BARON & BARON >TOUT BARON & BARON > SITES ARCHÉOLOGIQUES > TUNISIE > CARTHAGE
LISEZ LE RÉCIT DE VOYAGE EN TUNISIE: 2001 [AU CAFE DES DELICES]
VISITEZ NOS PAGES TUNIS CITY GUIDE, DOUGGA & EL JEM
> ALLER / VENIR
Carthage est à 17km de Tunis. On peut s’y rendre en taxi (4-6 dinars) ou en train, mais il est impératif de d’être motorisé pour circuler entre les différents sites (qui ne sont pas tous mentionnés ici), très dispersés.
> DORMIR
Il y a depuis peu un hôtel de charme, de luxe, ou que sais-je: fabuleux! La Villa Didon, sur la colline de Carthage, à deux pas du musée et de la cathédrale saint louis. Le restaurant est un des restaurants Spoon de Alain Ducasse, le propriétaire Mongi Loukil est l’un de nos hôteliers fin gourmet. La décoration est en l’honneur de la vie de la reine Elyssa et a été faite par Kouraichi, l’hôtel par Philippe Boisselier. Les vues sur la baie de Carthage depuis chacune des suites de la villa sont sublimes… A ne pas manquer. Villa Didon, Rue Mendès France 2016, Carthage Byrsa, Tunisia, tel: 216.71 73 34 33, chambres autour de 250 USD.
The Résidence Tunis, dans la zone balnéaire des cotes de Carthage, La Marsa. Très chic. Un Leading Hotel of the World, très bel endroit, la grande classe. Petits budgets s’abstenir. Dans un genre moins exclusif, le Renaissance Tunis, lui aussi à La Marsa est le premier établissement du groupe Mariott à ouvrir en Tunisie.
> MANGER
Du poisson au bord de la mer à La Goulette, ou un repas fastueux au Kan Zaman, à Sidi Bou Said. Une magnifique demeure face à la mer, des portions pantagruéliques pour des mets raffinés. A l'entrée, les photos des célébrités internationales qui fréquentent l'endroit.
> BOIRE / DANSER
Dans les merveilleux cafés de Sidi Bou Said, non loin de là (cf. Tunis)
> ECOUTER / VOIR
Les Journées Cinématrographiques et Théâtrales de Carthage font partie des rendez-vous annuels de la création contemporaine des mondes arabe et méditerranéen.
> ACHETER
Des antiquités et objets d'art, sur l’avenue Bourguiba, ou sont installées quelques belles galeries. Petits budgets s’abstenir. 
> LIRE
Le site officiel de la Mairie de Carthage comporte un historique de la ville et la description de ses principaux monuments.
HISTOIRE & ARCHÉOLOGIE
La Légende de Carthage
, Azédine Beschaouch, ed. Gallimard (Découvertes), 1993, un ouvrage de référence qui a le mérite d'être accessible.

Deux importants catalogues d'expositions sont à mentionner: Carthage, l’histoire, sa trace, son écho, collectif, Paris, Musée du Petit Palais, 1995 et Les Phéniciens, collectif sous la direction de Sebastiano Moscati, Bompiani 1991, qui aborde le monde phénicien sous un angle plus large avec d'excellentes entrées sur les implantations en Méditerranée Occidentale.
Les amateurs éclairés pourront consulter des ouvrages plus pointus comme Karthago II, sous la dir. de Friedrich Rakob, importante publication en allemand qui documente les travaux de la Deutsches Archäologisches à Carthage qui se concentre sur les archives des temples.
ARCHITECTURE MODERNE
Maisons de Carthage, de Nabil Ben Khelil, préface de Azedine Beschaouch, ed. Dar Ashraf (Collection Patrimoine et architecture), 1997 aborde un autre aspect intéressant de Carthage, celui des villas qui s'y sont construites au siècle dernier.

SOURCES LITTÉRAIRES
Virgile, L’Enéide, Saint Augustin, La cité de Dieu et Gustave Flaubert, Salammbô.
Fondée en 814 av-JC par Elissa, princesse de Tyr rebaptisée Didon l’errante par les sources classiques, Carthage devient une puissance maritime majeure du bassin méditerranéen. Ses ambitions inquiètent Rome qui l’anéantit en 146 av-JC. Les mêmes romains la reconstruiront un siècle plus tard, et en font une des plus grandes cités de l’Empire. Ville de Saint Augustin, elle disparaîtra au VII s, avec l’arrivée des arabes. Carthage est aujourd’hui une élégante banlieue résidentielle de Tunis avec de belles villas blanches (parmi lesquelles des chancelleries), d’élégantes boutiques, le palais présidentiel, et, disséminés un peu partout, les restes de la cité antique.
La colline de Byrsa, qui domine le site, est l’ancien centre de la métropole punique. Elle se distingue par la silhouette massive de la Cathédrale Saint-Louis, gros gâteau néo-byzantin édifié à la fin du XIXe siècle à l’emplacement présumé de la sépulture du roi de France qui mourut ici en revenant des croisades. Pour la petite histoire, Louis Philippe, qui descendait de Saint-Louis, avait envoyé un architecte pour trouver l’emplacement le plus précis. Vu l’impossibilité de sa mission, ce dernier a choisi le plus bel endroit. La cathédrale a été, depuis, désaffectée, et sert, paraît-il, d’écrin pour des manifestations artistiques et culturelles. Au pied de cette chose se trouvent les vestiges épars du quartier le plus haut et le plus important de la ville. Les traces au sol et les fragments de colonnes n’impressionneront que les archéologues, mais cette vaste esplanade qui surplombe la rade de Tunis permet de sentir la structure urbaine. Grands espaces, vue panoramiques, organisation des rues en damier. Le site de Carthage est immense mais très pauvre en monuments. Il faut le lire, le déchiffrer, l’imaginer. Le département des antiquités se lance parfois dans certains excès de zèle. Et décide de reconstruire, à l’identique, des édifices dont il ne reste que la trace au sol. Cette méthode a été appliquée dans le Parc des villas romaines. Elle se défend d’offrir au visiteur une meilleure vision des lieux. Une maquette de reconstitution n’aurait-elle pas suffit? Quoi qu’il en soit, ce parc de villas jouit lui aussi une très belle vue sur la mer (et sur le Palais Présidentiel qu’il vaut mieux ne pas essayer de photographier). La plus célèbre des villas est celle de la Volière, thème qui occupe la mosaïque de l’atrium. Ces villas appartiennent, tout comme les Thermes d’Antonin (non loin de là vers la mer) à la Carthage Romaine. 
Que reste-t-il de la Carthage phénicienne, la Carthage de Didon? En plus des lieux, peu de choses. Des choses parfois terribles. Entre l’avenue Bourguiba et le port, un petit parc archéologique, ou plutôt une sorte de Nécropole appelée le Tophet. Entièrement jonché de stèles, ce lieu était le sanctuaire ou les carthaginois effectuaient leurs offrandes aux dieux. Ils sacrifiaient leurs biens les plus chers, des animaux, mais aussi et surtout, leurs enfants. Cette réalité terrible, diffusée à l’époque par la propagande de leurs ennemis romains, a été confirmée par des dessins et des inscriptions qui couvrent certaines de ces stèles. On peut y voir, entre autres, un prêtre portant un enfant dans ses bras avant le crime. Que dire d’autre sinon que ces usages n’étaient pas le seul fait des carthaginois? Des archéologues ont découvert, dans la Cordillère des Andes (en Argentine) des momies d’enfants sacrifiés et déposés au sommet des montagnes pour être offerts au dieu du soleil... La visite du Tophet, qui pourrait être bucolique, tourne franchement au sinistre lorsque l’on pénètre dans la sombre caverne voûtée, au bout de la section située à gauche de l’entrée. C’est dans ce trou que se déclenchent généralement d’interminables discussions sur les thèmes du type civilisation v/s barbarie, etc. C’est vrai que les crimes les plus odieux on pu être produits par des états ou des sociétés fort avancées! 
Autres restes, moins honteux, ceux des deux ports puniques. La flotte carthaginoise avait en ses installations portuaires une arme redoutable. Il ne reste aujourd’hui que des vagues bassins, celui du port commercial, un peu allongé, et celui de la marine de guerre, caché derrière le premier et inaccessible (à l’époque) depuis la mer. Un bassin circulaire avec en son centre l’îlot de l’amirauté. On projète d’y installer un cénotaphe pour Hannibal. Il y a aussi le quartier dit "de Magon", un Site punique / numide qui surplombe la mer,  où a été trouvée la pièce qui attestait de la création de Carthage entre 800 et 900 av-JC par l'archéologue allemand Friedrich Rakob.
Il faut visiter le Musée de Carthage pour se rendre compte de l’ampleur de ce que furent ces installations. Situé sur la colline de Byrsa, il est très (trop) didactique. On est accueilli, dans le hall du 1er étage, par un assemblage de drapeaux des Nations Unies et de l’Unesco. Outre de nombreuses maquettes, on découvrira, en déambulant dans les salles poussiéreuses dont les murs se fissurent (!), quelques belles pièces: des stèles puniques avec des motifs intéressants, un sarcophage de prêtresse avec la représentation de cette dernière enveloppée dans ces ailes d’oiseau, un magnifique cadran islamique dont on ignore ce qu’il est venu faire dans cette galère, plus des mosaïques, céramiques grecques, fibules égyptiennes, amphores des commerçants et masques puniques. En face de l’entrée du musée, entre deux cyprès géants, la tombe (vide) de Saint-Louis. Dans ce parc verdoyant, une plante magique permet, appliquée sur les tympans, de guérir les maux de tête. A condition d’en avoir, sinon, elle en provoque, n’est-ce pas, Baron!
2001-2005, Baron & Baron, avec la collaboration de Myriam Errais Borges, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS