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> ALLER / VENIR
Palmyre, qui fut un croisement de routes caravanières est relié par trois routes: celle de Damas, la plus fréquentée, celle de Homs, pour ceux qui viennent de la cote, et celle de Deir Ezzor. Toutes sont goudronnées, en bon état et desservies par des lignes d’autobus. Une route relie Hama à Alep via Salamiyé. 
Comme partout, les taxis ne sont pas chers du tout. Il sera nécessaire d’assurer un véhicule (taxi ou pick-up) aller-retour pour la Citadelle des Ma’an, l’ascension sous le soleil état particulièrement pénible. Comme d’habitude, on ne recommandera jamais assez de négocier le forfait avant le départ.
> DORMIR
Le légendaire Zénobia, (tel: 963-31-912907, fax: 963- 31-912407) est un ancien hôtel colonial. L’adresse la plus réputée de Palmyre, sur le site même. Il a été récemment rénové. Deux chambres magnifiques donnent directement sur les ruines. Impératif de réserver à l'avance! Le Cham Palace se veut plus luxueux, le hall est franchement tape à l'oeil avec son décor "galerie des glaces". Demander la distance qui sépare le lobby de la chambre, certaines sont si loin que la marche risque d’être éprouvante. Les chambres, qui viennent d'être rénovées, restent très confortables et la piscine magnifique. très cher. On nous a signalé de nouveaux hotels comme le Villa Palmyra, mais nous n'avons pas essayé.
> MANGER
Le buffet du Cham Palace n’offrira pas une expérience culinaire inoubliable mais permettra aux routards de faire le plein. Nourriture correcte et quantités abondantes. Celui du Zenobia offrira l'avantage, non moindre de diner dans un cadre plus agréable, dans le jardin, en face du temple de Baalshamin!
> BOIRE / DANSER
Prendre un verre sur la terrasse du Zenobia peut être très romantique, surtout au coucher du soleil. Pour la soirée, la tente bédouine est le plan le plus intéressant. Même si ça peut faire accroche touriste, c’est une expérience couleur locale, et puis, c’est très agréable.
> ACHETER
A côté du musée archéologique, le marché de Palmyre offre un sympathique étalage de tapis, de textiles et autres objets prétendument ancients mais pas forcément inintéressants comme des casques tout droits sortis contes chevaleresques médiévaux. La boutique du Cham Palace propose des livres d'art et d'archéologie, des chales et autres souvenirs.
> LIRE
Palmyre Métropole caravanière, Gérard Degeorge, éd. Imprimerie Nationale, 2001. Un magnifique ouvrage plein de fascination pour les ruines. 
Inscriptions de Palmyre, Promenades épigraphiques dans la ville antique de Palmyre, Khaled Assaad et Jean-Baptiste Yon, IFAPO, 2001. Un guide inhabituel, pour parcourir le site en déchiffrant certaines des nombreuses inscriptions en grec, araméen, arabe...
Moi Zénobie, reine de Palmyre, Exposition, Paris, Centre culturel du Panthéon 2001, catalogue par Jean-Charles Gaffiot Henri Lavagne Jean-Marc Hofman, ed. Seuil / Skira Editore. 
Les Antiquités de Palmyre au musée du Louvre, Javier Teixidor Jacqueline Dentzer-Feydy, RMN, 1993.
Le Temple de Bel à Palmyre, Henri Seyrig et al., 2 vols, 1965. Un vrai monument, ouvrage colossal avec des planches extraordinaires. Le prix l'est aussi... Disponible à l'Institut Français d'Archéologie de Beyrouth.
SITE INTERNET
Empereurs Romains, pour tout savoir sur les empereurs et gouverneurs romains et Palmyre (Odenath -Septimius Odaenathus...) avec, en prime, Zenobie...
Une oasis du désert.
Palmyre, dont le nom est associé à la légendaire reine Zénobie, est une cité qui est née et s'est enrichie grâce aux routes commerciales des caravanes qui quittaient la côte méditerranéenne et la ville d'Alep, s'enfonçant, à travers le désert de Syrie, vers l'orient: la péninsule arabique, la Mésopotamie, la Perse, l'Asie Centrale et l'Inde. Palmyre était alors une ville cosmopolite, prospère et puissante. Mais, comme Baalbeck et Petra, elle allait sombrer peu à peu dans l'oubli avant de renaître, au début du XXe siècle, sous les soins de archéologues.
PALMYRE CARAVANE
Palmyre, maison nomade
Site d’exception.
Grâce la qualité remarquable de ses monuments et par son ampleur. La ville moderne ayant été construite en bordure de la cité antique, la Palmyre romaine s'étale sur tout le territoire - délimité par l'enceinte de Zénobie - qu'elle occupait jadis, avec les nécropoles hors de ses murs. Sur un tell dominant la ville, les princes Maan ont construit un château arabe. Les touristes commencent souvent leur visite de Palmyre par ce vestige assez mal conservé d'une architecture militaire dont la Syrie a mieux à offrir, du Krak des Chevaliers au Château de Saône. L'intérêt de cette laborieuse ascension réside dans la vue panoramique que l'on peut avoir sur le site. L'oasis, l'insignifiante ville moderne, et au milieu de tout ça, les restes splendides de la cité antique avec la grande colonnade de son cardo (1).
palmyre
Palmyre. noter la console de colonne de droite
On ne visite pas Palmyre comme on visite un musée.
Pas d’entrée du site, avec guichets (sauf pour le temple de Bel). Pas de gardien non plus. Les ruines sont disséminées et ouvertes aux quatre vents. Le visiteur a le privilège de pouvoir y déambuler au gré de ses humeurs et de ses envies, a toute heure du jour et de la nuit. L’aube est sans doute le moment le plus fabuleux mais rares sont les courageux lève-tôt qui en profitent. Le soleil fait son apparition, donnant aux colonnes des couleurs kaléidoscopiques, comme dans un tableau de Turner (2). Les heures «normales» de la journée sont les moins agréables, la lumière étant écrasante et la chaleur assez étouffante, sauf en hiver. L’après midi, le soleil commence à descendre avant de disparaître derrière les montagnes et le château arabe. Commence enfin le règne de la nuit qui enveloppe Palmyre dans une ambiance de magie et de mystère. Certains monuments sont éclairés, d’autres pas, on les devine dans la pénombre, sous la voûte étoilée et dans le froid.
palmyre colonnade
Palmyre, grande colonnade
La grande colonnade
La ville antique est traversée par le cardo, grande avenue bordée de colonnes - plus d'un kilomètre de long - dans l'axe SE / NO. C'est l'image la plus célèbre de Palmyre. Les colonnes soutenaient une double galerie à portique couvrant deux allées encadrant la chaussée centrale, permettant aux piétons de se promener à l'abri du soleil le long des magasins. Le site d'Apamée, près de Hama, conserve également une belle colonnade de ce genre. Ce qui distingue le cardo de Palmyre de ceux des autres cités romaines, c'est la présence de consoles sur les colonnes. Ces consoles servaient à exposer des portraits en bronze de personnalités importantes de la ville. Hommes d'état, marchands et autres figures locales se montraient aux yeux du monde dans cette "étonnante galerie de portraits" (3).
palmyre arc monumental
Palmyre, arc monumental
Le point de départ de la colonnade est un imposant arc monumental à trois ouvertures. La fonction de ce dernier est assez inhabituelle dans la mesure ou il ne s’agit pas d’un arc de triomphe comme on en trouve dans les cités de l’empire, mais d’un objet architecturel dont la fonction est de masquer le désaxement entre la perspective du cardo et celle du temple de Bel, en face. On remarque, sur la partie gauche (en venant du temple de Bel), le dédoublement des pilastres et des arches. La perspective du cardo s’ouvre alors jusqu’au Tetrapyle. La cite romaine est habituellement traversée de deux axes perpendiculaires, le cardo et le doecumanus, leur croisement marquant son centre géographique. Palmyre n’à pas d’axe transversal, mais on a fait tout comme. Un portique vient, de biais, rejoindre le cardo à cet emplacement. Le tétrapyle est une grande place marquée par quatre socles sur chacun desquels sont posées quatre colonnes soutenant un entablement. La symétrie parfaite de l’ouvrage est la pour corriger l’irrégularité du plan urbain.
palmyre tetrapyle
Palmyre, le tetrapyle
Non loin du Tetrapyle, au cœur de la cité, se trouvent l’Agora, place publique, et le Théâtre, dont la restauration récente est un peu trop excessive à notre goût. En continuant sur le cardo, le terrain amorce une légère ascension. La perspective s’achève sur le temple funéraire, à l’extrémité occidentale. Cet emplacement n’est pas anodin, car, dans les civilisations antiques, l’ouest était associe a la mort car c’est le coté vers lequel le soleil, astre de la vie, se couche. Le temple de la mort est le premier édifice de Palmyre à disparaître dans la pénombre au crépuscule. Sa façade, avec un portique à six colonnes, est precedee d’un escalier qui ne couvre que la partie centrale. A gauche du temple se trouve le Camp de Dioclétien. Dédié aux légions romaines, son emplacement stratégique en hauteur en fait un lieu de pouvoir privilégié. Le parcours peut aussi dériver dans une autre direction, celle de l’Hôtel Zenobia, construit en bordure du site. En face de l’hôtel  on aperçoit un joli temple dédie à Baalshamin, une divinité locale. L’empire romain jouait toujours entre globalisation et identité culturelle. Globalisation d’un système d’urbanisme, d’un type de construction et d’un mode de vie. Identité culturelle avec la présence, dans chaque région, de particularismes locaux, notamment dans les divinités. L’exemple le plus probant à ce sujet est le Temple de Bel.
palmyre temple de bel
Palmyre, temple de Bel, facade principale avec la porte desaxee
Le Temple de Bel.
Face a l’arc monumental, c’est le plus grand et le plus majestueux édifice de Palmyre.Installé dans un temenos – une cour fermée par quatre murs à propylées – de 200m de coté. Au coeur de cet espace sacré, le temple en personne. Apparemment de style hellénistique. Apparemment seulement, car il y a une bizarrerie qui n’échappe à personne. La porte d’entrée n’est pas dans le sens de la largeur, comme c’est le cas pour tous les temples gréco-romains, mais dans celui de la longueur, sur un «grand» coté, et même pas au milieu! Toute l’axialité en est modifiée. Au lieu d’avoir un bâtiment en profondeur avec un pronaos (vestibule) et un naos (nef), on a un espace en largeur. Qui plus est, les observateurs remarqueront bien des détails étranges comme les pseudo créneaux d’influence babylonienne! A l’intérieur du temple, une grande salle encadrée de deux chapelles latérales aux plafonds entièrement taillés et sculptés dans un bloc de pierre. Le temple de Bel est donc un exemple unique de fusion entre un style gréco-romain international et des pratiques plus orientales. A partir du XIIe siècle, le temple fut transformé en mosquée et son esplanade couverte de maisons blotties contre ses parois. Des photographies aériennes montrent cet état d’appropriation de l’espace qui se termina en 1930, avec la démolition de ce village dans le temple et le dégagement et la restauration du site archéologique.
palmyre temple de bel
Palmyre, Temple de Bel. Les murs ont ete depouilles de joints metalliques
Musées
Non loin du Temple de Bel, une petite promenade  est l’occasion de sortir des sentiers battus et de visiter le Musée Ethnographique. Un bâtiment blanc qui servit aux armées ottomanes puis françaises et dont la cour aurait pu être le théâtre d'exécutions. Simple spéculation inspirée par le fait que le nom de Palmyre est aussi - tristement - associé à la présence d'une prison assez célèbre dans le pays. Mais revenons au musée ethnographique ou l'on trouvera des bijoux, vêtements, tissus, harnachements et autres objets et documents bédouins. Plus incontournable est le musée archéologique, situé en bordure du site. Ses collections proviennent des fouilles locales et permettent de se faire une idée de l’art de Palmyre, qui, malgré l’influence gréco-romaine, garde des spécificités locales facilement reconnaissables par ses figures assez figées, hiératiques et souvent cadrées dans des niches. Le portrait sculpté est la figure de proue de l'art palmyrénien. Comme dans beaucoup de civilisations de l’antiquité, il était à vocation funéraire. Il existe des portraits individuels et surtout des portraits de couples. Des historiens ont décelé une influence de la statuaire palmyrénienne sur la sculpture bouddhique de la civilisation du Gandhara qui s'est développée entre les territoires actuels du Pakistan et de l'Afghanistan. Influence véhiculée par les routes commerciales qui reliait Palmyre et l'Empire Romain au monde asiatique. N'a-t-on pas découvert des monnaies romaines près de Hanoi, au Vietnam?
palmyre tour d'elhabel tombeau tour
Palmyre, un tombeau-tour: interieur de la tour d'Elahbel.
Les tombeaux de Palmyre
Hors de l'enceinte, dans les collines, se trouve la Nécropole, dont la visite est une expérience inoubliable. Deux types de tombes disponibles à Palmyre: Les tombeaux tours et les hypogées. Dans les deux cas, il s’agit de tombes collectives. Deux tombeaux, un de chaque genre, sont ouverts à la visite, mais sur rendez-vous, avec un gardien qu’il faut aller dénicher au musée archéologique. Les tombeaux tours sont, comme leur nom l'indique, des constructions en hauteur, sur plusieurs étages (généralement trois), qui émergent des sables du désert. Celle que l’on visite est la Tour d’Elahbel. L’intérieur est remarquablement conservé avec, au rez de chaussée, décor de stucs à pilastres cannelés et plafond a caissons. Les défunts sont ‘rangés’ dans des loculi, suivant une hiérarchie bien établie. Plus on est à un étage élevé, moins c’est chic. Au sommet, terrasse, avec vue intéressante. Les hypogées sont des tombes souterraines. Le visiteur a droit à l’hypogée des trois frères, qui conserve un superbe décor peint. Ne pas manquer d’observer le système de rangement particulièrement audacieux qui permet de gagner de la place. Très style, isn’t it?
NOTES
(1) Les villes romaines sont généralement conçues selon un plan en damier avec deux artères principales: le cardo et le doecumanus.
(2) Joseph Mallord William Turner, peintre romantique anglais qui traita nombreux sujets inspire de l’Antiquité.
(3) in Syrie, Guide Bleu, ed. 2001, p. 454.
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