| > ALLER / VENIR |
| Carthage est à 17km de Tunis. On peut s’y rendre en taxi
(4-6 dinars) ou en train, mais il est impératif de d’être motorisé
pour circuler entre les différents sites (qui ne sont pas tous mentionnés
ici), très dispersés. |
| > DORMIR |
Il y a depuis peu un hôtel de charme,
de luxe, ou que sais-je: fabuleux! La Villa Didon, sur la colline de
Carthage, à deux pas du musée et de la cathédrale saint
louis. Le restaurant est un des restaurants Spoon de Alain Ducasse, le propriétaire
Mongi Loukil est l’un de nos hôteliers fin gourmet. La décoration
est en l’honneur de la vie de la reine Elyssa et a été faite
par Kouraichi, l’hôtel par Philippe Boisselier. Les vues sur la baie
de Carthage depuis chacune des suites de la villa sont sublimes… A ne pas
manquer. Villa Didon, Rue Mendès France 2016, Carthage Byrsa, Tunisia,
tel: 216.71 73 34 33, chambres autour de 250 USD.
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| The
Résidence Tunis, dans la zone balnéaire des cotes
de Carthage, La Marsa. Très chic. Un Leading Hotel of the World,
très bel endroit, la grande classe. Petits budgets s’abstenir. Dans
un genre moins exclusif, le Renaissance Tunis, lui aussi à La Marsa est le
premier établissement du groupe Mariott à ouvrir en Tunisie. |
| > MANGER |
| Du poisson au bord de la mer à La Goulette, ou un repas
fastueux au Kan Zaman, à Sidi Bou Said. Une magnifique demeure
face à la mer, des portions pantagruéliques pour des mets raffinés.
A l'entrée, les photos des célébrités internationales
qui fréquentent l'endroit. |
| > BOIRE / DANSER |
| Dans les merveilleux cafés de Sidi Bou Said, non loin de
là (cf. Tunis) |
| > ECOUTER / VOIR |
| Les Journées Cinématrographiques et Théâtrales
de Carthage font partie des rendez-vous annuels de la création
contemporaine des mondes arabe et méditerranéen. |
| > ACHETER |
| Des antiquités et objets d'art, sur l’avenue Bourguiba,
ou sont installées quelques belles galeries. Petits budgets s’abstenir. |
| > LIRE |
| Le site officiel de la Mairie de Carthage
comporte un historique de la ville et la description de ses principaux monuments. |
HISTOIRE & ARCHÉOLOGIE
La Légende de Carthage, Azédine Beschaouch, ed. Gallimard
(Découvertes), 1993, un ouvrage de référence qui a
le mérite d'être accessible.
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Deux importants catalogues d'expositions
sont à mentionner: Carthage, l’histoire, sa trace,
son écho, collectif, Paris, Musée du Petit Palais, 1995 et
Les Phéniciens, collectif sous la direction
de Sebastiano Moscati, Bompiani 1991, qui aborde le monde phénicien
sous un angle plus large avec d'excellentes entrées sur les implantations
en Méditerranée Occidentale.
|
Les amateurs éclairés pourront consulter des ouvrages
plus pointus comme Karthago II, sous la dir. de Friedrich
Rakob, importante publication en allemand qui documente les travaux de la
Deutsches Archäologisches à Carthage qui se concentre sur les
archives des temples.
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ARCHITECTURE MODERNE
Maisons de Carthage, de Nabil Ben Khelil, préface
de Azedine Beschaouch, ed. Dar Ashraf (Collection Patrimoine et architecture),
1997 aborde un autre aspect intéressant de Carthage, celui des villas
qui s'y sont construites au siècle dernier.
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SOURCES LITTÉRAIRES
Virgile, L’Enéide,
Saint Augustin, La cité de Dieu
et Gustave Flaubert, Salammbô. |
|
|
|
| Fondée
en 814 av-JC par Elissa, princesse de Tyr rebaptisée Didon
l’errante par les sources classiques, Carthage devient
une puissance maritime majeure du bassin méditerranéen. Ses
ambitions inquiètent Rome qui l’anéantit en 146 av-JC. Les
mêmes romains la reconstruiront un siècle plus tard, et en
font une des plus grandes cités de l’Empire. Ville de Saint Augustin,
elle disparaîtra au VII s, avec l’arrivée des arabes. Carthage
est aujourd’hui une élégante banlieue résidentielle
de Tunis avec de belles villas blanches (parmi lesquelles des chancelleries),
d’élégantes boutiques, le palais présidentiel, et, disséminés
un peu partout, les restes de la cité antique. |
|
| La colline
de Byrsa, qui domine le site, est l’ancien centre de la métropole
punique. Elle se distingue par la silhouette massive de la Cathédrale
Saint-Louis, gros gâteau néo-byzantin édifié
à la fin du XIXe siècle à l’emplacement présumé
de la sépulture du roi de France qui mourut ici en revenant des
croisades. Pour la petite histoire, Louis Philippe, qui descendait de Saint-Louis,
avait envoyé un architecte pour trouver l’emplacement le plus précis.
Vu l’impossibilité de sa mission, ce dernier a choisi le plus bel
endroit. La cathédrale a été, depuis, désaffectée,
et sert, paraît-il, d’écrin pour des manifestations artistiques
et culturelles. Au pied de cette chose se trouvent les vestiges épars
du quartier le plus haut et le plus important de la ville. Les traces au
sol et les fragments de colonnes n’impressionneront que les archéologues,
mais cette vaste esplanade qui surplombe la rade de Tunis permet de sentir
la structure urbaine. Grands espaces, vue panoramiques, organisation des
rues en damier. Le site de Carthage est immense mais très pauvre
en monuments. Il faut le lire, le déchiffrer, l’imaginer. Le département
des antiquités se lance parfois dans certains excès de zèle.
Et décide de reconstruire, à l’identique, des édifices
dont il ne reste que la trace au sol. Cette méthode a été
appliquée dans le Parc des villas romaines. Elle se défend
d’offrir au visiteur une meilleure vision des lieux. Une maquette de reconstitution
n’aurait-elle pas suffit? Quoi qu’il en soit, ce parc de villas jouit lui
aussi une très belle vue sur la mer (et sur le Palais Présidentiel
qu’il vaut mieux ne pas essayer de photographier). La plus célèbre
des villas est celle de la Volière, thème qui occupe
la mosaïque de l’atrium. Ces villas appartiennent, tout comme les
Thermes d’Antonin (non loin de là vers la mer)
à la Carthage Romaine. |
|
| Que reste-t-il
de la Carthage phénicienne, la Carthage de Didon? En plus des lieux,
peu de choses. Des choses parfois terribles. Entre l’avenue Bourguiba et
le port, un petit parc archéologique, ou plutôt une sorte de
Nécropole appelée le Tophet. Entièrement jonché
de stèles, ce lieu était le sanctuaire ou les carthaginois
effectuaient leurs offrandes aux dieux. Ils sacrifiaient leurs biens les
plus chers, des animaux, mais aussi et surtout, leurs enfants. Cette réalité
terrible, diffusée à l’époque par la propagande de
leurs ennemis romains, a été confirmée par des dessins
et des inscriptions qui couvrent certaines de ces stèles. On peut
y voir, entre autres, un prêtre portant un enfant dans ses bras avant
le crime. Que dire d’autre sinon que ces usages n’étaient pas le
seul fait des carthaginois? Des archéologues ont découvert,
dans la Cordillère des Andes (en Argentine) des momies d’enfants
sacrifiés et déposés au sommet des montagnes pour être
offerts au dieu du soleil... La visite du Tophet, qui pourrait être
bucolique, tourne franchement au sinistre lorsque l’on pénètre
dans la sombre caverne voûtée, au bout de la section située
à gauche de l’entrée. C’est dans ce trou que se déclenchent
généralement d’interminables discussions sur les thèmes
du type civilisation v/s barbarie, etc. C’est vrai que les crimes les plus
odieux on pu être produits par des états ou des sociétés
fort avancées! |
| Autres restes,
moins honteux, ceux des deux ports puniques. La flotte carthaginoise
avait en ses installations portuaires une arme redoutable. Il ne reste aujourd’hui
que des vagues bassins, celui du port commercial, un peu allongé,
et celui de la marine de guerre, caché derrière le premier
et inaccessible (à l’époque) depuis la mer. Un bassin circulaire
avec en son centre l’îlot de l’amirauté. On projète
d’y installer un cénotaphe pour Hannibal. Il y a aussi le quartier
dit "de Magon", un Site punique / numide qui surplombe la mer, où
a été trouvée la pièce qui attestait de la création
de Carthage entre 800 et 900 av-JC par l'archéologue allemand Friedrich
Rakob. |
| Il faut visiter
le Musée de Carthage pour se rendre compte de l’ampleur de
ce que furent ces installations. Situé sur la colline de Byrsa, il
est très (trop) didactique. On est accueilli, dans le hall du 1er
étage, par un assemblage de drapeaux des Nations Unies et de l’Unesco.
Outre de nombreuses maquettes, on découvrira, en déambulant
dans les salles poussiéreuses dont les murs se fissurent (!), quelques
belles pièces: des stèles puniques avec des motifs intéressants,
un sarcophage de prêtresse avec la représentation de cette
dernière enveloppée dans ces ailes d’oiseau, un magnifique
cadran islamique dont on ignore ce qu’il est venu faire dans cette galère,
plus des mosaïques, céramiques grecques, fibules égyptiennes,
amphores des commerçants et masques puniques. En face de l’entrée
du musée, entre deux cyprès géants, la tombe (vide)
de Saint-Louis. Dans ce parc verdoyant, une plante magique permet, appliquée
sur les tympans, de guérir les maux de tête. A condition d’en
avoir, sinon, elle en provoque, n’est-ce pas, Baron! |
| 2001-2005,
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