
Notre meilleure adresse est Gülizar Konukevi (Karameydani, Sumeydani Arasi Irfaniye sokak 22, tel 0414 2150505). Assez difficile à dénicher, de Kara Meydani, demandez votre chemin. C’est, dans une petite ruelle, un ancien palais arabo-ottoman, avec des chambres disposées autour d’une belle cour. Chaque chambre, avec un décor d’origine de boiseries et d’étoffes, contient une tablée. Les tables sont basses et les convives, après s’être dechaussés, s’installent sur des coussins. Ce n’est pas seulement un repas qui se prend dans cet endroit magnifique, c’est tout un rituel initiatique. La cuisine est classique et de qualité, l’endroit ne sert pas d’alcool. 
On n’allait pas faire l’impasse sur les desserts: La spécialité du coin, que l’on déguste d’ailleurs dans notre restaurant préféré, c’est le cillik, une savoureuse galette (pâte moelleuse proche du pankake) aux amandes arrosée de sirop. A ne pas manquer, c’est divin. Les urfaliotes mangent aussi le Kneiffé au fromage mais celui ci n’atteint pas la prestance de son équivalent libanais. Va donc pour le cillik! 
> BOIRE
Il ne faut pas être prophète pour comprendre que la vie nocturne trépidante, ce n’est pas à Urfa qu’on risque de la trouver. Coté boissons, les repas sont en général accompagnés de ayran - lait caillé, ce qui est presque nécessaire pour survivre à toutes ces épices, et seuls les grands hôtels servent de l’alcool. Oublié le petit verre? Non, mais de thé. C’est dans les dédales des souks, près des marchands de tapis qu’il faut chercher le Gümrük Hani (prononcer khan). L’ancien caravansérail des douanes (douane = gümrük, qu’est ce que vous n’apprenez pas grâce à nous!). Une cour avec plein de petites tables et de petites chaises basses en bois. L’endroit est unique. Les hommes jouent aux cartes, aux dominos. Au fond, près de la salle, des marchands de chapelets. pour une autre ambiance, en plein air, allez prendre un pot dans un des cafés dans les jardins au pied de la citadelle. L’endroit, entouré de jardins et des plus agréables. Le week end, c’est toute la ville qui se retrouve ici pour passer l’après midi.
> ACHETER
Urfa est fière de son bazar, grand marché situé près des sanctuaires. Des dédales inextricables de ruelles, on y trouve tout. Bien plus authentique et moins touristique que celui d’Istanbul. Un des articles phares du coin, c’est les tapis. On en trouve de très belle qualité à des prix très raisonnables. Il y en a de différents styles, chacun étant associé à la ville dont ils sont originaires. On a construit en face un nouveau bazar qui, architecturalement s’intègre très bien dans le vieux tissu urbain mais les produits proposés ne sont que pacotille.
> LIRE
Le site officiel de la ville sanliurfa.org.tr est en turc. En anglais, un page fait office de petit guide et 3 donnent un panorama historique. On peut aussi faire une visite virtuelle du Musée Archéologique.
Plus consistant et en français: Le comté d'Edesse, par M. Amouroux, ed. Geuthner / IFAPO.
 
En pleine Anatolie Orientale, Urfa est une cité biblique. Ville de naissance d’Abraham, elle est un lieu de pèlerinage pour de nombreux musulmans qui vénèrent le patriarche. Urfa s’appelle aujourd’hui Sanliurfa. C’est pour une question d’amour propre. N’ayant pu supporter l’honneur fait à Aintab, qui devint Gaziantep, Antep l’héroïque, elle a obtenu à être débaptisée à son tour au profit de Sanliurfa – Urfa la glorieuse. Comme ça tout le monde est content! Mais ce n’est pas tout. Urfa avait déjà changé de nom sous les ordres d’Alexandre le Grand pour devenir Edessa – Edesse. Pour finir ce débat de linguistique, précisons que Edesse resta Edesse sous les byzantins, les arabes et les turcs seldjoukides. Ce sont les Ottomans qui, en 1637, réintroduirent le nom de Urfa. Beaucoup de grecs et d’arméniens continuent de dirent Edesse, comme ils disent Constantinople. 


 Urfa est un concentré d’histoire et de cultures. Il serait peut être sage de commencer la visite de la ville par la citadelle. Elle est énorme, elle est très haute, elle domine la ville. Elle a une silhouette assez singulière, avec ses deux colonnes hérissées vers le ciel. La hauteur risque d’en dissuader plus d’un, mais l’ascension en vaut la peine. Elle s’effectue dans un petit escalier intérieur dont on ne voit ni le début, ni la fin. Et puis, on finit par arriver sur une terrasse, avec une vue à couper le souffle. Si on grimpe un peu plus haut, on obtient la photo ci dessus, avec les deux fameuses colonnes qui cadrent la ville. Détail moins idyllique, dernière la citadelle, une colline recouverte de taudis.  



 Au pied de la citadelle se trouve le quartier de Golbasi et le complexe de Dergah. Le coeur spirituel de Urfa, mais aussi un des plus beaux endroits qui soient. Tout n’est que jardins verdoyants traversés par des bassins et des canaux. Et des mosquées du XVIIe siècle, les unes plus belles que les autres. Des alignements de mosquées construites au bord d’un canal. On se croirait dans une Venise musulmane! Cet endroit, qui n’est pas loin d’avoir l’image du paradis, n’a pas été conçu de la sorte juste pour faire joli. Les observateurs feront d’ailleurs remarquer qu’il n’a pas son équivalent, sauf peut être, à Isfahan, en Iran, ou dans les capitales mogholes en Inde et au Pakistan. La magistrale conception du sanctuaire de Urfa répond à un programme iconographique lié à la vie d’Abraham. Selon la légende, Abraham, qui avait détruit des idoles païennes, devait être immolé sur ordre du roi Nemrod. C’est alors que survint un miracle: Dieu transforma le feu en eau, les bûches en poissons et Abraham s’envola pour atterrir sur un lit de roses. D’où les jardins pleins de roses, et les deux grands bassins habités par des carpes bien dodues! 


Non loin de ce sanctuaire ou règne la beauté et l’harmonie, nous entrons dans un univers bien plus chaotique: Le Bazar. Un labyrinthe de ruelles sombres et étroites, avec des khans couverts, des échoppes, des étals, des commerces en tous genres. Le bazar de Urfa, c’est tout l’orient, avec son capharnaüm, ses bruits, ses odeurs. Loin du grand bazar d’Istanbul, aseptisé et réservé aux touristes, le bazar de Urfa est un endroit ou l’on trouve toutes sortes de marchandises. On s’extasiera devant les tapis d’orient, on passera avec indifférence devant les blue jeans imitation des grandes marques, on ira prendre un verre de thé dans le Gümrük Hani, parmi les joueurs de cartes et les marchands de chapelets.  


 Et puis, on peut dériver dans les ruelles de la ville, découvrir, au hasard  des petites ruelles, une ancienne demeure arabe ou ottomane, comme celle qui du Centre Culturel, près de Hôtel Edessa. On peut même déborder plus au nord, tomber par hasard sur l’ancienne église arménienne aux allures de grand hangar, ou sur la belle Ulu Cami (Divan Yolu cad.). L’entrée de cette mosquée est difficile à dénicher, mais sa cour, plantée de cyprès, est un havre de quiétude. Et puis, elle a une tour à horloge fort intéressante. C’est comme ça, les petits bijoux disséminés dans la ville. Et puis Urfa est le point de départ pour visiter un autre bijou, la magnifique ville ancienne de Harran. Alors, il faut vraiment y aller!

2002-2005, Baron & Baron, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS