| > AVANT PROPOS |
| Ce récit relate l'aventure d'un
groupe d'étudiants - et de leurs enseignants - qui ont eu la
chance de présenter un spectacle dans le cadre des temples de
Baalbeck. Cette expérience humaine n'était pas celle des
touristes ou des festivaliers qui se rendent sur le site, mais celle
d'un rapport beaucoup plus intime - et
intense - avec les lieux. Pendant 4 jours, du 16 au 19 juin 2004, nous
avons
été de l'autre côté du mirroir. |
| Depuis 1987, l’Académie
Libanaise des Beaux-Arts (ALBA) clôture sa deuxième
année aux Arts Décoratifs (architecture
d'intérieur et publicité) par un spectacle qui fait
partie du cursus. Ce projet, initié par Jacqueline Dardaud
Achkar - Jackie - comporte 4 médias présentés en
alternance: Théâtre d’ombres, Grands masques, Marottes et
Marionnettes à fils. |
| 2004, 18e spectacle, Grands Masques.
L'opéra choisi est Les Troyens d'Hector Berlioz. Fait
exceptionnel, le comité du Festival International de Baalbeck a
mis à la disposition de l'ALBA le temple de Bacchus. Le projet
aura donc une ampleur inédite. Il faudra mettre la barre
très haut, ce samedi 19 juin. Ce soir là, pour la
première fois, Jackie ne sera pas présente, mais
comme le dira Joumana dans son discours, "elle est assise au premier
rang
dans nos coeurs, à la place d'honneur qui lui revient". Tout
comme
le spectacle, cette page lui est dédiée. |
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- la
grande vadrouille (1)
[mercredi 16 juin 2004] -
09h00, parking de l'ALBA, l'effervessence du grand départ.
Une dizaine de véhicules sont mobilisés pour transporter
l'équipe, les masques et le décor. Le héros du
jour,
c'est le cheval de Troie. Après avoir gardé
l'entrée
de l'académie et tenu compagnie à Madame Zeina, il va
faire
le voyage à bord d'un camion benne. Couvert d'affiches, le
cheval
annoncera l'évènement sur la route entre Beyrouth et
Baalbeck,
comme au temps des agit-prop de la révolution soviétique.
12h00, Baalbeck. Tout le monde s'affaire dans la cour du temple de
Bacchus pour décharger le matériel. Tandis que les
opérations sont supervisées par Javet (2), M. Haddad (3) installe ses quartiers sous l'abricotier
qui fait face au temple. C'est à l'ombre de cet arbre que
siègera, quattre jours durant, la direction de l'ALBA
et que se dérouleront toutes les démarches
administratives nécessaires au bon déroulement des
opérations.
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| le
cheval de Troie et ses porteurs |
- habiter,
dormir -
Loger 70 personnes n'est pas une mince affaire. L'Alba a du faire
main basse sur le parc hôtelier de Baalbeck. Le
célèbre Palmyra et son annexe ont été
réquisitionnés. Les étudiants sont logés au
Palmyra, dans les chambres au charme désuet, "je suis sure qu'il
y a des fantômes" (Pascale), un peu déglinguées,
devant faire la queue à 4h du matin
pour profiter des rares douches en service! Les enseignants ont droit
aux
fastes de la nouvelle aile de l'hôtel alliant le charme et le
confort
moderne ce qui ne manqua pas d'attiser la jalousie de certains: "tout
est
en or" (Maria G), "leurs salles de bains sont comme celles de chez
Hariri"
(4)! Un troisième
groupe
devait échouer à la pension Jammal dont les chambres ne
vaudraient pas plus que les 12 dollars facturés pour la
nuitée. Le Palmyra allait être, pendant 4 jours et 4
nuits, la base arrière et
le centre nevralgique de la logistique, avec son jardin ombragé
et
sa superbe terrasse suspendue en face des ruines. Carlo y a
installé son hamac et les filles ont profité des (rares)
heures de sieste
pour parfaire leur bronzage.
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sieste à l'ombre pour
les masques des femmes troyennes
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- manger,
boire -
Les deux premiers jours, nous aurons eu droit à des
déjeuners pantagruéligues, le premier dans les jardins du
Palmyra, le second dans un restaurant curieusement nommé Ananas,
à Ras el Ain. Ces agapes - fort agréables - grignotaient
sur notre temps de travail et il a fallu se résoudre à
prendre les autres repas sur le site. Le permier soir, notre
dîner fut livré par l'hôtel qui nous envoya des
sandwiches de pain racis dignes des géoles irakiennes (5). Ce fut la panique
totale
et, dès le lendemain, Abdelnour (6) fut chargé de la division F&B
(7), explorant sans
relache les possiblités cullinaires de la cité. Comme l'a
bien dit Joe lors du dîner de gala après le spectacle,
"sans Abdelnour, nous serions morts de faim". L'organisation
était tellement bien huilée qu'elle avait même
prévu la livraison de gateaux d'anniversaire (celui de Majid, en
l'occurence).
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[arrière] scène du défilé:
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en glissant de gauche à droite, le carré rouge
fait apparaitre le peuple de Carthage
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- s'installer,
op. 1: lieux, scènes -
Jouer à Baalbeck, c'est faire avec les lieux. Depuis un
demi-siècle, le Festival de Baalbeck utilise ce décor
grandiose pour offrir à son public des spectacles
mémorables. Nous sommes les premiers
à nous produire ici hors festival, mais nous
bénéficions néanmoins du parrainage de ce dernier
grâce à Mme May Arida, présidente du comité.
Le festival exploite quatre emplacements pour ses spectacles: Les
marches du temple de Jupiter, pour les grandes productions, l'espace
entre les temples de Jupiter et de Bacchus, rarement utilisé,
l'intérieur du temple de Bacchus, pour la musique de chambre et
le jazz, et les marches de ce dernier. Nous avions exclu
l'intérieur de Bacchus, l'architecture y étant trop
présente, voire pesante, ainsi que l'espace entre les deux
temples dont l'intérêt aurait été
d'exploiter les gigantesques blocs de pierre du soubassement du temple
de Jupiter, mais ça posait des problèmes de
sécurité. Restaient les marches des
deux temples, et là, les avis étaient divisés. M.
Haddad et Joe préféraient celles de Bacchus, tandis que
Aurore,
Catherine, Zeina, Pierre et Greg plaidaient pour la
linéarité grandiose de celles de Jupiter. C'est
finalement le comité du festival qui a tranché en nous
octroyant Bacchus.
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Les marches de Bacchus n'ont pas été
exploitées depuis la renaissance du Festival de Baalbeck en
1997. Elles verront donc leur premier spectacle depuis la fin des
années 1960. A cette époque, on y a donné des
opéras et surtout de la danse, avec la prestation de Rudolph
Nureev alors au sommet de sa gloire. Une décision cruciale de
notre part à été de ne pas installer de
scène, comme l'avaient fait tous nos illustres
précesseurs. Les masques des Troyens circuleraient sur les
marches et sur les trois paliers. Ce
parti était important, car il fallait exploiter au maximum la
façade comme espace scénique dans sa hauteur et sa
profondeur. Ce choix
posait un problème de taille: Comment circuler?
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| l'Enée
de Chadi entrera-t-il un jour au musée? |
- s'installer,
op. 2: bouger avec les masques -
Le projet ici présenté est, nous le rappelons, un
spectacle de grands masques. Dans "grands masques" il y a "grands" et
il y a "masques". Commençons par "masques". Pas évident
de voir lorsqu'on porte un masque. Pas évident, surtout lorsque
la scène n'est pas plate, comme dans un théâtre
"normal", mais en escaliers. Et quels escaliers! Il n'y a que des
marches elimés et des structures detruites, avec des gouffres.
Pendant qu'il assistait au spectacle, M. Frédéric
Husseini (8) priait pour
que les étudiants soient couverts par une bonne assurance! Que
de fois, lors des répétitions, un personnage s'est
retrouvé bloqué face à un trou, avec une troupe
coincée derrière lui! Il aura fallu faire des ouvertures,
transformer certains masques et surtout se familiariser avec le terrain.
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| Dans
"grands masques" il y a aussi "grands". Nous (9), profs en charge du projet, n'avions
cessé de rabacher les oreilles de nos étudiants
qu'à Baalbeck, nous serions face aux plus grandes colonnes du
monde antique et qu'il fallait faire en conséquence! Nous avons
été servis. Certains masques étaient si grands (et
lourds) qu'il fallait plusieurs personnes pour les porter! L'histoire
la plus incroyable a été celle de Didon (10): L'auteur du masque, Sandra, avait fait
des essais qui étaient très beaux mais trop petits. Et
puis, un matin à l'atelier, nous avons découvert une
espèce de baleine echouée gisant au sol, avec, dessus, un
mot disant que c'était le masque de Didon, mais qu'il serait
beaucoup plus allongé en étant porté. Elle
dépassait allègrement les trois mètres de haut,
cette Didon colossale qui fut heureusement remplacée une autre,
plus "humaine" et vraiment glorieuse... L'autre pair de manche,
c'était de la porter. Sandra était trop petite et,
lorsqu'elle était sur une hauteur, Didon
disparaissait du regard. Après moult essais infructueux avec des
porteurs plus grands, Raphaella a eu l'idée géniale de
profiter
de Chadi et de sa démarche de danseur. Chadi, qui avait
réalisé le masque d'Enée allait devenir sont
propre partenaire amoureux! (11)
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dans les coulisses, le chaos!
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- s'installer,
op.3, travailler, réparer -
Les coulisses, lieux indispensable à tout spectacle, devaient
être inventées. Les opérations étaient
conduites par de Dina, metteur en scène. Le lieu? La partie des
marches cachée par la tour arabe (à gauche lorsqu'on est
en face du temple). Le
seul endroit possible, il offrait toutes les qualités de confort
auxquelles on aurait pu rêver: Il est en dénivelé
(génial, pour circuler), il est en plein air, donc exposé
au soleil qui fait gondoler le carton et le bois, et au vent qui, tous
les soirs, se déchainait, emportant masques et décors
dans une chevauchée wagnérienne, au grand dam de Dina.
Plus les touristes, les militaires en faction devant le musée
adjacent et les hirondelles, qui, en soirée (en
même temps que le vent), étaient totalement
hystériques
et balançaient quelques fiantes. Inutile de décrire le
chaos
qui regnait lors des répétitions.
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Il nous fallait un endroit abrité pour pouvoir
entreposer le matériel et pratiquer les réparations. La
Direction Générale des Antiquités avait mis
à notre disposition une immense
galerie (à peu près 100m de long) couverte d'une voute en
berceau située sous les propylées du temple de Jupiter.
Cette
galerie relie l'espace entre les deux temples et le côté
de
la rue, ou elle est occupée par l'entrée du nouveau
musée
(à ne pas confondre avec celui cité plus haut),
conçu
par la mission allemande. Il fallait, plusieurs fois par jour,
transporter
masques, décors et cheval de Troie entre cet atelier et la
scènes.
Cette galerie a été et restera sans doute l'atelier de
travail
le plus fabuleux auquel ont eu droit les étudiants de l'ALBA.
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scène des Femmes Troyennes: trois touristes du Golfe
et deux Maria
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- cohabiter
-
Baalbeck est LE site le plus célèbre du Liban. A chaque
allée et venue sur les lieux, nous devions être assaillis
par les marchands de verroterie. Nous devions aussi payer, dans les
boutiques bordant les temples, nos bouteilles d'eau minérale
trois fois plus cher qu'en ville. Mais tout celà n'est rien
à côté des visiteurs qui n'arrêtaient pas de
déferler. C'était une bien étrange cohabitation,
ou chacun dérangeait un peu (mais pas méchament) l'autre.
Notre scène n'étant autre que les marches de Bacchus, nos
répétitions étaient constamment
perturbées par les passages de touristes. Si ces derniers
étaient
ravis (on se sent toujours privilégié quand on visite un
lieu
et qu'il s'y passe quelque chose) et ne manquaient pas de faire des
commentaires,
de nous donner des conseils et de prendre des photos (du cheval de
Troie
pour les uns, des jolies étudiantes pour les autres), notre
présence
était moins au gout des guides, qui, non seulement devaient
prendre
du retard ou dévier leur chemin, mais surtout étaient
éxaspérés
par les envolées de Berlioz qui les empêchaient de donner
leurs
explications.
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Samedi midi, dernier filage. Début de la scène
de l'Orage dans laquelle des cours d'eau matérialisés par
des gaines de climatisation extensibles déferlent sur
scène.
La musique allait en crescendo, annonçant l'imminense de quelque
danger mais elle ne semblait pas être entendue par un groupe qui
descendait calmement les marches et ne comprenait pas les injonctions
de
Joumana qui les pressait d'accélerer le pas et dévacuer
les
lieux. Tout d'un coup, ce fut l'enfer. Les rivières en alu se
déployaient à une vitesse grand V et s'agitaient dans
tous les sens, et nos
malheureux touristes se retrouvaient pris au piège de la mise en
scène. On se serait cru, toutes proportions gardées, dans
la scène du film The Day After Tomorrow, ou la grande
vague
déferle sur les rues de New York, avec Joumana comme
superhéros
pour aller délivrer les victimes!
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scène de l'Orage:
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les gaines se sont cassées à chaque
répetition et, bien sur, pendant le spectacle!
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- le
temple du soleil (12)
-
A l'époque romaine, Baalbeck s'appelait Heliopolis, la
cité du soleil. Les deux grands temples qui s'y trouvent sont
orientés vers le levant, et durant une bonne partie de la
journée, sont innondés de lumière. Inutile de dire
à quel point il est difficile de travailler de jour, dans un
endroit pareil. On comprend aussi l'importance de l'abricotier de M.
Haddad cité plus haut. Pierre a bien décrit la situation.
"Lors de notre filage aujourd'hui, il faisait 40 degrés à
l'ombre. Nous (les profs) étions à l'ombre". C'est
là qu'intervenait quotidiennement Greg alias Baron, auteur
de ces lignes. Habitué à gérer des groupes dans
des situations extrêmes, je devais m'assurer que tout le monde
s'était endui de crème solaire et avait un couvre chef
sur la tête. Ceux qui n'avaient ni casquette ni chapeau, on leur
a fait mettre des turbans. Sans oublier le panadol et la trousse de
secours pour les blessures et
autres bobos. Vendredi soir, la croix rouge a du intervenir et
évacuer
Angela en ambulance. Plus de peur que de mal [et ça n'avait rien
à voir avec le soleil]. Cette veille du spectacle, nous avons eu
la nuit de travail la plus longue. A l'aube, vers 5h, les
premières
lueurs du soleil pointaient derrière les crêtes de
l'Anti-Liban,
face au temple et à notre scène. C'était un moment
magique, inoubliable. Nous avions passé le nuit seuls avec les
dieux!
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le cheval de Troie en attente dans le temple de Bacchus
|
-
"place au spectacle, et que la musique soit!" -
Samedi après midi. Les premiers bus affrétés par
l'Alba commencent à déverser leurs flots de spectateurs
qui déambulent entre le lobby du Palmyra et les temples. Ce
sentiment de stress qui commence à se propager entre nous porte
un nom: Le trac. Nous avons eu trois soirées seulement pour
prendre possession des lieux. Mercredi, c'était
pathétique. Nous n'avions même pas la 1ere scène.
Le lendemain, la machine était en marche et près de la
moitié du spectacle avait pris forme. Vendredi soir, ajustement
des éclairages et mise au point des scènes restantes,
jusqu'au matin, sans filage. La seule répetition
générale a eu lieu le jour même, samedi 19, en
journée, sans éclairage, laissant Catherine dans les
angoisses les plus ténébreuses! A 20h00, plus de mille
personnes s'étaient pressées face au temple de Bacchus.
Nous avions prévu la moitié. Le public a eu droit, en
guise de comité d'accueil, aux étudiants en 1ere
année - déjà ici pour prêter main forte -
accoutrés de leurs parures de scène délirantes.
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20h30. Après un léger retard, 53
étudiants, tous de noir vétus, montent les marches et
s'alignent pour chanter, a capella, l'hymne national. S'en suivit le
discours de Joumana qui s'achevait avec les mots de Jackie: "place au
spectacle, que la musique soit!". Une heure plus tard, après les
salves d'applaudissements, tout était terminé. Tandis que
le public se dispersait, nous étions là, avec les masques
laissés sur les marches, avec nos images, nos émotions et
nos souvenirs. Nous étions des privilégiés. Nous
avions eu la chance de produire quelque chose dans un endroit
fantastique. Nous avions vécu avec ces ruines et avec cet
opéra de Berlioz que nous détestions tous (excepté
Joe, musicologue oblige!) au début, mais que tout le monde
adorait à présent. Opéra que nous avions fait
partager avec les habitants de la ville qui ont subi nos
répétitions tonitruantes jusqu'au bout de la nuit.
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Un soir, en pleine répétition, il y eut une
coupure du courant électrique. Après quelques instants de
silence, les chants reprirent. Il n'émanaient plus des hauts
parleurs, toujours muets, mais vibraient dans la nuit depuis les
tréfonds du temple de Bacchus. C'était Mamdouh,
étudiant et chanteur lyrique, qui avait pris le relais du
lecteur CD. Il chantait l'opéra qu'il connaissait par coeur, et
la répetition avait repris au son de sa voix. La magie de
Baalbeck. Comme l'a dit M. Haddad, "les dieux étaient avec nous!"
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NOTES:
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| (1) référence au film culte de Gerard Oury avec
Louis
de Funès |
| (2) intendant, manutentionnaire et homme à tout
faire. De nationalité pakistanaise, Javet est un des hommes les
plus incontourbales, les plus populaires et les plus puissants de
l'ALBA. A ne pas confondre avec
son compatriote collègue éponyme bien plus discret. |
| (3) directeur de l'Académie Libanaise des
Beaux-Arts, ALBA |
| (4) Rafic Hariri, Premier Ministre du Liban |
| (5) Irak de Saddam ou d'après Saddam, là est
la question! |
| (6) responsable administratif de l'Ecole des Arts
Décoratifs ALBA, 1er cycle, célèbre pour son
flegme et son efficacité. |
| (7) Food & Beverage |
| (8) chef de la DGA (Direction Générale des
Antiquités) qui gère les sites archéologiques du
Liban. |
(9) Aurore, Joumana, Zeina, Catherine,
Raphaella, Pierre et Greg
|
(10) Fondatrice et reine de Carthage, Didon
est le personnage principal de l'opéra Les Troyens.
|
(11) "Nuit d'ivresse", une des
dernières scènes de l'opéra, illustre les amours
de Didon et Enée.
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(12) Beaucoup de temples dans le monde sont
dédiés aux divinités solaires. Vous connaissez le Temple
du Soleil de Tintin, il y a aussi le Temple du Soleil de Konarak,
en Inde, cf. http://www.baronbaron.com/inde/konarak.html
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| Gregory
Buchakjian, juin-juillet 2004. Merci toute l'équipe
impliquée dans l'opération (étudiants,
collègues et administration de l'ALBA) et à STAD. >> CONTACTEZ NOUS |
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