| > LES GENS |
Le touriste américain
ou..."Pauvre Mexique, si loin de Dieu, si près des
Etats
Unis" (Porfirio Diaz) |
| Dans la péninsule du Yucatan,
les touristes sont quasiment
tous américains et ça se voit. On est loin de Boston, de
John
Kennedy, de Woody Allen et très près de Burger King et de
"La
croisière s'amuse" (Love boat). Sur les sites, l'arrivée
de
dizaines de cars de Cancùn rend la visite insupportable.
Défilé
de baskets blanches, de tee shirts à gros logos, de casquettes
énormes et de shorts pour arborer fièrement leurs
mollets, appâts de
poids pour tous les moustiques du Yucatan. Si les touristes
américains ne faisaient que passer, comme tous les touristes du
monde. Mais non, ils ont voulu recréer dans le Sud du Mexique un
petit coin de Floride ou
de Californie. TGI s Friday, Wendy's, Pizza Hut et Hard Rock
Café... et les Mexicains qui gardent leur éternel sourire
et qui s’efforcent de leur ressembler alors que personne n’aurait envie
de les copier ailleurs. Heureusement, au delà de Chichen Itza,
le pays redevient paisible. |
Les Mayas
Sans vouloir jouer les profs d histoire, on a envie de vous
parler
des Mayas. Cette civilisation brillante (bâtisseurs, astronomes,
médecins, mathématiciens) a régné sur toute
l'Amérique Centrale
du 2eme au 10eme siècle après JC. Leur écriture a
été
déchiffrée tardivement et certains textes restent encore
mystérieux.
Le plus fascinant, c'est que toutes les grandes cités mayas
pourtant
indépendantes ont été abandonnées en
même
temps autour de 900 après JC. La civilisation était
éteinte
depuis longtemps quand les Espagnols ont débarqué. On
s’est
rendu compte récemment qu ils pratiquaient des sacrifices
humains
alors qu’on les croyait pacifiques. Leur grand divertissement, le jeu
de
pelote se terminait par le sacrifice du capitaine d'une des
équipes.
A Chichen Itza, les parois des gradins sont décorées de
scènes
de décapitations avec giclées de sang. La plupart des
indiens
d Amérique Centrale descendent des Mayas, parlent des langues
mayas
et ont gardé des pratiques religieuses de cette époque. |
| > BOIRE / MANGER |
| Au Mexique, aucun problème pour
étancher sa soif
et combler ses petits creux. Des cocktails de rêve (tequila
sunrise,
margarita et pina colada), des licuados (mélange de fruits et de
lait
ou d’eau), et une variété impressionnante de
bières
pour contenter les plus assoiffés. Dans le Sud la cuisine
est
placée sous le signe du maïs ascendant poulet. Le maïs
se
décline en boisson, en miel, en soupe, en tortilla, en semoule.
On
le mange frit, bouilli, en salade et on ne serait pas
étonné
de le retrouver en dessert. Le poulet et l’avocat l’accompagnent
presque
toujours. Vous connaissez tous la guacamole, mais qui a
déjà
goûté le sublime pollo pibil cuit dans du jus d orange et
des
feuilles de banane? |
| Pour un petit déjeuner bien
reconstituant, on vous signale
les huevos rancheros: oeufs avec piment, fromage et une purée de
haricots
noirs. On a été surpris par les habitudes
cullinaires
des Mexicains. Le matin, pour eux, rien de plus naturel que de
commencer
la journée avec des tacos et des frijoles (haricots noirs) ou
avec
une escalope milanaise et des frites. Le midi, repas sur le pouce dans
des
kiosques et le soir, café au lait et petits gâteaux. Pour
nous,
le monde à l’envers. D'après le dicton mexicain, pour
garder
la santé, "le matin mange comme un roi, le midi comme un prince
et
le soir comme un mendiant". Sur les plages et dans les stations
balnéaires,
on déguste du ceviche (poisson cru mariné dans du citron
avec de la coriandre fraîche): un régal. |
| Notre coup de cœur: les boulangeries
dans lesquelles on déambule
armes d'un plateau et d'une pince pour choisir des petits gâteaux
tous appétissants. On peut aussi admirer des pièces
montées, chefs d’oeuvre en dentelle de sucre composées
pour les quinceañeras (les jeunes filles de 15 ans dont
l'anniversaire est fête comme un mariage).
On doit quand même avouer qu il est difficile de sortir du
tiercé
tortilla/frijoles/poulet sans se ruiner. Un peu de lassitude au bout de
quelques
semaines de ce régime... Pour vous mettre en appétit, un
dernier
plat subtil, les chapulines (sauterelles grillées). |
| > ECOUTER / VOIR |
La télévision
La télévision est un objet de
vénération
au Mexique. Dans les restaurants, les terminaux de bus, la moindre
épicerie, il y a toujours un poste allumé. Et que
diffusent en permanence les
télés mexicaines? Des telenovelas (soap operas a la sauce
latino)
Chacune est adaptée à un public différent bien que
l'histoire
semble être toujours la même: amours difficiles, disputes,
adultères,
enfants non desirés, toujours dans des maisons de rêve ou
des
haciendas. Les fans peuvent aussi retrouver leurs personnages favoris
dans
des magazines, des clips (certains acteurs étant aussi
chanteurs).
Le phénomène actuel c’est "Betty la fea", Betty la moche,
dans
lequel des scénaristes bourrés d'imagination essaient de
nous
faire croire qu une top model avec des lunettes est censée
être
très laide. Autre point remarquable, à la
télé
mexicaine, la majorité des présentatrices sont
blondes
et pas un indien en vue, alors que la population est très
métissée. |
| Les journaux
télévisés ressemblent plus à
des accumulations de faits divers: accidents (surtout pendant la
Semaine
Sainte), fusillades, arrestations musclées... L'actualité
internationale
est traitée en 2 temps 3 mouvements: vaches folles en Europe et
problèmes
au Moyen-Orient simplifiés à l extrême. On cite un
journaliste : "affrontements entre Israéliens, Palestiniens et
autres encore" (otros
mas). Philippe était ravi d'apprendre que le Liban n'avait pas
besoin
d'être cité. Heureusement, le Mexique est un pays
passionnant
et il y a toujours mieux à faire que de regarder la
télé. |
Musique et danse
Dans le Yucatan (au Sud) et plus particulièrement
à
Mérida, on vit dans une ambiance musicale permanente. Concerts
en
plein air, fête de la musique tous les dimanches et bals
populaires.
On passe d’un orchestre à l'autre tout au long de la
journée
au rythme des salsas et des voix mélodieuses des mariachis.
Difficile
pour nous de nous mêler aux danseurs sans avoir de complexes, ce
sont
tous des pros. Le plus impressionnant: les groupes de danse du nord du
pays,
un mélange de french cancan, de claquettes et de quadrilles.
Elément
essentiel de la fête au Mexique: les mariachis. Et ce n'est pas
seulement
pour les touristes. A la fois chanteurs et musiciens, ils rivalisent
d’élégance avec leurs sombreros et leurs tenues
moulantes. A Mexico, une place leur est
même consacrée. Sur Garibaldi, on peut passer dans la
soirée
choisir son groupe de mariachis et les inviter à domicile pour
une
sérénade. En cours de semaine, certains arrêtent
les
voitures au feu rouge pour proposer leurs services. |
|
ITINERAIRE
1.
La
cote Caraïbe: Playa del Carmen, Cozumel, Tulum
2.
La
région de Mérida: Chichen Itza, Mérida, Route Puuc
avec
Uxmal, Celestun, Izamal et Campeche
3.
Le
Chiapas: Palenque, Agua Azules, San Cristobal de las Casas, Comitan et
les
lagunes de Montebello
4.
La
Cote Pacifique: Puerto Angel, Acapulco et Zihuatanejo
5.
Les
villes coloniales du Sud de Mexico: Taxco, Cuernavaca, Puebla, Oaxaca
6.
Mexico
et les environs
-
1 La cote Caraïbe: Playa del Carmen, Cozumel, Tulum -
Difficile
d’y croire: des kilomètres de plages de sable blanc ou on peut
facilement
s’isoler et jouer les Robinson Crusoë. Notamment à Tulum,
à
deux pas d’un site maya en bord de falaise. Sur l'île de
Cozumel, plongée haute en couleurs, hippocampes, coraux,
murènes, mérous...
Un site découvert par Cousteau. Flot de touristes cependant
à
Playa del Carmen, cet ancien village paisible n'est pas le coin le plus
authentique
du Mexique.
- 2
La région de Mérida (Chichen Itza, Mérida, Route
Puuc avec Uxmal, Celestun, Izamal et Campeche -
On a
adoré Mérida avec son ambiance de fête et Uxmal, un
site maya au style
particulier et un peu à l'écart des grandes vagues
touristiques.
A Celestun, réserve de flamants roses et mangroves, on a
partagé
du poisson grillé sur la plage avec des suisses, des
américains
et un psychanalyste autrichien (!). Celestun est un petit village de
pêcheurs
peu connu ou on a envie de s’attarder.
- 3
Le Chiapas:
Palenque, Aguas Azules, San Cristobal de las Casas, Comitan et les
lagunes
de Montebello -
Région
attachante et authentique avec l'omniprésence du sous
commandant
Marcos. En photos, en cartes postales, en portraits peints, en
poupée,
le héros local cagoule n'est pas seulement dans les esprits.
Personnage controversé au Nord, ou on lui reproche son
opportunisme puisqu’il a choisi la cause indienne alors qu'il n'est pas
indien. Au moment de notre passage, il venait de terminer sa marche sur
Mexico, et le statut des indigènes était rediscuté.
San
Cristobal
de las Casas est sans aucun doute notre ville
préférée avec ses ruelles étroites, ses
maisons coloniales et ses petits restos.
Deux adresses coup de coeur pas encore dans le Routard, Il Punto et la
Trattoria
tenus par des Italiens. On a passé Pâques à San
Juan
de Chamula, un village totzile ou on a assisté à une
procession
étonnante. Extrait de notre carnet de bord pour vous mettre dans
l'ambiance:
"La foule est dense, des milliers d'indigènes sont venus se
rassembler
sur la place. Tous portent des tenues ou domine le bleu. Les femmes ont
des
jupes de grosse laine noire angora et les hommes des gilets en peau de
mouton
et des chapeaux de paille. Très peu de touristes, par contre.
L'hostilité
affichée des locaux les a fait fuire. En tête de la
procession,
des musiciens vêtus de peau de mouton blanche jouent de la
guitare,
des maracas, de la harpe, du tambour ou de l'accordéon. Ensuite,
des
hommes en peau de mouton noir brandissent des étendards
flamboyants
à l'effigie de saints. Chaque porteur est suivi de très
près
par un homme qui l'éponge à intervalles réguliers
avec
un petit mouchoir richement brodé. Suivent les saints richement
vêtus et la vierge portée à l'épaule par des
femmes. Les quêteurs
ferment la marche. Les saints portent des miroirs autour du cou; celui
qui
se confesse voit ainsi la relique lui répondre par sa propre
bouche.
Tout se déroule au son des pétards et des fusées
qui,
ici comme au Guatemala, accompagnent tous les moments de liesse.
Très
vite, un épais rideau d'encens vient couvrir la scène.
Sous
le kiosque de la place centrale, les dignitaires, reconnaissables
à
leurs chapeaux pointus garnis de rubans et à leurs tenues rouges
et
noires, restent impassibles. Tout comme les femmes assises au centre en
noir
avec des rubans multicolores autour du cou. Les porteurs
d'étendards
se postent devant l'église et frappent le sol avant d'entamer
plusieurs
fois le tour de la place. Les indiens que nous sollicitons refusent de
répondre
à nos questions et de nous livrer la clé de chaque
tableau.
Un touriste européen un peu téméraire qui tentait
quelques
photos, aura vite la preuve de leur détermination. Une foule
armée
de battons se précipite sur lui et l'oblige à remettre sa
pellicule, détruite devant lui".
Vision
d'horreur à Aguas Azules le vendredi saint. Des cascades, qui au
lieu d'être bleues
azur étaient noires de monde. 30 000 personnes sur un petit
périmètre
faisant la vaisselle dans le fleuve, c'était la pelouse de
Reuilly
pour un concert de Johnny. Détour par les lagunes de Montebello,
des
petits lacs colorés à la frontière du Guatemala
dans
une forêt de pins. Dans une grotte, on a surpris un groupe
d'indigènes
célébrant une messe à la lumière de bougies
pour
réclamer de l'eau.
- 4
La Cote Pacifique: Puerto Angel, Acapulco et Zihuatanejo -
Beaucoup
plus tourmentée que la cote Caraïbe, cette région
est
le paradis des surfers et des nudistes tendance gay (à Puerto
Angel).
Passage à la plage de Zipolite: ambiance cabanes, hamacs et
musique
reggae. Plus au Nord à Zihuatanejo, nous sommes allés au
mariage
d'Irma et Anders. Dans la petite église du village, la messe a
été célébrée en anglais et en
espagnol, tandis que les chants
étaient assures par des mariachis. Autre particularité
locale,
les époux ont été entourés de couronnes de
fleurs
par les témoins et se sont échangé des
fèves en
or, gage de prospérité. A la sortie, distribution de
clochettes aux femmes chargées de les faire tinter au passage
des mariés. Le soir, fête et repas dans un grand
hôtel au bord du Pacifique. Musique mexicaine, feu d artifice et
chants suédois repris en chœur par tous les invités (on
détaille le mariage parce qu'on sait
que certains parmi vous sont concernés). La tradition
suédoise exige que l'on boive cul sec après chaque
chanson. Après quelques
verres, on chantait tous couramment en suédois
- 5
Les villes coloniales du Sud de Mexico: Taxco, Cuernavaca, Puebla,
Oaxaca -
Taxco
et
ses 300 boutiques d'argent qui ont profondément
écœuré
Philippe. Cuernavaca, lieu de villégiature des habitants de
Mexico
ne nous a pas laissé de souvenirs marquants. On a bien
aimé
Puebla pourtant tant décriée par des touristes que nous
avions
rencontrés. Ville très européenne mais au riche
passé
colonial, c'est la capitale de la gastronomie mexicaine et surtout du
mole
poblano (poulet ou dinde dans une sauce au chocolat et aux
épices). Oaxaca: une bonne partie de la ville est
piétonne et on y a vu un des
plus beaux musées du Mexique. Didactique et riche, le centre
culturel
Santo Domingo se dresse au milieu d un jardin de cactus.
- 6
Mexico et les environs -
En 12
jours
dans la capitale, on a à peine entrevu l'immensité de la
ville la plus grande du monde. On a profite au maximum de la vie
culturelle: superbe
expo Botero dans un ancien collège, ballet folklorique au Palais
Bellas
Artes (un opéra art déco), Musée
d’Anthropologie...
La liste est encore longue. Dans le Sud, à Coyoacan,
petit
village inséré dans la ville, on a découvert la
maison
de Frida Kahlo et de Diego Rivera (couple d'artistes des années
40
à la vie tumultueuse). Pour les amateurs, un film
retraçant leurs vies est en tournage avec Salma Hayek dans le
rôle de Frida. A
quelques pas de la, la maison ou Trotski a passé ses
dernières années avant d'être assassiné.
Discussion avec des spartakistes
américains et des communistes mexicains qui vendaient des
brochures.
Irma et Anders nous ont fait découvrir d'autres aspects de la
ville:
grands restos populaires avec spectacle de mariachis, jardins flottants
de Xochimilco ou les habitants de la ville vont chercher un
peu de fraîcheur. Les familles pique-niquent sur les bateaux et
arrêtent
de temps en temps des mariachis (sur leur bateau eux aussi) qui
poussent
la chansonnette pour quelques pesos. Dans le centre historique, tout
est
démesure et déstructure: les églises sont aussi
penchées
que la Tour de Pise et les drapeaux hissés chaque jour par un
bataillon
de militaires sont gigantesques. Teotihuacan, enfin: 2
pyramides de
70 m de haut à l’allure de bases spatiales.
Le
Mexique est le pays le plus complet que nous ayons traversé
depuis le début de notre
voyage. En 6 semaines, nous avons pu alterner culture et nature dans un
environnement
cependant moins "sauvage". |
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