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> A  PROPOS
Cemberlitas Hammami a été construit en 1584 par le célèbre architecte architecte Sinan pour l'épouse du Sultan Selim II.
> ALLER / VENIR
Le hammam se trouve sur Vezirhan Caddesi 8, près du grand bazar, dans Sultanahmet. tel: 90 212 5227974. Ouvert de 6h00 à 24h00, sections différentes pour les deux sexes.
> LIRE
Hammams: Les Bains magiciens de Maud Tyckaert, ed. Dakota, 2000. Les belles images de ce livre qui retrace l'évolution du hamman à travers les âges sont celles qui ont inspiré Stad avant son "voyage" à Cemberlitas.
Cemberlitas
par Stad

Un

Le hasard avait bien fait les choses; il ne me restait donc plus qu’à rassembler mon courage et oser: Oser franchir le seuil du grand porche en arcade…

C’était un jeudi de l’été dernier; une de ces journées torrides comme il en plane souvent sur la ville d’Istanbul, en cette saison. Je m’étais acquitté du travail qui m’avait conduit jusque-là, mais il me fallait encore attendre le vol du lendemain pour rentrer à Beyrouth. Ainsi, j’étais libre de mon après-midi : "Je la passerai dans la fraîcheur des allées du Grand Bazar," c’est du moins, ce que je croyais encore, quand l’un des taxis stationnés en bas de l’Hôtel m’invita à monter, et qu’il démarra.

Quand on a pris sa décision, mais qu’un laps de temps sépare la décision prise de sa mise en œuvre, et à fortiori, de son aboutissement, il est fréquent qu’on cède alors à la tentation de passer en revue ses alternatives, comme pour s’assurer qu’on a fait le bon choix. C’est par un réflexe de ce genre que j’en vins à remettre en question le programme de l’après-midi qui commençait, histoire de tergiverser avec moi-même et de me taquiner, en somme de me distraire, le temps du trajet, en rêvassant dans ce taxi qui, ignorant le jeu de mes hésitations, se dirigeait implacablement vers le Grand Bazar. Il faut dire que les taxis d’Istanbul ne sont pas les grands bavards qu’on croit, et les traversées de la ville s’avèrent être, par conséquent, particulièrement propices à la rêverie.

Quand la voiture s’arrête à l’un des innombrables feux, de ma banquette arrière, je regarde le trottoir quasi désert. Sur un mur d’enceinte en pierre de taille, qui borde le parc de je ne sais quel palais, le soleil déverse toute sa lumière. Un jeune homme passe. Il a la démarche incertaine de qui sait précisément où il se rend, sans être pour autant, pressé d’arriver. Comme il est le seul passant, je le remarque et le suis d’un regard distrait. Un pan de sa chemise ternie et décolorée retombe par-dessus le vêtement bâtard qui ne couvre ses jambes qu’à moitié ; trop long pour n’être qu’un pantacourt, trop court pour un pantalon. Il a des tongs aux pieds et une serviette de bain roulée sous son bras. "Et si j’allais plutôt visiter un hammam – l’un des hauts lieux de la civilisation ottomane, dont on dit qu’ils sont magiques et contribuent à faire la fierté d’Istanbul..."
Etait-ce l’instant, la lumière, la chaleur du temps, ou quelque mystère qu’exhalait la nonchalance du passant qui m’en suggéra l’idée? Ou étaient-ce simplement ses tongs et sa serviette de bain? Je ne saurai le dire. Je sais seulement qu’elle surgit dans mon esprit le temps d’un arrêt au feu rouge, ce qui recèle un signe de présage qui, de toute évidence, pouvait s’interpréter comme la violation d’un interdit. Mais je passe outre mes superstitions, tant la tentation de l’expérience est grande.
"… Le Cemberlitas, par exemple!"
Je m’étonnai de ce que le nom me revînt avec cette facilité. Cela ne me ressemble tellement pas.

Les planches couleurs du Cemberlitas, étalées sur des doubles pages en papier couché, me font toujours rêver, comme au premier jour où, quelques années plus tôt, ce beau livre sur les hammams d’Orient m’avait été offert.
Mais d’autant plus que je n’avais pas la moindre idée de ce qu’un tel retournement en coûterait au taxi, je m’abstins d’exprimer le désir de changer le cap de ma destination. J’appréhendais, sans véritable raison qui l’eût justifié, que ce retournement mît le chauffeur en colère. J’imaginais d’avance, l’embarras dans lequel je me trouverais s’il devait réagir à ce qui semblait n’être qu’un caprice, de la manière que l’aurait fait le stéréotype râleur du taxi parisien, par exemple. Et en turc, par-dessus le marché. Non, je me résignai à maintenir le cap de ma destination première, tant que j’étais à l’intérieur de cette voiture, en tout cas.
A cette appréhension s’ajoutait une autre:
Dans la plupart des sociétés orientales, la quête des lieux reconnus comme étant des havres de volupté revêt un caractère équivoque dont il n’est pas toujours aisé de faire part. Pour qui n’a pas l’expérience de leur fréquentation et qui, d’évidence, ne s’y rend pas que pour un usage pragmatique, il y a comme un tabou qui plane autour de leur quête. Ce tabou dont j’étais parfaitement lucide inhibait en moi l’audace que nécessitait la manifestation de mon désir. J’aurais été fort d’une présence complice que je l’aurais sans doute fait, sans scrupule, ni retenue. Mais seul, dans une ville dont je ne connais pas même le plan, et où je n’ai pas un repère, je n’osai pas.
 
Ayant sillonné les ruelles de la vieille ville jusque dans ses moindres dédales, la voiture s’arrête enfin, en bordure d’une grande place, aménagée en Parking, et autour de laquelle une alternance de bornes en béton et de petits arbustes sépare la rue par laquelle nous arrivions, de la zone piétonne qui se trouve à notre droite. Des commerces en tout genre envahissent les lieux et le pavé de la chaussée grouille de passants. Le chauffeur tend son bras droit et agite ses doigts ouverts pour me signaler que je dois encore faire un tronçon de ruelle piétonne, pour atteindre l’entrée du Bazar. Mais tandis que je règle le montant indiqué sur le compteur, que ma portière est entrouverte et que j’ai déjà, un pied sur la chaussée, j’affecte un air indifférent et demande en anglais, mais comme à toute fin utile:
"Le Cemberlitas, est-ce que c’est loin d’ici ?
- Oui, Cemberlitas" dit-il, répondant par l’affirmative à la formulation d’une question qui n’était pas tout à fait la mienne.

Quand bien même l’anglais se présente comme un recours alternatif à la langue d’un pays étranger, quelles que soient son habileté à s’exprimer, la richesse de son vocabulaire et sa maîtrise de la grammaire, une logique propre à sa langue maternelle vient toujours s’y greffer. Ainsi, l’échange en anglais entre un touriste et un autochtone ressemble souvent à un dialogue de sourds. C’est presque drôle de s’entendre répéter les questions et les réponses les plus triviales, avec des formulations diverses, plus ou moins nuancées, jusqu’à ce faire comprendre ou déceler, dans le puzzle des mots lancés dans l’air, ce que l’autre essaye de dire. La gestuelle et le ton employés constituent parfois des indices salvateurs, mais ils peuvent aussi bien être une source de confusions supplémentaires, puisqu’ils sont souvent régis par des règles propres à une culture et n’obéissent donc pas, ou pas nécessairement, à un consensus universel.

Dans ce cas précis, le "oui" du chauffeur de taxi devait logiquement signifier que le Cemberlitas est effectivement loin, mais le ton employé, ainsi que le geste par lequel il simula le dribble d’un ballon, n’étaient en rien cohérents avec ce que je crus comprendre. Il devait y avoir quiproquos ou alors, j’avais mal prononcé:
"Non, je parle de Cem-ber-litas.
- Oui, Cemberlitas Square, insiste-t-il, en dribblant de plus belle. La mosquée, c’est les deux tours qui sont là, juste en face, ajoute-t-il en baissant la tête pour se frayer un angle de vue en hauteur, à travers son pare-brise.
- Mais quelle mosquée? Je parle d’un hammam.
- Le Hammam? Mais c’est là, dit-il, en tendant son bras gauche; c’est dans cette arcade, juste en face."
Incroyable ! Je n’avais qu’à traverser la rue.

Deux

Oser franchir le seuil, je n’ai pas vraiment eu à le faire; c’est plutôt lui qui m’a happé:
En m’engouffrant dans les premières marches de l’escalier, je n’avais encore d’autre intention que celle de jeter un coup d’œil à l’intérieur, afin de me figurer une image de la réalité, la première qui s‘offre au visiteur nouveau, celui que j’étais. Il aurait été impensable que je doive d’emblée, gérer la vigilance que nécessite ma présence dans ce lieu où tout m’est étranger, alors même que j’aspirais à m’imprégner de sa découverte, à m’y abandonner. A défaut de pouvoir élucider le mystère de la fascination qui m’avait conduit jusque-là, je me devais d’assouvir le premier degré de ma curiosité, qui se focalisait encore sur l’atmosphère vivante d’une réalité que je ne connaissais qu’à travers les pages d’un livre. Ensuite, peut-être, avec les prémices de cette réalité en tête – une impression d’ensemble, au moins – je pouvais ressortir, me promener, aller faire un tour dans le Grand Bazar ou ailleurs, et prendre le temps de nourrir mon envie, de préparer mon retour et d’aborder l’expérience avec un regain de confiance.

C’est avec ce plan en tête et dans cet état d’esprit que je franchis le seuil du grand porche en arcade, surmonté d’une petite plaque, gravée en chiffres persans, sur laquelle on peut lire : "depuis 18…" (Je n’allais pas tarder  à apprendre que le hammam avait été construit en 1584, et que la date marquée sur la plaque n’était celle que de sa dernière remise en état.)
Le pas timide, et non sans quelque appréhension, mais sécurisé quand même par les bruits de la rue qui me parvenaient de derrière, j’entamai donc la descente de cette volée de marches que des années d’usure avaient marquées de leur patine, et même creusées par endroits.
Voir un client entrer ou ressortir, découvrir le profil type d’un habitué des lieux, le croiser, rien que ça, je n’en demandais pas davantage. J’aurais guetté son pas, sa prestance, et m’en serais inspiré, quand mon tour serait venu d’entrer pour de bon. Même la maladresse d’un touriste de passage m’aurait servi de recours. Elle aurait contribué à ce que je m’accorde l’indulgence d’être maladroit à mon tour, en sachant tout au moins que je n’aurais pas été le premier. Mais il n’y avait qu’un trou noir à l’horizon de ce tunnel qui me happait encore - un gouffre interminable, tel qu’un vague souvenir de cette descente me la fait encore percevoir, aujourd’hui.
"Oui, c’est ici le guichet," dit une voix qui brisa le silence et me fit tressaillir.

Le guichet: Un box en bois, surmonté d’un simple carré de verre, situé en contrebas de l’escalier, sur la gauche. C’est à croire qu’un esprit vicieux l’aurait sciemment placé à cet endroit, dans le but bien précis de surprendre le nouveau venu, au moment où ce dernier, encore hagard, cherche à se situer par rapport à l’interminable hauteur de l’espace.
La prudence que j’entretenais et avec laquelle je m’aventurais encore venait d’être brutalement prise au dépourvu, et en un instant, le dessin que je m’étais tracé s’effondra comme un château de cartes. Avoir atteint cette frontière entre le désordre du monde extérieur et ce havre de paix qui s’offrait déjà, à mon regard, dans le seul but d’assouvir une curiosité somme toute primaire, fit monter en moi un sentiment de culpabilité que je tentai de contenir, tant bien que mal. Sous le fait accompli, je demandai simplement à m’enquérir des conditions d’accès. Le guichetier sourit subrepticement.
L’ambiguïté de ce sourire fut telle, qu’il m’est encore impossible, aujourd’hui, de trancher sur son interprétation. Il pouvait aussi bien être celui qu’un souci de convivialité exige de réserver à l’accueil, que celui d’une satisfaction cynique; celle d’avoir allègrement pris au piège une victime de plus de la prudence mal placée. Déjà, des effluves qui recèlent un mélange de savon végétal à la feuille de laurier et de linge propre parvenaient jusqu’à moi, qui taquinaient mes narines.
Sans rien dire, presque machinalement, le guichetier me tend une feuille de papier, écrite en non moins de six langues, sur laquelle je peux lire le menu des prestations proposées et les tarifs correspondants à chacune d’elles. Une simple visite des lieux eut été possible, mais je prends "la totale," tant qu’à faire : Bain de vapeur, gommage corporel, savonnage assisté, massage et relaxation, le tout, l’équivalent en livres turques d’environ 25 Dollars.

Sur les côtés de l’immense carré que forme le hall d’accueil, une alternance de portes et de fenêtres rythme la juxtaposition des chambres individuelles qui se superposent sur deux étages. Le vieux tellah qui me conduit à l’une d’elles me remet une savonnette, un bol en plastique, une paire de sabots grossiers, à lanière de cuir transversale, et dans le lot, la clé de ma chambre. Elle était nouée à un bracelet en élastique que je gardai au poignet.
En quittant ma chambrette, je n’avais sur moi, pour seule couverture, qu’un paréo en coton léger, imprimé en écossais, et noué sur lui-même autour de ma taille. Que cet accoutrement fût l’uniforme commun à l’ensemble des clients et du personnel convenait parfaitement à mon état d’esprit et plus encore, à mes inquiétudes. Le paréo écossais réunissait le monde du hammam comme sous la bannière d’une confrérie unique, et je ne pouvais rêver mieux, à cet instant, que de me fondre dans l’anonymat de cette appartenance.
J’avançais à pas lents, prudents, soucieux de minimiser le volume sonore du claquement de mes sabots sur le carrelage, en même temps que le ridicule qui en résultait. Mais de ce registre, les premiers clients que je croisai semblaient peu préoccupés, et le sens du ridicule n’était à l’évidence, pas tout à fait le même pour tous. En effet, je constatai bien vite que la tonitruance du claquement des semelles de bois, relancée par l’écho, et qui prenait le temps de s’éteindre dans les hauteurs des voûtes, était le baromètre même du privilège par lequel les habitués se démarquaient des novices, et presque aussi, en quelque sorte, une question de virilité. Je ne tardai pas à me forger l’idée que dans ce monde très à part, le souci des uns de demeurer discrets ne suscite que l’ironie condescendante des autres, et qu’en revanche, on est d’autant plus respecté et mieux pris en charge qu’on a l’audace de laisser claquer ses sabots.
Trois

C’est par une porte battante, modestement située dans le fond du hall d’accueil, qu’on accède aux étuves ; on m’y invita, un avant-bras ouvert et une courbette à l’appui. Mais à peine la porte se fut-elle refermée sur mon passage que déjà, je m'empêtrais dans les mailles d’un labyrinthe de marbre, un monde sous terrain d’autant plus mystérieux qu’aucun indice n’y prépare. "Idéal, pour un remake de la scène finale de Shining," fut la première pensée qui me traversa l’esprit, tandis que je m’enfonçais dans la tiède moiteur des vapeurs d’eau qui se diluaient dans l’air, en suivant le même tellah - ou était-ce un autre? Pour un instant, je crus rêver.

Le passage de deux touristes - des italiens qui semblaient se diriger vers la sortie - contribua certes, à apaiser ce qui me restait d’inquiétudes.
Dans l’attente pour entrer dans une salle de cinéma, on ne peut presque pas s’empêcher d’observer le défilé des spectateurs qui sortent de la séance précédente, pour se faire une idée de l’impression qu’aurait laissée sur eux le film qu’on s’apprête soi-même à voir. Par analogie, mais dans cette circonstance qui se différenciait par l’ampleur de son urgence, j’étais avide de déceler la moindre expression lisible sur le visage de ces touristes, d’autant plus qu’ils étaient les premiers que je croisai dans ce lieu. L’un et l’autre adressèrent à mon intention un sourire furtif, dans lequel la complicité se mêlait à quelque chose qui ressemblait à de la compassion. Mais par ailleurs, c’est l’expression d’une satisfaction sereine - j’allais presque dire, béate - que j’eus le temps de percevoir sur leur visage, ce qui acheva de me débarrasser de mes incertitudes et mit un trait final à mes angoisses.

Le rituel commençait par un incontournable "bain de vapeur", auquel il aurait été bien approprié d’ajouter le mot "brûlant", au menu des prestations. Devant une porte, pourtant vitrée, mais à travers laquelle je ne vis rien d’autre que l’ombre de mon propre reflet, l’instruction du tellah fut brève : "Quinze, Vingt minutes," dit-il, en faisant ballotter sa main ouverte en l’air.

L’espace est exigu, certes, la visibilité, obscure, forcément, et la chaleur, à la limite de l’insoutenable, mais bizarrement, la fusion simultanée de ces désagréments ne fit pas du bain de vapeur, le calvaire que je me figurais encore, en y accédant. Loin de là.
Je m’assis sur le banc de marbre qui courrait le long des murs, et m’y abandonnai; qu’avais-je d’autre à faire? Des nuages de vapeur jaillissaient en rafales successives par l’embouchure d’un tuyau qui produisait à l’identique, le ronflement percutant d’une cocotte-minute en pleine ébullition. Je cuisais et m’ennuyais lentement. Il arrivait des fois que le tuyau se tût, pour un instant infime, un silence précaire captait alors mon attention. Mais l’instant d’après, comme pour racheter le silence, il lâchait en vrac les vapeurs ainsi condensées, et l’explosion qui tonnait dans la pièce remettait la machine en marche. Hypnotisé par les rythmes de cette symphonie percutante, je ne sus dire à quel moment de mon immersion, il arriva que je me trouve tout en eau, trempé de la tête aux pieds. Je ne vis pas la chose venir, je n’en fis que le constat: Je transpirais de tous mes pores, tandis que les vapeurs d’eau brûlantes hydrataient ma peau, simultanément.

Dans cet état qui tient à la fois de l’isolement et de l’abandon, l’écoulement du temps ne s’accorde pas avec la perception qui lui en est par ailleurs, familière. Comme j’étais démuni de ma montre et de tout autre indice qui m’eût permis d’en avoir une évaluation, je me mis à compter dans ma tête les soixante secondes d’une minute, et tentai de savoir, par une estimation purement intuitive, si j’avais passé la multiplication par quinze du temps de comptage écoulé, ou pas. Chaque ouverture de la porte apportait un nouveau venu et avec lui, une bouffée d’air qui, pour une fraction de seconde, le juste temps qu’il fallait pour qu’elle se diluât dans les vapeurs ambiantes, offrait un petit sursis de fraîcheur, trop bref peut-être, mais qui n’en était pas moins bienvenu. Tandis que le nouveau venu se cherchait encore une place sur le banc, les regards obliques qui s’échangeaient inévitablement brouillaient mon compteur. Mais la distraction qui résultait de cette intrusion finissait bien vite par se dissiper dans le brouillard des vapeurs implacables, l’isolement, par reprendre sa place, le tuyau, sa rengaine, et je pouvais alors me remettre à compter.

(à suivre)
2005, Sary Tadros (dit STAD) pour Baron & Baron, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS