| > ALLER / VENIR |
| Urfa possède un petit
aéroport. Turkish Airlines assure un vol quotidien avec Ankara
et deux vols hebdomadaires avec Istanbul. La majorité des
voyageurs y arrivent toutefois par la route. Entre Gaziantep (145 km,
2h30 de route) et Diyarbakir (190km, 5h), Urfa est proche de la
frontière Syrienne. Il est possible de joindre Rakka en 3h mais
il vaut mieux faire le trajet dans le sens Turquie-Syrie que
Syrie-Turquie car les douaniers du poste turc d’Akçakale ne sont
pas très commodes et n’hésitent pas à refouler des
véhicules, et à les envoyer à Alep! La ville
historique de Harran est à
50km au sud d’Urfa, prendre la même route que pour la
frontière. Urfa n’est pas très loin du Nemrut Dagi (il
faut compter 4h de route pour y arriver depuis le sommet), par la route
de Siverek, qui est coupée par l’Euphrate en amont du barrage
Atatürk. La traversée se fait en bacs. |
| Pour circuler dans Urfa, on peut avoir
besoin de taxis pour aller du centre de la ville moderne (Sarayonu
cad.) aux sanctuaires et la citadelle. Les distances peuvent cependant
se faire à pied. Les dames devraient faire attention à
leur tenue, Urfa, ville de pèlerinage est très
conservatrice, la tendance est plus tchador que minijupe! |
| > DORMIR |
| Urfa compte bon nombre d’hôtels
modernes et confortables, qui tendent plutôt vers le haut de la
gamme. l’Hôtel Harran (Atatürk bl., tel: 0414
3132860, fax: 0414 3134918) jouit d’un emplacement central et offre
à sa clientèle toutes sortes de prestations: Chambres
très confortables, piscine, hammam qu’il est possible de
réserver
si on est en groupe (possibilité de mixité dans ce cas).
L’Hôtel
Edessa se veut encore plus haut de gamme. Situé en face du
sanctuaire
d’Abraham dans une petite ruelle, l’endroit est très
agréable,
mais pas de piscine. Assez cher. |
| L’adresse de charme d’Urfa est le Sanliurfa
Valiligi Konuk Evi
(tel: 0414 2159377, fax 0414 2153045), un guesthouse dans un
bâtiment ottoman du XIXes. Prix modérés mais
très peu de chambres (et donc de possibilité de trouver
des places). |
| > MANGER |
| Urfa est la ville du légendaire
urfali kebap (viande hachée avec tomates,
poivrons et accessoirement, aubergines), un grand festin. A Urfa, le
kebap est présenté grillé, avec ses
légumes, eux aussi grillés et entiers. La cuisine finale
se fait dans le plat de chacun. Le urfali kebap se conjugue aussi
à l’arménienne: La viande et les légumes sont
découpés, grillés, puis marinés dans une
sauce tomate pimentée; et à la libanaise: On y ajoute du
hommos, purée de pois chiches, à
déguster à Beyrouth chez Kabab-Ji (rue Hamra, imm.
Saroulla).
A noter qu’il existe un kebap de poulet, moins lourd que le kebap
original
qui est à base de mouton. Le kebap est accompagné ou
précédé d’un éventail de salades
fraîches (attention, certaines peuvent cacher elles aussi du
piment) et intéressantes avec des légumes, des pois
chiches et du yaourt. |
| Attention, Urfa a la sale
réputation d’être aussi la ville des
gastro-entérites. Ceci est justifié par le climat et
l’hygiène. Si vous ne nous croyez pas, lisez le Lonely Planet.
En
tout cas, notre chère Elda avait cru que son estomac, fort de
ses origines
de Diyarbakir, serait à l’épreuve de n’importe quelle
gargote.
Elle a eu droit à 3 jours de foire du Trône! Tout
ça pour
vous dire de ne pas manger n’importe où! |
| Notre meilleure adresse est Gülizar
Konukevi (Karameydani, Sumeydani Arasi Irfaniye sokak 22, tel 0414
2150505). Assez difficile à dénicher, de Kara Meydani,
demandez votre chemin. C’est, dans une petite
ruelle, un ancien palais arabo-ottoman, avec des chambres
disposées autour d’une belle cour. Chaque chambre, avec un
décor d’origine de boiseries et d’étoffes, contient une
tablée. Les tables sont basses et les convives, après
s’être dechaussés, s’installent sur des coussins. Ce n’est
pas seulement un repas qui se prend dans cet
endroit magnifique, c’est tout un rituel initiatique. La cuisine est
classique
et de qualité, l’endroit ne sert pas d’alcool. |
| On n’allait pas faire l’impasse sur
les desserts: La spécialité du coin, que l’on
déguste d’ailleurs dans notre restaurant
préféré, c’est le cillik, une savoureuse
galette (pâte moelleuse proche du pankake) aux amandes
arrosée de sirop. A ne pas manquer, c’est
divin. Les urfaliotes mangent aussi le Kneiffé au fromage mais
celui
ci n’atteint pas la prestance de son équivalent libanais. Va
donc
pour le cillik! |
| > BOIRE |
| Il ne faut pas être
prophète pour comprendre que la
vie nocturne trépidante, ce n’est pas à Urfa qu’on risque
de
la trouver. Coté boissons, les repas sont en
général accompagnés de ayran - lait caillé,
ce qui est presque nécessaire pour survivre à toutes ces
épices, et seuls les grands hôtels servent de l’alcool.
Oublié le petit verre? Non, mais de thé. C’est dans les
dédales des souks, près des marchands de tapis qu’il faut
chercher le Gümrük Hani (prononcer khan). L’ancien
caravansérail des douanes (douane = gümrük, qu’est ce
que vous n’apprenez pas grâce à nous!). Une cour avec
plein de petites tables et de petites chaises basses en bois. L’endroit
est unique. Les hommes jouent aux cartes, aux dominos. Au fond,
près de la salle, des marchands de chapelets. pour une autre
ambiance, en plein air, allez prendre un pot dans un des cafés
dans les jardins au pied de la citadelle. L’endroit, entouré de
jardins et des plus agréables. Le week end, c’est toute la ville
qui se retrouve ici pour passer l’après midi. |
| > ACHETER |
| Urfa est fière de son bazar,
grand marché situé près des sanctuaires. Des
dédales inextricables de ruelles, on y trouve tout. Bien plus
authentique et moins touristique que celui d’Istanbul. Un des articles
phares du coin, c’est les tapis. On en trouve de très belle
qualité à des prix très raisonnables. Il y en
a de différents styles, chacun étant associé
à
la ville dont ils sont originaires. On a construit en face un nouveau
bazar
qui, architecturalement s’intègre très bien dans le vieux
tissu urbain mais les produits proposés ne sont que pacotille. |
| > LIRE |
| Le site officiel de la ville sanliurfa.org.tr
est en turc. En anglais, un page fait office de petit
guide et 3 donnent un panorama
historique. On peut aussi faire une visite virtuelle du Musée
Archéologique. |
| Plus consistant et en français:
Le comté d'Edesse, par M. Amouroux, ed.
Geuthner / IFAPO. |
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|
En
pleine Anatolie Orientale, Urfa est une cité biblique. Ville de
naissance d’Abraham, elle est un lieu de pèlerinage pour de
nombreux musulmans qui vénèrent le patriarche. Urfa
s’appelle aujourd’hui Sanliurfa. C’est pour une question d’amour
propre. N’ayant pu supporter l’honneur fait à Aintab, qui
devint Gaziantep, Antep l’héroïque, elle a obtenu à
être débaptisée à son tour au profit de
Sanliurfa – Urfa la
glorieuse. Comme ça tout le monde est content! Mais ce n’est pas
tout.
Urfa avait déjà changé de nom sous les ordres
d’Alexandre
le Grand pour devenir Edessa – Edesse. Pour finir ce débat de
linguistique,
précisons que Edesse resta Edesse sous les byzantins, les arabes
et
les turcs seldjoukides. Ce sont les Ottomans qui, en 1637,
réintroduirent
le nom de Urfa. Beaucoup de grecs et d’arméniens continuent de
dirent
Edesse, comme ils disent Constantinople.
Urfa est un
concentré d’histoire et de cultures. Il serait peut être
sage de commencer la visite de la ville par la citadelle. Elle est
énorme, elle est très haute, elle domine la ville. Elle a
une silhouette assez singulière, avec ses deux colonnes
hérissées vers le ciel. La hauteur risque d’en dissuader
plus d’un, mais l’ascension en vaut la peine. Elle s’effectue dans un
petit escalier intérieur dont on ne voit ni le début, ni
la fin. Et puis, on finit par arriver sur une terrasse, avec une vue
à couper le souffle. Si on grimpe un peu plus haut, on obtient
la photo ci dessus,
avec les deux fameuses colonnes qui cadrent la ville. Détail
moins
idyllique, dernière la citadelle, une colline recouverte de
taudis.
Au pied de
la citadelle se trouve le quartier de Golbasi et le complexe de Dergah.
Le coeur spirituel de Urfa, mais aussi un des plus beaux endroits qui
soient. Tout n’est que jardins verdoyants traversés par des
bassins et des canaux. Et des mosquées du XVIIe siècle,
les unes plus belles que les autres. Des alignements de mosquées
construites au bord d’un canal. On se croirait dans une Venise
musulmane! Cet endroit, qui n’est pas loin d’avoir l’image du paradis,
n’a pas été conçu de la sorte
juste pour faire joli. Les observateurs feront d’ailleurs remarquer
qu’il
n’a pas son équivalent, sauf peut être, à Isfahan,
en
Iran, ou dans les capitales mogholes en Inde et au Pakistan. La
magistrale conception du sanctuaire de Urfa répond à un
programme iconographique lié à la vie d’Abraham. Selon la
légende, Abraham,
qui avait détruit des idoles païennes, devait être
immolé sur ordre du roi Nemrod. C’est alors que survint un
miracle: Dieu transforma le feu en eau, les bûches en poissons et
Abraham s’envola pour atterrir sur un lit de roses. D’où les
jardins pleins de roses, et les deux grands bassins habités par
des carpes bien dodues!
|
Non loin de ce
sanctuaire ou règne la beauté et l’harmonie,
nous entrons dans un univers bien plus chaotique: Le Bazar. Un
labyrinthe
de ruelles sombres et étroites, avec des khans couverts, des
échoppes,
des étals, des commerces en tous genres. Le bazar de Urfa, c’est
tout
l’orient, avec son capharnaüm, ses bruits, ses odeurs. Loin du
grand
bazar d’Istanbul, aseptisé et réservé aux
touristes,
le bazar de Urfa est un endroit ou l’on trouve toutes sortes de
marchandises.
On s’extasiera devant les tapis d’orient, on passera avec
indifférence
devant les blue jeans imitation des grandes marques, on ira prendre un
verre
de thé dans le Gümrük Hani, parmi les joueurs de
cartes
et les marchands de chapelets.
Et puis, on
peut dériver dans les ruelles de la ville, découvrir, au
hasard des petites ruelles, une ancienne demeure arabe ou
ottomane, comme celle qui
du Centre Culturel, près de Hôtel Edessa. On peut
même déborder plus au nord, tomber par hasard sur
l’ancienne église arménienne aux allures de grand hangar,
ou sur la belle Ulu Cami (Divan Yolu cad.). L’entrée de cette
mosquée est difficile à dénicher, mais sa cour,
plantée de cyprès, est un havre de quiétude. Et
puis, elle a une tour à horloge fort intéressante. C’est
comme ça, les petits bijoux disséminés dans la
ville. Et puis Urfa est le point de départ pour visiter un autre
bijou, la magnifique ville ancienne de Harran. Alors, il faut vraiment
y aller!
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