| > ALLER / VENIR |
| L’aéroport de
Lisbonne Portela de Sacavem ne se trouve qu’à 4km du
centre ville. Une partie de l’aérogare est récente, elle
a
été construite lors de l’expo 98, l’autre assez
vétuste.
Un certain nombre de boutiques (notamment les kiosques à
journaux)
de l’aéroport sont fermées les jours
fériés.
Il est possible de rallier le centre en taxi ou par le bus 91 jusqu’au
terminus
de Cais do Sodré. |
| Lisbonne possède plusieurs
gares. La plus belle est celle de Rossio, avec sa
célèbre façade de style néo
manuélin. Vous l’emprunterez pour vous rendre à Queluz et
Sintra. Un certain nombre de trains internationaux et grandes lignes
partent depuis la station Oriente construite par Santiago
Calatrava au Parc des
Nations. Enfin, la majorité des Alfa Pendular pour Porto partent
depuis Santa Apolonia. |
| Inutile de vous dire qu’à
Lisbonne, vous n’allez pas oublier vos jambes! C’est une ville que l’on
découvre principalement à pied, et avec ses
dénivellations légendaires, ce ne sera pas de tout repos!
Ceci dit, la ville possède un excellent éventail de
transports en commun. Commençons par le métro
ultra moderne et très agréable. Les stations ont chacune
une décoration qui lui est propre et certaines sont très
belles. C’est d’ailleurs le meilleur moyen pour se rendre au Parc des
Nations (station Oriente).
Le métro fonctionne de 06h30 à 01h00, le billet est
à
0.60 €, forfait 1 jour 1.40 €. Les tramways de Lisbonne sont
souvent
nommés désir. Ils offrent de très belles
promenades
dans les quartiers escarpés et jusqu’à Belém.
Enfin,
dans les moyens de transports typiques, citons les funiculaires,
souvent
antédiluviens et les ascenseurs dont le
célèbre
Elevador de Santa Justa construit en 1902 par Raoul Mesnier, disciple
de
Gustave Eiffel. Nous conseillons de prendre un Pass de 4 ou 7
jours
(respectivement 9,55 € et 13,55 €) valides sur tous les
services. |
| La Lisboa Card offre, outre
les transports, un accès gratuit ou un rabais pour nombre de
monuments et activités. Disponible 24h (12.75 €), 48h (21.50 €)
et 72h (26.55 €). Ceci dit, il est important de vérifier si ce
qui est proposé vous intéresse avant de la prendre. Site internet de la Lisboa Card |
| Dernier conseil : circuler à
Lisbonne en voiture est purement suicidaire. Si vous y arrivez avec
votre véhicule (ou une voiture de location) essayez de vous en
débarrasser le plus vite possible dans
un parking ou dans un endroit (rare) ou le stationnement est libre! |
| > DORMIR |
| Baron & Baron ont
séjourné à la Pensao Residencia Roma
(Travessa da Gloria, 22 A - 1. Tel. (01) 3460557/8 Fax(01) 3460557),
une pension sur une petite ruelle perpendicualire à l’av. de
Libertade. Donc emplacement idéal, prix modérés,
accueil sympa et chambres proprettes même si un peu sombres et
étriquées. Conviendra à tous ceux qui cherchent
à loger au centre pour pas cher. |
| En revanche, les amateurs de luxe ont
l’embarras du choix. A deux pas de notre modeste residencial, le
somptueux Avenida
Palace trône depuis 1892 sur Restauradores. Fastes,
lustres et ors au rendez-vous. Plus récent le Lapa Palace
se veut encore plus exclusif. Situé sur la colline du quartier
chic éponyme surplombant le Tage, le Lapa est entouré de
jardins, possède un décor unique et compte parmi ses
équipements une piscine. Dans le même quartier se trouve As
Janelas Verdes (aux fenêtres vertes) un palais du XVIIIe
siècle dédié à l’écrivain portugais
Eça de Queirós qui y séjourna. L’endroit est
très romantique, tout comme son
voisin, le magnifique York House Hotel. Un couvent du XVIIe siècle
enfoui
dans la végétation, des azulejos sur les murs de la salle
à manger avec couverts en argent et lustres anciens, chambres
personnalisées
avec lits à baldaquins, c’est une véritable adresse de
charme.
Finissons enfin sur le sublime Solar
Do Castelo,
un hôtel installé dans la forteresse du Castelo Sao Jorge,
perché au sommet de l’Alfama. |
Au
coeur de la ville, le Bairro
Alto Hotel est une adresse très prisée pour sa
fusion entre une architecture XVIIIe s et un design très
contemporain. Ambiance trendy et cosmopolite.
|
| Dans le quartier du Chiado reconstruit
par Alvaro Siza, descendez au Regency.
Un superbe hôtel moderne avec un mobilier contemporain, colonial
et chinois. Le bar du dernier étage est très
agréable et jouit d’une vue magnifique sur la ville. Pour
clôturer le chapitre, toujours dans la section luxe moderne, les
inconditionnels des grandes
chaînes descendront au Four Seasons
Hotel
The Ritz Lisbon qui domine le Parc Edouard VII. |
| > MANGER |
| Les habitants de Lisbonne sont
surnommés affectueusement les “alfacinhas” (petites laitues),
c’est dire leur attachement aux plaisirs de bouche. Les Lusitaniens ont
même légué avec bonheur aux Nippons le mot
“tempura” et le concept de beignets de légumes. Les Portos
rouges et blancs méritent d’être davantage connus. Le
blanc notamment, plus liquoreux et moelleux que le rouge, il devient
vin de dessert à maturité ou compagnon d’un plat
salé quand il est jeune. Le vinho verde à la
saveur vive et fraîche est parfait avec du poisson. La tradition
du “Pao coberto” (pain et couvert) permet de patienter avant le
service. Là tout est permis : olives, pâté de
sardine, fromages de brebis et de la montagne alentéjane,
jambon... Les soupes telles que le “caldo verde” au chou
constituent l’entrée la plus fréquente. Les “ cogumelos ”
à l’ail (champignons) sont irrésistibles. |
| Côté poissons et
crustacés, le choix est difficile entre calamars grillés
(“lulas” pour les plus gros servis en brochettes et “choquinhos”
quand ils n’ont pas perdu leur tête) et morue. Même si le
poisson-roi se décline en 365 recettes, il est simplement
parfait effeuillé avec des pommes de terre et de l’oignon ou
sous forme de “pasteis” (gâteaux). Le surprenant
mélange terre-mer du “porco alentejano” qui mêle
porc caramélisé et palourdes relevées de coriandre
fraîche est un souvenir de la présence maure. Les risottos
locaux aux fruits de mer (mariscos), à la crevette (con
camaroes), ou au poulpe marient le croquant du riz à une sauce
parfumée et moelleuse. Le “bife à la portuguesa”,
boeuf cuit dans force matière grasse, ravira les carnivores
exigeants peu soucieux de leur ligne . Sans oublier, les pasteis de
nata, évoquées plus haut qui atteignent des sommets de
justesse à Belem. |
Quartier du château Saint
Georges:
Chapitô, Costa do Castelo,
1-7 (bar restaurant avec vue imprenable sur le Tage et spectacles de
cirque,
opter plutôt pour le bar et son porto blanc). C'est une de nos
adreses
préférées. L’accueil et l’ambiance sont sympas, la
cuisine est originale et raffinée, c’est un des meilleurs
endroits
pour dîner à Lisbonne. |
Praça da Figueira (dans la
Baixa):
Pastelaria Suiça: nombreuses
pâtisseries pour un petit déjeuner roboratif et la
célèbre Confeitaria Nacional, Praça da
Figueira, 18 B:
une institution pour des petits déjeuners copieux aux alentours
de
5 € (pasteis de nata, jus d’oranges frais...). Citons aussi laCasa
de
Alentejo, Rua Portas de Santo Antao, pour son intéressant
patio
mauresque et sa cuisine de l’Alentejo. |
Dans le Bairro Alto:
Le Meson del Gordo, Rua Sao Boaventura,
16-18. Restaurant à tapas et nombreux plats
méditerranéens
dans un décor chaleureux (le risotto aux cèpes frais vaut
le détour !). A noter, une petite librairie -bar avec de
nombreux
livres consacrés à l’architecture près du
restaurant. Enothèque, escaliers Rua Mae de Agua, en
allant
de Avenida da Liberdade vers Dom Pedro V, pour se délecter des
vins
locaux et manger léger. La Paparrucha, Rua Dom Pedro V,
18-20:
pour amateurs de viande argentine, vaut surtout pour sa vue imprenable
sur
la ville blanche. |
Près de l’Assemblée
nationale:
XL, Calçada da Estrela, 57
(réserver impérativement au 21 395 61 18). Des
soufflés
sucrés ou salés qui font courir les Lisboètes. |
| Dans le centre sportif du parc Edouard
VII: Sétimo: une cuisine traditionnelle et copieuse dans
un décor de boiseries. |
| Près de la gare Santa Apollonia
(au bord du Tage): Bica do Zapato, le resto à la mode au
design zen et chic (sushi bar, bar, restaurant moderne et
raffiné avec des millefeuilles de poissons et des desserts tout
chocolat). Plus exotique, O Madeirense, restaurant de
Madère, dans le centre commercial Amoreiras, près de
Marques de Pombal. Le poisson grillé à la banane et
à l’ananas et le fromage grillé servi en entrée
réjouissent les papilles. |
| A Belém: L’Antiga
Confeiteria de Belém, une institution
célèbrissime à ne manquer sous aucun pretexte: Les
salles en enfilade de cette fabrique de Pasteis se parent à
l’infini de tables chargées de chocolats fumants et de pasteis
de nata (gâteaux à la crème) que l’on grignote
tièdes et saupoudrés de cannelle et de sucre.
Idéal pour faire une pause dans ce quartier excentré. |
> BOIRE / DANSER
La vie nocturne de Lisbonne ne peut se résumer
en quelques lignes! La ville offre aux fêtards un éventail
impressionnant de possibilités qui vont du petit café-bar
au club le plus branché. Un nombre important de bars et pubs se
trouvent
dans le Barrio Alto. Nous n’avons pas d’adresse particulière, le
mieux
est de se promener dans les rues qui s’animent en soirée
(l’équivalent du Triangle des Bermudes à Vienne ou de
Monnot à Beyrouth) et
d’essayer les endroits qui semblent les plus sympas. Autre quartier qui
chauffe
depuis quelques années, les bords du Tage du côté
des
docks de Alcantara. Ici les endroits sont plus grands, souvent
sur
plusieurs niveaux, mais là aussi, les bonnes adresses changent
très
vite. Fiez-vous au bouche à Oreille ou suivez votre instinct.
Troisième
quartier, toujours sur les bords du Tage, autour de la gare de Santa
Apolonia,
ou se sont groupés des restaurants et bars très tendance,
dont
le très fameux LUX, un des endroits les plus
intéressants
de Lisbonne tant pour la déco, la musique ou la faune. Sachez
que
John Malkovitch est un des actionnaires dans l’affaire. |
| Et notre coup de coeur? retour au
centre, au Pavilhao Cines (Pavillon Chinois): un décor
hallucinant de vitrines dans lesquelles sont exposés des jouets,
des meubles anciens, une carte de rêve et une ambiance vraiment
non traditionnelle ! |
| > ECOUTER / VOIR |
| Aller à Lisbonne sans
écouter du Fado serait un crime
de lèse-majesté, n’en déplaise à notre
Jean-Paul
national qui s’est littéralement évanoui au son de ces
chants
mélancoliques. Les adresses sont toutes du côté
d’Alfama,
chacun vous donnera son avis sur la meilleure. Nous avons essayé
le
Clube de Fado, et il semble que les chanteurs qui s’y produisent dans
font
la tournée des endroits. Ceci dit, ces établissements
sont
ouverts de 21h00 à 02h00 du matin, ils proposent un dîner,
infect,
cher et à éviter. Allez donc sans réservation
uniquement
prendre un verre. Le rituel est toujours immuable. Pendant la
prestation
des chanteurs, la salle est dans l’obscurité, personne ne bouge
(à
part Jean-Paul) et les arrivants doivent attendre dans le vestibule. Il
faut
attendre le break pour pouvoir entrer et sortir dans l’endroit qui
redevient
un restaurant bar presque ordinaire... |
| Le Centre Culturel de
Belém accueille à longueur d’année des
spectacles (musique, danse...) de qualité internationale. |
| On peut acheter des billets de
spectacles à tarif réduit au kiosque près du
métro Restauradores. |
| > LIRE |
| TV5 cités du
monde: Lisbonne |
GUIDES
Lonely Planet, destination Lisbonne: en
français, le livre et le résumé sur internet. Time Out
vend aussi un bon guide de la ville (en anglais) mais le site internet
comporte des adresses et des évènements mis à jour
chaque mois. C'est donc un incontournable. |
| Turismo de Lisboa,
l'office du tourisme avec des infos en français. |
A class of Port, Edward
Peacock, Wallpaper, juin 2004, un reportage avec guide
pratique
qui partage de nombreuses adresses branchées avec Baron &
Baron.
|
Lisbonne en ses palais,
Antoine de
Tournemire (texte) Eric Sander (photos), Grands Reportages
n.271, aout
2004, dans les fastes des demeures de Lapa et de Sintra, certains
devenus hotels, d'autres musées.
|
CARNETS
DE VOYAGES
La revue des ressources [Lisbonne],
une selection de carnets de route dans la ville.
|
ART & ARCHITECTURE
Lisbonne, Guide de l'architecture
contemporaine, ed Konemann ellipsis, 1998 |
ILLUSTRATION / BD
Lisbonne, voyage imaginaire,
Raphaël Meltz (texte) et Nicolas de Crécy (illustrations),
ed.
Casterman 2002. Un récit de voyage fictif et hyper réel,
bourré
de références bibliographiques dialogue avec les dessins
magnifiques,
parfois fantastiques de Nicolas de Crécy. Un album à
posséder.
Il y a aussi les pantalonnades lisboetes de Monsieur Jean dans le 2e
tome
de la série de Dupuy & Berberian, Les Nuits les plus
Blanches,
ed. les Humanoïdes Associés. |
LETTRES
Nombreux sont les écrivains qui furent
inspirés par Lisbonne. Evidement, l'indissociable Fernando
Pessoa
et entre autres, son Lisbonne, Collection 10/18
Odyssées. Et puis, un autre classique, Joseph Kessel, Les
Amants
du Tage, Ed. Presses Pocket, 78. |
INTERNET CULTUREL
Le site du Musée Gulbenkian
offre un panormama des collections. Celui de la Fondation Gulbenkian
permet de connaitre les activités de son musée d'art
contemporain. On peut également voyager sur celui du Museu de la Marinha. |
| > ACHETER |
| Nombreux centres commerciaux notamment
Tivoli (Avenida da Liberdade pour les grandes marques de prêt
à porter), Amoreiras (pour se fournir en porto et retrouver les
marques Zara, Mango 30 % moins chères qu’ailleurs). |
|
|
|
| La
plus occidentale des cités d’Europe a été – et
demeure – un port d’échanges et de métissages. Si, de la
Tour de Bélèm, qui dresse dans les eaux du Tage, on
attend plus les galions des explorateurs, l’appel du large et le
souvenir des grandes découvertes sont toujours vivaces. |

|
- belém
-
Lisbonne
cultive ardamment ce culte des grandes découvertes. Le quartier
de Bélem, à l’extrêmité occidentale de
la ville, là ou les eaux du Tage rejoignent les flots de
l’Atlantique, semble lui être tout dédié. Non
loin de la Tour de Belém, superbe monument
manuélin (1) construit au XVIe siècle et marquant
l’entrée de la cité aux vaisseaux qui y arrivaient, le
régime de Salazar a fait ériger, en 1960, un monumental
monument de style (de style quoi, au juste?), dédié aux
héros. Henri le navigateur, Vasco de Gama, Magellan et tous les
autres se bousculant sur ce qui évoque lourdement la proue d’un
navire. “Poussez pas derrière”, l’appellent les
lisboètes, cette immense chose dont le seul mérite est
d’y monter afin de ne plus la voir, d’admirer
le panorama et le planisphère dessiné à ses pieds,
avec
l’ensemble des maillons de ce qui fut l’empire portugais. Plus
léger
et plus propice à l’évocation du voyage est l’hydravion
qui,
bien que posé sur un piedestal, semble prendre son envol. De
l’autre
coté de l’Avenida de India qui longe le Tage, l’immense Musée
de la Marine. Dans les galeries sont rassemblées et
soigneusement exposées thématiquement et
chronologiquement des maquettes de navires des marines militaire,
marchande, de pêche, et de plaisance.
On trouvera, outre les différents objets liés à la
navigation,
les inévitables références coloniales telles que
le
salon japonais ou les barques du Kerala. Point d’orgue de la visite, la
salle
des galiotes, avec, outre les somptueuses galères d’apparat, des
yachts, des barques et des hydravions. Un autre musée lié
aux transports se trouve également dans le coin. Il s’agit du Musée
des Coches, dont les collections, même si les voyages
auxquelles
elles étaient destinées n’étaient pas très
lointains,
sont vraiment. Pas besoin d’être un amateur du genre pour
s’extasier
face à cet étalage de carrosseries aux fastueux
décors
baroques, objets d’apparat et instruments de mises en scènes
délirantes
d’un pouvoir en quête de gloire sans limites! |
|
| Mais
la plus grande gloire historique du quartier de Belém est sans
conteste le Monastère des Jéronimos, autre
chef-d’œuvre de l’architecture manuéline et témoignage de
la grandeur d’une nation très chrétienne.
L’église, immense (100m de long),
abrite les sépultures des grands hommes que sont le navigateur
Vasco
de Gama et le poète Luis de Camoes. Le cloître, avec ses
deux
galeries superposées, est non moins extraordinaire. On pourra
admirer,
dans les ouvertures, les colonnes et les superbes arcs finement
ciselés.
Aux antipodes de cette profusion pleine de promesses (serait-ce une
représentation
terrestre du paradis?), se dresse un mastaba gigantesque aux parois
découpées:
Le Centre Culturel de Belém a été
construit pour
l’expo de 1998 par l’architecte italien Vittorio Gregotti. On a
beaucoup
jasé sur ce projet, notamment sur son coup de construction
pharaonique
(évidement, pour un mastaba...). Gregotti est un maniaque du
détail,
il suffit d’admirer la finition des murs en pierre de taille et des
joints,
et sur 8000m2... Le centre regroupe un ensemble d’activités. On
peut
y assister à des spectacles et à des expos temporaires.
On
y trouve également le Musée du Design qui dresse un
panorama
du mobilier du XXe siècle. On y trouve des pièces
célèbres
comme le fauteuil Marilyn en forme de lèvres pulpeuses.
Au
sommet de l’escalier de l’entrée se dresse une fausse lampe
gigantesque
réalisée par Claes Oldenburg. |
|
- lapa
-
Quartier
chic. Les belles demeures et le célèbre hôtel du
même nom dominent le Tage. Sur une petite place, le Museu
Nacional de Arte Antigua. Ancien Palais des Marquis de Pombal, il a
été rénové
en 1994. L’intérieur est spacieux mais sombre, l’ambiance
feutrée,
les détails architecturaux aussi lourds que cette phrase. A
l’étage,
des arts décoratifs. De beaux meubles en bois, des paravents
japonais
narrant les aventures des Jésuites portugais après leur
débarquement
à Cipango, de l’art islamique. D’importantes collections de
peinture
portugaise des XVe-XVIe siècles. Austère et grave. Les
collections
de peinture européenne comportent quelques chefs-d’œuvre. Le
plus
célèbre est sans doute le fameux retable de
Jérôme
Bosch, la Tentation de Saint Antoine ayant sûrement servi
de
modèle aux hallucinations picturales de Dali et une vision de
l’enfer
où les pénitents arborent pour la plupart une tonsure ne
laissant
aucun doute sur leurs origines ecclésiastiques. Un univers de
créatures
fantastiques surgies de l’imaginaire médiéval. Grandiose.
En
face, le Saint Jérôme d’Albrecht Dürer, une
composition
qui a connu un grand succès au XVIe siècle, vu le grand
nombre
de peintures qui s’en sont inspirées. Hans Holbein l’Ancien,
dont
on a rarement l’occasion de voir des oeuvres ailleurs qu’à
Bâle,
est représenté par une Vierge à l’Enfant
à
l’étonnante symétrie circulaire. On retiendra aussi, une
minuscule Fuite en Barque de Giambattista Tiepolo, une des
dernières
oeuvres de l’artiste qui semble virer du rococo étincelant vers
des
humeurs et de rêveries romantiques. |
|
- chiado
-
Le
Chiado. Il reste peu de traces de l’incendie qui ravagea, en 1988, cet
élégant quartier adossé au Barrio Alto. Le projet
de rénovation entrepris par Alvaro Siza n’a pas cherché
à reconstruire ou plutôt reproduire à l’identique,
ni à faire table rase sur la mémoire. Siza respecte les
rythmes, les proportions et la densité du bâti. Mais ce
dernier est souvent traité de manière actuelle, y
compris dans les détails de finition de la façade. Le
résultat semble très convaincant. La promenade dans ce
quartier est très agréable, elle se trouve
ponctuée par des pauses dans de
belles boutiques d’art et de design, un thé au bar de
l’hôtel
Regency (photo ci-dessous), des achats à la Fnac et la visite du
Museu du Chiado. L’architecte Jean Michel Wilmotte,
qui
a décidément la cote pour aménager les
musées,
a réalisé le Museu du Chiado destiné à
l’art
moderne. Les espaces sont magnifiques, des passerelles aux toilettes.
En
revanche, on peut se poser des questions sur le contenu des collections
permanentes
du musée, si collections il y a. |

|
- bairro
alto -
Plus
haut, le Bairro Alto déroule ses escaliers raides pour capturer
dans
ses filets les noctambules et les gourmands. Le Meson del Gordo,
succulent
restaurant méditerranéen au décor chaleureux, La
Paparrucha,
et sa vue surprenante sur le centre-ville, entre autres, ont leur lot
de
fidèles. Le pavillon chinois, véritable
bric-à-brac
né du rêve fou d’un collectionneur tend ses fauteuils art
déco
aux passionnés de cocktails. Le Miradouro Sao Pedro de
Alcantara,
face au Solar do Vinho Porto, mecque du porto sans âge, offre une
vue globale sur la cité. L’ascétisme jésuite
démenti
par le délire visuel des chapelles chargées
d’albâtre,
de lapis lazuli et d’angelots roses et charnus de Sao Roque,
répond
à la simplicité bouleversante des ruines gothiques du
Carmo
(derrière l’ascenseur Santa Justa, petite merveille de
technologie
construite par Eiffel pour relier Baixa et Bairro Alto). Le romantique
Jardim
Botanico, un peu délabré mais si riche pour ceux qui
prennent
le temps de le traverser et d’y faire halte. Quelques places
(Praça
do Principe real, notamment) jalonnent le parcours: les hommes
âgés
s’y retrouvent pour des parties de belote virulentes. |

|
- baixa
-
Installée
dans une cuvette entre les collines de l’Alfama et du Barrio Alto, la
Baixa, littéralement la ville basse, est un quartier davantage
commerçant. Ses rues animées (Rua Augusta...) sont
conçues sur un plan quadrillé. Elles descendent toutes de
Rossio vers la Praça do Comercio (place du commerce), la
plus fameuse place de la capitale, largement ouverte sur une mer
infinie qui n’est pourtant que le Tage. Sur trois cotés de la
place, de palatiales façades néoclassiques. Sur le
quatrième, des marches descendent à l’eau. La place
est le point le plus bas de la Baixa, et donc de Lisbonne. De l’arc de
triomphe, des rues remontent vers la Place du Rossio. Dans une. Des
élèves de Gustave Eiffel ont construit l’elevator
de Santa Justa afin de
rallier ce dernier quartier. Ne pas manquer les salons de thé de
la Praça da Figueira : la Pastelaria Suiça et la
Confeitaria
Nacional. La rue de Portas de Sao Antao a fini par ressembler à
un
quelconque endroit touristique où les rabatteurs à
l’entrée
des restaurants et les inévitables ementas turisticas (menu pour
touristes) sont des fléaux en pleine propagation. Seul vestige
d’un
quartier qui fût populaire : la Casa de Alentejo, à la
fois
centre culturel et restaurant, offre aux regards son patio mauresque
incongru.
Ne pas manquer, pour finir, la gare du Rossio de style
néo
manuélin, qui a fière allure. |
- l’alfama
-
De la
Baixa, on peut partir à l’assaut de l’Alfama. Jadis quartier
résidentiel, il a perdu de son éclat au XIXème
siècle pour gagner en charme. Il y reste des ruelles
ombrées, des veuves vêtues de noir, des chats aussi
présents que leurs homologues romains.
Puis, pêle-mêle, la Sé, cathédrale
romane
de Lisbonne bâtie à l’emplacement d’une mosquée, sa
station de tram où on peut prendre l’eléctrico 28 qui
traverse
l’Alfama pour plonger ensuite vers la Baixa et aboutir au
cimetière
des plaisirs, où repose la diva Amalia Rodriguez, la star locale
du fado. Le Castelo Sao Jorge, ancienne forteresse maure,
réhabilitée
sous la dictature de Salazar, surplombe la ville. La vue y est
inoubliable
le soir quand le Tage, ocre et calme, mérite enfin son surnom de
mer de paille. En descendant Costa de Castelo, une halte au
Chapitô. Ancienne école de cirque transformée en
bar-restaurant où s’organisent régulièrement des
spectacles. A ne pas manquer, le porto blanc, mûri à
souhait. A pied, on peut contourner Sé et descendre vers la
“Casa de Bicos” aux briques taillées et affûtées
comme des diamants. Face au récent “Musée du Fado et de
la guitare
portugaise” que je ne conseillerai qu’aux amateurs
éclairés, des petits restaurants proposent pour 10 € des
repas classiques “espetada de lulas” (brochette de calamars
grillés), “bacalhau assado” (morue grillée)... La nuit,
faible éclairage et pavés disjoints pour vivre à
l’heure médiévale. |
- autour
de marques pombal -
Avenida
de Libertade remonte vers les quartiers bourgeois et la Praça
Marques Pombal avec le joli parc Eduardo VII. En allant sur la gauche,
on rejoint la Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva, un
musée dédié à cette illustre
pionnière de l’art abstrait décédée en 1992
et à son époux moins célèbre, le hongrois
Arpad Szenes. Les collections léguées par l’artiste ont
été installées dans une ancienne fabrique de soie.
La promenade peut
se prolonger vers le parc floral de Monsanto avec des étapes
intéressantes, l’Aqueduc de Aguas Livres, long de 19km, qui fut
construit au XVIe siècle, le jardin zoologique et le Palais
Marqueses de Fronteira, aux somptueux décors d’azulejos. Le
jardin du palais est célèbre
pour sa galerie de portraits royaux qui auraient été
sculptés par Pierre Mignard. En revenant sur Marques Pombal vers
Duque de Saldanha, on se dirige vers les arènes de la ville, Praça
de Touros, construites à la fin du XIXe siècle avec
un plan circulaire, des façades en briques rouges
chapeautées de dômes
bulbeux. Un peu plus bas se trouve la Fondation Calouste Gulbenkian
(voir
plus bas), en face de laquelle il ne faut pas rater la nouvelle mosquée
de Lisbonne construite en 1988 par Antonio Maria Braga et Joao Paulo
Conceicao. C’est, avec l’église de Alvaro Siza à Marco de
Canaveses,
un des chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse contemporaine. Ne pas
manquer le minaret en pyramide à degrés. |
- la
fondation calouste gulbenkian -
Monsieur
5%. C’est ainsi que l’on surnommait cet arménien stambouliote
(aurait-il une parenté avec un des Baron?) qui a fait sa fortune
dans le pétrole irakien. Contrairement aux deux George Bush, qui
partagent sa passion pour les hydrocarbures (mais qui ne se seraient
pas contentés de 5%), Gulbenkian avait un oeil averti pour les
belles choses. Il a amassé, à l’aide de sa fortune une
fabuleuse collection d’oeuvres d’art et a créé une
fondation qui, outre la gestion de son musée, subventionne des
projets culturels et assure des bourses d’étudiants dans le
monde entier. La Fondation Gulbenkian siège à Lisbonne
dans un vaste campus de verdure ou sont plantés des
bâtiments modernes dont le musée est la plus fameuse
attraction. Le cinquantenaire de l’institution fut
célébré en 2006 par une exposition
intitulée "The Collector and His Taste" retraçant le
parcours d’une collection élevée au rang d’œuvre d’art.
Cet "art" s’est développé chez Gulbenkian, au fil des
ans, les premières hésitations, les goûts
incertains… Puis, à un moment, il y a un passage de sa
correspondance qui est cité, ou il écrit a un ami anglais
(conservateur de musée), qu'accumuler les pièces ne
l'intéresse pas, d'ou le nombre relativement peu
élevé des objets – près de 6500 – et que seules
les pièces exceptionnelles l’attiraient. Les choix
s’insèrent aussi avec cohérence dans des aires
culturelles précises, relevant parfois des influences insolites,
comme des œuvres d'Art Ottoman intégrant la symbolique
chrétienne du poisson, de l'art chinois intégrant des
éléments Ottomans ou alors dans sa bibliothèque ce
livre hallucinant sur l'influence de l'art Arménien sur l'art
chinois!
Le
musée Gulbenkian comporte les sections suivantes: Egypte,
Mésopotamie, Grèce et Rome, Art Islamique, Art
Arménien, Asie, Sculpture, Peinture, Arts Décoratifs,
Arts du Livre et René Lalique. Une des peintures les plus
remarquables est un portrait ténébreux attribué
à Rembrandt et représentant Alexandre le Grand ou Pallas
Athéna. On y voit un jeune visage immaculé coiffé
d’un casque doré et baroque toiser le spectateur derrière
son bouclier. Une peinture de Edgar Degas est non moins
étonnante : Un homme (le peintre Henri Michel-Lévy) est
debout dans un coin, mains dans les poches et mine morose.
Derrière lui, deux peintures impressionnistes, à ses
pieds, une marionnette représentant une femme. On admirera aussi
un paysage maritime et tempétueux de J.M.W. Turner, un enfant
soufflant des bulles de savon de Manet et autres Rubens et Watteau. Le
campus de la fondation abrite un second musée, moins
célèbre que le précédent, et qui est
dédié à l’art moderne et contemporain. Les
collections permanentes comportent des oeuvres d’artistes portugais,
dont Vieira da Silva, et internationaux, comme une intéressante Renaissance Head de David Hockney
et un magnifique jardin abstrait de Arshile Gorky.
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- le
parc des nations -
Cadre
de l’Exposition Universelle (ou plutôt internationale) de 1998,
il a été reconverti en quartier ultra moderne avec un des
plus grands ‘shopping malls’ du pays. Le parc est ponctué par
deux tours, une à l’ouest, qui est une reconversion d’une
ancienne structure industrielle,
l’autre, à l’est, qui a été réalisée
par
l’agence américaine Skidmore Owings & Merril. Entre les
deux, une
noria des funiculaires déverse des cabines ovoïdes
désespérément vides (surtout hors saison)
au-dessus des jardins tropicaux. Si la plupart des pavillons ont
laissé place à des restaurants sans âme, le parc
conserve de très beaux restes. Le Pavillon portugais
(photo ci-dessus), signé Alvaro Siza est une merveilleuse
prouesse avec son immense tenture en béton suspendue avec des
cables métalliques. Nous avons été tellement
impressionnés par cette couverture que nous n'avions même
pas remarqué que les murs, couverts de céramique bleue
sont une gigantesque "toilette portugaise". Le théâtre
dédié à Camoes, est un jeu de volumes rouges et
bleus avec un jardin d’inspiration asiatique dans lequel le promeneur
avec des successions d’écrans d'eau
et de couleurs. La plus populaire des attractions du site est sans
doute l’Océanorium, dont on dit qu’il est le plus
spectaculaire, ou, au pire, le 2e océanorium le plus
spectaculaire du monde. Cette libellule métallique
déploie harmonieusement ses ailes-aquariums sur les eaux
troublées du Tage. Hippocampes feuillus, raies tigrées,
requins panthères, la jungle sous-marine est magnifiée
par les
écrins cristallins imaginés par un architecte
inspiré, l’américain Peter Chermayeff qui s’était
déjà illustré dans la conception de
l’Océanorium d’Osaka (supposé être le 1er
Océanorium le plus spectaculaire du monde). |
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Manuélin : le terme désigne un style architectural
dérivé du gothique à l’époque du roi Manuel
1er (1469-1521). Ancrée au centre du Portugal, l’architecture
manuéline possède un
vocabulaire décoratif d’un très grande richesse. |
| 2000-2007, Aline
Betschart, Kevork Baboyan et Gregory Buchakjian avec la
complicité de Nathalie Harb (texte), Patrick Kassardjian
(photos) pour Baron & Baron. >> CONTACTEZ
NOUS |
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