| > ALLER / VENIR |
| Palmyre, qui fut un croisement de
routes caravanières est relié par trois routes: celle de
Damas, la plus fréquentée, celle de Homs, pour ceux qui
viennent de
la cote, et celle de Deir Ezzor. Toutes sont goudronnées, en bon
état
et desservies par des lignes d’autobus. Une route relie Hama à
Alep
via Salamiyé. |
| Comme partout, les taxis ne sont pas
chers du tout. Il sera nécessaire d’assurer un véhicule
(taxi ou pick-up) aller-retour pour la Citadelle des Ma’an, l’ascension
sous le soleil état particulièrement pénible.
Comme d’habitude, on ne recommandera jamais assez de négocier le
forfait avant le départ. |
| > DORMIR |
| Le légendaire Zénobia
est un ancien hôtel
colonial. L’adresse la plus réputée de Palmyre, sur le
site
même. Il a été récemment
rénové. Deux chambres magnifiques donnent directement sur
les ruines. Le Zanobia a été rattaché à la
chaine Cham Palace et on espère qu'il conservera son
charme. |
| Le
Dedeman Palmyra (ex. Cham
Palace, ex. Le Meridien) est un grand resort avec un hall est
franchement tape
à l'oeil avec son décor "galerie des glaces". Les
chambres son très confortables, et la piscine est certainement
un plus. |
| > MANGER |
| Le buffet du Dedeman
n’offrira pas une expérience culinaire inoubliable mais
permettra aux routards de faire le plein. Nourriture correcte et
quantités abondantes. Celui du Zenobia offrira l'avantage, non
moindre de diner dans un cadre plus agréable, dans le jardin, en
face du temple de Baalshamin! |
| > BOIRE / DANSER |
Prendre un verre sur la terrasse du Zenobia
peut être très romantique, surtout au coucher du soleil.
Pour la soirée, la tente bédouine est le plan le
plus intéressant. Même si ça peut faire accroche
touriste, c’est une expérience couleur locale, et puis, c’est
très agréable.
|
| > ACHETER |
A côté du musée
archéologique, le marché de Palmyre offre un sympathique
étalage de tapis, de textiles et autres objets
prétendument ancients mais pas forcément
inintéressants comme des casques tout droits sortis contes
chevaleresques médiévaux. La boutique du Dedeman
propose des livres
d'art et d'archéologie, des chales et autres souvenirs.
|
| > LIRE |
| Palmyre Métropole
caravanière, Gérard Degeorge, éd.
Imprimerie Nationale, 2001. Un magnifique ouvrage plein de fascination
pour les ruines. |
| Inscriptions de Palmyre,
Promenades épigraphiques dans la ville antique de Palmyre,
Khaled Assaad et Jean-Baptiste Yon, IFAPO, 2001. Un guide inhabituel,
pour parcourir le site en déchiffrant certaines des nombreuses
inscriptions en grec, araméen, arabe... |
| Moi Zénobie, reine de
Palmyre, Exposition, Paris, Centre culturel du Panthéon
2001, catalogue par Jean-Charles Gaffiot Henri Lavagne Jean-Marc
Hofman, ed. Seuil / Skira Editore. |
Les
Antiquités de Palmyre au musée du Louvre, Javier
Teixidor Jacqueline Dentzer-Feydy, RMN, 1993.
|
| Le Temple de Bel à Palmyre,
Henri Seyrig et al., 2 vols, 1965. Un vrai monument, ouvrage colossal
avec des planches extraordinaires. Le prix l'est aussi... Disponible
à l'Institut Français d'Archéologie de Beyrouth. |
SITE INTERNET
Empereurs
Romains, pour tout savoir sur les empereurs et gouverneurs
romains et Palmyre (Odenath -Septimius Odaenathus...) avec, en prime, Zenobie... |
|
|
|
Une
oasis du désert.
Palmyre, dont le nom est associé à la légendaire
reine Zénobie, est une cité qui est née et s'est
enrichie grâce aux routes commerciales des caravanes qui
quittaient la côte méditerranéenne et la ville
d'Alep, s'enfonçant, à travers le désert de Syrie,
vers l'orient: la péninsule arabique, la Mésopotamie, la
Perse, l'Asie Centrale et l'Inde. Palmyre était alors une ville
cosmopolite, prospère et puissante. Mais, comme Baalbeck et
Petra, elle allait sombrer peu à peu dans l'oubli avant de
renaître, au début du XXe siècle, sous les soins de
archéologues. |
|
Palmyre, habitat nomade
|
Site
d’exception.
Grâce la qualité remarquable de ses monuments et par son
ampleur. La ville moderne ayant été construite en bordure
de
la cité antique, la Palmyre romaine s'étale sur tout le
territoire
- délimité par l'enceinte de Zénobie - qu'elle
occupait
jadis, avec les nécropoles hors de ses murs. Sur un tell
dominant
la ville, les princes Maan ont construit un château arabe. Les
touristes
commencent souvent leur visite de Palmyre par ce vestige assez mal
conservé
d'une architecture militaire dont la Syrie a mieux à offrir, du
Krak
des Chevaliers au Château de Saône. L'intérêt
de
cette laborieuse ascension réside dans la vue panoramique que
l'on
peut avoir sur le site. L'oasis, l'insignifiante ville moderne, et au
milieu
de tout ça, les restes splendides de la cité antique avec
la grande colonnade de son cardo (1).
|

|
Palmyre. Au fond, à gauche, le tétrapyle
|
On
ne visite pas Palmyre comme on visite un musée.
Pas d’entrée du site, avec guichets (sauf pour le temple de
Bel). Pas de gardien non plus. Les ruines sont
disséminées et ouvertes aux quatre vents. Le visiteur a
le privilège de pouvoir y déambuler au gré de ses
humeurs et de ses envies, a toute heure du jour et
de la nuit. L’aube est sans doute le moment le plus fabuleux mais rares
sont les courageux lève-tôt qui en profitent. Le soleil
fait
son apparition, donnant aux colonnes des couleurs
kaléidoscopiques,
comme dans un tableau de Turner (2).
Les heures «normales» de la journée sont les moins
agréables, la lumière étant écrasante et la
chaleur assez étouffante, sauf en hiver. L’après midi, le
soleil commence à descendre avant de disparaître
derrière les montagnes et le château arabe. Commence enfin
le règne de la nuit qui enveloppe Palmyre
dans une ambiance de magie et de mystère. Certains monuments
sont
éclairés, d’autres pas, on les devine dans la
pénombre,
sous la voûte étoilée et dans le froid.
|
|
Palmyre, grande colonnade
|
La
grande colonnade
La ville antique est traversée par le cardo, grande avenue
bordée de colonnes - plus d'un kilomètre de long - dans
l'axe SE / NO.
C'est l'image la plus célèbre de Palmyre. Les colonnes
soutenaient une double galerie à portique couvrant deux
allées encadrant la chaussée centrale, permettant aux
piétons de se promener à l'abri du soleil le long des
magasins. Le site d'Apamée, près de Hama, conserve
également une belle colonnade de ce
genre. Ce qui distingue le cardo de Palmyre de ceux des autres
cités
romaines, c'est la présence de consoles sur les colonnes. Ces
consoles
servaient à exposer des portraits en bronze de
personnalités
importantes de la ville. Hommes d'état, marchands et autres
figures
locales se montraient aux yeux du monde dans cette "étonnante
galerie
de portraits" (3).
|
|
Palmyre. noter la console de colonne de droite
|
| Le
point de départ de la colonnade est un imposant arc
monumental à trois ouvertures. La fonction de ce dernier est
assez inhabituelle dans la mesure ou il ne s’agit pas d’un arc de
triomphe comme on en trouve dans les cités de l’empire, mais
d’un objet architecturel dont la fonction est de masquer le
désaxement entre la perspective du cardo et celle du temple de
Bel, en face. On remarque, sur la partie gauche (en venant du temple de
Bel), le dédoublement des pilastres et des arches. La
perspective du cardo s’ouvre alors jusqu’au Tetrapyle. La cite romaine
est habituellement traversée de deux axes perpendiculaires, le
cardo et le doecumanus, leur croisement marquant son centre
géographique. Palmyre n’à pas d’axe transversal, mais on
a fait tout comme. Un portique vient, de biais, rejoindre le cardo
à cet emplacement. Le tétrapyle est une
grande place marquée par quatre socles sur chacun desquels sont
posées quatre colonnes soutenant un entablement. La
symétrie parfaite de
l’ouvrage est la pour corriger l’irrégularité du plan
urbain. |

|
Palmyre
|
| Non
loin du Tetrapyle, au cœur de la cité, se trouvent l’Agora,
place publique, et le Théâtre, dont la restauration
récente est un peu trop excessive à notre goût. En
continuant sur le cardo, le terrain amorce une légère
ascension. La perspective s’achève sur le temple
funéraire, à l’extrémité occidentale. Cet
emplacement n’est pas anodin, car, dans les civilisations antiques,
l’ouest était associe a la mort car c’est le coté vers
lequel le soleil, astre de la vie, se couche. Le temple de la mort
est le premier édifice de Palmyre à disparaître
dans
la pénombre au crépuscule. Sa façade, avec un
portique
à six colonnes, est precedee d’un escalier qui ne couvre que la
partie
centrale. A gauche du temple se trouve le Camp de Dioclétien.
Dédié
aux légions romaines, son emplacement stratégique en
hauteur
en fait un lieu de pouvoir privilégié. Le parcours peut
aussi
dériver dans une autre direction, celle de l’Hôtel
Zenobia,
construit en bordure du site. En face de l’hôtel on
aperçoit
un joli temple dédie à Baalshamin, une divinité
locale.
L’empire romain jouait toujours entre globalisation et identité
culturelle.
Globalisation d’un système d’urbanisme, d’un type de
construction
et d’un mode de vie. Identité culturelle avec la
présence,
dans chaque région, de particularismes locaux, notamment dans
les
divinités. L’exemple le plus probant à ce sujet est le
Temple
de Bel. |
|
Palmyre, temple de Bel, facade principale avec la porte
desaxee
|
Le
Temple de Bel.
Face a l’arc monumental, c’est le plus grand et le plus majestueux
édifice de Palmyre.Installé dans un temenos – une cour
fermée par quatre murs à propylées – de 200m de
coté. Au coeur de
cet espace sacré, le temple en personne. Apparemment de style
hellénistique. Apparemment seulement, car il y a une bizarrerie
qui n’échappe à personne. La porte d’entrée n’est
pas dans le sens de la largeur, comme c’est le cas pour tous les
temples gréco-romains, mais dans
celui de la longueur, sur un «grand» coté, et
même
pas au milieu! Toute l’axialité en est modifiée. Au lieu
d’avoir un bâtiment en profondeur avec un pronaos (vestibule) et
un naos (nef), on a un espace en largeur. Qui plus est, les
observateurs remarqueront
bien des détails étranges comme les pseudo
créneaux
d’influence babylonienne! A l’intérieur du temple, une grande
salle
encadrée de deux chapelles latérales aux plafonds
entièrement
taillés et sculptés dans un bloc de pierre. Le temple de
Bel est donc un exemple unique de fusion entre un style
gréco-romain
international et des pratiques plus orientales. A partir du XIIe
siècle,
le temple fut transformé en mosquée et son esplanade
couverte
de maisons blotties contre ses parois. Des photographies
aériennes
montrent cet état d’appropriation de l’espace qui se termina en
1930,
avec la démolition de ce village dans le temple et le
dégagement
et la restauration du site archéologique. |
|
Palmyre, Temple de Bel. Les murs ont ete depouilles de
joints metalliques
|
Musées
Non loin du Temple de Bel, une petite promenade est l’occasion de
sortir des sentiers battus et de visiter le Musée
Ethnographique. Un bâtiment blanc qui servit aux armées
ottomanes puis françaises et dont la cour aurait pu être
le théâtre d'exécutions. Simple spéculation
inspirée par le fait que le nom de Palmyre est aussi -
tristement - associé à la présence d'une prison
assez célèbre dans le pays. Mais revenons au musée
ethnographique ou l'on trouvera des bijoux, vêtements, tissus,
harnachements et autres objets et documents bédouins. Plus
incontournable est
le musée archéologique, situé en bordure du site.
Ses collections proviennent des fouilles locales et permettent de se
faire
une idée de l’art de Palmyre, qui, malgré l’influence
gréco-romaine, garde des spécificités locales
facilement reconnaissables par ses figures assez figées,
hiératiques et souvent cadrées dans des niches. Le
portrait sculpté est la figure de proue de l'art
palmyrénien. Comme dans beaucoup de civilisations de
l’antiquité, il était à vocation funéraire.
Il existe des portraits individuels et surtout des portraits de
couples. Des historiens ont décelé une influence de la
statuaire palmyrénienne sur la sculpture bouddhique de la
civilisation du Gandhara qui s'est développée entre les
territoires actuels du Pakistan et de l'Afghanistan. Influence
véhiculée par les routes commerciales qui reliait Palmyre
et l'Empire Romain au monde asiatique. N'a-t-on pas découvert
des monnaies romaines près de Hanoi, au Vietnam? |
|
Palmyre, un tombeau-tour: interieur de la tour d'Elahbel.
|
Les
tombeaux de Palmyre
Hors de l'enceinte, dans les collines, se trouve la Nécropole,
dont la visite est une expérience inoubliable. Deux types de
tombes disponibles à Palmyre: Les tombeaux tours et les
hypogées. Dans les deux cas, il s’agit de tombes collectives.
Deux tombeaux, un de chaque genre, sont ouverts à la visite,
mais sur rendez-vous, avec un gardien qu’il faut aller dénicher
au musée archéologique. Les tombeaux tours sont, comme
leur nom l'indique, des constructions en
hauteur, sur plusieurs étages (généralement
trois),
qui émergent des sables du désert. Celle que l’on visite
est la Tour d’Elahbel. L’intérieur est remarquablement
conservé
avec, au rez de chaussée, décor de stucs à
pilastres
cannelés et plafond a caissons. Les défunts sont
‘rangés’
dans des loculi, suivant une hiérarchie bien établie.
Plus
on est à un étage élevé, moins c’est chic.
Au
sommet, terrasse, avec vue intéressante. Les hypogées
sont
des tombes souterraines. Le visiteur a droit à l’hypogée
des
trois frères, qui conserve un superbe décor peint. Ne pas
manquer
d’observer le système de rangement particulièrement
audacieux
qui permet de gagner de la place. Très style, isn’t it?
|
NOTES
|
(1) Les villes romaines sont
généralement conçues selon un plan en damier avec
deux artères principales: le cardo et le doecumanus.
|
(2) Joseph Mallord William Turner, peintre
romantique anglais qui traita nombreux sujets inspire de
l’Antiquité.
|
(3) in Syrie, Guide Bleu, ed. 2001,
p.
454.
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