| > ALLER / VENIR |
| El Jem est à mi-chemin (entre 60 et 70 km) entre Kairouan,
Sfax, et Sousse. Route champêtre desservie par des autocars (près
du musée). |
| le site et le musée sont ouverts tous les jours, horaires
fluctuants selon les saisons. |
| > MANGER |
| Comme il fait souvent chaud dans le coin, on ira acheter chez un
des nombreux boutiquiers une glace Selja ou Nestlé pour se rafraîchir.
Nous remercions Caline pour le filon. |
| > BOIRE/ DANSER |
| On peut prendre un thé à la menthe ou une chicha
dans un des cafés assez pittoresques de l'avenue Bourguiba, près
de l'amphithéâtre. |
| > ECOUTER / VOIR |
| le "Festival de la Musique Internationale" se tient chaque
été dans l'amphithéâtre. site internet du festival |
> LIRE
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Trésors de l'Afrique romaine,
dossier dirigé par Nicolas Ancellin avec la collaboration de Faustine
Prévot, Géo, n. 312, fevrier 2005. Maroc, Algérie,
Tunisie, Libye, ce document couvre l'histoire de la conquête romaine
en Afrique du nord et l'expansion de ses villes, dont El Jem, l'ancienne
Thysdrus.
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| Sur la route du
Sahel, à travers les oliveraies, apparaît subitement la façade
d'un colisée romain. C'est El Jem: un monument avec une ville autour.
Cet amphithéâtre de forme elliptique est le troisième
en taille après ceux de Rome et de Capoue, tous deux en Italie. Cet
oeil cyclopéen est enfoncé au coeur d'une petite bourgade qu'il
écrase littéralement. La question qui vient à l'esprit
est dans ce rapport de disproportions. Que vient faire ici ce gigantesque
colosse qui pouvait accueillir 30000 spectateurs, plus que la population du
patelin dans ses heures de gloire? El Jem est un lieu de spectacle, de divertissement
et de rassemblement. L'équivalent des stades et des grands auditoriums
d'aujourd'hui. Un modèle qui a été inventé par
la Grèce. Les théâtres, d'abord, comme à Epidaure,
les odéons, plus modestes. Les romains ont repris le système,
l'ont développé. Les théâtres sont toujours plus
grands, et, grâce à de nouvelles méthodes de construction,
n'ont plus besoin d'être adossés à des collines. Qui
plus est, les romains introduisent des spectacles encore plus populaires
[combats de gladiateurs et autres grandes messes] et donc, les lieux qui
vont avec: le cirque, le colisée, les arènes. Si certains de
ces lieux de spectacles sont au coeur de grandes villes, d'autres sont à
la croisée des chemins. Ainsi, à El Jem, les gens venaient,
non seulement de la ville, mais de toutes les agglomérations de la
région, pour assister aux spectacles. |
| Comme beaucoup
de ruines antiques, le colisée est enfoncé par rapport au niveau
de la ville moderne. La façade extérieure, très bien
conservée sur la face sud, est formée d'une superposition
de trois niveaux d'arcades séparées par des colonnes corinthiennes.
A l'intérieur, on peut se perdre dans les galeries circulaires voûtées,
avec des ouvertures vertigineuses et des perspectives croisées. Au
centre, la scène, bien conservée, contrairement à Rome,
avec des galeries souterraines. L'oeil du cyclope, avec, autour, les parois
plus ou moins ruinées, et les restes de gradins. |
| Une visite forte
en émotions. A propos, ce colisée était connu en Europe
dès la Renaissance. Il figure même en arrière plan d'un
Portrait de Mulay Ahmed réalisé par Rubens
au début du XVIIe siècle. Le modèle, un roi berbère
était mort en 1569, mais Rubens s'était inspiré d'une
composition de Jan Cornelisz Vermeyen, peintre flamand qui accompagna Charles
Quint lors de son voyage en Tunisie. Dans la toile de Rubens (conservée
au Museum of Fine Arts de Boston), comme dans le modèle de Vermeyen,
le colisée est vu de son meilleur jour, coté sud. Bon, après
tout ça, il faut se calmer les esprits. Déguster une glace,
avec Caline, dans un des petits cafés du coin, avant d'aller au Musée
archéologique, au sud de la ville. Conçu comme une villa
à péristyle, il présente, dans trois grandes salles,
de belles mosaïques provenant des fouilles d'à côté.
On a dégagé ici un quartier de villas romaines (qu'on visite
en passant derrière le musée). Elles sont toutes conçues
de la même manière: les pièces, assez petites mais nombreuses,
sont disposées autour d'une galerie à portique qui constitue
la seule source de lumière naturelle, les villas étant collées
les une aux autres. Comme à Carthage, la conservation a eu l'idée
de reconstruire une maison à l'identique. No comment. |
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