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LES VILLES DE TURQUIE SUR BARON & BARON : GAZIANTEP, anc. AINTAB | ISTANBUL, anc. CONSTANTINOPLE | SANLIURFA, anc. URFA
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> ALLER / VENIR
Assez loin d’Istanbul, Gaziantep est reliée à cette dernière, ainsi qu’à Ankara, par des vols quotidiens de la Turkish Airlines. Minuscule aéroport au sud de la ville. Pour arriver et sortir de la ville, on a droit à un réseau routier particulièrement catastrophique. 2h30 de route pour Urfa, entre bosses et camions citernes, autant pour Alep, selon le temps perdu aux frontières. Gaziantep est un bon point de départ pour rallier le Nemrut Dagi via Adiyaman et Kahta. Ceux qui ont beaucoup de temps et peu d’argent prendront le train qui relie la gare de Gaziantep à Istanbul en 26 heures pour 13USD!
La ville est, a priori, difficile à maîtriser, car très étendue et dépourvue de point de repère fiable. Une fois que l’on est dans le centre, vers Hurryet cad. tout devient plus facile et les distances sont gérables à pied. Notons que les vieux quartiers sont de véritables labyrinthes et qu’il est souvent facile, mais pas désagréable, de se perdre dans les dédales ou de tourner en rond.
> DORMIR
Plusieurs adresses propres et pas chères dans le centre. Nous avons logé à l’Hôtel Kaleli (Hürriyet cad. 27010 tel: (342) 2309690, 2303295, 2306211, fax: (342) 2301597). Chambres propres avec sdb, excellents matelas, pour 25 USD la double petit déjeuner inclus. Vue intéressante depuis la terrasse du 6e étage, excellent emplacement. Ceux qui veulent un cadre plus chic choisiront, à deux pas de là, l’Hôtel Tilmen (Inönü cad. 168, tel: (342) 2202081, fax: (342) 2202091), un petit 4 étoiles moderne et bien aménagé.
> MANGER
Ceux qui connaissent des Aintabsi savent que dans cette ville, ça mange. Au point aussi caricatural que des bouches d’égouts de la rue se dégagent des fumées aux odeurs de Kebap!!! Evidement le Antabli Kebap (en plat ou en sandwich) avec ses tomates et ses piments, le döner kebap (bonjour le cholestérol). Et puis, le Lahmacun (prononcer Lahmajin), une pâte fine (type pizza) couverte de viande hachée avec des bouts de tomates, le tout très épicé, à déguster avec un ayran (lait caillé).
Passons aux desserts: Aintab est la capitale de la pistache. De tous temps, les négociants en cette denrée étaient les gens les plus riches de la ville. Résultat, Aintab grouille de marchands de Baklavas (pâtes feuilletées à la pistache et au miel). Le baklava d’Aintab a plus de pistaches que son homologue libanais pour moins de pâte feuilletée. La maison la plus réputée pour s’offrir ce précieux mets est Güllüoglu (Suburcu cad.), la seconde pâtisserie la plus ancienne de toute la Turquie. L’arrière-grand-père de Baron (Greg) était client. Donc, oublier tous ses complexes et ne manquer sous aucun prétexte!
> BOIRE
Chacun ses choix. Nous avons repéré un adorable petit café dans un jardin, pour prendre thé (Eyüboglu cad. entre la Eyüboglu Camii et la Cathédrale Arménienne). Sur la même rue, un café (couvert) est le repère des joueurs de dominos, un endroit très pittoresque. Ceux qui veulent du moderne iront près de Hukumet Konagi, dans des cafés plus modernes prendre un cappuccino. Pas eu le temps de repérer des bars de nuit.
> ACHETER
On trouve tout à Ainteb. Hürriyet cad. grouille d’opticiens et de pharmaciens. Certains magasins font les deux à la fois. Du coté de Eyüboglu cad., on ne trouve que des instruments de musique. Pour du cuivre et des tapis, aller au grand bazar...
> LIRE
The Legacy of Gaziantep to World Culture. Un ouvrage collectif sous la direction de Nezih Basgelen, 1999, excellent  malgré son titre pompeux, volumineux et abondamment illustré (superbes photos d'époque) retrace l'histoire de la ville et de ses environs. On le trouve au Musée Archeologique (40USD)
Le site internet de l'Université de Gaziantep possède des pages présentant la ville avec son patrimoine et ses activités.
URBANISME
Water Structures at Gaziantep, Nusret Cam, Environmental Design: Journal of the Islamic Environmental Design Research Centre 1-2 (1988): 74-81. pour amateurs (très) avertis!
SUR SELEUCIE-ZEUGMA
Des articles sur les missions archéologiques françaises: La mission de Zeugma-moyenne vallée de l'Euphrate et Mission archéologique de Zeugma - moyenne vallée de l'Euphrate.

 

Aintab, Antep... Gaziantep! Comment se retrouver, avec tous ces noms? Aintab est le nom arabe de la ville. Elle le portait alors qu’elle faisait partie du Vilayet d’Alep sous l’Empire Ottoman. C’est ce nom que les Arméniens continuent d’employer. Antep, c’est le nom turc (pas si loin de l’arabe, puisqu’en turc le P et le B sont très proches). Et Gaziantep c’est le nom héroïque (Gazi=envahisseur, héros) donné par la république turque à la ville, pour saluer la résistance, en 1920, de ses habitants turcs contre les alliés et les Arméniens. Passées ces considérations sémantico-historiques, venons en aux faits: Aintab est la ville dont sont originaires Baron & Baron! La ville comptait, au début du XXe siècle, une importante communauté arménienne. Les Aintabsi (originaires d’Aintab) sont fiers de la cité de leurs grands-parents, même s’ils n’y ont jamais mis les pieds. Ils sont fiers d’Aintab, car c’est dans leur ville que s’est installé, en 1874, le Merkezi Turkye Kolegi (Turkish Center College), communément appelé American College, 3e établissement américain de l’Empire Ottoman après le Roberts College de Constantinople et le Syrian Protestant College (futur American University of Beirut) de Beyrouth. Le CHU (Centre Hospitalier) fonctionne toujours dans ses bâtiments d’origine.
 

Aujourd’hui, Aintab, disons plutôt Gaziantep, est une ville turque bien comme il faut. 6e du pays, elle dépasse le million d’habitants. Son centre, moderne et animé, est plein de petits hôtels sympas, de cafés, de complexes de ciné futuristes. En périphérie de la ville, près des échangeurs d’Adana et de Sanliurfa, un immense centre commercial ou shopping mall, ou l’on se croirait facilement à Montréal ou à Singapour. En face, des cités HLM aux façades multicolores. Aintab ne figure pourtant pas sur les circuits touristiques. Le seul guide à lui consacrer un espace décent est le Lonely Planet. Ses hôtels reçoivent principalement des voyageurs d’affaires. Alors, Aintab, ville touristique ou pas? Le centre ville cité plus haut est agréable pour déambuler, entre Hurriyet cad., Gaziler cad. et Hukumet Konagi. Le quartier est un bon point de départ pour explorer la vieille ville, avec ses ruelles étroites et labyrinthiques. Aintab s’étend sur plusieurs collines souvent couronnées de mosquées aux élégants minarets. De nombreuses mosquées sont antérieures à l’époque ottomane et témoignent du développement de la ville dès le XIVe siècle. Citons de cette époque, l’Eyüboglu camii, avec ses deux nefs longitudinales et son élégant minaret. De l’Ala üd-Devle camii, du XVe s, seul le minaret est d’époque. La mosquée fut entièrement reconstruite en 1908 par des architectes arméniens. Son style est d’ailleurs d’un goût chrétien avec des fenêtres d’inspiration byzantine. Cette mosquée ressemble beaucoup à Sainte Marie des Arméniens. 

La cathédrale arménienne est bâtie au sommet de la colline du Hayek Tepe (le quartier des arméniens). Flanquée de deux minarets (le premier était un clocher), elle aujourd’hui la Kurtulus camii; “Mosquée de la Délivrance” (!). Curieuse architecture (réalisée par Sarkis Balian), un peu Néoclassique, avec ses façades à frontons et pilastres, un peu byzantino-omeyyade, avec son usage des pierres blanches et noires, elle ne ressemble pas aux églises arméniennes. L’église fut consacrée en 1892. Elle est située à l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, et son ambitieux architecte la voulait encore plus grande! On dit que le chef de la communauté, Nicolas Nazaretian, jugea le projet trop gigantesque et demanda à Balian d’en réduire les dimensions. Sainte Marie reste un bâtiment imposant. Elle domine le paysage dans de nombreuses photos d’époque d’Aintab et témoigne de l’importance de la communauté arménienne au sein de la cité. Le bâtiment, qui fut restauré dans les années 90, connaît aujourd’hui une double orientation: vers l’Est, comme pour toutes les églises, et vers la Mecque, à travers un mihrab. A noter que l’église servit de prison pendant la bataille d’Aintab. Elle constitue le coeur de l’ex. quartier arménien, un ensemble de dédales labyrinthiques que l’on peu arpenter au départ de l’Eyüboglu cad.

Dans ce quartier, on peut apercevoir un intéressant échantillonnage de maisons aintabsiotes en bois recouvertes de tôles. Certaines sont calcinées: Seraient-ce des anciennes demeures d’arméniens qui furent incendiées, comme on en trouve encore à Istanbul? Les amateurs visiteront le Hasan Süzer Etnografya Müzesi. Les salles de cette maison du XVIIIe siècle présentent de manière didactique les traditions populaires (un peu barbant). La cour dallée de pierres noires et blanches est la plus belle chose à voir. On peut aussi s’engouffrer dans les caves... Parmi les nombreux reliefs de la ville, ont peut remarquer les hauteurs de la citadelle, place forte qui remonterait à l’époque byzantine, dont la forme elliptique rappelle curieusement celle d’Alep. Le bâtiment est assez ruiné et ne vaut pas la visite. La citadelle est l’ancien noyau de la ville. A ses pieds s’est developpée, de Baladiyé cad. à Gaziler cad. l’ancienne zone commerciale et marchande composée de marchés et de hans. Aintab était, jusqu’à l’ouverture du Canal de Suez, un important centre de transit entre l’Anatolie et le Golfe Persique via l’Euphrate. La promenade dans ces quartiers, avec certaines rues piétonnes animées et pleines de magasins, est l’occasion de découvrir des métiers traditionnels et artisanaux dont certains sont en voie de disparition, ainsi que de visiter des hans, anciens entrepôts autour d’une vaste cour, comme le Kurkçu Han, qui était, lorsqu’il fut bâti en 1890, le plus grand de la ville.
 

- le musée archéologique -
Les lieux sont forts modestes. Façade anonyme de bâtiment  administratif, hall assez glauque. Le jardin, bien qu’étriqué, est plein de stèles autres pierres antiques. Le musée de Gaziantep vaut la visite pour ses mosaïques romaines d’une qualité exceptionnelle. Elles proviennent de la cité de Séleucie Zeugma qui se trouvait sur les bords de l’Euphrate. Connue depuis le début du XXe siècle comme site d’importance, Zeugma n’a jamais bénéficié de fouilles extensives, jusqu’à la fin des années 1990, avec la construction d’un barrage sur le fleuve, dont le Lac de retenue provoquerait la disparition. Zeugma fut fouillée par des équipes françaises et turques en catastrophe. Il en résultat des découvertes extraordinaires: sous les gravats, la ville réapparaissait, avec des réseaux de canalisations souterrains, des voies de circulation, et des villas. C’est à partir de quelques sites ciblés que furent dégagés les trésors dont certains ont trouvé refuge à Gaziantep. Tout le reste à disparu à tout jamais dans la quasi-indifférence générale. On ne refait pas Abou Simbel!
 
Le musée est au sud du centre ville, entre le stade et la gare. Ouvert du mardi au dimanche, 8h00-12h00, 13h30-17h30.

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