récit de voyage
rédigé par Zeina Abillama
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| Les 13 membres de l’équipage :
Caroline C: la
révoltée
Caroline M: La banquière du
fauché
Ed: Le G.O local
Jihad: Le jouisseur des hammams
Jihane: La photographe des crânes
dégarnis
Joëlle : L’anticipée
Leyla : La concurrente d’Amani
Maurice: Le soi-disant fauché
Patrick: Baron
Stéphanie: La touriste amoureuse
Valérie: La discrète sans-papier
Yasha: La révélation
Zeina: La surprise de dernière minute
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JOUR
I: l'appât fait entrer en prison
4h30:
Rassemblement à Badaro. 13 noctambules les cheveux en
pétards grimpent au bord d’un minibus. Je ne les connais pas
tous mais les découvrirai… Un chauffeur (Nabil) un peu saoul et
assez drôle pour commencer, nous emmène. Cesaria Evora,
les Beatles, Morisette s’en suivent.
1ère
pause: Knéyfé et croissants s’imposent chez le Hallab
à Tripoli. Au total, 3500LL/pers.
8h00:
Problèmes à la douane libanaise. Le passeport de
Valérie expire dans quelques heures…Panique! Et sous l’enseigne
«L’appât fait entrer en prison», il ne nous restait
que le charme des 9
filles du groupe… laisser-passé accordé.
8h45:
Problème à la douane syrienne. Le passeport de Maurice
a été oublié d’être tamponné…
Panique!
Aller-retour aux douanes… perte de temps et Edouard nous attend
déjà
depuis une demi-heure.
10h30
: Dans un dédale de routes trop étroites, nous arrivons
enfin au premier stop de la journée : le fameux et
imposant Krak des Chevaliers (XII-XIII Siècle).
Retrouvailles des amoureux pour Edouard et Jihane, pause-pipi pour les
autres.
Une
des plus impressionnantes constructions militaires franques du
Proche-Orient, Qala’at El Husn se distingue par son merveilleux
état de conservation. Sa principale originalité est
d’offrir une double enceinte de
défense due à sa facilité d’accès: la
première
compte 13 tours et celle de l’intérieur 5. Elle se
présente
comme un seul bloc compact, différent des constructions de
l’époque, avec le corps du château centre entouré
d’une basse-cour, cet ouvrage dégage en même temps un
sentiment de puissance et d’étrange beauté par son
équilibre et son harmonie. A l’intérieur, la grande salle
des Chevaliers et la galerie accuse un très beau style gothique
et confirme l’étonnante unité architecturale de
l’ensemble, compte tenu du nombre d’architectes qui sont intervenus sur
près de 2 siècles.
12h30
: Etape pause-déjeuner à Hama. Belle ballade
guidée par un local péché dans la rue qui nous
montra les quelques curiosités de la ville d’une façon
très perspicace.
Notre
périple se poursuivra, sans plus tarder, en direction d’Alep
pour s’arrêter à Maarat El Nu’maan,
réputée pour sa vaste collection de mosaïques
(Ve et VIème siècles) découvertes dans la
région et installée dans un caravansérail du
XVIème s.
Pas
de bol, il est déjà 16h00 et le musée vient de
fermer! Quelques livres syriennes persuaderont les gardes de nous
rouvrir les
portes. Très belle visite. L’ironie de la situation est que
l’entrée de ce musée se trouve exactement en face d’un
Khan où réside la police secrète! Ni vu, ni connu!
Nous
continuons notre parcours à travers un magnifique paysage
d’oliveraies
et de douces collines duquel jaillit d’anciens villages romains,
byzantins,
arabes du IIIème au VIème s. apr. J-C: les Villes
Mortes.
Au
cœur du massif calcaire au Nord, on compte des dizaines de villes
mortes.
Abandonnées à partir du VIIIème siècle pour
des raisons économiques ou à la suite de séismes,
elles sont cultivées par les bédouins. Les plus connues
restent: Sergilla, Al Bara, Ebla.
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| Arrivée
sur Al Bara: tout se cache dans la végétation et
la rocaille. Le luxe des constructions et surtout des tombeaux
(pyramidaux pour la plupart et richement ornés) étonne.
L’architecture la plus spectaculaire du site est l’imposante Maison des
Officiers qui
n’a perdu que son toit.
Le
trajet en bus fut à la limite de la fatigue. Nous arrivons
finalement
à l’hôtel Amir Palace d’Alep, vers 19h30. Repos et douches
pour les membres de l’équipage, question de reprendre des forces
avant la méga fiesta du soir, tandis que Baron et Jihad se
faufilèrent au Hammam Yalbogha Al Nasri pour s’offrir
un des plus beaux plaisirs du voyage!
22h00
: ballade à pied (assez angoissante pour quelques-uns à
cause des ruelles vides du peuple et mal éclairées) vers
le quartier chrétien de Jdeidé pour aller
dîner. Beit Wakil est une belle demeure du XVIème
s
réaménagée en hôtel de charme,
possédant
16 chambres de style "1000 et une nuits". Pour dîner, on
s’installe
dans le patio parfumé de jasmins : le mezzé est exquis,
chaque
plat est d’une subtilité enchanteresse et la
créativité
flirte sans cesse avec l’art de la grande gastronomie alépine.
Merci
Edouard pour cette très bonne adresse!
A
noter que Beit Wakil, Sissi et autres restaurants du même
quartier possèdent tous de belles caves voûtées
dans leur sous-sol, aménagées en pubs. Jadis, elles
servaient aux chrétiens de fuire et de se cacher de l’oppression
arabe puisqu’elles étaient toutes reliées entre elles,
faisant office d’un labyrinthe astucieux, parsemé
de pièges. Quelques verres dans le nez et c’est parti pour une
ambiance de tonnerre. Tout le groupe commença à chanter
et à danser sur les chaises, aux rythmes d’une musique arabe
endiablée, avant de se défouler sur une semi-piste de
danse que le propriétaire du lieu nous arrangea aux
dépend de quelques tables. Nous fîmes l’attraction
principale du resto et en particulier Leila qui n’a pas
arrêté de se dandiner d’une façon très sexy
et qui fut la cible de tous les regards des locaux! Wella’a néha!
JOUR
II: le conflit des imams!
9h30:
Après le petit-déjeuner buffet, dispersion du groupe :
une partie est allée visiter le monastère de
Saint-Siméon, Leila et Stéphanie ont choisi les couettes
de l’Hôtel Amir,tandis que Baron et Yasha ont
préféré une ballade urbaine dans Alep, du Musée
archéologique et son imposante entrée monumentale
composée de trois cariatides du Xeme s. av.J.C au - Quartier
arménien et chrétien de Jdeidé.
13h00:
Meeting-point à la place Jdeidé avec le groupe et Abou
Ayman (tel.021/ 333 61 11), notre guide local indiqué par Mme
Ziadé qui l’a déniché dans un de ses multiples
voyages
en Syrie. Ce dernier, bien qu’il s’avéra assez cher lors de la
paye (1500 livres syriennes pour une journée au total),
détenait
les clefs de quelques demeures-palais qu’il nous était assez
difficile
de visiter sans sa présence.
Visite
de Beit Ghazalé (1), Beit Ajiqbash, ou musée
des Arts et Traditions populaires, continuation de la ballade vers Bab
El Nasr (Porte de la Victoire), via la merveilleuse Beit
Jomblatt pour atteindre la Madrassa Othmaniyé. Dans
ce lieu hautement religieux (une école coranique), la
présence de Yasha, qui ne s'était pas voilée, a
provoqué un incident assez singulier, une querelle entre deux
imams. Le premier, tolérant,
ne voyait pas de problèmes à accueillir les visiteurs, le
second, visiblement moins ouvert, y était fermement
oppposé
et menaçait d'accuser son collègue (pourtant
hierarchiquement
supérieur) auprès des autorités. Ils faillirent en
venir
aux mains fut-ce l'interevention inattendue d'Abou Ayman, notre guide,
qui
se révéla être un ancien officier de la Police
Secrète!
Après
cette visite bien pimentée et un repos bien
mérité, dîner dans un des plus connu resto d’Alep, Wannes:
un espace pour homme et un espace pour femme étaient
séparés par une paroi en moucharabieh, tandis que nous,
nous fîmes placés dans l’espace réservé aux
familles et aux touristes. Disposition très archaïque et
drôle, mais le mezzé restait mémorable:
spécialités alépines d’une grande finesse! Une
seule personne boudait dans tout ce festin: Maurice. Assis en bout de
table à sa propre volonté, nous comprimions à la
fin, que le chauffeur de taxi l’avait mis de mauvaise humeur car il
lui à fait le tour de la ville avant de le parachuter au
restaurant…
Arnaque en bonne et due forme! Toutes les boites de nuit
fermée
pour l’occasion (fête de l’Adha, mais aussi le vendredi
équivaut à un dimanche dans les pays musulmans), nous
rentrâmes tranquillement à l’hôtel.
JOUR
III: paysage lunaire!
9h30:
dernière visite d’Alep avec Abou Ayman.
Ballade
fantomatique dans les souks fermés à la recherche en vain
d’une savonnerie, qui se termina par la découverte du Birmistan
Argun. Revisite de l’archevêché grec-catholique,
mais cette fois-ci avec rencontre au sommet avec le Monseigneur
l’archevêque, parent de Caroline. Bien évidemment, pause
assez étalée dans le temps car ce dernier nous fit une
explication de chaque icône et tableau se trouvant dans son
église. Très riche témoignage de la
présence chrétienne au Moyen-orient.
11h00:
Check-out et direction, le Nord-Ouest, vers la frontière turque.
Par un
dédale de petites routes, dans une montagne au relief
quasi-karstique (roches grises déchiquetées, alternant
avec des fonds de vallées verdoyants) et désertique, nous
traversons, après 4h de trajet, quelques villages druzes
où nous fîmes accueillis par une foule dansant la
dabké et barrant la route. Baron a dû descendre du bus
pour danser avec eux mains dans la main, tandis que les filles
distribuaient des bics aux jeunes enfants. Sur la crête de la
montagne, on se trouve face à face à une des plus
fascinantes églises de Syrie, aux proportions parfaites et dans
un état de conservation remarquable: Qalb Loza.
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Direction
Lattaquié qui se veut un grand centre
balnéaire grâce à ces quelques plages
situées à 9km au nord de la ville, et dont les brochures
touristiques appellent ce coin la ‘Côte d’Azur’.
Sincèrement, je dirais que Lattaquié n’à rien de
vraiment engageant : se révélant comme un grand port
industriel avec une petite vocation balnéaire, dont les
hôtels-masse de béton n’ont aucun charme et leur service
laisse à désirer. En témoigne Le
Méridien dans lequel nous avions réservé :
longue attente dans le hall bondée d’une clientèle
libano-syrienne de nouveau-riches pailletés de la
tête aux pieds. Personnels absents et petit-déjeuner
buffet des moins appétissants. En tous les cas Mesdames, ne
songez pas à votre string de 2cm2 mais optez plutôt
à votre maillot une pièce de grand-maman.
Deux
adresses, quand même, de restaurants de poisson à ne
pas manquer si vous passez par-là : Spiro (tel. :
478238), le plus réputé et le plus chic dans sa
catégorie; et Abou El Majed (tel. : 429209), moins cher que le
précédant mais tout aussi bon.
JOUR
IV: sur le chemin du retour...
Lattaquié
restera surtout le point de départ de deux sites assez
exceptionnels et très différents : Les ruines d’Ugarit
et le Château de Saladin (déjà
visité dans un ancien voyage Baron & Baron).
10h30:
Check-out sans trop tarder et direction la cité
phénicienne d’Ugarit ou Ras-Shamra. Berceau de
l’alphabet s’étendant sur 36 ha dont seulement le quart a
été fouillé, il est nécessaire de prendre
un guide pour vous faire parler cet enchevêtrement de cailloux en
état de ruines. Les points forts étant le
palais royal, la bibliothèque et le caveau de Rapanou,
l’énorme
jarre du quartier résidentiel, et le quartier des temples.
Vers
midi, nous nous dirigions vers Tartous (2ème grand port
industriel du pays et tout aussi insignifiante) pour embarquer sur l’île
d’Arouad. 20 minutes agréablement branlantes en bateau pour
gagner ce petit bout d’île de 800m sur 500, jadis comptoir
commercial
des phéniciens et où défilèrent les
croisés, les grecs, les romains… Aujourd’hui, il en subsiste une
vieille-ville piétonne, un château et une muraille.
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Se
perdre dans le dédale des passages et rues larges comme un
couloir est le jeu à faire: vous tomberez nez à nez
avec des hordes de gosses (toujours prêts à être
photographiés), des pêcheurs à la ligne accroupis
sur les rochers, des fabricants de grosses barques de pêche
à l’ancienne, des petites échoppes vendant du foul
(féculents baignant dans une sauce bouillie) pas très
appétissant aux passants, ou encore le château qui offrira
une belle vue panoramique.
Ici,
le temps semble s’arrêter et ne semble pas reprendre de
sitôt. Vu le manque de restos accueillants, la visite se
résumera à ça et nous choisirons de rentrer
finalement à Beyrouth
pour arriver en début de soirée.
FIN
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(1)
Nous avions écrit, par erreur, "Beit Ghazal". C'est à un
internaute qui serait descendant de la famille que nous devons la
rectification en Beit Ghazalé ou Ghazaleh ou Ghazala.
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