| > ALLER / VENIR |
| Homs est au coeur du réseau de
transport routier et ferroviaire de la Syrie. Elle est également
le point de départ d'excursions vers le Crack des Chevaliers,
vers Palmyre et d'autres sites archéologiques avoisinants moins
connus (Laodicea Libanus, Qadesh...). |
| De Tripoli, le moyen le plus simple et
le plus rapide est de prendre un taxi. Les départs sont
fréquents, le prix modique (environs 250 LS) et c'est la
façon la plus rapide de traverser la frontière, les
chauffeurs étant rodés à ce genre de
traversée. Compter 3 heures. |
| De Beyrouth, des cars quittent toutes
les heures la gare routière Charles Hélou prés du
port à destination d'Alep via Homs et Hama. Très
économiques (env. 6000 LL), ils ont toutefois
l'inconvénient d'une longue attente à la
frontière. Par ailleurs vous risquez de vous voir
débarquer sur le périph de Homs, si les passagers s'y
arrêtant ne sont pas nombreux. Compter 6 heures depuis Beyrouth.
Préférer les bus Karnak, firme de l'état (moins de
surprises). |
| Les taxis sont bon marché et
pratiques. Les arnaques sont inexistants car la ville est peu
touristique et les gens intègres. Il existe un système de
taxis collectifs (en fait des minibus) et de bus difficilement
concevables pour le novice. Fait marquant, Homs étant quasi
totalement plate, le vélo y est roi, eh oui, comme à
Amsterdam... mais la comparaison s'arrête là. |
| Orientation: Homs E-Map
sur Syria.com |
| Pour
se rendre à Qatna, il faut prendre la route de Salamiyé,
qui continue vers Raqqa avec une bifurcation sur Palmyre. Qatna est
à 15 km de Homs. |
| > DORMIR |
| Le Safir, seul
hôtel de classe internationale de la ville. Excentré
mais calme et acceptable. |
| > MANGER |
La cuisine Homsiote est
réputée pour son kebbé (prononcer: koubbi)
grillé, assez gras avec le morceau de graisse à
l'intérieur (comme le kebbe de Zghorta). Le terroir local est
extrêmement riche. L'automne marque la préparation de la
provision (Mouné) sous forme de conserves artisanales, dont la
pièce maîtresse est incontestablement le Makdouss,
aubergines farcies de noix
et de piments. Les aubergines utilisées sont une variante
spéciale, blanche et petite et le résultat est savoureux.
Le Dik el Jan est acceptable et offre
la proximité de l'Oronte Les pâtisseries sont celles de la
région, une bonne adresse est Al Natour,
réputé
en ville pour son Mabroumeh à base de vermicelle et de pistaches. |
Excellent buffet au restaurant de
l'hôtel Safir.
|
| > BOIRE / DANSER |
| les cafés à
narguilé sont tous sur les bords de l'Oronte: Rawda, Gardénia,
Dik el Jann. Une nouveauté à signaler
dans le centre ville: un ancien café ou se réunissaient
les intellos de la ville à été remplacé par
un établissement qui se veut fashion: le City Café.
Déco clinquante d'un gout assez douteux, serveuses parlant
anglais (et quel anglais!), cuisine à l'américaine pas si
terrible. Bref, c'est le nouvel endroit à la mode! |
| > LIRE |
| Sur la Syrie, les
références de Wassim sont: Ross Burns, Monuments of
Syria, ed. LB Tauris & Co, London 1992, Guide Lonely Planet:
Syrie Jordanie et Guide Bleu: Syrie. Plus, un ouvrage de
collection, André Geiger: Syrie et Liban, collection les
beaux pays, Arthaud, Grenoble 1932. |
| La seule monographie sur la ville est
en Arabe: Homs, Umm Al Hijara Al Soud, Ayoub Sadiyé,
diffusé par la chambre de commerce et d'industrie de Homs dans
les librairies sur place. |
| Homs Online, site consacré à Homs et
aux autres villes de Syrie. |
A
PROPOS DE QATNA
Wikipedia consacre un article
(en français) très complet sur le sujet. On peut aussi
consulter le site de la mission archéologique italienne
ainsi que le blog sur les routes de Damas qui
comporte une page (belles photos) à Qatna. |
|
|
|
| par
Wassim Chemaytelli*
Par
le biais d'une solide amitié, cultivée au gré des
difficiles années d'étude, avec un collègue
Homsiote rencontré en France, j'ai fini par tisser des liens
avec Homs, où je me rends de façon quasiment annuelle.
Intrigué par ces voyages, Baron, toujours aussi friand de
destinations inhabituelles, ma demandé de vous écrire
quelques lignes sur cette ville.
Troisième
ville de Syrie, située en plein coeur du pays, à
mi-chemin entre Alep et Damas et à courte distance des
débouchés maritimes de la Méditerranée et
de Hama, Homs est paradoxalement boudée par le voyageur du fait
de sa réputation de ville industrielle sans charme et du
caractère farouchement conservateur de sa société.
Toutefois, passés ces clichés, la ville mérite un
regard plus nuancé.
|
|
| Ce
caractère industriel, parlons-en. Homs jouit d'un cadre naturel
exceptionnel. Située dans la "Trouée de Homs" au
prolongement de la vallée de
la Beqaa, elle bénéficiait de l'air le plus pur du pays.
Jusque la construction de la raffinerie de pétrole (avec la
collaboration des pays du bloc socialiste), la plus grande du pays.
Située au
sud ouest de la ville (vous la jouxterez en arrivant de Tripoli), elle
crache ses fumées plein-pot sur la ville. En regardant une
carte, vous verrez un lac au sud ouest de Homs, le lac Qattina
(ou lac de Homs). Décrit depuis l'antiquité, ce lac sur
l'Oronte est de nos jours bordé d'une grande usine produisant
engrais chimiques et pesticides. C'est donc vrai: Homs est
industrielle. Elle en paie d'ailleurs le prix fort. Ajoutant à
la richesse naturelle du cadre, il faut évoquer le changement
que l'on perçoit en arrivant de la côte
Méditerranéenne. Au sol calcaire succède la roche
basaltique noire, qui fait la réputation de la ville depuis
l'antiquité. Les villages des environs utilisent ces pierres
pour les constructions depuis des temps immémoriaux, et certains
édifices de la ville, les plus vieux, ainsi que les pavés
du souq y puisent leur matière première.
Vous
ne
visiterez pas à Homs son monument principal, sa Citadelle.
Celle
ci est bâtie sur une colline de roche volcanique au sud ouest du
centre
ville, prés de la route de Damas. Des inscriptions grecques y
font
mention de Héliogabale, prêtre du culte solaire, et fils
de
Julia Domna et de Septime Sévère suggérant que le
lieu,
au coeur de l'antique Emèse fut dédié au culte.
Les
fortifications remontent à l'époque Byzantine et depuis,
la
vocation militaire du site s'est maintenue, la citadelle ayant
été restaurée et utilisée par les
Mamelouks, les Ottomans, l'armée française du mandat qui
y effectua de gros travaux, et depuis l'indépendance par
l'armée syrienne.
Au
centre ville, l'église d'Umm al Zunnar (ou de la ceinture
de la Vierge) date du 4ème siècle. Cette église
recèle une relique, la ceinture attribuée à la
Sainte Vierge, découverte en 1953 dans un bloc de basalte
entourée d'un manuscrit syriaque
authentifiant la relique. La ceinture elle-même fait environs 70
cm
de long, et se voit derrière une grille sur un
présentoir.
L'église St Elian, située 200m plus loin
à l'est, est connue pour ses fresques datant du 12ème
siècle.
Un guide local fait mention de l'existence de catacombes datant
des
débuts de la chrétienté en Syrie, au quartier de Cherfé.
Je n'ai pas eu l'occasion de m'y rendre pour le moment. Un autre centre
spirituel est représenté par la mosquée de
Khaled Ben Walid, au nord de la ville sur la route de Hama. Elle
abrite le tombeau du conquérant arabe de la Syrie,
décédé en 642. La mosquée
en sa forme actuelle date de l'époque Ottomane.
|
|
| Homs
est bordée par une étendue de vergers jouxtant le cours
de l'Oronte
vers l'ouest. Il s'agit du lieu privilégié de promenade.
Du
fleuve part un canal d'irrigation, en bordure duquel se trouvent les cafés
à narguilé réputés dans toute la Syrie, et
des clubs plus fermés (le club des ingénieurs par
exemple).
A proximité immédiate se trouve le Safir. Construit
initialement par les Tchèques, il fut reconverti par une grande
chaîne hôtelière et représente le lieu de
rendez-vous de la 'jet - set' locale. A éviter
le jeudi soir. Juste en face, se trouve la gare des chemins de fer
syriens.
Les
souqs de Homs sont multiples, débordant les
limites du centre ville vers l'ouest. Ils regroupent tous les secteurs
commerciaux. A noter, les nombreux bédouins qui s'y rendent
venant du centre de la province. Homs est en effet le chef lieu de la
plus grande province syrienne qui s'étend à l'est
jusqu'aux frontières avec la Jordanie et l'Irak.
Les commerçants sont très fiers de la restauration
récente du souq, fidèle à la tradition, et
à laquelle ils
ont tous contribué.
Le
deuxième reproche fait aux Homsiotes est leur caractère
conservateur. En
effet, les traditions orientales demeurent très suivies, le
qu'en
- dira -t' on est omniprésent, le milieu social étant
particulièrement étroit. La vie sociale se déroule
pour l'essentiel en famille et à l'intérieur. Ayant eu le
bonheur de côtoyer de
prés une famille Homsiote, je peux dire toutefois que
sitôt
que leurs codes sont respectés, les Homsiotes
révèlent
une authenticité, une générosité et une
bonté
profondes. Leur serviabilité et leur sens de l'humour sont
à
toute épreuve, je crois retrouver à chaque visite
derrière
leurs manières bourrues, mais spontanées un repos
mérité
après les tournures mielleuses mais parfois cruellement
incisives
de la société Beyrouthine. Ceci - dit, les temps
changent,
et même si le respect de la tradition est le choix ostensiblement
affiché,
il est évident que les choses, à l'échelle
individuelle,
ne sont jamais aussi simples.
Durement
éprouvée par une modernisation dont elle ne semble
cumuler que les méfaits, Homs s'enferme dans son provincialisme
et dans ses traditions. Je ne vous ai probablement pas convaincu de
vous y arrêter dans votre prochaine traversée de Syrie.
Mais à présent vous savez ce qui se cache derrière
le paysage urbain que vous traversez en toute vitesse vers Palmyre ou
le Krak des Chevaliers.
|
- Qatna -
Un autre site archéologique des environs de Homs fait parler de
lui depuis certaines années : Qatna, une ville du
deuxième millénaire av. JC. Le site, qui
était habité par des villageois qui furent relogés
à Mishrife, fut dégagé une première fois
dans les années 1920 par des fouilles privées
menées par un archéologue amateur, le comte du Mesnil du
Buisson. Une seconde campagne débuta au début les
années 2000 et permit de connaître l’histoire de cette
ville de manière beaucoup plus approfondie. La découverte
la plus spectaculaire fut celle des tombes royales inviolées
renfermant d’importants trésors (transférés au
musée national de Damas) ainsi que d’indices indiquant que des
agapes y avaient régulièrement cours, les vivants venant
festoyer en compagnie (et en hommage) des ossements de leurs
défunts. Entre le XVIIIe et le XIVe siècle avant JC,
Qatna était une cité état qui prospérait du
commerce avec les rives de l’Euphrate, l’Egypte et la Crète
Minoenne. On a découvert, dans le palais, des fragments de
peintures quasi semblables aux fresques du Palais de Knossos. De
nombreuses tablettes gravées de textes en caractères
cunéiformes attestent des rapports commerciaux de
l’époque ainsi que des derniers jours de Qatna qui tomba vers
1340 sous l’assaut des Hittites venus d’Anatolie. La ville fut alors
incendiée. Elle offre aujourd’hui au visiteur des restes
d’impressionnantes murailles ainsi que les structures
reconstituées du palais royal. |
| 1999-2007, Wassim el
Chemaitelli, tous droits réservés. *le site web de
Wassim: LE CEDRE AILÉ, un historique de la Middle
East Airlines. CONTACTEZ NOUS |
|