| > ALLER / VENIR |
| Venir au Nemrut Dagi est un rituel
initiatique. On n’y arrive pas
comme dans un moulin! Si on vient de Cappadoce, on prend la route du
nord
via Malatya. Si on vient de Gaziantep (5h de route), d’Antioche ou de
la
Syrie, c’est la route du sud, via Adiyaman et Kahta. Ne vous
arrêtez pas à Kahta, continuez votre chemin. En fait la
route bifurque à gauche avant la ville. On suit les
flèches Nemrut Dagi Milli Parki, et puis, quand on est dans le
parc national, on se perd! Si on n’est pas avec
un accompagnateur qui connaît la région, les cartes
routières sont indispensables. On peut aussi arriver en 4h
depuis Urfa par la route de Siverek avec un passage à bac pour
traverser l’Euphrate. |
| Le parc national du Nemrut Dagi est
immense. Certains sites, comme le Karakus sont ouverts en permanence et
non gardés. Le Mausolée d’Antiochos (entrée
payante), au sommet se visite en général à l’aube
(prévoir la nuitée de la veille dans le coin) ou au
crépuscule (prévoir d’arriver à temps) afin de
profiter de la lumière du lever ou du coucher de soleil sur les
terrasses. Si vous avez suffisamment de malchance, le soleil sera
voilé par
des nuages! |
| > DORMIR |
| Il est recommandé de loger le
plus haut possible pour être près du sommet. L’Hôtel
Euphrat (Karadut, 8 km du sommet, 40 min de route) est un grand
établissement montagnard sur un étage. Les chambres sont
reparties autour de deux cours. Simple (aucun équipement) mais
confortable et propre. Accueil sympa, demandez Ali Haidar, prix
très raisonnables (qui incluent le dîner et le petit
déjeuner) et emplacement très agréable.
L’hôtel assure, avec ses propres voitures (supplément), le
transfert vers le sommet. Réveil à
4h00, départ à 4h30, petit déjeuner ensuite!
Evitez
de dormir à Kahta. Tous les guides sont unanimes pour critiquer
la
sinistrose de cette ville. |
| > MANGER |
| Pas beaucoup de restaurants, dans le
coin. Nous ne pouvons parler que de notre hôtel l’Euphrat, qui
inclut d’ailleurs petit déjeuner et dîner dans le forfait.
Les repas se font dans une grande salle tapissée de bois,
ambiance chalet. Buffet gargantuesque, hors d'oeuvres, soupes,
ragoût aux aubergines, tout cela est très bon et
très
consistant pour se remettre de la fatigue de la route. Le petit
déjeuner
n’est pas mal non plus. Notre conseil, sortez le prendre sur la
terrasse,
près de l’entrée de la salle. Le paysage est grandiose! |
| > BOIRE |
| Ouvrir une bouteille de cognac au
sommet, ça aidera à survivre au froid. |
| > ACHETER |
| Ceux qui ont aimé les
têtes colossales pourront toujours les avoir en miniature... |
| > LIRE |
| MT.Nemrut
National Park, un site internet assez complet sur le sujet. |
|
|
|
| Un
sommet enneigé à 2200 m. d’altitude, dominant, à
360 degrés, les vallées de l’Euphrate et du Tigre. Un
tumulus funéraire gardé par des séries de statues
colossales dont les têtes gisent au sol tels les moais de
l’Ile de Paques. Du pur mythe! L’Empereur Antiochos Ier aurait
sombré dans l’oubli le plus total s’il n’avait choisi pareille
sépulture. Reprenons. Nous sommes en l’an 64 av-JC. Toute l’Asie
Mineure est occupée par l’Empire Romain. Toute? Non! La
Commagène, avec
à sa tête Antiochos résiste (certes, avec un
traité de non-agression) toujours à l’envahisseur.
Ça ressemble à de l’Astérix, sauf que notre
Antiochos, bien que ne disposant pas de
potion magique, se croit immortel (ce qui revient un peu au
même). Il
va donc faire construire sa dernière demeure le plus près
des
dieux.
“A
la fin de ma vie j’entrerai mon repos éternel ici, et mon esprit
rejoindra celui de Zeus-Ahura Mazda dans les cieux”
Antiochos
choisit
la montagne la plus haute et la plus pointue du pays. Les voyageurs qui
arrivent par la route, au niveau d’Adiyaman, ne peuvent pas se tromper.
Elle se distingue immanquablement par sa forme singulière. Elle
interpelle
parmi les autres. Le choix de se faire ensevelir à pareille
hauteur
n’est pas sans rappeler les rituels des Incas (1). Le roi fait
construire
un tumulus qui couronne et complète la forme conique et
aiguisée
de sa montagne. De part et d’autres, deux terrasses symétriques
sont
aménagées. Une terrasse à l’Est, pour faire face
au
Levant, une à l’Ouest pour le Couchant. Sur les terrasses sont
installées
des statues colossales représentant Apollon (2), Fortune,
Zeus-Ahura
Mazda, le roi Antiochos et Héraclès. La
mégalomanie
Antiochos n’est pas sans rappeler celle d’un certain Ramses II (3).
Comme
a Abou Simbel, les figures sont représentées assises, en
pied,
cote à cote. Ces statues ont toutes perdu leurs têtes, qui
gisent
aujourd’hui au sol, dans la neige (en saison). L’image est magique, et
nombreux
sont ceux qui ont été épatés par ces images
de
têtes colossales en pleine nature, comme celles des
Olmèques
au Veracruz mexicain. D’ailleurs, elles ont du succès. L’afflux
de
visiteurs leur a coûté très cher et il est
aujourd’hui
question, soit de les replacer à leur place, soit de les
remplacer
par des copies.
Quelle
que soit l’issue de cette affaire, pas de panique. Malgré tant
de grandeur, l’intérêt de la visite au Nemrut Daghi n’est
nullement artistique. Les sculptures
ne sont aucunement comparables aux chefs-d’oeuvre de la statuaire
antique
(égyptienne, orientale ou méso-américaine). Si
grandeur
il y a, c’est d’abord, dans les lieux. Le décor, le parcours. La
vue,
grandiose à souhait. Immense, inoubliable. Le parcours?
parlons-en!
Le chemin de croix, plutôt! Après plusieurs heures de
route,
dont les derniers kilomètres particulièrement
épiques,
surtout quand elle se déroule à 4 h du matin, le dernier
km
avant le sommet s’effectue à pied, dans l’obscurité
totale
et avec un froid polaire. Cette heure étant, avec celle du
coucher,
celle à laquelle arrivent le plus grand nombre de visiteurs, on
a
l’impression de se retrouver dans l’étrange procession d’une
secte
multiethnique ou se retrouvent kurdes et japonais! Une fois là
haut,
c’est clair que cette foule, pas si nombreuse mais compacte, fait
perdre
aux lieux une part de leur magie.
Voila
pourquoi il
est recommandé de visiter des sites secondaires comme le Karakus,
ou l’on est pratiquement sur d’avoir le coucher du soleil pour soi tout
seul. Ce tumulus fut créé pour abriter les tombes des
dames
du Commagène. Il est entouré de 5 colonnes, 1 pour chaque
direction,
deux dans celle du Nemrut Daghi visible en arrière plan. Le
spectacle
est magique, surtout au printemps lorsque les paysages alentours sont
verdoyants.
| (1) ces derniers cherchaient à se rapprocher du Dieu
Soleil Pachacamac |
| (2) dieu du soleil, Fortune |
| (3) cf. Abou Simbel |
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