PROLOGUE - Aéroport
de Amman
Une vraie
ruine, sombre et délabrée, avec, en prime, le marché
de Calcutta pour passer d’un terminal à l’autre. Le vol pour Tunis
est annoncé avec une escale à Casablanca (!). Edouard en profite
pour entraîner toute la troupe dans le VIP lounge à l’aide d’une
carte American Express. Canapés moelleux, décor décent,
Carla se méfie, va aux nouvelles, et apprend qu’il sera débité
20USD / personne... à moins de prendre la fuite. Nous embarquons
alors sur un airbus A320 dont l’équipage a laissé aux passagers
le soin de s’installer comme des grands. S’en suivent des bagarres: un bonhomme
pas très conciliant (assis derrière Jihane!) tabasse une femme
qui prend la fuite à l’arrière de l’appareil. Pendant que les
passagers jouent aux chaises musicales sous l’arbitrage de Baron, l’appareil
ne peut pas décoller à cause d’un blessé qui cherche
une place pour étaler sa jambe. Il veut s’étendre au sol, entre
le cockpit et la classe affaires, avant de se retrouver installé entre
les deux classes, son postérieur sur un siège éco, sa
jambe traversant le rideau, en affaires.
dimanche
8 avril 2001 - TUNIS
15h00
– Aéroport de Tunis-Carthage
La longueur
des files d’attente au contrôle de police est à l’image du délai
pris par les autorités pour délivrer des visas à certains.
Questions:
"-écrivez-vous
des livres?"
"-Qu’est
ce que vous enseignez?"
"-si
vous êtes architecte, pourrez vous me faire les plans de ma maison?"
No comment.
Retrouvailles avec Daisy, sans valises, Gilles,et, pour Baron, un ami de
Genève qui passait par là. Fathi, notre guide, paraît
stressé et n’a pas envie de rigoler. Pas de temps à perdre,
direction le musée du Bardo! Comme dans tous les monuments du pays,
il faut, en plus du billet d’entrée, s’acquitter d’un dinar de droit
de photographie. Venus voir les plus belles oeuvres, nous devons rabouler
Fathi qui se lance dans un interminable discours sur la création du
monde depuis la Préhistoire! Ce dimanche après-midi s’achève
dans les ruelles désertes de la médina rythmées par un
nombre impressionnant de coiffeurs arborant fièrement leurs diplômes
et par le gardien ivre mort du Tourbet el Bey qui nous invite à visiter,
moyennant un dinar /personne, à visiter le monument dont il a la garde
(hors heures de visite) sous son regard concupiscent et masturbateur.
- intermède:
les nuits pas chaudes de Tunis -
Nous
errons entre l’avenue Bourguiba et la Place de la Victoire, dans un froid
polaire, à la recherche d’un taxi. Peine perdue, il faudra remonter
à travers les ruelles désertes de la médina pour arriver
à Essaraya, une des meilleures adresses de Tunis. Quelque part, au
détour d’un nahj, le sol est éclairé de bougies. Le
chemin a ainsi été tracé pour une soirée de
mariage à Essaraya, qui est donc réservé. Il faut trouver
autre chose. Les snacks de l’avenue ne sont pas très appétissants,
le Bagdad tente de nous attirer par l’entremise de son portier chinois,
mais nous décidons d’aller à la Maison Blanche. Toujours pas
le moindre taxi à l’horizon, mais Baron croise un fourgon qui décharge
des matelas et qui accepte de nous emmener à destination. Tous enfermés
dans le camion, la nuit, comme des voyageurs clandestins chinois, redoutant
le sort funeste qui nous attend. Funeste ne sera pas le traitement que nous
fera subir le chauffeur, mais l’accueil que nous réserve le personnel
(qui se rhabille par échelons) de la Brasserie de l’hôtel mentionné
ci dessus:
-Pas
de pizzas, pas de pâtes! (alors qu’il n’y a pratiquement que ça
dans le menu)
-Pourquoi?
-Parce
que! (pendant qu’il est en train de remettre sa cravate)
Commençons
par le vin. Charles commande du blanc qui s’avère rosé, pour
arroser un poisson grillé mais cru, des frites qui datent de l’époque
d’Hannibal et qui baignent dans [censure]. Enfin, après plusieurs
heures d’attentes et de protestations, et un repas frugal et détestable,
une addition salée (ce sera la plus chère du voyage), nous
refusons de payer intégralement. Nous quittons ce lieu inhospitalier
mais, en pleine avenue Mohamed V, sommes poursuivis par le maître d’hôtel
qui nous contraint de régler notre solde.
lundi
9 avril 2001 - DOUCCA - CARTHAGE - SIDI BOU SAID
Randonnée
pour Dougga, à travers les plaines et les collines agricoles.
Les champs de blé encore verts sont bercés par un vent frais.
Sur le chemin du retour, nous rencontrons une petite fille qui vend du
pain préparé par les femmes des villages avoisinants et cuit
sur de la pierre. Cet en-cas permet à Joelle de patienter jusqu’au
déjeuner qui nous attend à Sidi Bou Saïd. Comme
pour rattraper le repas de la veille, et faire une pause entre deux grands
sites archéologiques (Dougga et Carthage), le magnifique salon du
Kan Zaman est un cadre propice pour déguster enfin une cuisine tunisienne
riche et raffinée. Ceux qui ont commandé du couscous sont
surpris par des portions gargantuesques. Baron et Charles ne comprennent
pas comment ils n’ont pas pu finir leur assiette!
Retour à
Sidi après une visite de Carthage ou Baron a la bonne idée
d’appliquer des feuilles de capri sur ses tempes. La villa du Baron
d’Erlanger, Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes
est fermée les lundis, mais les connexions baronesques et un petit
sourire au gardien permettent aux portes de s’ouvrir et à nous de
visiter ce lieu magique avec ses jardins. Il faut finir cette journée
en beauté, comme au café Sidi Chabaane, avec ses terrasses
surplombant la mer, sa chicha et son thé à la menthe, avant
de partir pour l’aéroport et s’envoler pour Tozeur-Nefta.
mardi
10 avril 2001 - "ESCAPADE AVENTURE"
Metlaoui
est le point de départ du célèbre Lézard Rouge,
train beylical qui a été remis en service pour faire découvrir
aux touristes les gorges du Selja. Les wagons (avec un décor d’époque)
sont envahis par la foule qui vient admirer ce lieu que nous laissons à
Charles le soin de décrire:
"Au
fond des merveilleux canyons couleur jaune et ocre coulait une eau
noire
comme un mauvais jour, une eau d'égouts autour de laquelle gambadaient
des touristes lâchés comme un troupeau de chèvres et
tout à leur admiration béante du moindre objet de curiosité.
La vie se mourait tout alentour: l'herbe avait disparu du fond de la vallée
et les quelques palmiers encore debout perdaient leurs dernières
feuilles. La désolation était intense et s'étalait jusqu'au
débouché du canyon, là où l'eau de la mort allait
se perdre dans quelque relief de terre stérile. C'était le
prix à payer pour débarrasser les minerais de phosphate qui
faisaient la richesse du pays des métaux lourds qu'ils contenaient.
Les pays riches, principaux acheteurs du précieux minerai, n'admettaient
plus que l'on polluât davantage leurs beaux pâturages et le Gouvernement,
dans sa grande sagesse et du fond de ses palais ombragés, avait ordonné
que des quantités continuelles de Cadmium se déversent jour
après jour dans l'infinité plate et misérable du désert".
Nous arrivons
dans une gare pleine de wagons de phosphate et embarquons à bord de
nos 4x4, sur des pistes rocailleuses qui nous mènent vers le territoire
algérien. La frontière est marquée par une ligne de
pierres sur les collines et le poste tunisien est à portée
de vue. A travers les paysages chaotiques, des marabouts sont dispersés
en pleine nature. Nous arrivons à Midès, une oasis
avec son ancien village en pierre suspendu au bord d’un profond ravin. Des
marchands de souvenirs exposent des roses des sables et suspendent des voiles
aux belles couleurs. L’acheteur prendra soin de marchander, mais aussi et
surtout, de vérifier la qualité du tissu (préférer
le coton au synthétique). Prochaine étape, Tamerza,
un ancien village enfoncé dans une vallée, à coté
de l’oasis. Tout comme Midès et Chebika, le village de Tamerza a été
abandonné. Les touristes viennent dans cette oasis pour admirer des
cascades pas vraiment attrayantes. Sur la colline qui surplombe le site,
on a construit un hôtel de luxe, le Tamerza Palace (tel: 6-485322, fax:
785344). Nous y déjeunons au bord de la piscine. L’endroit est très
agréable, la vue spectaculaire, le buffet grandiose, et l’addition
astronomique! Pour digérer, reprenons la route vers Chebika,
un autre village en ruines, accroché au flanc d’une montagne
et surplombant les étendues désertiques. Les enfants du coin
sont très beaux et vendent des colifichets qui feront la joie de Joelle.
Pour 1 dinar (ou une friandise), ils prendront fièrement la pose
face aux objectifs des photographes, pendant que la lumière de cette
fin d’après-midi continue de descendre. Fathi nous propose, pour
le coucher de soleil, de faire une excursion à dos de chameau sur
les dunes du Sahara. Ça sent un peu l’attrape touriste, mais, de
toutes façons, c’était le cas pour tout le programme de cette
journée, dans ces zones désertiques qui sont plus bondées
que l’avenue Bourguiba de Tunis! Va donc pour la randonnée des sables
avec les dromadaires (seul Baron a droit à un chameau) dont celui
de Joelle se fait particulièrement bavard. Premières images
du désert avec une horde de bédouines surgissant d’on ne sait
ou, comme par enchantement, venant nous poursuivre pour nous vendre des poupées
de chiffon! Le coucher de soleil sur la crête des dunes est très
beau malgré l’agitation ambiante et les sonneries du portable de
Daisy, que tenteront de calmer, en vain, les appels au silence de Dima. Sur
le chemin du retour, qui se fait dans la pénombre, les relations entre
Baron (l’autre) et sa monture se détériorent au point que
chacun achève l’escapade tout seul, parmi les méharistes qui
réclament encore un pourboire en plus des 10 dinars de supplément
que nous venons de leur payer!
- intermède:
La vie nocturne à Nefta -
La Corbeille
est fermée, la boite du Mirage est meublée de mâles en
attente de gazelles qui ne viendront pas. La seule animation est dans le
salon du Sahara Palace où des fous excités (nous) jouent à
Psychologue, avec dans le rôle du psy le trio Daisy-Claude-Carla. S’en
suivent d’autres jeux plus ou moins inspirés. Les Meuh et les Beuh,
vous connaissez? C’est un des symptômes collectifs de la maladie de
la vache folle. Et la soirée de s’achever au bord de la piscine avec
Joelle qui récite par cœur des dialogues de films.
mercredi
11 avril 2001 - TOZEUR - NEFTA
Visite
de Tozeur, déjeuner à la Corbeille à Nefta, où
nous rencontrons un allemand venu seul de Gottingen à la recherche
de quelques mosquées perdues. Nous le suivons alors dans ses pérégrinations
à travers les ruelles en terre battue de Nefta, y rencontrant Abou
Mohamed (qui nous raconte l’histoire de sa vie et propose à Carla
de devenir sa Nième femme) et son fils Mohamed. Pendant que le vent
se lève et soulève avec lui la poussière, Carla, Claude,
Ed et les deux Baron s’enfoncent dans la palmeraie vivifiante mais boueuse
(fameux sables mouvants) et rencontrent des enfants à leur sortie
d’école. Présentations, plaisanteries, échange d’autographes
et d’adresses, invitation à prendre le thé à la maison,
tout cela est très sympathique et met une dose d’animation dans la
torpeur de cette après-midi que nous achevons au bord de la piscine
du Sahara Palace, alors que le temps continue de se gâter. Le soleil
disparaît laissant à l’horizon un voile de poussière.
Ces intempéries empêchent Gilles, Dima et Maha de faire leur
escapade sur les lieux de la bataille du désert dans Star Wars...
Et nous de paniquer pour notre traversée du lendemain. Et si nous restions
bloqués à Nefta durant une semaine?
- intermède:
La vie nocturne à Tozeur -
Non contents
des tentatives festives neftaiotes, nous décidons de récidiver
à Tozeur, réputée plus animée. L’expédition
est boycottée par Baron (ce qui provoque une crise avec Joelle).
Les autres atterrissent à un des endroits les plus branchés
de la terre, la boite du Club Med. Sur la piste, quelques vieux dansent sur
à, à, à la queue leu leu! Eh oui,
il existe encore des enregistrements de cette chanson, et, bien d’autres.
Il faudra faire avec pour rigoler, ce qui compte c’est la bonne humeur!
jeudi
12 avril 2001 - LE GRAND SUD
Départ
matinal. Dès 6h30, la caravane de 4x4 est déjà en route,
pour la grande traversée du Sud tunisien. Au delà de Tozeur,
sur la route de Kebili, le soleil se lève sur Chott el Jerid,
un lac salé asséché. La lumière de l’aube donne
à ce lieu rocailleux et plat qui semble s’étendre jusqu’à
l’infini l’aspect des toundras que l’on trouve au nord de la Scandinavie.
Soudain apparaissent les premières dunes, quelques palmiers et un
signe de vie ; un marabout (alors que c’est paradoxalement un tombeau!)
Le lieu a été le sujet d’une oeuvre majeure du célèbre
vidéaste Bill Viola. Nous arrivons enfin à Douz, juste
à temps pour le marché hebdomadaire, le plus important et
le plus coloré de la région. Le marché s’installe sur
une place carrée cernée de murs dont chacun est percé
d’une grande porte en son centre. Sur les étals, on trouve tout ce
qui peut se vendre ou s’acheter: épices, pois chiches, babouches,
amoncellements de poissons frits ou séchés, le tout au son des
musiques tonitruantes dispensées par les marchands de cassettes. Ce
déballage haut en couleurs attire marchands et acheteurs du désert
et de ses oasis, et, depuis quelques temps, des touristes, ce qui a provoqué
l’apparition de produits qui leurs sont destinés, proposés à
’prix fixes’. Plus fort que le marché traditionnel, l’activité
la plus spectaculaire des jeudis matins est le marché aux bestiaux:
dans immense un terrain planté de palmiers se négocient dromadaires,
cervidés, ovins, volailles et autres volatiles que les acquéreurs
emportent directement sous les bras, souvent avec la désapprobation
manifeste de la bête concernée. Ce spectacle est des plus fascinants
qui soient, un témoignage vivant des us et coutumes du grand sud
tunisien, un cérémonial ancestral discrètement surveillé
par la police qui contrôle les allées et venues des animaux.
La route reprend
vers l’Est, vers les montagnes de Matmata. On grimpe. A l’entrée du
village de berbère de Tamezret, les voyageurs font une
pause pour admirer les paysages vallonnés et les maisons vernaculaires
s’accrochant et se fondant à la colline, avant de repartir sur Matmata.
Cet endroit est célèbre pour ses habitations troglodytiques.
Certaines ont servi de décor à plusieurs épisodes de
la série Star Wars [la Guerre des Etoiles] de
Georges Lucas, et en conservent la trace par la présence d’éléments
de décor science fictionnesques. Invisibles de l’extérieur,
les maisons sont encastrées autour de cratères de 5 à
10 mètres de profondeur. Le centre de l’excavation, à l’air
libre, joue le rôle de cour, de grange ou de jardin, tandis que les
espace habitables sont excavés à l’intérieur des parois
circulaires, et protégés des températures extrêmes.
Il est possible de passer la nuit dans ce genre d’habitat, puisque certains
ont étés transformés en hôtels, comme le Marhala
(tel: 5-230015, fax: 5-230109). Entre collines dénudées et
vallées encaissées, Matmata est entourée de montagnes
que nous n’allons pas tarder à voir de plus près. Nous grimpons
donc sur ce qui n’est plus qu’une piste non goudronnée et impraticable
sans 4x4 (bien que nous ayons rencontré quelques fous en Renault 19).
Ça bouge rudement, surtout aux virages, parfois vertigineux. La chaîne
montagneuse est parallèle à la côte du Golfe de Gabès.
Depuis les crêtes, on découvre un splendide panorama sur les
plaines côtières vides et les eaux turquoise de la Méditerranée.
Ce paysage très aérien se poursuit par une descente sur Toujane,
un petit village adossé aux montagnes. Les maisons sont admirablement
intégrées dans le paysage. L’étroite rue principale
en terre battue prend les couleurs vives des kilims que les habitants exposent
à la vente.
Nous
arrivons sur Metameur, un des villages que l’on visite pour ses ghorfas
ou greniers à blé [ghorfa en arabe = chambre, NDLR]. Ils sont
disposés autour d’une vaste cour rectangulaire et blanche qui, écrasée
par le soleil, semble surgir d’un film de Sergio Leone. Charles a même
identifié le poteau sur lequel on pend des bandits qui n’ont peut
être jamais existé. Les bâtiments vides (à l’exception
d’une aile repeinte et transformée en hôtels) et leurs alvéoles
voûtées sont à l’abandon et tombent parfois en ruines.
Avant de quitter Metameur, précisons que ce nom ne provient pas
d’une insulte de la banlieue parisienne, mais des dattes [datte en
arabe = tamer NDLR]. On notera enfin, que dans cette région, les
propriétaires marquent les limites de leurs terres par des alignements
de cactus.
- interlude:
pause déjeuner à Tataouine, ou il est prouvé qu’on n'est
jamais mieux servi que par soi même -
Direction
plein sud. Tataouine, pour faire le plein avant de reprendre la route
des ksour. Les voyagistes ont la fâcheuse manie de croire que les
voyageurs ne peuvent pas manger hors d’un restaurant pour touristes. Alors
que nous réclamons une boulangerie ou un snack, on nous emmène,
hors de la ville, dans un endroit ou il y a le choix entre une salle à
manger sinistre pour armées d’affamés aveugles, et un hôtel
de ‘luxe’ dont le restaurant affiche des prix dignes des Champs Elysées.
Nous arrivons enfin à nous faire déposer dans le centre de
la ville. Visite chez l’épicier du coin, achalandé en fromage
Président, yaourt et chips. Le pain chaud de
la boulangerie sera donc le complément pour se faire des tartines
en voiture, comme des grands.
A 4 km
au sud de Tataouine, dans un endroit plein de détritus, se dresse
Beni Barka, un immense village fortifié. Abandonné
il y a longtemps, ce ksar médiéval tombe en ruine de manière
assez pathétique. La visite de ses artères courbes pleines
de gravats (certains ont envie de compter les pierres?) évoquent
les images d’une ville après un bombardement aérien. Alors
que Carla exhibe par la fenêtre de la voiture ses chevilles ornées
de chaussettes baroques, nous nous dirigeons vers Chenini, un des plus beaux
villages du sud tunisien. Le paysage lui seul est grandiose! des montages-tables
que vient caresser la lumière dorée du soleil couchant. A 1km
du village se trouve une mosquée blanche avec un cimetière
aux tombes géantes (près de 4m). Elles sont occupées
par les Sept Dormants, sept frères berbères qui furent persécutés
par les romains qui les emmurèrent vivants. Ils continuèrent
alors à grandir avant de se réveiller deux siècles plus
tard dans une Tunisie devenue musulmane et de mourir pour de bon après
avoir été béatifiés par les deux religions
(chrétienne et musulmane).
Chenini est
un immense village berbère taillé sur les crêtes d’un
non moins immense cirque rocheux, en bordure duquel se dresse une ancienne
mosquée blanchie à la chaux, telle une mission espagnole
au Nouveau Mexique. Le décor est spectaculaire, une super production
hollywoodienne. Comme les autres ksour, Chenini a été abandonné,
seules quelques maisons sont habitées par des familles berbères
et des minorités noires. Le reste tombe en ruine et commence à
ressembler à un Colisée de Rome sauvage, ou, mieux encore,
à la Tour de Babel, telle que l’a peinte Pierre Bruegel l’ancien,
inspiré par le même Colisée (cf. notre page sur le Kunsthistorisches
Museum de Vienne). La dénivellation permet de voir les maisons du
bas en plan, et aux amateurs d’architecture vernaculaire de se faire un cours
grandeur nature. Les riches habitaient les quartiers du bas, laissant les
hauteurs, plus exposées, aux pauvres.
Pendant
que la lumière continue de descendre sur ces paysages grandioses,
nous remontons vers le nord, sur Ghomrassen. Bourgade assez vivante, Ghomrassen
compte des maisons troglodytiques adossées à la falaise, mais
s’est développée sur la plaine, avec sa place du marché
et sa bibliothèque municipale à l’entrée de laquelle
trône l’Universalis. Dans les ruelles escarpées du vieux village,
l’accueil est plutôt rude: un vieillard pas très compréhensif
et des chiens assez sauvages. La mosquée est, en revanche toujours
en usage, et sa cour blanche et propre contraste avec le laisser aller
du coin. Au sommet de la falaise, inaccessible à cause d’un glissement
de terrain, se trouve le marabout de Sidi Arfa, un homme saint local.
Fin de parcours
sur le chemin de Jerba que nous atteignons vers 20h, après
avoir emprunté la chaussée romaine qui relie l’île
au continent. Nous logeons au Mari Queen, un resort balnéaire situé
en bordure de mer dans la ‘zone touristique’. hôtel n’est pas spécialement
mauvais (même si la déco des chambres est un peu kitsch),
mais Baron et Baron on droit au désormais inévitable syndrome
de Huê.
- anthropologie
voyagistique: le syndrome de Huê –
Lors
d’un voyage dépassant une semaine, les participants commencent à
éprouver, à mi-parcours, les effets de la fatigue. Surtout
après une journée aussi longue que celle que nous venons de
passer. Ils doivent donc reporter cette lassitude sur quelque chose, et s’attaquent
à hôtel ou ils viennent d’arriver, alors qu’ils ont séjourné
dans bien pire sans rien dire. Ce phénomène a été
observé pour la 1ere fois à Huê, au Vietnam.
- la
soirée des retrouvailles -
Caline,
Samir, Walid et Adib arrivent enfin à Jerba vers minuit. Tout le monde
traîne dans le salon de l’hôtel, mais pour Walid, pas question,
de perdre son temps. Il embarque Baron et Ed au Pasino, le nouveau casino
de Jerba. Il y a près de quatre clients, une ambiance folle. Laissons
les perdre leurs dinars, Caline va vous conter leur histoire sur les deux
journées qu’ils ont passé sans nous.
- l’histoire
de Caline, Samir, Walid et Adib, par Caline -
"Amman-Tunis:
toutes les femmes se jettent sur Saber el Roubahi ou Rabeh el Soubahi,
je ne sais pas. Arrivée à Tunis, sortie VIP pour rattraper
l'avion de 15h pour Jerba. Raté; pas de valise d'Adib. Taxi pour
Sidi Bou Saïd: succulents beignets. Retour à l'aéroport
pour rattraper de nouveau l'avion pour Jerba de 18h encore raté, pas
de place. Cette fois taxi pour Sun Palace: après avoir mis un plan
d'attaque pour trouver un taxi, visite du shoping mall Araf, puis dîner
dans un resto huppé avec la jet set tunisienne. Le seul resto où
il y avait des nanas. Retour à l'aéroport et cette fois opération
réussie: on vole pour Jerba et chou hel Jerba! Rencontre avec le groupe
endormi. Le lendemain, petit déjeuner et vol de sandwich de fromage
pour le déjeuner sur les conseils de Baron pour Adib, Samir et Caline.
4x4 pour les Ksour et Matmata: superbe journée. Adib s’endormait uniquement
pendant les trajets les plus montagnes russes. Saïd notre guide nous
achète des cornes grecques delicatessen de la région [cornes de gazelles, NDLR]
et super déjeuner typique à Matmata dans une
chambre d'une maison troglodytiques. Pas eu besoin des sandwichs volés.
Chemin vers Gabès, point de rencontre avec vous. Après une
heure d'attente à tourner dans le souk, vous voila pour visiter...
eh bien les souks!"
vendredi 13 avril
2001 - JERBA - SFAX
C’est
la matinée plage et détente. Mais avec le froid qu’il fait
qui d’autre que Baron ose se jeter dans la piscine? Ce dernier vient de subir
un massage qu’il n’est pas prêt d’oublier, il boitera jusqu’à
la fin du voyage. Promenade en bord de mer, sur les plages sablonneuses.
Quelques russes (ou scandinaves) tentent de tremper leurs pieds dans la mer.
En début d’après midi, nous nous lançons à la
découverte de l’île, avec ses menzels traditionnels éparpillés
entre les palmiers, sa célèbre synagogue, fermée pour
la paques juive, et Homt Souk, l’agréable capitale et seule
agglomération de Jerba. Le retour sur le continent se fera par bac.
L’attente est longue, ce qui donne amplement le temps aux gentils organisateurs
de préparer le déjeuner présidentiellement baronesque:
Tartines au fromage Président, à déguster
sur les rochers, au bord de la mer, pendant que Jihane fait de jolis croquis
sur son carnet. Après une traversée brève, le bus se
lance sur les plaines arides et vides de cette côte monotone et déprimante
qui s’étend jusqu’aux montagnes lointaines au sommet desquelles nous
étions la veille. Nous arrivons à Gabès, le but
du voyage pour Edouard, où nous attendent depuis une heure Caline
et ses amis. Fathi nous montre la grande mosquée, un horrible et interminable
chantier financé par un mécène (!) privé, alors
que la mosquée intéressante de Gabès est celle de Sidi
Boulbaba, à l’extérieur de la ville, avec ses belles arcades
et son cimetière. Bref, nous nous rabattons sur le marché assez
typique avec ses montagnes de henné, ses artisans et son ambiance colorée.
Nous reprenons la route vers Sfax, pendant que Edouard et Charles
se relaient pour nous exposer les vertus industrielles de la ville et que
nous découvrons, dans la nuit, les silhouettes grandioses et inquiétantes
des raffineries de phosphate, énormes monstres d’acier crachant des
fumées peu rassurantes.
- interlude:
les nuits sfaxiotes -
A l’hôtel
Abou Nawas nous rencontrons un autre groupe de libanais. Dîner au
Petit Navire, restaurant de poissons fréquenté par la bourgeoisie
sfaxiote. Service lent mais accueil charmant et d’une rare courtoisie.
On nous offre, en guise d’amuse gueule, moult ripailles pour faire taire
les estomacs les plus affamés. La digestion se fera en parcourant
les rues de la ville à pied, du port à la Médina,
à la recherche du café Diwan, qui sera évidement fermé.
Entre-temps, nous rencontrons des fêtards complètement allumés
qui manquent de peu d’embarquer Edouard avec eux!
samedi
14 avril 2001 - EL JEM - KAIROUAN
Un groupe
d’irréductibles se lance à la visite très matinale de
la Médina de Sfax. Contrairement à nos habitudes, nos Sésame
ouvre-toi ne fonctionnent pas. Le gardien du Dar Jallouli est incorruptible,
et le petit garçon que nous rencontrons n’a pas suffisamment d’influence
politique auprès de l’imam de la Grande Mosquée. Après
un petit déjeuner avec une guide allemande, nous prenons le chemin
d’El Jem. Le parcours sera semé de violences verbales entre Baron
qui tente de faire son speach sur le théâtre dans l’Antiquité,
Fathi, qui étale de plus en plus ses discours, et certains auditeurs
peu disciplinés. A El Jem, nous rencontrons Carl et Youmna
Baladi qui font le parcours inverse. Visite du grandiose colisée
romain suivie d’une pause glace que Caline instaurera en rituel après
chaque visite. Au musée, mosaïques, parc archéologique
et reconstitutions de villas romaines. Baron (pas celui qui avait été
endommagé la veille, l’autre), tombe sur un glissement de terrain
et s’écorche le genou. Aujourd’hui, B&B seront clopin clopan!
Nous repartons sur Kairouan. Après le bassin des
Aghlabides, la Grande Mosquée, et la Zaouïa de Sidi Sahbi (mausolée
du barbier), Fathi nous laisse à la Kasba, à la porte de la
vieille ville, dans laquelle nous nous enfonçons dans l’avenue Ali
Belhaouane à la recherche d’un endroit pour déjeuner. Notre
choix s’arrête sur le Restaurant de la Jeunesse, une petite gargote
à moitié dans la rue avec de la musique rap et encore une fois
des bricks au menu. Les agapes traînent plus que prévu, nous
sommes en retard au point de rendez-vous. Grosses colères de ceux
qui nous attendent depuis une heure, Fathi va bouder dans son coin.
L’après midi les esprits se calment, le groupe se disperse dans les
rues à la recherche de beaux tapis de Kairouan (en vain). Dégustation
de pâtisseries chez Segni pendant qu’Adib faisait des pas de danse
au son des cassettes des échoppes d’à coté, attirant
une foule autour de lui. Pendant ce temps, Carla, Claude et Baron vont à
la recherche du cadeau idéal pour Jihane dont c’est l’anniversaire,
ils choisissent un magnifique chameau en peluche monté d’une princesse,
avec deux paniers de part et d’autre.
17h00,
au café de la place pour déguster un thé à la
menthe et des chichas rapportées des cafés d’à côté.
- opéra:
les folles nuits d’Hammamet -
Nous
y arrivons en début de soirée, dans ce gigantesque hôtel
(que nous massacrons suffisamment dans notre page sur Hammamet pour
en reparler ici) Riu Méhari. Dîner chez Achour, le plus célèbre
restau de poissons de la ville. Plein d’ambiance, mais bondé. Nous
sommes relégués dans l’annexe, avec plein de groupes et la
musique de Dalida. Repas animé, le groupe est au grand complet, une
fois n’est pas coutume, pour souffler les bougies de Jihane qui, selon la
formule publiée par les magazines mondains, ‘a rassemblé quelques
amis triés sur le volet pour fêter son anniversaire dans sa
résidence secondaire à Hammamet!’ Saturday night fever, chacun
suit ses instincts. Walid entraîne Samir au casino (plus branché
que celui de Jerba) tandis que les fêtards se pressent au Manhattan,
la boite la plus chaude de Tunisie, aux dires mêmes du très
sérieux Guide Bleu! Plusieurs barricades et portes métalliques
avant de pénétrer dans l’immense salle qui commence à
se remplir d’une faune hétéroclite sous le regard imperturbable
d’une statue de la Liberté dorée trônant au fond de
la piste et dont le kitsch n’est dépassé que par celui des
stroboscopes aux lasers très années 1980 et aux effets de fumée
directement sortis des spectacles de Michael Jackson dans ses heures de gloire.
Pour obtenir une table il faut commander une bouteille.
-Vodka.
Absolut, de préférence
-euh
-Stolichnaya?
Smirnoff?
-euh
-c’est
bon, ce que vous avez!
Ce qu’ils
ont c’est de la vodka tunisienne, autant dire, de l’alcool à brûler!
En revanche, elle est accompagnée de jus d’orange pressé!
Bon, tout le monde (chauffé au jus d’orange, plein de vitamines) sur
la piste, entre les tunisiens partis en chasse de belles blondes venues du
nord et les tunisiennes qui font enfin leur apparition avec des micro robes
aux décolletés plongeants dévoilant de partout leurs
formes généreuses...
dimanche
15 avril 2001 - HAMMAMET - NABEUL
Il fait
froid et gris. Au bord de la piscine du Riu, les touristes allongés
sur des chaises longues sont emmitouflés dans les couvertures en laine
de leurs chambres à coucher! Les nageurs ont été faire
trempette dans la piscine couverte + chauffée. Sur la plage déserte,
des quidams proposent aux rares promeneurs d’acheter un palmier ‘il est
très beau!’ (Carla) ou de faire une ballade à dos d’âne
ou de dromadaire dans la campagne (merci on a déjà donné)
mais suivie d’une séance photo en habits traditionnels (donc c’est
sensé être nous, les ânes!). Visite de la ville, bondée
de touristes. Un peu de culture! La villa de George Sebastian est un havre
de paix. Beaux espaces, jardins verts sur la mer, amphithéâtre
de Chemetov. Nous quittons Hammamet en beauté, direction Nabeul!
Moins
célèbre que Hammamet (qui pourtant en dépend administrativement),
Nabeul est réputée pour sa céramique
et ses agrumes. Le symbole de la ville est une sorte de pot dans lequel on
a planté une sorte de conifère. Très joli monument planté
en face de la gare. Et les agrumes? On trouve au marché des fleurs
d’oranger que Jihane s’est empressée d’acheter et d’en couvrir toute
l’équipe dans le bus qui s’est enrobé de leur savoureux parfum.
Pour la céramique, c’est une toute autre histoire. Les bus déversent
leurs touristes dans des ateliers de coopératives ‘ou vous ne vous
ferez pas rouler’. C’est sur, pas de risque. Les artisans produisent des
horreurs pour des étrangers qui croient que ce sont des choses authentiques.
Au secours! Vers le centre ville, place du marché. Pas grand chose
à voir, mais ce n’est pas une ville désagréable. Pause
déjeuner au Restaurant du Bonheur (pl. Farhat Rached, tel :02 220563),
avec la télé branchée sur l’unique chaine du pays.
Omelette, brick, et spaghetti pour Walid.
-spaghetti
à la viande ou au poulet?
-au poulet,
en réclame Walid.
Arrivent
alors, après hors d’œuvres, un plat de pâtes sauce tomate +
un plat de poulet grillé avec frites et salade! Le principe est de
décortiquer et de le rajouter au plat de spaghettis, selon le restaurateur.
Costaud, Walid, il a gagné le gros lot (faute de l’avoir empoché
au casino!) Même qu’il réclame du ketchup, ou une sauce à
base de tomates pour arroser ses frites! Retour au marché, au magasin
d’antiquités de Slim Ghannay (32, rue Farhat Rached, tel: 09 237842).
Bric à brac de marionnettes, parfois si anciennes qu’en ruines.
Carla tombe sur un appareil photo ‘Lumière’ et Baron sur une caméra
8mm ‘made in France’, tous deux garantis d’époque!
Sur la
route Nabeul-Tunis, on retrouve les paysages méditerranéens
verdoyants et vallonnés. Au Carlton, adieux déchirants avec
Fathi qui ne nous pardonnera jamais notre manque de confiance (sic). Au lieu
de profiter de ses adresses et de ses connaissances, nous avons préféré
nous fier à nos guides (c’est fou la haine entre les guides vivants
et les guides écrits!). Et la mosquée de Gabès?
21h,
les ruelles de la médina sont calmes et désertes. Seuls
quelques jeunes, rejoints par Adib, jouent au foot près de la Grande
Mosquée. Nous arrivons à travers les dédales de galeries
que nous commençons maintenant à connaître, à
Essaraya. On nous installe aux grandes tables de l’espace central, patio orné
de céramiques et couvert d’une verrière, à côté
du joueur de quanun dont les mélodies sont accompagnées de
chants soufis de notre cher Adib qui s’est rapidement converti. Menu exquis,
soupes, couscous, houlwa, (ragoût de mouton aux fruits secs) réservé
aux vrais amateurs, n’est ce pas, Cloclo. C’est avec ce repas fastueux,
arrosé, aux soins de Charles (qui fait la grève de la faim!),
de grands vins, que s’annonce la fin du voyage, avec la traditionnelle série
des questions adressées aux convives par Baron au sujet de leur expérience
baronesque. Tapage nocturne pour les filles sur le chemin de l'hôtel
alors que les garçons tentent, en vain de les faire taire. Ont-elles
oublié qu’on dormait dans cette médina?
lundi
16 avril 2001 - (RE) SIDI BOU SAID
Vite.
On fonce sur Sidi Bou Saïd via les galeries de Carthage qui n’ont
pas encore ouvert leurs portes. A travers les boutiques à souvenirs
de Sidi, qui se ressemblent toutes, Baron découvre la galerie d’Art
Lella Salha (tel: 01747539). Nommé d’après la fille de Sidi
Bou Saïd, c’est un endroit différent, qui propose beaux
objets: des tissus (anciens voiles de mariées), un immense peigne
à textiles en bois, et des peintures d’un artiste nommé Osman
Khedraoui. Khedraoui réalise des panneaux en bois de palmier peints
et sculptés à la fois, dans un style naïf. Il revient toujours
sur les mêmes thèmes: le hammam, les guignols et les marchés.
Reconnu et publié par le ministère de la culture, il produit
peu et impose à ses marchands des prix aléatoires, nettement
inférieurs à la valeur du marché. Deux autres marchands
de Sidi Bou proposaient également quelques-unes des ses d’œuvres,
toutes ont été raflées par Carla et les deux Baron.
Mais revenons à cette fameuse galerie, où nous avons passé
le plus clair de la matinée, discutant avec la propriétaire
qui n’est autre que Hajer Bourguiba, fille du président. Très
modeste et sympathique, cette enseignante en mathématiques décida
d’ouvrir cet endroit (qui fait aussi atelier de métiers d’art), avec
le rêve de voir Sidi Bou se transformer en ville d’art, avec des vraies
galeries, autre chose que les attrape touristes qui vendent du pipeau.
Départ précipité
pour l’aéroport où nous attendent de nouvelles péripéties.
Pour commencer, Gilles n’a pas de place sur le vol de la Swissair. Alors
que son cas est réglé, nous nous retrouvons bloqués
au contrôle de police, avec une file interminable! 14h20, heure théorique
du décollage de notre vol pour Amman, une quinzaine de passagers
de le Royal Jordanian manque à l’appel. Ceux qui les attendent se
lancent dans une discussion politique sans fin avec la préposée
au comptoir d’embarquement. Cette dernière critique la ‘désinvolture’
des passagers (qui sont pourtant là depuis deux bonnes heures!). Elle
estime que ces contrôles sont normaux et que les ressortissants de
toutes nationalités doivent être traités au même
pied d’égalité, sans privilèges, quitte à faire
retarder les vols. Mais alors pourquoi les arabes ont besoin de visas et
subissent des contrôles stricts, alors que les suisses, canadiens et
américains en sont dispensés?
"-Ce
sont des grandes puissances, nous avons besoin d’eux"
THE END
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