| > ALLER / VENIR |
| L’Aéroport International de Damas se trouve
à 30km au sud de la ville. Il est composé de deux
aérogares. Le terminal principal accueille les vols
internationaux de la Syrian Arab Airlines et des compagnies
étrangères. Le bâtiment est moderne et confortable.
Dans le hall se trouve un café très agréable avec
un décor oriental. Non loin de là se trouve l’ancienne
aérogare, aujourd’hui réservée aux vols
intérieurs. C’est un endroit surréaliste, totalement
démesuré par rapport à son activité (3
vols par jour maximum), ou le personnel asticote le sol en permanence
alors que les préposés à l’accueil sont actifs
à tous les postes, de l’entrée à l’embarquement.
Pour se rendre de l’aéroport à la ville, on peut prendre
un taxi de l‘aéroport uniquement (tarif 20 USD) ou la navette
qui relie la rue Al Ittihad toutes les 30 minutes (tarif modique en
livres
syriennes). En revanche, pour aller de la ville à
l’aéroport, on peut prendre n’importe quel taxi et le forfait
sera très raisonnable. |
| De et vers le Liban, le route
Damas-Beyrouth particulièrement fréquentée via la
plaine de
la Bekaa. 3h depuis Beyrouth (passage de frontières inclu),
en voiture, taxi collectif ou bus. Idem pour se rendre à Amman.
La liaison ferrée avec la capitale jordanienne a
été
inaugurée depuis un an. Pas très rapide, mais pour ceux
qui veulent changer de cadre! Depuis Damas, les bus permettent d’aller
à peu près partout en Syrie, à tout moment, et
dans
des conditions plus ou moins confortables, au choix. |
| En ville, les taxis sont très
bon marché. Compter environ 50LS (1 USD) pour une course
moyenne. On peut également, dans les souks, affréter un
pick-up et s’installer à l’arrière, en plein air.
Très
pittoresque et aucune règle de sécurité. |
| Orientation: Damascus E-Map
sur Syria.com |
| > DORMIR |
| La
meilleure adresse de Damas est indéniablement Beit
Al Mamlouka. Un vrai palais niché au cœur de la
vieille ville pour seulement quatre chambres et quatre suites, chacune
individuellement décorée et dotée d’un nom au lieu
d’un numéro. Pour des prix s’étalant de 130 USD (chambre
simple) à 300 USD (suite), le voyageur aura droit aux fastes de
l’orient, avec la fraîcheur du patio, la beauté des
espaces voûtés et l’élégance du mobilier
patiné. Le rêve. |
| Le Damascus Sheraton
est un des plus beaux hotels de chaine de Syrie. Enserré dans
des
jardins bordant la place des omeyyades, il est doté d’une
architecture orientalisante de bon goût qui en font un
cadre fort agréable. La piscine est magnifique, essayez d’aller
vous rafraichir, même si vous n’y sejournez pas (moyennant un
droit d’entrée). Excellents restaurants. |
| Le Méridien a subi une rénovation, et
sa façade hideuse cache des chambres impeccables. Emplacement
pratique, en face de la foire internationale et du Musée
National.
Le Cham Palace (à ne pas confondre avec le Ebla
Cham Palace, à l'extérieur de la ville)
bénéficie d'un emplacement idéal
en plein centre ville. Atrium impressionnant et très
agréable pour faire une petite halte (salon de thé
pâtisserie). Ces trois palaces, les meilleures adresses de Damas,
offrent une grande palette de prestations et sont évidement
assez chers. |
Denier
né des palaces damascènes, le Four Seasons Hotel Damascus
(dans le même coin) introduit une nouvelle idée du luxe.
Si l'architecture est un peu tarabiscotée, la qualité des
services en fait un des établissements les plus confortables de
la région.
|
| Pour des budgets moins ruineux,
essayez
le Semiramis (Al Cham Sq. tel: 2213813, fax: 2216797), en plein
centre ville, ou le Fardous Tower (Fardoss Str. tel: 2232100,
fax: 2235602), un des meilleurs rapports qualité-prix,
d’après notre collègue Gilbert. |
| En dehors de la catégorie luxe,
il y a une adresse assez incroyable qui ravira
les routards
en manque d’exotisme: l’Hôtel Rabih, à souk
Sarouja. C’est l’adresse préférée de Tania, une
vieille maison autour d’un patio peint en vert au centre duquel se
trouve une fontaine dont le moteur fait plus de bruit que
l’écoulement de l’eau.
L’endroit, plus que vétuste (une chambre a quand même une
salle de bain) appartient à un vieux originaire de Hama qui aime
les femmes. On y croise une faune hétéroclite comme
un japonais qui y passait un mois à la recherche de la paix au
Proche Orient. Les chambres à l’étage ont un moucharabieh
et le patio, très agréable pour méditer, a une
qualité
de lumière "c’est tout l’orient", qui contraste avec
l’exiguïté des rues du quartier. Allez aussi voir, dans le
même quartier,
l’Hôtel Saada, avec ses superbes fenêtres à
encadrements verts. Même catégorie, sur la même rue,
le Haramen (tel : 2319489),
est aussi sympa. Les chambres n’ont pas de salle de bain individuelle
mais l’auberge comporte une salle de séjour (le Rabih n’ayant
qu’un patio qui n’est pas à l’abri de la pluie). |
| > MANGER |
| Damas est une étape
gastronomique importante dans un voyage en orient. Comme à Alep,
la mode
des anciennes maisons transformées en restaurant fait fureur
et l'époque d'austérité ou prendre un repas hors
des grands hôtels était impossible semble révolue. Kan
Zaman-Jabri House (tel: 5416254,5443200) est un demeure
classée du XVIIIe s dans la vieille ville, avec cour
ombragée à bassin central. Cet endroit, devenu
très célèbre après un passage sur Arte, est
un incontournable des toursites
européens. Toujours bondé mais agréable, les
mezzés
sont savoureux. On descend en sous sol pour atteindre l'ancien niveau
de
la ville, et découvrir le Umayyad Palace (tel: 2220826,
à deux pas de la mosquée): Belles salles voutées
avec plein de bibelots et de tapis. Formule buffet, avec d'excellents
hors d'oeuvres: salades d'aubergines, falafel, hommos... Les plats
chauds
sont moins réussis, mais les desserts très variés,
avec les inévitables barazek et l'excellente mhallabié
aux
abricots. Le soir, et parfois à midi, musique et chants
orientaux, mais pas d'alcool. Beaucoup plus chic, Elissar (Bab
Touma, tel:
5424300) est un endroit fabuleux, avec une excellente cuisine.
Fréquenté par la crème de la société
damascène. Encore plus beau est le cadre du Zeitouna (Bab
Sharqi, tel: 5447624) ou l'on pourra aussi faire de bonnes agapes.
Enfin
on pourra aussi aller à l'Arabesque (Medhat Pacha, tel:
5433999), une ancienne maison ottomane, un endroit presque
privé. |
| Alexi Piranian nous a
recommandé Al-Farouk (rue Malky, tel: 963 11 3719072),
un endroit
minuscule qui prépare, parait-il, les meilleurs kebabs et
chiche-taouk
(brochettes de poulet marinées) de la ville. |
Le Taj Mahal, rue Ahmad
Moreiwed (derrière l'hôtel Four Seasons, tel : 2237700 est
le meilleur restaurant indien de Syrie. Forcément, c'est le
seul! Blague à part, Joanna a adoré cette adresse dont la
qualité de la nourriture est comparable, à ses dires,
à celle des meilleurs indiens de Londres. La soupe aux
lentilles (dal) est particulièrement recommandable. Déco
sympa,
un peu kitsch comme il se doit.
|
| Pour les paresseux et les nostalgiques
de la cuisine internationale, les hôtels cités
plus haut qui offrent un vaste choix de spécialités.
Restaurant panoramique au sommet du Cham Palace, pizzeria très
populaire au Sheraton. |
| Coté desserts, c'est aussi la
fête: Damas est célèbre pour ses pâtisseries,
dont les barazek, petits biscuits croustillants au
sésame. Parmi les autres petites douceurs savoureuses et
raffinées, le laffet’ el qadi (le turban du dignitaire),
est un
minuscule gâteau de pistaches enrobées de vermicelle
confit.
Une merveille. A déguster chez Daoud ou chez Muhanna (route
de Mazzé). Cette adresse est assez chère pour la Syrie,
mais la qualité de ses produits vraiment exceptionnelle. Autre
douceur damascène, les fruits confits, que l'on se
précipite d'aller acheter chez Ghraoui, rue de Port Said
(tel: 2212960) et au Sheraton, ou il a remplacé Daoud. |
| Toutes ces adresses vendent
principalement à emporter. Ce n’est pas le cas des
célèbres glaciers de Souk al Hamidiyé qui feront
la joie du promeneur, surtout lors des grosses chaleurs. Beckdache est
une institution fondée en 1889 qui ne désemplit pas
d’amateurs du fameux cornet de glace au lait saupoudrée
d’éclats de pistaches. Il y a aussi Bouzet Dimashq,
moins réputé, mais pas mal et également propre.
Nous tenons à signaler l’importance de ce critère dans ce
genre de pays pour le choix d’un glacier. Dernière chose,
justement, chez les autres marchands, le grand choix de parfums, dont
les mures, particulièrement apprécié et la
cannelle qui est vraiment géniale. |
| > BOIRE / DANSER |
| On trouve encore dans les rues de la
ville des marchands ambulants de jus de fruit frais, de café, et
de sirop de mures à l’eau, le fameux tout, reconnaissables
à leur harnachement pittoresque et rutilant. Nous ne nous
portons cependant pas garants de l’hygiène de ce genre de
services... |
| Allez prendre une narguilé dans
un des petits cafés sympathiques se trouvent près de la
sortie de la grande mosquée, du côté de la rue
An Natta. Il y en a un (sur la droite) qui est particulièrement
pittoresque, Ambiance médiévale (femmes seules
s'abstenir),
et un autre, plus célèbre, Al Nofara,
qui a une belle terrasse à l’ombre, ou se côtoient
touristes occidentaux et habitués du quartier. En fin
après midi, il est bon de profiter de la fraîcheur des
jardins ottomans du Musée Militaire et de la
Mosquée Suleymanié. Une cafète assure de quoi
boire dans ce
magnifique endroit apprécié des damascènes. On
peut aussi faire une pause dans un des cafés installés
dans les wagons désaffectés de l’ancienne gare du
Hedjaz. C’est une invitation au voyage assez étonnante,
surtout que les lieux sont très calmes et dégagés
par rapport au brouhaha du centre ville. |
| La vie nocturne damascène se
concentre dans le quartier chrétien, autour de la rue Bab Touma.
Il y
a Le Piano (rue Saint Ananie, près de Bab
el Sharqui), un vétéran du genre, avec son karaoke si nul
qu'il en devient indispensable, et, encore plus
branché, Marmar, qui est, depuis 1998, le rendez-vous
incontournable de la faune intello-artistique. "Plus qu'un bar de nuit,
c'est devenu une marque déposée", dit une
habituée. Pour Wassim, en revanche, c’est un endroit bizarre et
glauque. Le D.J s’arrangerait pour dénicher des standards
dépassés au bonheur des quelques personnes qui oseraient
se déhancher sur la soi disant piste de danse. Mais le plus
incroyable dans l’histoire, c’est qu’il n’y a pas
de tarif fixe pour les consommations qui sont facturées selon
l’humeur du barman! |
| > ÉCOUTER / VOIR |
| Le Centre Culturel
Français de Damas (rue Makdessi, près de la place
Azmé) organise des activités culturelles
régulières, intra et extra muros. Programmation riche et
très intéressante. |
| > ACHETER |
| Nombreux produits d'artisanat, mais
surtout dans le domaine des textiles. Damas a une tradition dans la
confection des tissus (elle a donné son nom à un motif!)
qui perdure avec les magnifiques nappes 'aghabani', les caffetans et
autres serviettes de bains. Dans un autre registre, Damas est la ville
des bonnes affaires de la mode. Les fashion victims courent chez
Benetton qui fabrique sous license et vend dans ses boutiques syriennes
moins cher que n'importe ou sur la planète! |
| La visite des souks permet de
découvrir des choses extraordinairement kitsch. Allez voir les
robes de soirées incroyables du Souk al Gumruk. Mais le
meilleur, sans doute le plus
chaud, est du coté de la lingerie, avec le fameux Abou Loutfi,
string doté d'une lumière qui clignote! |
| Dans un registre plus sérieux,
citons les antiquaires qui foisonnent dans ce pays et qui proposent
dans
leurs sombres boutiques les trésors venant de palais
déchus. Nous avons découvert chez Mounir (rue
Midhat Pacha, près de l’arc de triomphe romain, tel: 5442539,
portable: 093426834) des
objets de curiosité, comme des phonographes pliants du XIXes,
une collection de livres manuscrits digne des grandes
bibliothèques.
Un recueil de hakawati, ces histoires populaires qui se
véhiculaient
de génération en génération, et des livres
beaucoup plus anciens, comme des traités de grammaire, de
mathématiques ou de sexologie. Ces ouvrages, tantôt en
arabe, tantôt en persan, vous seront présentés sur
demande par le marchand qui connaît très bien ses objets
et leur valeur. N’espérez pas les avoir pour une bouchée
de pain, mais allez quand même les admirer de près. |
| > LIRE |
TV5 cultures du monde-cités du
monde: Damas
|
SOCIÉTÉ & HISTOIRE
Damas: mirroir brisé d'un orient arabe,
Autrement HS 65, 1993. Excellent portrait de la ville. Pour une
approche plus documentaire, consulter les deux volumes de G. Degeorge: Damas
des origines aux mamluks(1997) et Damas des ottomans
à nos jours (1994), ed. l'Harmattan. |
Damas l'énigme, Franz Lenze
(texte), Yves Gellie (photos), Geo,
n. 316, juin 2005. Paru à un moment ou la Syrie était
mise à l'index par la communauté internationale, ce
reportage nous entraîne dans les secrets de la ville à
travers des rencontres aussi disparates et inattendues que celles d'un
ado de 16 ans qui sort au Mac Do à Beyrouth ou de Moustapha
Tlass sur un green de golf.
|
ART & ARCHITECTURE
Damas les trésors caches de la vieille ville,
B. Keenan, 2001, pour les amtateurs de belles images et de
décoration raffinée. Moins consensuel, the road to
Damascus, Warren Singh Bartlett, Wallpaper, septembre 2001,
se veut d'une approche différente à l'image de la revue.
Enfin, pour les amateurs, Le Musée National de Damas,
guide des collection en français. En vente au musée, prix
dérisoire. |
PHOTO
Des photographes à Damas: 1840-1918,
Badr el Hage et Elias Sanbar, ed. Marval, 2000. Un recueil luxueux
d'image rares, souvent émouvantes, parfois inattendues. site
internet de l'exposition |
URBANISME
Espaces et formes de l'Orient arabe, Les Cahiers
de la recherche architecturale, Numéro 10-11, avril 1982,
comprend nombre d’articles sur Damas, son patrimoine et les projets
d’aménagement urbain. Damascus: galeries d'images, publications en
anglais
et en français sur Archnet Digital Library. |
INTERNET CULTUREL
Sites officiels du Musée
National
de Damas, en anglais et très richement documenté
et
de la Bibliothèque
Nationale, en arabe et anglais, très kitsch. |
|
|
|
| La
capitale syrienne, une des plus anciennes du monde, revendique,
à l'opposé de Beyrouth ou de Amman, son identité
de métropole arabe. Les larges avenues longeant d'interminables
quartiers qui se cherchent entre cités HLM et bourgeoisie
urbaine et les gigantesques banlieues sauvages de favelas qui
débordent de plus en plus sur les collines encerclant la ville,
tout cela est assez déroutant. Damas a subi au XXe siècle
de violentes transformations dues aux changements démographiques
et sociaux. La disparition du commerce caravanier a
signé le déclin du cœur de la ville et de ses
métiers traditionnels. Damas s’est développée vers
l’extérieur, sur la base du plan urbain du français
Michel Ecochard qui se voulait presque aussi radical que le Plan Voisin
de Le Corbusier pour Paris. D’où la dialectique d'antagonisme
qui oppose des quartiers modernes en manque d’identité avec une
vieille ville décrépie, presque pétrifiée,
jusqu'à ce que l'on décide, à l'occasion de la
visite du Pape Jean Paul II (mai 2001), de lui refaire une toilette. |
|
1. Damas, vue générale avec les bidonvilles
sur les collines
|
-
parcours urbains -
Place
des Omeyyades. D'un côté, l'hôtel Sheraton,
noyé dans la verdure de ses jardins, de l'autre, la
Bibliothèque nationale, gardienne d'un patrimoine inestimable.
Pas de monument symbole, ni même la marque du pouvoir, si l’on
exclut les portraits d’Assad (père
et fils) qui sont omniprésents dans tout le pays.
Présents
par leur image, en revanche, le pouvoir s’en est allé loin
du centre de la ville, dans un soit-disant ‘Palais du Peuple’,
forteresse
postmoderne perchée sur une colline, qui a du mal à
porter
son nom, du fait même de son inaccessibilité. Donc, de la
place
des Omeyyades, on s'enfonce vers le centre via l'avenue Choukry al
Kouaitly.
Sur la droite, le Musée National (décrit plus bas) et la
Foire
Internationale, sur la gauche, les hôtels Le Meridien et Four
Seasons.
Aux heures de pointe, les artères principales de ville frisent
l'asphyxie,
la saturation. Comme dans toutes les métropoles du Tiers-Monde,
la
démographie galope. Les bidonvilles s'éntassent sur les
collines
dominant la ville comme les favellas de Rio de Janeiro et Damas
étouffe.
Face à l'urgence, des équipes d'architectes et
d'urbanistes planchent pour désengorger la capitale.
|
|
2. Damas, gare du Hejaz, intérieur
|
|
Ces
disparités ne parviennent pas, heureusement, à effacer
les qualités urbaines de Damas. Damas est une ville vivante,
avec ses places publiques, ses embouteillages, ses vestiges, son chaos.
Damas est une ville qui se découvre petit à petit. De
l'animation de la place Youssef Azmé à la gare
ottomane (photo ci-dessus, intérieur), ancien terminus de la
ligne du Hedjaz qui reliait la Mecque, on fait des
rencontres avec des marchands, des militaires bavards qui passent leur
temps dans les cabines téléphoniques, des autobus sur
lesquels il est écrit ‘Poulman’ et des architectures du mandat,
comme la façade art déco de l’Orient Palace reconverti en
centre d’hébergement pour pèlerins iraniens. Et puis, on
s'enfonce encore, retrouvant, près de la Citadelle de
Damas et du monument de Saladin, le cours du Barada, avec ses
anciennes maisons fluviales dont les frêles façades de
bois semblent
émerger difficilement de l'abondante végétation
qui
les enserre. Nous sommes à Bab al Faraj, une des portes
de
la vieille ville. Enserré dans ses murs, le vieux Damas est un
réseau complexe de ruelles avec des maisons à
moucharabiehs, des vestiges romains, byzantins et omeyyades, et,
évidement, les souks, avec leurs parfums d’épices et
leurs artisans regroupés par quartiers.
|
|
3. Damas, souk al Hamidiye
|
Souk
al Hamidiyé, le plus grand et le plus célèbre
des souks de Damas. Facilement reconnaissable par sa couverture en
charpente métallique, c'est le mariage des fastes de l’orient et
de la révolution industrielle. Interminables étalages de
vêtements pour dames et de souvenirs, fameux marchands de glace,
ambiance inimitable. Les magasins, qui sont insérés dans
des travées rythmées par des colonnes doriques, sont en
biais par rapport à
l’axe de circulation, sans doute pour montrer aux passants le maximum
de
marchandises. A quelques pas là, le souk al goumrouk, dans
l’ancien
khan des douanes, offre au visiteur ébahi, sous des coupoles qui
se succèdent, l’étalage de tissus et de robes de
soirées
dignes d’une superproduction égyptienne. Encore plus
pittoresque,
derrière le souk assagha (des bijoutiers), Souk al
Bzouriya, dont la couverture rappelle celle de Souk al
Hamidiyé
mais en moins monumental (ne pas manquer les lustres), ou se
concentrent
les marchands d’épices, d’herbes et de fruits
séchés. C’est dans ce lieu plein de parfums
envoûtants que l’on découvre le portail monumental du Khan
Assad Pacha et que l’on peut aller se détendre au Hammam Nour
ed-Din, un des plus anciens du monde.
La promenade coïncide parfois avec les traces de la trame en
damier que les romains avaient donné à la ville. On
retrouve ainsi l’ancien decumanus, la via recta ou rue
droite, aujourd’hui nommée Midhat Pacha, qu’emprunta Ananie pour
aller retrouver Saul (Saint Paul) et lui redonner la vue. Cette rue,
en fait pas si droite que ça, traverse la vieille ville dans sa
longueur. En partie couverte par une voûte métallique,
elle est fort animée et commerçante. Au niveau des
vestiges de l’arc romain, elle devient plus calme et
pénètre dans le quartier chrétien. Au passage des
façades parfois penchées (photo ci-dessous), de maisons
aux architectures arabes ou coloniales, les églises se font plus
nombreuses dans la partie est de la
ville. Citons la célèbre Chapelle Saint
Ananie, construite au bout de la rue, à l’emplacement de
la maison d ‘Ananie, et l’Eglise Arménienne Orthodoxe, à
Bab Sharqi (Porte de l'Est). La visite des lieux de cultes permet de
rencontrer les communautés chrétiennes de cette ville
d’orient et, parfois, de découvrir de belles icônes de
style byzantin. |
|
4. Damas, sur la via recta (rue Midhat Pacha)
|
| Au
sud de Bab al Faraj, on peut longer les murs de la vieille ville
jusqu’à la mosquée de Sinan Pacha. Construite en
1562, elle ne doit pas son nom au célèbre
architecte Sinan (voir plus bas), mais à son commanditaire,
Sinan bin Abdulhah, gouverneur ottoman. De petites dimensions, elle
possède néanmoins une riche décoration à
base de motifs géométriques et son minaret est
reconnaissable car il est couvert de céramiques vertes. Un peu
plus loin, derrière le Mausolée de Mardam Bek,
s’étale le cimetière de Bab al Saghir, le plus
grand de Damas, avec des tombes sunnites et chiites dont certaines
abritent les restes de compagnons du prophète ou de califes. Au
nord du cimetière, la promenade se poursuit dans le quartier de Salihiyé,
autour du Midan, un des endroits les plus pittoresques mais aussi les
plus mystiques de la ville. |
|
5. Damas, salle de prière de la mosquée des
Omeyyades
|
- la
mosquée des Omeyyades -
Revenons
à Souk al Hamidiyé, d'où on atteint
le Propylée Romain, autour duquel règne une grande
animation,
et l'accès à la mosquée des Omeyyades et au
Tombeau
de Saladin. Ce dernier, qui chassa les croisés, loge dans une
salle
à coupole avec deux sépultures! Celle d'origine, en bois,
et une autre, en marbre, offerte par Guillaume II de Prusse. Pour
visiter
le mausolée et la mosquée, les femmes doivent louer une
tunique
marron avec capuchon, à moins qu’elles n’aient prévu,
à
l’instar de Sahar, de quoi se voiler. La grande mosquée est un
lieu
fabuleux. Elle fut construite sur un emplacement ou une église
avait
déjà succédé au temple romain de Jupiter,
d’où
les remplois d’éléments d’architecture classique
(chapiteaux
corinthiens). C'est la première des grandes mosquées
à
cour intérieure dont le plan reprend, en l'amplifiant, celui de
la maison du prophète à Médine. Les façades
s'ouvrent non pas sur l'extérieur, mais sur la vaste cour qui
prend, lorsqu’il fait frais et qu’il y a des pigeons, des allures de
Place Saint Marc. Regardez les superbes mosaïques sur la
façade sud et sur le trésor, petite construction
octogonale reposant sur des colonnes. Réalisées par des
artistes byzantins, elles représentent des jardins (ceux de
Damas?), figuration du paradis dans la tradition islamique. A
l'intérieur, l’immense salle de prière (photo ci-desssus)
reprend le plan basilical (1)
à trois nefs, mais celui-ci est orienté dans le sens de
la largeur, vers le mur
de la qibla (2) dont les
mihrab (3) indiquent la
direction de la Mecque. A l’heure de la prière, hommes et femmes
doivent emprunter des entrées séparées. L’ambiance
est quand même assez détendue pour un lieu de culte, avec
les enfants en train de courir dans tous les sens et des gens assis sur
les tapis. Il faut dire que la mosquée est aussi un lieu
de cohésion sociale, l’équivalent de l’agora des grecs.
Un grand cénotaphe baroque aux fenêtres vertes attire les
fidèles de toutes religions. Il est sensé abriter la
tête de Saint Jean Baptiste. Les
chiites viennent également ici se recueillir sur les reliques de
Hussein (4). Cette
mosquée prestigieuse a connu un évènement
historique le 6 mai 2001, avec la première visite d'un souverain
pontife
dans un lieu de culte musulman. Un grand moment. A la sortie de la
mosquée, vous irez vous rafraîchir avec Gilbert et ses
amis au café
An Nofara, avant de partir à la découverte des palais et
autres résidences patriciennes. |
|
6. Damas, palais Sibai
|
-
l'art de vivre des palais -
L'habitat
traditionnel arabe se cache discrètement dans
les ruelles. Une fois le seuil franchi, la maison s'ouvre sur une cour
avec un bassin des arbres fruitiers, véritable oasis de
fraîcheur. Disséminées dans la vieille ville, les
demeures magnifient ce mode de vie avec une richesse exquise tant dans
la conception du parcours qui part du salamlik, espace semi
public, au haramlik, espace privé réservé aux
femmes; que des éléments architecturaux, comme l’usage de
l’iwan, grande niche voûtée dans une cour; ou
décoratifs: motifs floraux, jeux de couleurs de pierres de
blanches et noires... Certains palais sont toujours habités,
d’autres appartiennent à l’état, à l’instar du Palais
Azem, le plus célèbre de Damas. Construit au XVIIIe
siècle pour le gouverneur de la ville, il abrite le Musée
des Arts et Traditions Populaires. Dans les salons, des mannequins
évoquent la vie quotidienne de l’époque. Didactique mais
un peu trop kitsch. On préférera la déambulation
dans les beaux jardins. Le Palais de Georges Dahdah, antiquaire
de renom, est toujours habité par son propriétaire. Les
visiteurs sont les bienvenus. Le palais appartenant à une
famille chrétienne, il ne dispose pas de l’arrangement autour de
deux cours (salamlik / haramlik) mais d’une seule. Au palais
Sibai (photo ci-dessus), il
faut trouver le gardien pour découvrir un endroit unique qui
vient
d'être restauré. Dans la cour, un double escalier permet
d'atteindre un grand salon à plafond vertigineux et
éclairage
zénithal. Les murs sont couverts de trophées, têtes
d'animaux empaillés ou non: girafes, buffles, zèbres...
Dans les collatéraux, c'est un défilé de fauves
qui gisent sur le sol surélevé! Vision surréaliste
de cette curieuse collection ramenée au début du XXe
siècle par l'ancien propriétaire des lieux de ses
exploits de chasse en Afrique! L’Etat a également
restauré, avec beaucoup de soin, le Palais Maktab Anbar,
de la période ottomane tardive. Sa première cour est
très sobre, voire austère, alors que la seconde, le
haramlik, dispose d’un décor exubérant et
éclectique, ou se mélangent les motifs orientaux et
européens néoclassiques. Les lieux sont le siège
de la Direction des Monuments de la vieille ville de Damas. Autre
étape de ce parcours, Darat Baroudi (rue Fakhry Baroudi,
derrière la caserne des pompiers, hors des murs de la vieille
ville), un autre palais au décor fastueux de la même
période. On ne manquera pas le salon central avec une double
hauteur couvert de fresques représentant, de manière
naïve et assez fantaisiste, le dôme du rocher de
Jérusalem, la Corne d’Or d’Istanbul et la Kaaba de la Mecque
(registre supérieur), le pont des arts à Paris et les
bords de l’Arno à Florence (registre inférieur). Ce
palais dont la construction a fait part d’un emploi abondant de bois
est dans un état de délabrement qui en fait presque une
ruine. Certains murs sont plus penchés que ceux de la tour de
Pise. C’est dans ce cadre que se déroulent des manifestations
culturelles comme les Journées de la Photographie
organisées par le Centre Culturel Français. Le
bâtiment devrait toutefois entrer dans une phase de
rénovations pour abriter le Centre d’Etudes Supérieures
de la Faculté d’Architecture. |
|
7. Damas, Darat Baroudi
|
-
le Musée National -
Le
Musée National conserve les somptueuses collections
archéologiques syriennes. Passé le guichet-librairie, on
traverse un grand jardin plein de sculptures antiques ou il fait bon de
flâner. L'entrée du musée est marquée par la
façade du Qasr el Heyr el Gharbi (un des châteaux
du désert), flanquée de deux tours. Impressionnant
décor en stuc. A l'intérieur, deux directions possibles.
A droite s'ouvrent les galeries d'antiquités orientales et
islamiques (Mari, Ougarit, Ebla...), et à gauche, les
antiquités classiques. On y reconnait les sculptures provenant
du Hauran par leur pierre noire. Sur la droite, on entre dans la salle
de Doura Europos aux murs couverts de rideaux noirs! Le gardien
se charge alors, très théâtralement, de les ouvrir,
faisant découvrir aux visiteurs ébahis d'admirables
fresques sur lesquelles on a installé ce dispositif pour les
protéger de la lumière. Les visiteurs ne sont toutefois
pas au bout de leurs surprises. Au delà de la galerie de
sculptures
romaine, ils traversent une cour pour entrer dans une vaste salle
obscure:
la synagogue de Doura Europos. Peu à peu
les regards se concentrent sur les immenses peintures qui couvrent
cette Chapelle Sixtine judaïque du IIe s miraculeusement
sauvée et reconstituée ici.
Rue
Chukry Kuwaitli, près de la Foire Internationale. tlj sauf mardi
9h-16h (hiver) 9h-18h (été), fermé vendredi entre
12h30-14h.
|
|
8. Damas, musée militaire et mosquée de
Suleymaniye
|
|
-
du coté de Sinan -
En
face des jardins du Musée National se dressent la coupole et les
minarets d'une mosquée ottomane. C'est la Tekkiyé
Suleymaniyé, construite au XVIe s. par Sinan, le
grand architecte de Suleiman le Magnifique (cf. notre page sur
Istanbul). Aussi magnifique que le sultan dont elle porte le nom, la
mosquée est une vaste salle à coupole actuellement
fermée pour rénovation. Les fidèles effectuent la
prière dans le beau portique, richement décoré. La
mosquée est entourée
de jardins avec un bassin autour duquel les damascènes viennent
méditer ou prendre l'air en fin d'après midi. Dans
le jardin sont stationnés des avions militaires à
hélices et à réaction (mig 21) ainsi qu'une
capsule Soyouz. Ce sont les grandes pièces du Musée
Militaire installé dans les anciennes cuisines du complexe de la
mosquée (tlj sauf mardi, 8h-14h). Il paraît,
d’après notre cher Raed, que les collections d’armes anciennes
sont très intéressantes, mais le gardien vous avertira
qu’il est interdit de manger des pistaches à l’intérieur
des salles. Autre annexe de la mosquée, le magnifique khan, avec
ses portiques disposés en symétrie autour d'une cour. Les
cellules ont été transformées en centre
d'artisanat. Face à l'entrée du khan, une petite
mosquéee, l'ancienne madrassa. |
|
9. Damas, musée militaire et mosquée de
Suleymaniye
|
|
-
(re) bonjour la France ! -
Autre
architecte étranger, autre époque. A la fin des
années 1980, José Oubrerie a réalisé le
nouveau Centre Culturel Français de Damas.
Installé dans une rue envahie par des magasins de
matériel informatique, ce bâtiment blanc s'y insère
habilement avec des espaces verticaux et des jeux d'ouvertures: vastes
baies vitrées, portes métalliques ajourées [une
interprétation du moucharabié] brique de verre. L'atrium
du rdc est une salle d'exposition avec des fauteuils de Le Corbusier et
une vue sur la rue qui paraît être mise en vitrine. De la
porte, un axe traverse l'espace et invite le visiteur à
s'engager vers les escaliers qui desservent les étages:
médiathèque, auditorium [avec des structures
triangulaires en relief qui rappellent l'intervention d'Alexander
Calder à Caracas] salles de classe, cafette. Sans sombrer dans
la nostalgie orientalisante, Oubrerie a su concilier une conception
architecturale actuelle à des spécificités
locales. Une nouvelle ouverture pour l'histoire architecturale de
Damas? Ne manquez pas de monter sur la terrasse avec son petit
amphithéâtre en plein air et sa vue spectaculaire. |
|
10. Damas, centre culturel français, Jose Oubrerie
arch.
|
| "Construire
à Damas, c’est faire en sorte que le bâtiment
ajouté à la ville soit ressenti comme placé dans
le destin, la continuité de celle-ci. Je ne veux pas parler
d’une
continuité formelle telle qu’on pourrait l’établir
artificiellement
: par évocation, en amalgamant un élément de
langage
traditionnel –l’arc brisé par exemple– à un langage
actuel
(...) mais plutôt d’une continuité « mentale »
qui s’établit par la présence d’éléments
constitutifs de l’identité de la ville, de la morphologie de ses
espaces, et qui permettent de ressentir les correspondances
nécessaires entre le vécu, passé et
présent, même s’il n’est pas identifié, conscient
pour l’habitant."José Oubrerie, l'Oeil, aout 1983. |
| Au coin de la rue qui mène au
centre, il y a un marchand de valises particulièrement
sympathique
qui se fera une joie de se plier en quatre si vous avez
égaré un de vos compagnons (encore faut-il que vous ayez
envie de le retrouver). Mais trêve de blagues, allez plutôt
découvrir Souk Sarouja, qui est à deux pas.
Beaucoup moins chic que Souk
al Hamidiyé, c’est un endroit populaire, coloré et hors
du temps, avec ses réparateurs de TV, ses oiseleurs et son
café soudanais. Dans ces ruelles étroites, sombres et
encombrées, vous sentirez l’ambiance d’un orient qui n’a rien
d’édulcoré avant de faire une pause dans le patio
ombragé du légendaire hôtel al Rabih, l’adresse
préférée de Tania. |
|
11. Damas, centre culturel français, Jose Oubrerie
arch.
|
-
sex & the city -
Aussi
inattendu que cela puisse paraître, Damas est une
ville particulièrement chaude. Nous vous épargnerons un
inventaire de ses légendaires bordels, lieux sordides ici
appelés
istiraha, c’est à dire rest-house en anglais. Mais allez
plutôt
faire un tour du côté des étalages de Souk el
Hamidiyé
et alentours, chez les marchands de lingerie féminine. Vous y
découvrirez des modèles à faire pâlir tous
les sex shop d’occident, le plus célèbre étant
le "Abou Loutfi": un string doté d’une lumière qui
clignote.
Marie José en a déniché un particulièrement
spectaculaire, doté d’un oiseau en peluche (comment faire si
elle porte un jean serré?) qui, au toucher, se met à
chanter (avec la petite lumière rouge qui clignote). A la
question relative au lavage, il parait que c’est article n’est
utilisable qu’une seule
fois. Pourvu que ce soit la bonne! Existe aussi en version
téléphone portable, moins romantique. La meilleure, c’est
que les marchands se
défendent pudiquement en prétendant que ces produits
s’adressent, non pas aux syriennes, mais aux iraniennes qui viennent
à Damas en pèlerinage. Autre lieu capital dans le
parcours
érotique de Damas, le jardin public, digne, aux yeux de Tania,
d’un film égyptien. Il parait que c’est l’endroit des amoureux:
Soit on est en couple, soit avec quelqu’un du même sexe, mais
toujours
bras dessus bras dessous. Dans le deuxième cas, on vient ici
à
la recherche de l’âme soeur. Ce rituel est accompagné
d’une
musique tonitruante que dégagent des haut-parleurs, le matin,
c’est
Fayrouz, pour bien se réveiller, l’après midi c’est Oum
Koulsoum pour pleurer. Parfois, ces litanies sont interrompues par des
prêches enflammés à la gloire du parti Baas. |
| (1) Le plan basilical prend son origine des basiliques
romaines qui étaient des bâtiments civils. Il fut
développé dans l’architecture chrétienne avec une
grande partie centrale (la nef) et les bas côtés ou
collatéraux. Dans la mosquée de Damas, les trois nefs
sont de même taille et
sont traversées en leur centre par un transept que l’on devine
dès la façade. |
| (2) Le mur de qibla est celui vers lequel prient les
fidèles. Il est toujours orienté vers la Mecque. |
| (3) Le mihrab est une niche percée dans le mur
de qibla. Plus discrète que l’abside des églises, elle
constitue toutefois l’élément visuel de l’orientation
vers la Mecque. |
| (4) Fils de Ali, tué à Karbala, en Irak. |
photos
: Patrick Kassardjian (1), Antoine Soued (5) et Gregory
Buchakjian (2-4 et 6-10) pour Baron & Baron
|
| 1976,
1984, 1997, 2001, 2003-2007, Baron & Baron, avec l'aimable
collaboration de Tanbak [Tania Bakalian Safieddine] et un grand merci
à Catherine Ariss, Alexi Piranian, Abdelnour Abdelnour, Gilbert
Hage, Josianne
Torbey, Joanna Rebeiz, Wassim Maouad, Yara Nashawaty et aux
étudiants de l'ALBA.
tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS |
|